12/03/2013

Cap sur le PSG!

C'est fait! J'ai maintenant rejoint le PSG, une équipe formidable qui vise très haut avec de grandes chances d'atteindre son but, grâce à l'aide de fans incroyables qui font preuve d'un soutien inconditionnel et d'excellents dirigeants. Il ne s'agit pas du Paris Saint-Germain, mais du Parti Socialiste Genevois. Pour ceux d'entre vous (je m'adresse surtout à des proches) qui s'interrogeraient sur ce choix, voici les raisons de mon adhésion.

 

Chronologie

 

Je crois que mon intérêt pour la politique a véritablement débuté avec la votation sur l'initiative contre la construction de minarets, du 29 novembre 2009. À l'époque, j'avais 16 ans, j'étais en 2e année du collège, et j'avais toutes les peines du monde à comprendre comment 1.5 million de personnes d'un pays d'environ 6 millions d'habitants pouvaient participer à l'adoption d'une courte disposition constitutionnelle certes, mais contenant tant de messages d'intolérance.

 

Par la suite, mon intérêt s'est porté sur l'actualité internationale, où j'appris à quel point la lutte pour la garantie des droits humains est difficile. J'ai compris que rien n'est simple, que tout problème comprend un grand nombre de facettes, dont il est impossible de faire abstraction, et que tout ce qui paraît facile à comprendre l'est rarement. De ce fait, je me suis mis à haïr l'extrémisme dans toutes ses formes: le terrorisme fondamentaliste islamiste, le nationalisme radical européen, la dictature communiste nord-coréenne, les dictatures militaires africaines, le patriotisme impérialiste américain, la xénophobie, les sectes évangéliques, le racisme, la pédophilie, le féminisme à tendance amazoniste...

 

La géopolitique devenait progressivement la science qui me passionait le plus; très tôt, j'ai commencé à viser la profession de diplomate (la politique me paraissait être une alternative non-constructive), dans le but naïvement idéaliste de pouvoir modérer les conflits mondiaux en tentant de glisser de la raison dans ces mouvements de folie: personne n'est obligé à recourir à la violence pour faire valoir son point de vue, et ceux qui le font ne peuvent s'attendre à le faire impunément.

 

Ce n'est qu'en rejoignant le Parlement des Jeunes de Thônex en 2010 que j'ai commencé à m'intéresser aux institutions suisses, au niveau organisationnel et associatif. En contribuant à fonder, en compagnie d'une vingtaine d'autres jeunes, le Parlement des Jeunes Genevois, je me suis découvert un engagement citoyen d'une grande ampleur. En 2012, pour sa première année d'existence, le PJG s'en tenait qu'à l'organisation de projets peu coûteux, et le premier d'entre eux, une table ronde sur les votations du 11 mars, marqua certainement le début de mon intérêt pour la politique suisse et genevoise.

 

Les autres évènements du PJG, principalement des débats, furent tout aussi passionants, notamment un débat entre les différents candidats à l'élection complémentaire au Conseil d'État, c'est-à-dire Pierre Maudet, Anne Emery-Torracinta, Laurent Seydoux, Alexis Roussel et Manuel Acevedo (Eric Stauffer et Paul Aymon étant absents). C'est à partir de ce moment-là que je voulais comprendre le fonctionnement des pouvoirs étatiques. Je me suis donc inscrit à la faculté de droit de l'Université de Genève.

 

Les partis

 

Je me suis rendu compte, au bout d'un moment, que les Parlements des Jeunes ne pourraient un jour plus suffire pour mon intérêt grandissant pour la politique. Après avoir longtemps refusé la voie d'un parti politique, j'ai changé d'avis en assistant à des séances du Grand Conseil et des Conseils Municipaux de Thônex et de la Ville de Genève. 

