10/06/2013

Portraits de candidats: Jean-Charles Lathion

Jean-Charles Lathion (Parti Démocrate-Chrétien), 63 ans

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Jean-Charles Lathion fait de la politique comme il travaille: il n'aspire qu'à atteindre sans détour ni conflit le but qu'il se fixe, un point c'est tout. C'est si rare de se retrouver face à un discours à ce point sérieux, constructif et honnête chez un homme politique, que c'est certainement cette qualité qui le rend unique. Sa devise reflète d'ailleurs ce trait de caractère: "agir avec sérieux sans trop se prendre au sérieux".

 

Valaisan d'origine, vénitien par sa mère, cet homme aux valeurs humanistes, très attaché à ses racines, fait de la politique car il souhaite se rendre utile à une société qui doit évoluer. Il se définit aussi comme créatif, ce qui se vérifie dans son impressionnant parcours professionnel, et à travers tous les projets qu'il a réalisés ou auxquels il a participé.

 

Ayant goûté aux études de droit avant d'obtenir une licence en lettres à l'Université de Genève, puis un certificat d'aptitude de l'enseignement post-obligatoire, Jean-Charles Lathion a participé à la création et à l'installation de la première École de Culture Générale (ECG Henri-Dunant), en a été directeur adjoint pendant sept ans, a officié en tant que responsable de la culture, de l'information et des élèves à la direction générale de l'enseignement secondaire, a ensuite repris en 1989 les rênes du service de la formation professionnelle à la direction générale de l'OFPC (à l'époque: OOFP), pour devenir, après 15 ans à ce poste, directeur chargé du développement et de la promotion de la formation professionnelle.

 

Cette riche expérience dans le milieu de la formation l'a amené à devenir un des pères fondateurs de la cité des métiers (grande exposition trisanuelle se déroulant à Palexpo), à participer à l'ouverture de la cité des métiers permanente, à contribuer à l'adaptation législative découlant de la réforme de la loi sur la formation professionnelle (qui concernait plus de 300 textes administratifs et légaux), à fonder le prix de la meilleure entreprise formatrice... Le projet dont il est le plus fier est la mise en place de la cérémonie de remise des CFC et des prix aux apprentis. En effet, alors qu'en 1989 encore les CFC étaient reçus par la poste, Jean-Charles Lathion a permis aux apprentis de recevoir dignement leurs titres, dans un évènement qui regroupe chaque année plus de 4000 personnes.

 

Il explique avoir beaucoup de plaisir à faire ce qu'il fait, car il a la possibilité de participer à l'amélioration du système et de voir que ses propositions sont écoutées. Il s'est ensuite intéressé à la politique, car, ayant été président de l'Union des Cadres de l'Administration, il a occupé des fonctions similaires à celle des élus qu'il côtoyait fréquemment, ce qui l'a motivé à servir une cause. Le PDC, qu'il rejoignit à 45 ans en 1995, le convainquit parce que les idées défendues en son sein correspondaient à ses valeurs humanistes. Il s'intéressa aux efforts de ce parti pour créer une économie forte, garantir la bonne santé des entreprises, mieux développer les prestations sociales au service de la population, et surtout pour ne pas faire dans l'esbroufe. En effet, Jean-Charles Lathion estime que: "ce qu'il faut dire n'est pas nécessairement porteur médiatiquement, mais fondamentalement utile à la société".

 

En 1999, il est élu au Conseil Municipal de la Ville de Genève, où il a successivement été réélu en 2003, 2007 et enfin 2011, pour sa quatrième législature. C'est cette expérience politique et professionnelle de taille qui l'a amené à avancer sa candidature pour l'élection du Grand Conseil en octobre 2013. Interrogé sur ses priorités pour la prochaine législature, il avance trois sujets: d'une part, l'emploi, composante la plus essentielle de la société active, d'autre part, le développement de l'agglomération ("Grand Genève") qui est actuellement asphyxiée par le manque de collaboration avec nos voisins vaudois et français, car il faut "concrétiser le partenariat par des cofinancements et non par des promesses et des projets à très long terme", et enfin, l'amélioration des relations Ville-Etat, où règnent trop souvent des oppositions d'origine politique et contribuant au blocage des dossiers ("quand les électeurs mettent un bulletin dans l'urne, ils espèrent que le monde politique va se mettre d'accord sans provoquer des conflits; on est beaucoup trop dans la politique-spectacle").

 

C'est justement son mépris envers la politique-spectacle qui l'amène à douter des méthodes du MCG et d'Ensemble à Gauche. Il n'aime pas leur tendance à enfoncer des portes ouvertes et à la gesticulation politique: "ils sont prêts à faire feu de tout bois pour récolter des électeurs sans craindre de tomber dans la démagogie, et je suis désespéré de voir que la population aime ça [...] on a tendance à plus considérer les gros titres que le contenu".

 

Quant à sa vision de Genève, Jean-Charles Lathion parle d'un terminal, une enclave dans la France, mais également une ouverture vers d'autres cultures. Une ville internationale, riche de sa diversité culturelle et du mélange des populations. Une ville généreuse, une ville d'affaires, située sur un site extraordinaire. Mais il se montre quelque peu déçu de voir que Genève ne promeut pas de manière satisfaisante ses nombreuses richesses culturelles. Il met également en garde contre le fait qu'il ne faut pas perdre les organisations internationales et les multinationales situées sur le territoire, et pour ce faire, créer des conditions-cadre pour qu'elles viennent et qu'elles restent.

 

Interrogé sur ses éventuels maîtres à penser, il mentionne Maurice Zermatten (écrivain valaisan), un de ses professeurs, qui a eu beaucoup d'influence sur sa vie. Il lui rend hommage, car c'est grâce à lui qu'il a appris à aimer et à expliquer les oeuvres littéraires, à les analyser, à construire un discours et une présentation à travers elles... Jean-Charles Lathion a appliqué ses méthodes dans la vie de tous les jours, ce qui l'a enrichi intellectuellement et lui a permis de se construire par une approche pragmatique.

 

Pour conclure ce portrait, je ne peux que vous inviter à aller à sa rencontre (au Conseil Municipal de la Ville de Genève) et à suivre sa campagne (sur Facebook) en vue des élections d'octobre prochain.

Commentaires

Bravo!
Tu t'améliores de portrait en portrait d'un point de vue rédactionnel. Continue!

Écrit par : Grégoire Barbey | 10/06/2013

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