25/12/2012

Le projet easyvote

Le projet easyvote arrive à une époque où la participation électorale souffre (voir chiffres en bas de page): les sujets intéressent parfois trop peu. Sont-ils trop techniques? Les textes sont-ils trop longs? Le débat est-il trop peu clair? Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans les raisons de l'abstentionnisme électoral, comme la situation professionnelle, juridique ou personnelle. La conjoncture influe beaucoup sur l'utilisation du droit de vote par le Souverain.

 

Les jeunes sont le public le plus important en ce qui concerne les votations et élections: s'ils ne voient déjà à ce stade-là aucun intérêt à aller voter, il y a peu de chances qu'ils fassent usage de ce privilège plus tard, car il s'agit bien d'un privilège: les conditions de vote font partie des meilleures au monde (liberté et secret du vote, disponibilité des autorités, objectivité des informations officielles, droit de référendum, d'initiative et de pétition, droit syndical, etc.).

 

L'ordre constitutionnel suisse ne peut rien contre l'abstentionnisme électoral. Celui-ci est un facteur plus social que juridique, donc il convient de remettre en question la perception du droit de vote par le peuple afin de trouver pourquoi il n'est pas utilisé par 99.9% de la population. Certains me disent qu'ils jettent directement le matériel de vote à la poubelle sans prendre le temps de le consulter. Est-ce un problème de présentation? De volume? 

 

Une autre source de rejet de ce droit est l'impression que sa voix ne compte que pour beurre. Il est vrai qu'un individu, parmi un corps électoral fédéral de plusieurs millions de citoyennes et citoyens, peut se sentir insignifiant. Mais si tous les votants pensaient de cette façon, personne ne voterait.

 

Easyvote tente de remédier à ces quelques soucis en rendant le texte des votations simple, accessible tant sur le fond que sur la forme, impartial et cherche à intéresser le lecteur avec plus de couleurs que le matériel de vote officiel (dont la présentation est quelque peu... funeste) et en l'invitant à s'informer davantage sur les sujets qui peuvent éveiller son attention.

 

Les votants d'aujourd'hui n'ont souvent pas la motivation de lire les textes jusqu'au bout. Ils préfèrent s'en tenir à l'avis d'un seul parti, ce qui n'est de loin pas la meilleure chose à faire. Ceux qui étudient le sujet un peu plus en profondeur ne lisent que les titres, voire un argumentaire plus ou moins long, ce qui est déjà honorable. Dans l'état actuel des choses, la meilleure chose à faire serait de consulter plusieurs sources contradictoires en plus du texte en question. Mais une démarche aussi longue n'est tout simplement pas exigible du citoyen. 

 

À Genève, le site Eclaire mon vote fait déjà un magnifique travail de vulgarisation des objets de vote, mais il faut aller sur le site, et ceux qui évitent tout effort (voir à ce sujet mon billet intitulé "internet, un refuge?") ne lèvent pas le petit doigt pour aller consulter quoi que ce soit. À l'inverse, la brochure easyvote serait directement envoyée au domicile des jeunes de 18 à 25 ans d'une commune qui se serait abonnée au projet. Cet envoi personnalisé a déjà plus de matière à intéresser le lecteur, au sens de la FSPJ. 

 

C'est en effet les communes qui s'abonnent. Depuis 2007 (la création du projet par le Parlement des Jeunes de Köniz), la reprise d'easyvote par la FSPJ et la direction de l'énergique Alexandra Molinaro (issue du Parlement des Jeunes de l'Est-Oberland), le projet a fait une progression encourageante. Depuis la votation fédérale du 25 novembre 2012, easyvote a débarqué en Suisse romande (canton de Vaud), et recense plus de 30'000 abonnés dans neuf cantons. Il est trop tôt encore pour savoir si cette action a des conséquences significatives.

 

Easyvote n'est pas le seul moyen de lutter contre l'abstentionnisme. Le bouche à oreille est le meilleur moyen pour tout le monde d'intéresser les autres à la politique. Je ne cesse d'aider mes connaissances à bien connaître l'envers et le revers de la médaille à chaque vote, et même si certains me repoussent d'emblée, ceux qui m'écoutent de temps en temps contribuent au bon fonctionnement de la démocratie suisse, ce qui est un privilège auquel je n'ai pas droit, étant moi-même citoyen américain.

 

Je travaille actuellement sur "l'importation" d'easyvote quelques communes du canton de Genève avec plusieurs collègues. Si vous souhaitez y contribuer, n'hésitez pas à me contacter.

 

Quelques chiffres au niveau fédéral:

  • Votations du 11 mars 2012: participation allant entre 44.8% (réglementation des jeux d'argent en faveur de l'utilité publique) et 45.5% (6 semaines de vacances pour tous)
  • Votations du 17 juin 2012: 38.6% de participation
  • Votations du 23 septembre: de 41.5% (formation musicale des jeunes; sécurité du logement à la retraite) à 42.3% (protection contre le tabagisme passif).
  • Votation du 25 novembre 2012: 26.9% de participation (loi sur les épizooties)
 
Et au niveau cantonal (Genève):
  • 11 mars 2012: 53.8% (mercredi à l'école et manifestations)
  • 17 juin 2012: 48.1% (petite enfance)
  • 14 octobre 2012: 31.9% (constitution GE)
  • 4 novembre 2012: 27.8% (cour des comptes) et 38.1% (élection en ville de Genève)
  • 25 novembre 2012: 28.3% (baux et loyers) 

 

(sources: easyvote.chStatistique suisse)

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