23/07/2013

Portraits de candidats: Raphaël Coudray

Raphaël Coudray (Mouvement Citoyen Genevois), 39 ans.

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Pour ce portrait d'une personne que, pour la première fois, je ne connaissais pas du tout, j'ai trouvé en face de moi un homme très calme, portant un discret mais sincère sourire. Cet homme, c'est Raphaël Coudray, Onésien de 39 ans qui se considère comme pragmatique, aimant aller au fond des choses, et réalisant ses engagements par conviction.

 

Titulaire d'un CFC d'employé de commerce et d'un brevet fédéral de spécialiste en gestion de personnel, il travaille actuellement à l'hôpital cantonal, dans un poste administratif du service du recrutement (ce qui ne l'empêche pas de rester très multitâches). Passionné de moto, membre du comité du Norton Sport Club (le plus grand club de motards en Suisse), Raphaël Coudray a une expérience de ressources humaines, et de ce fait un regard sur ce qui se passe dans les entreprises, qui l'amène à être critique envers de nombreux politiciens et entrepreneurs oubliant qu'un employé est tout d'abord un être humain.

 

S'intéressant depuis longtemps de loin à la politique, ce n'est qu'à l'époque de la votation sur l'adhésion de la Suisse à l'EEE (espace économique européen) que son intérêt a pris de l'ampleur. Il tenta de trouver sa couleur politique, mais aucun parti ne semblait lui correspondre. Le Mouvement Citoyen Genevois, créé en 2005, attira son attention, mais ce n'est qu'après examen des opinions exprimées ça et là dans le monde politique et une rencontre avec Guillaume Sauty (Député MCG et benjamin du Grand Conseil genevois) qu'il décida de rejoindre ce parti, à l'occasion d'une assemblée générale en 2008.

 

Outre les "gesticulations" d'Eric Stauffer (Président d'honneur du Mouvement Citoyen Genevois), Raphaël Coudray trouvait intéressantes certaines choses dites au sein du parti. En 2011, Eric Oulevey, Président de la section onésienne du parti, l'appelle pour lui proposer une place sur la liste MCG en vue des élections municipales. D'abord réticent, car, en tant qu'auxiliaire employé à l'Etat, il pensait que parti et Etat ne se mélangeaient pas, il accepta enfin, estimant que son intérêt pour la candidature était suffisant pour se lancer dans la course. À l'issue de ce qui fut sa première campagne politique, il arriva premier des "viennent-ensuite" (c'est-à-dire le premier des non-élus de sa liste). Mais l'élection d'Eric Stauffer au Conseil Administratif lui ouvrit les portes du Conseil Municipal d'Onex, et il y siège depuis maintenant un an en tant que chef de groupe. Mais travailler à l'Etat tout en étant élu du Mouvement Citoyen Genevois peut être mal accepté: il raconte que suite à son élection, plusieurs personnes à l'Etat ne lui ont plus adressé la parole.

 

L'expérience onésienne, avec ses défis intéressants (opposition au plan directeur cantonal, enjeux urbanistiques et sécuritaires...), l'amène aujourd'hui à être candidat au Grand Conseil genevois. Il met en avant sa bonne connaissance de l'emploi et du chômage (ayant été lui-même deux fois au chômage et ayant été conseiller auprès de l'Office Régional de Placement), pour dénoncer la politique actuelle, qui consiste selon lui en rien d'autre que de la gesticulation politique, avec des conséquences catastrophiques: "on peut faire mieux au niveau du chômage, et prévenir avant que la personne en fin de droit soit dans une situation très précaire". Il propose notamment de développer des synergies entre l'aide fédérale et l'aide cantonale.

 

Vous l'aurez compris, son domaine de prédiléction est l'emploi (des résidents), et donc le chômage, mais aussi la mobilité ("il faut pouvoir circuler de la manière la plus efficace et la plus harmonieuse [...] et savoir aussi traiter des comportements de cyclistes") et l'urbanisme. Sa priorité est de dynamiser la prise en charge des chômeurs et d'aider les employeurs qui les engagent (par la mise en place d'une formation financée par le chômage). 

 

Interrogé quant à la vie politique actuelle, il répond: "la vie est un long fleuve tranquille; heureusement, le MCG met du piment dans la soupe". Raphaël Coudray a peur des politiciens professionnels, ceux qui se lancent dans la mêlée simplement pour la fonction et les avantages du mandat; il n'aime pas du tout ceux qui s'accrochent beaucoup trop à leur place non plus, et il a autant de sympathie pour "l'inféodation des partis traditionnels aux lobbies qui les soutiennent". De son côté, il se lance à fond en faveur de la population, et non pas pour lui-même: "je suis dans l'utopie d'être affilié à un parti, mais en étant politiquement indépendant". Enfin, son mépris de la corruption est tel qu'il veut pouvoir un jour être fier de refuser cent francs pour un vote.

 

Ceux qu'il considère comme ses adversaires sont tout d'abord les extrêmes, comme "ceux qui veulent détruire la société ou foutre tout le monde dehors". Sachant que le MCG est constamment qualifié d'extrême, il affirme: "je suis très content quand on me traite de facho, car ma fiancée est originaire du Sri Lanka". Pour Raphaël Coudray, dans le pays du consensus, on peut faire de belles choses sans virer dans les extrêmes.

