15/06/2013

Portraits de candidats: Jean Rossiaud

Jean Rossiaud (les Verts), 53 ans

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Si vous avez une fois l'occasion de rencontrer Jean Rossiaud, vous remarquerez dans ses yeux vifs une fureur de militant que l'on retrouve de moins en moins en politique, trahissant un engagement déterminé dans la réalisation de ses idéaux.

 

Son engagement n'a pas débuté avec la politique, mais par une activité associative touchant à de nombreux domaines: membre du conseil de la Fédération Genevoise de Coopération, de groupes antinucléaires, pacifistes, de défense des réfugiés, de protection des droits de l'homme...

 

Ce juriste, docteur en sociologie politique, a touché à tout, tant au niveau local qu'au niveau international: il fut pendant 17 ans enseignant et chercheur à l'Université de Genève, mais aussi à Paris et au Brésil, avant de devenir aujourd'hui coordinateur du Forum pour une Nouvelle Gouvernance Mondiale.

 

Père de famille, Jean Rossiaud est tout d'abord un homme qui rêve d'un monde meilleur, comme le décrivent ses maîtres à penser (Ivan Illich, André Gorz et Edgar Morin), au son de sa guitare et au fil de ses randonnées. C'est sa participation à ces nombreux mouvements de paix ou contre le nucléaire qui l'amena à rejoindre le parti des Verts genevois en 1991, dont il créa par ailleurs la section carougeoise.

 

Il faut souligner qu'il n'en est pas à ses débuts en politique: député de 2003 à 2009, conseiller politique de Sandrine Salerno (actuelle maire de Genève) et d'Esther Alder (Conseillère Administrative en Ville de Genève) pendant quatre ans, membre du bureau des Verts suisses en tant que délégué au parti écologiste européen, enfin récemment élu à la coordination mondiale des partis verts, il existe peu de secteurs de l'activité politique où il n'a pas laissé sa marque.

 

C'est cette expérience locale et internationale solide qu'il fait valoir dans sa candidature, car il estime avoir la capacité à poser les questions de manière globale, ce qui est essentiel s'agissant notamment du projet d'agglomération franco-valdo-genevoise (le "Grand Genève"), dont les soucis de cohérence n'ont à son avis pas été réglés par la nouvelle Constitution genevoise. De plus, une riche expérience internationale a toute sa pertinence sur les bancs du Grand Conseil, Genève étant une capitale de la gouvernance mondiale.

 

Mais pourquoi avoir quitté la politique en 2009? Jean Rossiaud explique que cette pause était nécessaire, compte tenu de la charge de travail qui l'assomait à l'époque. Profitant maintenant d'une nouvelle situation professionnelle et rempli d'une énergie (renouvelable) retrouvée, il est prêt à se relancer dans l'arène, car pour lui "c'est au Grand Conseil que se fait l'essentiel de la politique en Suisse".

 

Quels sont ses domaines de prédiléction? Il assure être polyvalent, donc capable de traiter n'importe quel sujet (ayant présidé la commission de contrôle de gestion lorsqu'il était député), ce qui est rare chez un parlementaire. Cependant, il lui semble prioritaire de diriger la politique cantonale afin qu'elle tienne davantage compte des générations futures, en amenant le "Grand Genève" à devenir durable, c'est-à-dire à consommer uniquement dans les limites de ce que le territoire peut supporter.

 

De son point de vue, Genève vit actuellement une grave crise politique. "Nous assistons à une dégradation de l'éthique, de la manière de faire de la politique: il faut redonner de la légitimité à la politique d'idées et de projets". Jean Rossiaud estime que l'arrivée du MCG sur la scène politique genevoise a fortement contribué à cette dégradation. Il reconnaît ses principaux adversaires idéologiques chez le MCG et l'UDC d'une part, chez le PLR (notamment l'aile libérale qui prône le démantèlement de l'Etat) d'autre part. Le regard qu'il porte sur Genève est celui d'une ville-monde, capitale de la gouvernance mondiale, ville cosmopolite, ville de liberté, de rencontres, ville-carrefour... Que d'expressions vantant ce lieu de l'interconnexion des dimensions locale et internationale des échanges humains.

 

Enfin, interrogé sur son pronostic pour les élections d'octobre, auxquelles il sera candidat, Jean Rossiaud s'attend à un renforcement de l'alternative (par exemple avec l'arrivée d'Ensemble à Gauche) doublé d'une progression des idées écologiques, liée à la montée des Vert'Libéraux, avec lesquels il n'exclut aucune alliance, puisqu'ils élargiraient le front de défense des idées vertes.

 

Jean Rossiaud est, pour conclure ce portrait, un harmonieux mélange entre un infatigable militant n'hésitant pas à descendre dans la rue pour dénoncer des situations qu'il ne peut tolérer, et un intellectuel des idées écologistes, qui l'amène aujourd'hui à les promouvoir au niveau mondial. "Agir local, agir global", tel est le slogan qu'il fait sien pour cette campagne, que vous pourrez suivre en allant à sa rencontre sur les stands des Verts genevois, et en consultant son blog.

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