 

Je savais que je pouvais d'emblée exclure la voie de l'UDC. Ce sont ses messages haineux qui avaient à l'origine stimulé mon intérêt pour la politique, et la politique du bouc-émissaire, favorisant la maxime "les fins justifient les moyens", ne me convainc pas, et je m'en méfie. De ce fait, je pouvais également écarter le MCG, un parti sans idéologie précisement définie (afin de pouvoir réunir le plus de personnes de tous bords) qui stigmatise les frontaliers (1 sur 3 d'entre eux est suisse...) ou donne la priorité aux Genevois (ce qui a pour conséquence inévitable d'opposer des groupes entiers de la population les uns contre les autres).

 

Passant à des mouvements plus modérés, j'ai tout de même reconnu avoir été agacé par l'attitude du PLR dans de nombreuses votations, telle que le durcissement de la loi sur les manifestations, mais au moins, je sentais qu'il était possible de discuter constructivement avec ses membres. Cependant, sachant que la force de l'économie suisse est une priorité et la fierté de ce parti, je ne pouvais m'y identifier en raison de mon désintérêt pour les questions financières. Enfin, j'avais l'impression que pour eux, stratégie et image étaient les vraies priorités, contrairement aux idées, rappelant de bien tristes attitudes qui font légion aux USA et en France.

 

Le PDC est toujours resté une énigme pour moi. Je n'ai jamais réussi à prendre en compte ce parti en tant que tel, car il fait toujours campagne avec le PLR, qui l'écrase par sa force médiatique infiniment supérieure. Cependant, lorsque j'ai suivi la campagne de Didier Bonny, paradoxalement ex-PDC, pour remplacer Pierre Maudet au Conseil Administratif de la Ville de Genève, j'ai été intrigué: il se revendiquait de l'une des mouvances internes au parti, les chrétiens sociaux, tendance illustrée par son souci des conditions d'enseignement, tant pour les élèves que pour les enseignants, de la prévention avant l'action et son combat contre l'homophobie, et je partageais ces idées. Étaient-elles assez pour me convaincre? Assurément non, car les chrétiens sociaux sont minoritaires au PDC, comme le montre la désignation de Guillaume Barazzone pour l'élection précitée, plus proche du PLR.

 

Récemment, toute une série de petits mouvements sont arrivés à Genève, où ils tentent d'implanter des problématiques innovantes. Puisque je suis déjà engagé dans deux parlements de jeunes, quoi de mieux que de jeunes partis? Sachant que les actions illustrent mieux les idées que les discours, je ne pouvais encore me faire un avis quant au PBD ou aux Vert'Libéraux. En revanche, le Parti Pirate, parti "atypique", ne représentait pas vraiment la structure que je recherchais.

 

Il restait encore la gauche et l'extrême gauche. Cette dernière avait déjà le défaut d'être "extrême", même si souvent ce degré ne concerne que le discours (il arrive que les idées exprimées soient saines et non-stigmatisantes). Je reste convaincu que le ton relativement aggressif des argumentaires électoraux du Parti du Travail (par exemple), l'absolutisme inflexible du GSsA (par exemple) et la stigmatisation des classes sociales "riches" (car malgré l'argent accumulé parfois de manière douteuse, ce sont aussi des êtres humains dignes de respect) distinguent ces mouvements de mes idées.

 

Nous vivons comme si nous n'avions pas qu'une terre: la biodiversité et le climat sont des notions universelles, fondamentales, qui impliquent des défis qu'il revient à la communauté humaine entière de relever. Ce sont les raisons pour lesquelles j'ai longtemps hésité à rejoindre les Verts, car il s'agit du mouvement le plus capable de résoudre ces problèmes, urgents depuis des décénnies!

 

Mais la balance a penché davantage vers les Socialistes, principalement parce que leurs actions, leurs prises de position correspondent très souvent avec les miennes, contrairement aux autres. Je me suis senti d'emblée en phase avec les Socialistes, il ne me restait qu'à vérifier si mes idées étaient compatibles avec celles de ce parti.

