03/06/2013

Portraits de candidats: Caroline Marti

Caroline Marti (Parti Socialiste Genevois), 23 ans.

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Si l'on devait tout dire de sa personne en une seule phrase, on ne manquerait d'évoquer ce sourire radieux qui illumine tout un visage, dévoilant une âme d'une bonté à toute épreuve.

 

Des épreuves, ce n'est pas ce qui manquera à Caroline Marti, candidate au Grand Conseil genevois pour le Parti Socialiste, dont elle fera partie des 42 prétendants aux faveurs du peuple genevois en octobre 2013.

 

Cette jeune étudiante en sciences politiques à l'UNIGE  se dit consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes dans le monde de l'emploi. Évitant ainsi de se montrer trop exigeante quant à sa vocation professionnelle, elle vise à l'avenir une activité ayant un lien étroit avec la politique ou le monde associatif.

 

La politique, c'est la force vitale de cette jeune femme qui se décrit comme "enthousiaste, dynamique, optimiste et consciencieuse". Ayant rejoint le PS à l'automne dernier, Caroline Marti est Co-Présidente de la Jeunesse Socialiste. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle s'est retrouvée aussi rapidement sur la liste électorale de son parti: "Adrien Faure [Co-Président de la JS] m'a demandé de me présenter avec lui sur la liste car il pensait qu'il fallait plus de candidatures des jeunes du parti". Pourtant, ce n'est pas par simple souci de représentation générationnelle qu'elle se fait désigner candidate par le congrès du PS: la vocation est bien là. Fondamentalement socialiste dans l'âme, elle est guidée par sa volonté de renforcer la place de l'égalité et de la solidarité dans les relations sociales.

 

Interrogée sur l'état actuel du monde politique genevois et des enjeux cantonaux, elle ne peut s'empêcher d'être critique envers la droite, qu'elle reproche de "sabrer dans les prestations de manière aveugle sans analyse", faisant notamment référence à la saga budgétaire du Grand Conseil genevois, lors de laquelle une majorité de la droite dite dure a défendu une coupe linéaire conséquente dans les prestations de l'Etat. Selon elle, cette politique est très néfaste car elle péjore directement le cadre éducatif des jeunes, un sujet qui lui tient très à coeur.

 

Le thème de la jeunesse est certainement celui qu'elle connaît le mieux. Si elle devait avoir le temps de réaliser un seul projet pendant la législature, elle instituerait une obligation de rémunérer les stages. Selon elle, "les stages non-payés sont la forme la plus criante d'exploitation", ce qui est d'autant plus scandaleux lorsque les entreprises abusent de la force de travail de jeunes déjà diplômés ou du moins très compétents. Dans cette optique, elle se réjouit déjà des débats qui animeront la votation sur l'initiative populaire pour un salaire minimum. 

 

Outre celui de la jeunesse, d'autres thèmes suscitent énormément d'intérêt chez elle. Étant étudiante, elle est quotidiennement confrontée aux questions relatives à la vie étudiante, particulièrement à l'université; en ce qui concerne les enfants, elle milite activement en faveur du référendum contre la révision des normes d'accueil de la petite enfance. La thématique de l'égalité hommes-femmes occupe pour sa part une place importante dans sa vision de la société. De plus, elle considère que sa vocation réside dans un trio de "poids lourds" des thématiques politiques (qui, selon elle, sont fortement liées): mobilité, logement, emploi. Enfin, convaincue de la prépondérance de l'éducation dans les priorités sociales, elle condamne fermement des propositions comme celles d'Oskar Freysinger, postulant que les enfants sans-papiers n'ont pas droit à l'enseignement.

 

L'enthousiasme avec lequel elle défend ses idées est à lui seul un gage d'une législature active et innovante; mais une élection est-elle possible, alors qu'elle occupe la 17ème place dans la liste du Parti Socialiste? "Je pense pouvoir être élue", dit-elle, confiante. Et une fois dans ses fonctions, la charge de travail et l'ambiance lui seront-t-elles supportables? Consciente du fait qu'elle ne peut pas raisonnablement se porter candidate sans avoir du temps à consacrer à son mandat, elle en se fait pas trop de soucis quant à la charge de travail. En ce qui concerne l'ambiance, pas de problèmes: elle se considère "plutôt conciliante et capable d'apaiser les conflits plutôt que de les attiser".

 

Caroline Marti n'est cependant pas individualiste: son but premier est de faire réussir la campagne de son parti, et si cette réussite s'accompagne d'une accession à la députation, tant mieux! En tant que collaboratrice logistique de la campagne du PS, elle est au coeur de la campagne, et se montre assez optimiste quant à son issue, tant elle est convaincue que la variété et la qualité de ses camarades peuvent laisser augurer une progression de son parti dans la population. Et il serait bien avisé de la croire: elle aime se lancer dans les défis, sans pour autant être une tête brûlée.

 

Interrogée sur sa vision de Genève, elle pense que la richesse du canton réside dans la proximité entre les divers services et offres, qui rapproche les Genevois et crée ainsi une dimension humaine saine dans laquelle elle se reconnaît. Cet amour de Genève ne l'empêche pas de nourrir quelques craintes à son sujet: selon elle, le repli identitaire est le plus grand danger qui plane sur le canton. "Je suis contre la protection de quelques personnes au détriment d'autres, car Genève est multiculturelle et doit le rester". Parfois, lorsque, sur les stands, un passant l'accuse de ne pas penser aux Genevois, elle répond que le PS pense à toutes et à tous, y compris les Genevois.

 

Caroline Marti est donc une passionnée de politique, qui dans toute sa bienveillance a un certain nombre de projets mûris à proposer aux Genevois à partir du mois d'octobre. Reconnaît-elle des adversaires qu'elle serait amenée à combattre, malgré son esprit conciliateur? Cela dépend des sujets: sur des questions identitaires, elle est radicalement opposée à l'UDC et au MCG en ce sens qu'elle considère comme exagérément réductrice leur vision de ce que sont les Genevois. Sur des questions économiques, elle reconnaît le PLR comme son adversaire idéologique principal, en raison de sa vision de l'État minimal. Mais si elle admet avoir des adversaires, elle n'a pas d'ennemis.

 

Considérant ne pas avoir de maître à penser, ni d'idole en particulier, elle fait toutefois sienne l'expression de Stéphane Hessel: "indignez-vous, engagez-vous!"

 

Pour conclure ce portrait, il ne me reste qu'à vous encourager à suivre la campagne de Caroline Marti, en allant à sa rencontre sur les stands du Parti Socialiste Genevois (dont le calendrier se trouve sur le site www.ps-ge.ch). 

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