 

Il voit Genève comme une des plus belles villes du monde, qu'il faut préserver tout en la développant. "Genève est peuplée de gens fort sympathiques bien que ronchons et qu'il faudrait parfois un peu plus écouter." Pour lui, c'est aussi la ville à la campagne: il raconte que sa première compagne, originaire de Neuchâtel, ignorait qu'il y avait une campagne genevoise. C'est justement pour éviter que ce lieu qui lui est cher devienne une ville morte avec de plus en plus de chômeurs qu'il souhaite participer à la construction de Genève, en prenant bien garde à promouvoir l'emploi des jeunes et des résidents, une nécessité selon lui pour éviter le pire.

 

Vous pourrez suivre sa campagne, qu'il mènera sous le slogan "remettons les Genevois au centre de nos préoccupations", sur les stands du Mouvement Citoyen Genevois, en vous rendant aux sessions du Conseil Municipal d'Onex, ou encore sur Facebook.

Commentaires

A première lecture et on donc à première vue, il a l’air bien ce candidat. La question qui se pose c’est donc de comprendre comment quelqu’un qui veut vraiment faire avancer les choses en arrive à choisir le parti qui se contente de dénoncer l’incompétence des autres et de désigner des boucs émissaires.

Car le problème avec le MCG, ce n’est pas que des grandes gueules aux comportements limites parviennent à exister politiquement en criant « tous pourris » et « à bas les frontaliers »…. Mais bien que certains genevois puissent imaginer que de tels personnages (et le parti qui les regroupe) soient capables d’améliorer leur quotidien….

Écrit par : Vincent | 23/07/2013

Très beau portrait de Raphaël! Bravo! J ajouterais qu il est également très génereux. Une personne qui vaut la peine d être connue-:)

Écrit par : Cristina Le Jeune Giacobbi | 23/07/2013

Cher Vincent,

Je vous remercie pour votre commentaire et vous confirme, en toute modestie, que j'ai vraiment envie de faire bouger la République et Canton de Genève, surtout sur les thèmes dont j'ai parlé dans mon entrevue avec Monsieur Esteban.

C'est donc sur l'emploi et son pendant négatif, le chômage, que je souhaite mettre l'accent durant cette campagne, principalement. Ceci parce que c'est un domaine que je pense bien connaître, et pour lequel j'ai des idées, que j'espère pouvoir promouvoir et faire passer durant les cinq années à venir.

Mon expérience au Conseil municipal d'Onex m'a aussi permis d'être encore plus sensibilisé au développement futur de notre canton et aux problèmes de logement, mais également de mieux comprendre pourquoi rien n'avance en la matière. Entre un état qui a des visions trop limitées dans le temps et l'espace, et des communes et communiers qui ne veulent pas de développement trop imposé (ce dont Onex souffre depuis les années 60), il convient de trouver un moyen de créer un réel dialogue, au lieu de l'actuel monologue pseudo-participatif du département de l'urbanisme, qui conduit aux multiples oppositions et recours que nous connaissons aujourd'hui.

Quant au choix du MCG, comme je l'ai dit durant cette entrevue, j'ai longtemps hésité à m'engager en politique, car je ne trouvais pas chaussure à mon pied. Passées les premières années d'existence du MCG, j'ai constaté non seulement que les partis dits "traditionnels" sont englués dans leurs sempiternels compromissions et dogmatismes figés, mais surtout que ceux-ci reprenaient de plus en plus les thèmes abordés par le MCG.

C'est ainsi que j'ai vu apparaître le thème de la sécurité chez les "traditionnels", mais aussi que j'ai pu voir M. Longchamp, à l'époque en charge du Département de la Solidarité et de l'Emploi, mettre en avant la préférence cantonale dans les recrutements de l'Etat et du grand-état.

Le MCG avait donc déjà fait mouche, et a donc par son discours musclé et parfois malhabile, fait avancer les choses à Genève.

J'ai aussi constaté, depuis, que lorsque des idées pertinents viennent du MCG, elles sont systématiquement critiquées et démolies par les traditionnels, non pas parce qu'elles ne sont pas bonnes, mais parce qu'elles viennent d'un nouveau parti. Souvent elles reviennent par la suite, édulcorées et surtout soutenues par tous. Cela vaut pour le grand-conseil, mais également dans les communes, ce qui est regrettable, car profondément anti-démocratique.

Pour finir, à contrario de ce que vous affirmez à la fin de votre commentaire, le problème n'est pas que les genevois puissent imaginer que nos élus puissent faire bouger les choses, c'est que l'establishment politique actuel ne veut pas perdre ses petits privilèges, au profit de ceux qui comptent vraiment à Genève : les genevois.

J'espère avoir la possibilité, à mon humble niveau, de pouvoir contribuer à améliorer la situation de notre belle République, en représentant l'ensemble des genevois au Grand-Conseil, et pas seulement ceux (lobbys ou amis), qui m'ont soutenu et qui ont voté pour moi.

Et vous souhaite une très bonne journée et un bel été.

Écrit par : Raphaël Coudray | 24/07/2013

Portraits de candidats: Raphaël Coudray : Soliloques Engagés , es genial, desde que os recibo no puedo parar de mirar todas vuestras sugerencias y me alegra cuando recibo uno más, sois lo mejor en español, me encata vuestra presentación y el curre que hay detrás. Un beso y un abrazo, nos alegrais la vida.

Écrit par : rehabilitacion de fachadas | 05/08/2013

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