 

Mes idées

 

La démocratie fonctionne selon l'expression de la volonté populaire. Mais celle-ci est-elle vraiment légitime si environ 44% (ou même 26% fin 2012) d'électeurs votent ou élisent? Les droits politiques des citoyens doivent être "revitalisés": il faut rappeler la valeur de ces droits démocratiques, puisque la Suisse fait figure d'élève modèle en la matière. Dans ce but, il convient de se concentrer sur la lutte contre l'abstentionnisme des jeunes, d'une part parce que ceux-ci sont connus pour voter très peu souvent, d'autre part parce que ceux-ci sont les adultes de demain, dont on attend également qu'ils exercent leurs fonctions étatiques à l'avenir.

Au niveau genevois, je m'engage pour la réduction du quorum de 7% pour les élections au Grand Conseil. En effet, une exigence si élevée ne se justifie pas, surtout lorsque le résultat de ce système est la domination d'une coalition aux dépens des autres partis. Moins de quorum apporte plus de petits partis et plus d'incertitude, vitale pour éviter de tomber dans une logique de pure stratégie politique.

Enfin, je n'ai jamais formellement tranché en ce qui concerne le droit de vote et d'éligibilité des étrangers sur les plans cantonal et communal. Si j'estime injuste que des sujets de droit n'aient pas l'occasion de se prononcer sur les règles qui leur sont imposées, on peut se poser la question de savoir comment est-ce que l'Etat différencie ses citoyens du reste de la population, si tous deux ont l'exercice des droits civiques.

 

Quand je pense à des problématiques de société urgentes à reésoudre, plusieurs d'entre elles me viennent à l'esprit: parmi elles, il y a le suicide, première cause de mortalité des jeunes suisses. Afin de faire en sorte que la prévention et la prise en charge puissent se faire plus efficacement, et afin de mieux tirer les leçons des différents cas particuliers, il faut cesser de maintenir le tabou sur ce sujet grave. En effet, un suicide ne représente pas qu'un échec personnel, mais aussi un échec de la société en entier.

Cette problématique est étroitement liée à l'homophobie, qui en est un moteur important. Les jeunes homosexuels recourent au suicide ou y songent bien plus souvent que les hétérosexuels, car cette orientation sexuelle reste dans une certaine mesure encore un interdit dans l'inconscient collectif. L'homophobie est clairement l'expression de l'ignorance, cas échéant d'une haine injustifiable contre des personnes qui sont dans le libre exercice de leur sexualité. Il faut la combattre, en commençant par déjouer la mauvaise foi qui voit dans cette lutte - à tort - une promotion fictive de l'homosexualité.

En parlant de phobies, parlons de xénophobie et de racisme: ce sont des maux qui n'ont aucune justification raisonnable, pourtant ils s'expriment avec succès en Suisse, comme le montre l'initiative sur le renvoi des étrangers "criminels". Ces fléaux tentent de nous faire croire que les hommes sont, selon leur ethnie (plus récemment, leur culture), différents en leur qualité d'être humain. Un grand merci à la presse qui se fait très souvent l'écho de ces élans de haine, en mentionnant systématiquement l'origine des délinquants, s'ils ne sont pas suisses, et ce malgré le fait que cette donnée n'instruit pas particulièrement le lecteur sur l'affaire en question. Il convient de mentionner que l'islamophobie est rangée dans ce chapitre, car elle induit une méfiance à l'égard d'une religion dont on ne veut parler que des pires éléments, condamnés d'ailleurs par nombre de ses représentants.

 

Un autre combat, plus délicat, en raison du fait qu'il doit s'effectuer au niveau individuel, est de dimension écologique. Un comportement bienveillant à l'égard de l'environnement (dont fait partie l'homme) est aujourd'hui forcément constitué de petites actions (les exemples sont nombreux) qui seules peuvent contribuer à rendre efficace la protection de la nature. Dans ce sens, il s'agit davantage d'un travail d'information que de mesures contraignantes, sans exclure celles-ci dans certains cas précis, comme les produits toxiques et les gaz à effet de serre.

