01/08/2013

Portraits de candidats: Angèle Bilemjian

Angèle Bilemjian (Ensemble à Gauche), 36 ans.

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Manifestations, flashmobs et sit-ins ont lieu plusieurs fois par mois à Genève. Bien qu'ils défendent des causes très différentes les unes des autres, la diversité de ces évènements n'empêche pas certains d'être présents à bon nombre d'entre eux. Parmi ceux qui battent le pavé le plus souvent, c'est une femme qui détient le record de présence dans la rue: cette femme, c'est Angèle Bilemjian, militante souriante, énergique et convaincue.

 

Se considérant comme positive et enthousiaste, elle se définit aussi comme une personne persévérante, ayant réussi à surmonter plusieurs coups durs qui lui ont ouvert les yeux sur les difficultés de la vie, aux niveaux social ou humain. Angèle Bilemjian est surtout une battante, convaincue de ses combats, qu'elle mène toutefois avec une approche positive. Effectuant tous ses déplacements à bicyclette, adepte de randonnée et de natation, le sport rhythme le cours de son temps libre.

 

L'échange culturel et personnel est le moteur de ses actions: "on apprend beaucoup dans la proximité avec l'autre", dit-elle. Après des études à l'Institut de Hautes Études Internationales (avec une spécialisation en droits de l'Homme à la clé), elle s'est lancée dans un engagement associatif et humanitaire impressionnant, qui perdure encore aujourd'hui. Ayant travaillé en Afrique auprès d'organisations non-gouvernementales (ONG) et avec l'Organisation des Nations-Unies, elle est aujourd'hui extrêmement impliquée dans le tissu associatif local, affectionnant tout particulièrement le milieu des migrations, mais participe volontiers à tout ce qui touche à la lutte contre la précarité; elle est également membre du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA).

 

C'est au cours de cet investissement associatif qu'elle découvrit le parti politique SolidaritéS, dont le projet de société lui plut particulièrement. Et le 10 octobre 2012, un évènement allait chambouler son engagement: la lancement du référendum contre les mesures urgentes modifiant la loi sur l'asile (et qui a abouti à un "oui" du peuple suisse en faveur de la loi, le 9 juin dernier). Ce référendum fut sa première campagne politique, et c'est lors de celle-ci qu'elle a pris conscience du fait que le travail politique est prépondérant dans la défense de causes, c'est pourquoi elle adhéra au parti, avant de mener cette campagne sous sa bannière et celle de l'association ELISA.

 

Les coups de coeur qu'elle a eus avec ses camarades et leurs idées l'ont décidée à se joindre à eux dans la campagne électorale en vue des élections au Grand Conseil. Elle ne cache pas son estime pour eux, et deux en particulier: Pierre Vanek (conseiller municipal en Ville de Genève), "juste, honnête, sincère et d'une humanité incroyable", et Jocelyne Haller (ancienne Constituante), dont l'approche dans la lutte contre la précarité et pour la dignité humaine l'a marquée. Angèle Bilemjian ne se porte pas candidate pour elle-même: "je pense que par mon histoire, ce n'est pas moi que je veux défendre, mais plutôt les populations marginalisées, précarisées, fragilisées (c'est-à-dire  travailleurs-euses, migrants...). J'ai l'impression de les représenter: ce n'est pas moi qui compte, mais eux."

 

Vous l'aurez compris: si elle est élue, son credo sera la lutte contre la précarité, notamment par la protection des travailleurs et du service public. C'est pourquoi sa priorité est de combattre les cadeaux fiscaux et la trop faible imposition en faveur des hauts revenus, car elle estime que la lutte contre la pauvreté doit passer par une redistribution plus juste et équitable des richesses, et non par de trop nombreuses et intolérables coupes budgétaires dans le service public. Elle accorde également beaucoup d'intérêt pour tout ce qui touche à la mobilité et à la lutte contre l'énergie nucléaire, deux sujets qui font partie intégrante de sa fibre personnelle; partant du principe que l'exploitation sociale du travail de l'Homme par les employeurs s'apparente à l'exploitation du sol, elle affirme que tant le travail de l'Homme que les ressources naturelles ne sont pas des sources intarissables. "Respecter la nature (à laquelle appartient l'Homme), c'est aussi combattre l'exploitation de l'Homme par l'Homme."

 

Critique envers une vie politique qu'elle voit menée par la droite, elle fustige en particulier les idées populistes. "On essaie de répondre à la précarité et à la crise par des idées de droite qui sont à l'origine de la crise, et en cassant la solidarité entre les populations par (entre autres) des discours populistes." Son ennemi no 1, c'est Pierre Maudet, surtout en raison de sa politique sécuritaire, migratoire et relative à l'asile, des sujets qu'elle tient très à coeur. Plus généralement, elle critique surtout ceux qui arrivent à manipuler et à désinformer la population à travers des slogans simplistes et/ou par carriérisme (à ce titre, elle montre du doigt à la fois PLR, UDC et MCG).

 

Pour elle, Genève a deux visages: d'une part, il s'agit d'un paradis fiscal, un lieu où les dictateurs mettent leurs sous, et où les multinationales peuvent s'implanter avec des taux d'imposition très bas. D'autre part, Genève est un lieu imbu d'un esprit associatif exceptionnel qui amène à se battre pour faire passer des valeurs justes. Selon elle, seule une meilleure répartition des richesses et une plus grande solidarité entre les populations pouront empêcher le chômage et la précarité (deux dangers imminents qui planent sur Genève) de gagner du terrain.

 

En conclusion de ce portrait, voici le slogan qu'Angèle Bilemjian se donne pour cette campagne, pendant laquelle vous pourrez aller à sa rencontre (en l'appelant au 079 686 86 50): "justice et dignité pour toutes et tous."

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