• Débattre sur le sujet en question?

    L'initiative 1:12, de la jeunesse socialiste, sera probablement votée en novembre, et déjà les débats à son sujet semblent hors contexte. 


    D'un côté, on parle de cataclysme et de naufrage de l'économie suisse (comme à chaque fois que des socialistes font des propositions dans le domaine de l'économie, ce qui est très redondant), et de l'autre, de sauvetage des bas salaires contre les "affreux" patrons. 


    Mais une initiative ne devrait-elle pas tout d'abord être prise en compte pour le message idéal qu'elle véhicule? En l'espèce, il s'agit de réduire l'écart entre les riches et les pauvres, un fossé qui s'agrandit chaque jour et qui ne saurait aboutir à une société juste et solidaire. Avec un écart maîtrisé entre les bas et hauts revenus, l'on évite de vivre un jour dans une société à deux vitesses, risquant de favoriser la résurrection de la lutte des classes. Voilà l'esprit véritable de l'initiative: contrer la désunion nationale que pourrait provoquer les différences de salaire.


    Ceci dit, il convient de s'interroger sur les propositions effectives contenues dans le texte. Ainsi, les questions phares qui se posent sont: tolérez-vous le fait qu'un salarié gagne davantage en un mois qu'un autre en un an? Et acceptez-vous de fixer un seuil légal en cas de réponse négative? 


    J'entends parfaitement les arguments des opposants, qui fustigent notamment - et à juste titre - le manque total de distinction entre salariés au niveau de leurs responsabilités, de la nature de leur travail, etc. Cependant, m'est avis, en tant que humble étudiant en droit au début de ses études, que le texte de l'initiative n'est pas à ce point rigide: l'obligatoire application législative de l'initiative 1:12, suite à son éventuelle acceptation, permettra au législateur fédéral de prendre en compte des critères autres que le seul salaire (l'unique sur lequel agit le texte, ce qui semble d'emblée insuffisant pour être équitable).


    Je soutiendrai l'initiative 1:12, de mon côté, non pas car mon parti la soutient, ni car elle permet de gueuler sur les riches ("tous pourris", comme on le sait bien), mais car ses postulats philosophiques correspondent aux miens: je crois à l'égalité naturelle des hommes, et les importantes différences salariales de certaines entreprises ne se justifient donc pas. 


    Novartis détient l'écart record, de presque 1:1000 (le plus haut salaire mensuel étant 1000 fois supérieur au plus bas salaire annuel, et c'est sans compter les primes et autres boni). Une personne peut-elle vraiment "valoir" plus de 1000 fois une autre? C'est parce que je réponds négativement à cette question que je suis favorable à un endiguement de cette dangereuse tendance de certaines entreprises, trop libres de créer ce genre de situations invraisemblables.


    Selon les derniers sondages, l'initiative 1:12, combattue par la majorité politique du pays, serait plébiscitée par une majorité des sondés, et cela assez nettement. L'idée de la jeunesse socialiste suisse séduit-elle déjà le peuple? Il est trop tôt pour le dire, mais une chose est sûre: le meilleur moyen de l'informer est de parler de l'initiative elle-même, le hors-sujet étant trop à la mode ces temps-ci dans les débats référendaires.

  • Portraits de candidats: Raphaël Coudray

    Raphaël Coudray (Mouvement Citoyen Genevois), 39 ans.

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    Pour ce portrait d'une personne que, pour la première fois, je ne connaissais pas du tout, j'ai trouvé en face de moi un homme très calme, portant un discret mais sincère sourire. Cet homme, c'est Raphaël Coudray, Onésien de 39 ans qui se considère comme pragmatique, aimant aller au fond des choses, et réalisant ses engagements par conviction.