 

Je suis un ferme opposant à la logique du tout-sécuritaire. En effet, la politique de sécurité effectuée jusqu'ici montre progressivement ses défauts. On ne parle que de durcissements du système existant, ce qui est clairement contre-productif. Un changement radical de vision devrait être effectué, par des actions comme la légalisation des drogues douces, l'abandon de la vidéosurveillance "dissuasive" (les autorités de police dépassent en effet souvent les limites des droits de la personnalité) ou encore un travail davantage tourné vers la police de proximité et la prévention. Genève n'est pas en état de siège, mais le discours de certains donnent l'impression du contraire.

La thématique du service militaire obligatoire est depuis longtemps un problème, qui est sujet à des discussions entre opposants et soutiens qui s'apparentent davantage à un discours de sourds. La situation actuelle ne satisfait pas, et un changement doit être provoqué. Je ne propose pas ici de solution concrète, mais il m'est avis qu'un service civil obligatoire serait déjà une meilleure solution; cependant, le problème central selon moi est le caractère obligatoire du service, soutenu par des arguments pour le moins douteux, surtout ceux qui ont trait à une soi-disant "tradition".

 

Aujourd'hui, il semble clair que l'idéal de la vie parfaite dans une villa avec sa famille et un emploi de chef d'entreprise est dépassé. En matière de logement, il faut davantage d'habitations pour les plus démunis (y compris, par exemple, les étudiants), au lieu de créer systématiquement des solutions hors de portée d'une importante partie de la population, comme le projet de quartier des Cherpines, qui nous montre un magnifique éco-quartier en grande partie totalement inefficient, en ce sens que le nombre d'habitations par rapport à l'espace disponible est faible, et que le choix d'y caser deux terrains de sport est insensé, sachant qu'à deux pas de là se trouve celui du Grand-Lancy. 

Aussi, m'arrêtant sur la vaste et très complexe thématique de l'emploi, je suis d'avis qu'une logique malsaine est en train de gagner du terrain: les emplois tendent de plus en plus souvent vers le 100%, ce qui a pour conséquence la diminution de leur nombre, alors qu'il faudrait garder une part importante de "petits emplois" moins qualifiés, destinés aux jeunes, aux personnes sans formation et aux sans-emploi, afin que tous puissent avoir un emploi, même peu rémunéré.

 

S'il y a une chose que je puis affirmer au sujet de l'économie, une thématique qui me tient peu à coeur et dont je ne connais que peu de choses, c'est que je m'oppose à des baisses systématiques dans l'éducation et la culture à chaque fois que nos chères autorités ont des problèmes de sous: un moyen d'éviter cela est de se détacher le plus possible du mécanisme de la dette, qui fait que l'Etat dépense de l'argent qu'il n'a pas, et faisant subir les conséquences au peuple.

Quant au domaine de l'éducation, il existe une kyrielle d'aspects que je pourrais développer ici, mais celui que je veux souligner a trait à cette détestable notion de branches "utiles": il faut sortir de cette logique de cours utiles/inutiles, car en principe, chacune d'entre elles a un apport également important pour les élèves. En ce qui me concerne, je suis sorti plus instruit des cours de musique ou de latin que de ceux de mathématiques et de biologie.

 

Conclusion

 

Tous les points développés ci-dessus révèlent que mes idées pour l'amélioration de notre société ne sont pas fondamentalement incompatibles avec celles du Parti Socialiste, en tout cas pas autant qu'avec celles des autres partis. C'était une bien longue démonstration du fait que mon adhésion était mûrement réfléchie, dans le but de pouvoir agir concrètement. 

 

Enfin, j'espère que les non- ou anti-socialistes d'entre vous (je m'adresse toujours à des proches) n'y verront pas une déclaration de guerre: je reste un être humain, tout comme vous. Au fond, mon adhésion n'illustre pas un changement radical de direction de ma part: elle s'inscrit dans une évolution continue de ma conscience politique de la société. Bref, je n'exigerai pas soudainement que l'on m'appelle "camarade Diego".

 

Bonne soirée.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook |