24/06/2013

Du libre choix du mode d'expression de la bêtise

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Mardi dernier, les Verts genevois ont lancé une initiative visant à donner la priorité aux transports publics dans l'ensemble du trafic routier. Partant du constat que les bouchons sont un vrai problème de mobilité à Genève, ils ont ainsi présenté la pierre qu'ils comptent apporter à l'édifice. Mais dès l'annonce du lancement de l'initiative, les critiques n'ont pas tardé à pleuvoir, venant quasi-exclusivement de la part de ceux qui ne proposent actuellement aucune réelle solution à ce problème, c'est-à-dire ceux dont la politique de mobilité se limite dans les faits à la critique et au blocage des projets de Michèle Künzler.

 

Cela fait depuis environ cinq ans que je ne me déplace qu'en vélo et en transports publics, et je ne souffre jamais des bouchons fréquents, sauf lorsque le nombre important de voitures présentes sur la route empêche le bus ou le tram dans lequel je me trouve de se déplacer à une vitesse digne de ce nom. Ce dernier cas de figure me fâche, car je conçois assez mal qu'un automobiliste seul dans sa voiture soit mis sur un même pied d'égalité avec un tram contenant presque 400 places. En effet, ce n'est pas du tout une forme d'égalité, bien au contraire! 

 

Cette initiative va de mon point de vue dans le bon sens, car elle permettrait de renforcer le rôle même des transports publics, qui est de décharger les routes du plus grand nombre possible de transports individuels en proposant une alternative convenable afin d'éviter la surcharge du trafic. Mais les opposant à cette mesure proclament faussement qu'elle porte atteinte au libre choix du mode de transport. Ce qu'ils omettent sciemment, c'est que jusqu'à preuve du contraire, "donner la priorité" n'est pas synonyme de "donner l'exclusivité". Si l'initiative des Verts aboutit, tout le monde aura le droit de choisir la moto ou la voiture pour se déplacer, même si la tendance sera de privilégier les transports publics. 

 

Mais ceci dit, l'initiative lancée par les Verts est une question qui doit être débattue pour elle-même. C'est pourquoi il faut tenter de dépolitiser au maximum le débat, car il est assez désolant de voir que chaque question touchant aux transports publics genevois est discutée en fonction des rapports de force entre partis politiques et de la seule existence de Michèle Künzler. Cette initiative soulève une question de fond qui doit transcender le seul critère des partis qui la soutiennent (ou la rejettent) et la guéguerre des transports que se livrent pêle-mêle le cycliste qui manque régulièrement de se faire écraser par un automobiliste, le piéton qui n'en peut plus des cyclistes qui roulent sur le trottoir, le motard fâché de ces piétons qui traversent la route n'importe où, et l'automobiliste qui voit des motos occuper les rares places de parking disponibles.

 

La mobilité est une thématique au sujet de laquelle tout le monde peut avoir un avis. C'est pourquoi il est important de se faire sa propre opinion sur la question, et de rester imperméable à des arguments désinformateurs, comme celui de dire qu'une voiture doit être traitée de la même manière qu'un tram.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook |

Commentaires

Une initiative qui montre une fois de plus que les verts ne sont plus dans la course.

Écrit par : chauffat albert | 24/06/2013

Remettons quelques pendules à l'heure :
- Les milieux économiques, professionnels et libéraux ont des propositions concrètes pour rétablir la fluidité du trafic, toutes catégories confondues.
Notamment la suppression de tous les obstacles artificiels mis en place pour décourager les automobilistes, le bouclage de la petite ceinture par la traversée de la rade (en attendant celle du lac), la réintroduction d'ondes vertes sur les axes majeurs, la compensation de la suppression des places de parking en surface par des ouvrages souterrain, le développement de giratoires et donc la suppression de feux inutiles et paralysants, la réintroduction des feux clignotants oranges la nuit, etc.
- La ministre en charge de la mobilité doit assumer les critiques et la faillite de sa politique. En voulant dissuader une catégorie de transports, elle a réussi à bloquer toute la ville, y compris les transports en commun. Et pourtant les sites propres ne manquent pas.
- Un bon tiers de la population ne peut tout simplement pas utiliser les transports publics (TP), ne serait-ce que pour des raison de sécurité et de mobilité réduite, mais pas seulement.
- Le développement du Grand Genève prévoit une augmentation d'environ 30% des voitures d'ici 2030 (Voir Rapport Mobilités 2030 de Mme Künzler). En priorisant systématiquement les TP, qui atteignent d'ailleurs bientôt leur niveau de saturation (Mobilités 2030), nous assisterions à la paralysie généralisée et donc à l'expulsion programmée des Verts de la scène politique.
- L'opposition de principe des Verts à la traversée de la rade est l'expression même de leur intégrisme et de leur incohérence puisque ce serait l'élément crucial qui permettrait justement de dégager l'hypercentre et développer des infrastructures conviviales pour la mobilité douce.
- Le réseau des TP n'est pas extensible à volonté. La voirie impose une limite infranchissable qui est pratiquement déjà atteinte et les lignes annexes sont souvent abandonnées pour des questions de non rentabilité (Proxibus).
- Vous prétendez que le choix du mode serait garanti. C'est limite malhonnête. D'une part parce que les Verts ont clairement annoncé leur intention de revisiter ce point de la constitution, mais aussi parce qu'il ne sera plus possible de circuler avec une voiture en ville. C'est déjà presque le cas aujourd'hui.
- D'ici une dizaine d'année, les véhicules à moteur ne seront pratiquement plus polluants et silencieux. Le combat des Verts est déjà d'arrière garde.

Alors oui, l'initiative doit être débattue pour ce qu'elle nous propose vraiment, avec honnêteté et surtout en tirant le bilan d'une politique de blocage qui pénalise gravement l'économie de notre canton et donc le rendement des entreprises qui est directement lié à la création d'emploi et la diminution du chômage.

Je déplore l'intégrisme ravageur des écolos qui seront les premiers à pleurer lorsque Genève redeviendra un village provincial, notamment en raison de leur opposition à la rénovation de l'aile est de l'aéroport. Ils retrouveront certes une vie plus tranquille, mais n'auront plus les moyens de la gagner puisque les principaux pourvoyeurs d'emplois auront quitté la cité.

A ce moment peut-être sauront-ils convaincre le WWF de retirer son opposition à la plage Cramer qui pourra accueillir tous ces chômeurs de jour comme de nuit. Du moins en été.

La guerre des transports à Genève est clairement alimentée par les Verts. A l'inverse, le TCS, et les milieux favorables à la voiture ont tous montré des signes d'apaisement et sont, pour la plupart, favorable à la création de zones piétonnes et au dégagement des véhicules parasitaires du centre.

Publierez-vous ce commentaire, histoire que chacun puisse vraiment développer son opinion et choisir en toute objectivité ?

Écrit par : Pierre Jenni | 24/06/2013

Désolé, mais le flux de voitures doit être traité comme un tram!

Écrit par : Milpa Bagen | 24/06/2013

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