     

    Titulaire d'un CFC d'employé de commerce et d'un brevet fédéral de spécialiste en gestion de personnel, il travaille actuellement à l'hôpital cantonal, dans un poste administratif du service du recrutement (ce qui ne l'empêche pas de rester très multitâches). Passionné de moto, membre du comité du Norton Sport Club (le plus grand club de motards en Suisse), Raphaël Coudray a une expérience de ressources humaines, et de ce fait un regard sur ce qui se passe dans les entreprises, qui l'amène à être critique envers de nombreux politiciens et entrepreneurs oubliant qu'un employé est tout d'abord un être humain.

     

    S'intéressant depuis longtemps de loin à la politique, ce n'est qu'à l'époque de la votation sur l'adhésion de la Suisse à l'EEE (espace économique européen) que son intérêt a pris de l'ampleur. Il tenta de trouver sa couleur politique, mais aucun parti ne semblait lui correspondre. Le Mouvement Citoyen Genevois, créé en 2005, attira son attention, mais ce n'est qu'après examen des opinions exprimées ça et là dans le monde politique et une rencontre avec Guillaume Sauty (Député MCG et benjamin du Grand Conseil genevois) qu'il décida de rejoindre ce parti, à l'occasion d'une assemblée générale en 2008.

     

    Outre les "gesticulations" d'Eric Stauffer (Président d'honneur du Mouvement Citoyen Genevois), Raphaël Coudray trouvait intéressantes certaines choses dites au sein du parti. En 2011, Eric Oulevey, Président de la section onésienne du parti, l'appelle pour lui proposer une place sur la liste MCG en vue des élections municipales. D'abord réticent, car, en tant qu'auxiliaire employé à l'Etat, il pensait que parti et Etat ne se mélangeaient pas, il accepta enfin, estimant que son intérêt pour la candidature était suffisant pour se lancer dans la course. À l'issue de ce qui fut sa première campagne politique, il arriva premier des "viennent-ensuite" (c'est-à-dire le premier des non-élus de sa liste). Mais l'élection d'Eric Stauffer au Conseil Administratif lui ouvrit les portes du Conseil Municipal d'Onex, et il y siège depuis maintenant un an en tant que chef de groupe. Mais travailler à l'Etat tout en étant élu du Mouvement Citoyen Genevois peut être mal accepté: il raconte que suite à son élection, plusieurs personnes à l'Etat ne lui ont plus adressé la parole.

     

    L'expérience onésienne, avec ses défis intéressants (opposition au plan directeur cantonal, enjeux urbanistiques et sécuritaires...), l'amène aujourd'hui à être candidat au Grand Conseil genevois. Il met en avant sa bonne connaissance de l'emploi et du chômage (ayant été lui-même deux fois au chômage et ayant été conseiller auprès de l'Office Régional de Placement), pour dénoncer la politique actuelle, qui consiste selon lui en rien d'autre que de la gesticulation politique, avec des conséquences catastrophiques: "on peut faire mieux au niveau du chômage, et prévenir avant que la personne en fin de droit soit dans une situation très précaire". Il propose notamment de développer des synergies entre l'aide fédérale et l'aide cantonale.

     

    Vous l'aurez compris, son domaine de prédiléction est l'emploi (des résidents), et donc le chômage, mais aussi la mobilité ("il faut pouvoir circuler de la manière la plus efficace et la plus harmonieuse [...] et savoir aussi traiter des comportements de cyclistes") et l'urbanisme. Sa priorité est de dynamiser la prise en charge des chômeurs et d'aider les employeurs qui les engagent (par la mise en place d'une formation financée par le chômage). 

     

    Interrogé quant à la vie politique actuelle, il répond: "la vie est un long fleuve tranquille; heureusement, le MCG met du piment dans la soupe". Raphaël Coudray a peur des politiciens professionnels, ceux qui se lancent dans la mêlée simplement pour la fonction et les avantages du mandat; il n'aime pas du tout ceux qui s'accrochent beaucoup trop à leur place non plus, et il a autant de sympathie pour "l'inféodation des partis traditionnels aux lobbies qui les soutiennent". De son côté, il se lance à fond en faveur de la population, et non pas pour lui-même: "je suis dans l'utopie d'être affilié à un parti, mais en étant politiquement indépendant". Enfin, son mépris de la corruption est tel qu'il veut pouvoir un jour être fier de refuser cent francs pour un vote.

     

    Ceux qu'il considère comme ses adversaires sont tout d'abord les extrêmes, comme "ceux qui veulent détruire la société ou foutre tout le monde dehors". Sachant que le MCG est constamment qualifié d'extrême, il affirme: "je suis très content quand on me traite de facho, car ma fiancée est originaire du Sri Lanka". Pour Raphaël Coudray, dans le pays du consensus, on peut faire de belles choses sans virer dans les extrêmes.

     

    Il voit Genève comme une des plus belles villes du monde, qu'il faut préserver tout en la développant. "Genève est peuplée de gens fort sympathiques bien que ronchons et qu'il faudrait parfois un peu plus écouter." Pour lui, c'est aussi la ville à la campagne: il raconte que sa première compagne, originaire de Neuchâtel, ignorait qu'il y avait une campagne genevoise. C'est justement pour éviter que ce lieu qui lui est cher devienne une ville morte avec de plus en plus de chômeurs qu'il souhaite participer à la construction de Genève, en prenant bien garde à promouvoir l'emploi des jeunes et des résidents, une nécessité selon lui pour éviter le pire.

     

    Vous pourrez suivre sa campagne, qu'il mènera sous le slogan "remettons les Genevois au centre de nos préoccupations", sur les stands du Mouvement Citoyen Genevois, en vous rendant aux sessions du Conseil Municipal d'Onex, ou encore sur Facebook.

  • Loi sur les naturalisations: référendum inévitable

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    Lors de sa session d'automne, le Conseil des Etats pourrait accepter une modification de la Loi sur les Naturalisations. Les années de résidence comptant double (profitant aux jeunes ayant résidé en Suisse entre les âges de 10 et 20 ans) disparaissent, et seuls les détenteurs de permis C pourront déposer une demande de naturalisation.

     

    Ce durcissement, porté sans doute par l'esprit anti-étrangers qui fait tristement loi dans le domaine de l'immigration, est doublement nocif: d'une part, la suppression des années comptant double signifie le refus de voir qu'un jeune développe des liens bien plus forts avec le pays dans lequel il réside qu'un adulte. D'autre part, la Suisse se tirerait une balle dans le pied en limitant les demandes aux seuls détenteurs de permis C: ce faisant, elle ferme sa porte aux travailleurs, qui contribuent à la richesse du pays, et aux étudiants, dont les compétences fraîchement acquises seraient renvoyées dans un autre pays, sans doute très heureux de les accueillir.

     

    Si le Conseil des Etats accepte cette modification de loi, je m'engagerai en faveur d'un référendum, afin que le peuple puisse peser le pour et le contre de cette loi, car je considère que le choix des parlementaires fédéraux est contre-productif. 

     

    J'invite par avance UDC, MCG et autres acteurs dont "restriction" est le mot d'ordre en matière d'immigration, à ne pas s'acharner à détourner le débat de son objet, comme cela a excessivement été le cas lors de la campagne sur le référendum contre la modification de la Loi sur l'Asile.

  • Portraits de candidats: Peter Sob

    Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique), 21 ans

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    Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue.

     

    Son intérêt pour la politique a débuté avec plusieurs évènements précis qui l'ont tous amené à s'intéresser aux rapports que la Suisse entretient avec le monde, ainsi qu'au climat anti-étrangers, surtout induit par l'UDC: il évoque les célèbres initiatives contre les minarets et pour le renvoi des étrangers criminels, mais également la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale. Ces évènements l'ont décidé à s'impliquer activement en politique, ne restant donc qu'à trouver un parti.

     

    Peter Sob s'intéressait alors au Parti Radical, mais, la fusion ne l'ayant pas convaincu, il abandonna cette voie. En faisant ses recherches, il ne trouvait aucun parti cantonal qui ne lui corresponde suffisamment. C'est alors qu'il rencontra Laurent Thurnherr (tout comme Peter Sob, actuel Vice-Président du PBD Genève ndlr), qui lui annonça vouloir fonder la section genevoise du Parti Bourgeois-Démocratique. Ne connaissant que la façon dont ce mouvement a été créé (c'est-à-dire suite à l'éviction de l'UDC de la Conseillère Fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf), Peter Sob a tout de suite été convaincu par les idées du futur PBD Genève, et a ainsi intégré une équipe qui s'est petit à petit agrandie, et qui a abouti à la création du parti, le 13 février 2013.

     

    Travailleur et animé d'une envie d'atteindre les buts qu'il se fixe, il s'est lancé dans la course pour les élections cantonales en octobre prochain, pensant pouvoir apporter des points de vue différents. Étant allé jusqu'à suivre des cours de droit pour élargir ses connaissances, il se prépare à véritablement accéder au législatif cantonal, malgré les maigres chances de son parti. "On n'attend pas grand-chose, car il y a seulement six mois d'écart entre notre création et les élections. Si on obtient un mauvais résultat, ce sera probablement plus en raison d'une méconnaissance que d'un rejet". Il croit malgré tout au fait que le PBD atteigne les 7% de voix requises (en étant bien conscient des difficultés que cela implique).

     

    En effet, le PBD est encore extrêmement méconnu dans la politique genevoise. Une chose est claire: il n'aime pas les étiquettes. Il n'aime pas la politique politicienne non plus, ayant élaboré son programme avec des spécialistes de chaque sujet abordé, et non en fonction de facteurs électoraux et stratégiques. Le parti se situe à droite au niveau économique et sécuritaire, et à gauche sur le plan écologique et social, tout en étant empreint d'un esprit à la fois conservateur et humaniste.

     

    S'il est élu, Peter Sob ne souhaite pas se spécialiser dans un domaine spécifique, même s'il avoue s'intéresser en particulier aux questions portant sur la fiscalité, la sécurité et le logement. Ainsi, s'il ne pouvait faire appliquer qu'un seul projet, il réaliserait sans hésitation ce qui est par ailleurs une des priorités de son parti: le blocage des loyers. En d'autres termes, à part les hausses liées à l'augmentation du coût de la vie, l'idée serait de bloquer le prix des loyers, tant que le taux de vacance des logements ne dépasse pas les 3% (actuellement, il est de 0.33%). À ceux qui considèrent cette proposition comme anti-libérale, il répond qu'elle vise justement à relibéraliser un marché hors de contrôle: "quand il y a un déséquilibre, l'Etat doit intervenir".

     

    Interrogé quant à son avis sur la vie politique actuelle, il n'a qu'un mot aux lèvres: chaotique. Il fustige les trop nombreux politiciens centrés sur eux-mêmes, les "vieux" qui ne veulent pas bouger de la place qu'ils occupent depuis plus d'une décennie, quand bien même ils n'apportent pas grand-chose... Il est particulièrement critique à l'égard de la fréquence des attaques déloyales, et de la montée du populisme au détriment du réalisme. S'agissant de ses adversaires politiques, il les reconnaît dans toute personne incapable de se remettre en question (indépendamment donc de la couleur politique).

     

    Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". Genève est pour lui un des cantons les plus ouverts du pays, malgré le fait -justifié- que les gens n'y sont pas connus pour leur modestie. Mais cela ne l'empêche pas d'aimer sincèrement ce lieu. Il espère que l'on restera vigilants face au populisme (jeu de mots involontaire), ainsi qu'aux pressions nationales et internationales.

     

    Si vous souhaitez suivre sa campagne, qui sera menée sous le slogan "pour une politique intelligente et courageuse", il n'y a qu'à consulter son profil facebook ou le site du PBD Genève.