28/07/2013

Débattre sur le sujet en question?

L'initiative 1:12, de la jeunesse socialiste, sera probablement votée en novembre, et déjà les débats à son sujet semblent hors contexte. 


D'un côté, on parle de cataclysme et de naufrage de l'économie suisse (comme à chaque fois que des socialistes font des propositions dans le domaine de l'économie, ce qui est très redondant), et de l'autre, de sauvetage des bas salaires contre les "affreux" patrons. 


Mais une initiative ne devrait-elle pas tout d'abord être prise en compte pour le message idéal qu'elle véhicule? En l'espèce, il s'agit de réduire l'écart entre les riches et les pauvres, un fossé qui s'agrandit chaque jour et qui ne saurait aboutir à une société juste et solidaire. Avec un écart maîtrisé entre les bas et hauts revenus, l'on évite de vivre un jour dans une société à deux vitesses, risquant de favoriser la résurrection de la lutte des classes. Voilà l'esprit véritable de l'initiative: contrer la désunion nationale que pourrait provoquer les différences de salaire.


Ceci dit, il convient de s'interroger sur les propositions effectives contenues dans le texte. Ainsi, les questions phares qui se posent sont: tolérez-vous le fait qu'un salarié gagne davantage en un mois qu'un autre en un an? Et acceptez-vous de fixer un seuil légal en cas de réponse négative? 


J'entends parfaitement les arguments des opposants, qui fustigent notamment - et à juste titre - le manque total de distinction entre salariés au niveau de leurs responsabilités, de la nature de leur travail, etc. Cependant, m'est avis, en tant que humble étudiant en droit au début de ses études, que le texte de l'initiative n'est pas à ce point rigide: l'obligatoire application législative de l'initiative 1:12, suite à son éventuelle acceptation, permettra au législateur fédéral de prendre en compte des critères autres que le seul salaire (l'unique sur lequel agit le texte, ce qui semble d'emblée insuffisant pour être équitable).


Je soutiendrai l'initiative 1:12, de mon côté, non pas car mon parti la soutient, ni car elle permet de gueuler sur les riches ("tous pourris", comme on le sait bien), mais car ses postulats philosophiques correspondent aux miens: je crois à l'égalité naturelle des hommes, et les importantes différences salariales de certaines entreprises ne se justifient donc pas. 


Novartis détient l'écart record, de presque 1:1000 (le plus haut salaire mensuel étant 1000 fois supérieur au plus bas salaire annuel, et c'est sans compter les primes et autres boni). Une personne peut-elle vraiment "valoir" plus de 1000 fois une autre? C'est parce que je réponds négativement à cette question que je suis favorable à un endiguement de cette dangereuse tendance de certaines entreprises, trop libres de créer ce genre de situations invraisemblables.


Selon les derniers sondages, l'initiative 1:12, combattue par la majorité politique du pays, serait plébiscitée par une majorité des sondés, et cela assez nettement. L'idée de la jeunesse socialiste suisse séduit-elle déjà le peuple? Il est trop tôt pour le dire, mais une chose est sûre: le meilleur moyen de l'informer est de parler de l'initiative elle-même, le hors-sujet étant trop à la mode ces temps-ci dans les débats référendaires.

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23/07/2013

Portraits de candidats: Raphaël Coudray

Raphaël Coudray (Mouvement Citoyen Genevois), 39 ans.

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Pour ce portrait d'une personne que, pour la première fois, je ne connaissais pas du tout, j'ai trouvé en face de moi un homme très calme, portant un discret mais sincère sourire. Cet homme, c'est Raphaël Coudray, Onésien de 39 ans qui se considère comme pragmatique, aimant aller au fond des choses, et réalisant ses engagements par conviction.

 

Titulaire d'un CFC d'employé de commerce et d'un brevet fédéral de spécialiste en gestion de personnel, il travaille actuellement à l'hôpital cantonal, dans un poste administratif du service du recrutement (ce qui ne l'empêche pas de rester très multitâches). Passionné de moto, membre du comité du Norton Sport Club (le plus grand club de motards en Suisse), Raphaël Coudray a une expérience de ressources humaines, et de ce fait un regard sur ce qui se passe dans les entreprises, qui l'amène à être critique envers de nombreux politiciens et entrepreneurs oubliant qu'un employé est tout d'abord un être humain.

 

S'intéressant depuis longtemps de loin à la politique, ce n'est qu'à l'époque de la votation sur l'adhésion de la Suisse à l'EEE (espace économique européen) que son intérêt a pris de l'ampleur. Il tenta de trouver sa couleur politique, mais aucun parti ne semblait lui correspondre. Le Mouvement Citoyen Genevois, créé en 2005, attira son attention, mais ce n'est qu'après examen des opinions exprimées ça et là dans le monde politique et une rencontre avec Guillaume Sauty (Député MCG et benjamin du Grand Conseil genevois) qu'il décida de rejoindre ce parti, à l'occasion d'une assemblée générale en 2008.

 

Outre les "gesticulations" d'Eric Stauffer (Président d'honneur du Mouvement Citoyen Genevois), Raphaël Coudray trouvait intéressantes certaines choses dites au sein du parti. En 2011, Eric Oulevey, Président de la section onésienne du parti, l'appelle pour lui proposer une place sur la liste MCG en vue des élections municipales. D'abord réticent, car, en tant qu'auxiliaire employé à l'Etat, il pensait que parti et Etat ne se mélangeaient pas, il accepta enfin, estimant que son intérêt pour la candidature était suffisant pour se lancer dans la course. À l'issue de ce qui fut sa première campagne politique, il arriva premier des "viennent-ensuite" (c'est-à-dire le premier des non-élus de sa liste). Mais l'élection d'Eric Stauffer au Conseil Administratif lui ouvrit les portes du Conseil Municipal d'Onex, et il y siège depuis maintenant un an en tant que chef de groupe. Mais travailler à l'Etat tout en étant élu du Mouvement Citoyen Genevois peut être mal accepté: il raconte que suite à son élection, plusieurs personnes à l'Etat ne lui ont plus adressé la parole.

 

L'expérience onésienne, avec ses défis intéressants (opposition au plan directeur cantonal, enjeux urbanistiques et sécuritaires...), l'amène aujourd'hui à être candidat au Grand Conseil genevois. Il met en avant sa bonne connaissance de l'emploi et du chômage (ayant été lui-même deux fois au chômage et ayant été conseiller auprès de l'Office Régional de Placement), pour dénoncer la politique actuelle, qui consiste selon lui en rien d'autre que de la gesticulation politique, avec des conséquences catastrophiques: "on peut faire mieux au niveau du chômage, et prévenir avant que la personne en fin de droit soit dans une situation très précaire". Il propose notamment de développer des synergies entre l'aide fédérale et l'aide cantonale.

 

Vous l'aurez compris, son domaine de prédiléction est l'emploi (des résidents), et donc le chômage, mais aussi la mobilité ("il faut pouvoir circuler de la manière la plus efficace et la plus harmonieuse [...] et savoir aussi traiter des comportements de cyclistes") et l'urbanisme. Sa priorité est de dynamiser la prise en charge des chômeurs et d'aider les employeurs qui les engagent (par la mise en place d'une formation financée par le chômage). 

 

Interrogé quant à la vie politique actuelle, il répond: "la vie est un long fleuve tranquille; heureusement, le MCG met du piment dans la soupe". Raphaël Coudray a peur des politiciens professionnels, ceux qui se lancent dans la mêlée simplement pour la fonction et les avantages du mandat; il n'aime pas du tout ceux qui s'accrochent beaucoup trop à leur place non plus, et il a autant de sympathie pour "l'inféodation des partis traditionnels aux lobbies qui les soutiennent". De son côté, il se lance à fond en faveur de la population, et non pas pour lui-même: "je suis dans l'utopie d'être affilié à un parti, mais en étant politiquement indépendant". Enfin, son mépris de la corruption est tel qu'il veut pouvoir un jour être fier de refuser cent francs pour un vote.

 

Ceux qu'il considère comme ses adversaires sont tout d'abord les extrêmes, comme "ceux qui veulent détruire la société ou foutre tout le monde dehors". Sachant que le MCG est constamment qualifié d'extrême, il affirme: "je suis très content quand on me traite de facho, car ma fiancée est originaire du Sri Lanka". Pour Raphaël Coudray, dans le pays du consensus, on peut faire de belles choses sans virer dans les extrêmes.

 

Il voit Genève comme une des plus belles villes du monde, qu'il faut préserver tout en la développant. "Genève est peuplée de gens fort sympathiques bien que ronchons et qu'il faudrait parfois un peu plus écouter." Pour lui, c'est aussi la ville à la campagne: il raconte que sa première compagne, originaire de Neuchâtel, ignorait qu'il y avait une campagne genevoise. C'est justement pour éviter que ce lieu qui lui est cher devienne une ville morte avec de plus en plus de chômeurs qu'il souhaite participer à la construction de Genève, en prenant bien garde à promouvoir l'emploi des jeunes et des résidents, une nécessité selon lui pour éviter le pire.

 

Vous pourrez suivre sa campagne, qu'il mènera sous le slogan "remettons les Genevois au centre de nos préoccupations", sur les stands du Mouvement Citoyen Genevois, en vous rendant aux sessions du Conseil Municipal d'Onex, ou encore sur Facebook.

12/07/2013

Loi sur les naturalisations: référendum inévitable

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Lors de sa session d'automne, le Conseil des Etats pourrait accepter une modification de la Loi sur les Naturalisations. Les années de résidence comptant double (profitant aux jeunes ayant résidé en Suisse entre les âges de 10 et 20 ans) disparaissent, et seuls les détenteurs de permis C pourront déposer une demande de naturalisation.

 

Ce durcissement, porté sans doute par l'esprit anti-étrangers qui fait tristement loi dans le domaine de l'immigration, est doublement nocif: d'une part, la suppression des années comptant double signifie le refus de voir qu'un jeune développe des liens bien plus forts avec le pays dans lequel il réside qu'un adulte. D'autre part, la Suisse se tirerait une balle dans le pied en limitant les demandes aux seuls détenteurs de permis C: ce faisant, elle ferme sa porte aux travailleurs, qui contribuent à la richesse du pays, et aux étudiants, dont les compétences fraîchement acquises seraient renvoyées dans un autre pays, sans doute très heureux de les accueillir.

 

Si le Conseil des Etats accepte cette modification de loi, je m'engagerai en faveur d'un référendum, afin que le peuple puisse peser le pour et le contre de cette loi, car je considère que le choix des parlementaires fédéraux est contre-productif. 

 

J'invite par avance UDC, MCG et autres acteurs dont "restriction" est le mot d'ordre en matière d'immigration, à ne pas s'acharner à détourner le débat de son objet, comme cela a excessivement été le cas lors de la campagne sur le référendum contre la modification de la Loi sur l'Asile.

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook |

06/07/2013

Portraits de candidats: Xavier Schwitzguébel

Xavier Schwitzguébel (Union Démocratique du Centre), 24 ans

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Voici à présent le plus atypique des candidats interviewés jusqu'ici. Ce jeune homme, un barbu châtain clair évoquant davantage un Viking qu'un Cartignois, est d'abord caractérisé par sa remarquable sérénité: l'on se rend tout de suite compte que la discussion avec lui sera possible et peut-être même agréable, malgré la possible absence de tout terrain d'entente (et je parle en connaissance de cause: smartvote le considère comme le plus éloigné de moi en termes d'idées politiques).

 

Xavier Schwitzguébel se considère comme un officier prussien, attachant une importance particulière aux termes "servir", "honnêteté", "fidélité", "honneur" et "patrie". Il se décrit aussi comme un romantique (au sens naturel). Sa volonté de rejoindre la société de l'Helvetia (au début de ses études de droit à l'Université de Berne en septembre) illustre en partie ce caractère: il s'agit en effet de la dernière société combattante de Suisse. De plus très sportif, ancien garde du corps, et bientôt officier de l'armée suisse, il affirme que "le paraître ne m'importe pas, c'est l'être qui m'importe". 

 

Xavier Schwitzguébel est issu d'une famille qui n'a pas été particulièrement aisée au fil des différentes générations, et qui a toujours eu un lien avec l'armée suisse. Il tient son grand-père maternel, Pierre Dufour, comme étant à l'origine de la moitié de son éducation: il lui transmit son expérience de vie, ses valeurs, son amour du sport et de la nature, ainsi que son intérêt pour la politique, envers laquelle il était très critique, tout en gardant à l'esprit le fait que c'est elle qui faisait tourner le monde. Xavier Schwitzguébel croit toujours aux valeurs chrétiennes que lui avait transmises son grand-père, considérant qu'elles ont plus de sens que le consumérisme.

 

Ce n'est qu'autour de ses 13 ans qu'il commence à s'intéresser à la politique: "je ne voulais pas qu'on décide à ma place". Après avoir fait des recherches, il décide de rejoindre l'UDC dès la fin de son école de recrue (en août 2008), mais il s'exécute finalement le lendemain de la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil Fédéral (qui a eu lieu le 12 décembre 2007). Depuis lors, il participe à sa première élection (en octobre 2008, pour l'Assemblée Constituante, où il est non-élu pour 131 voix), peu avant de créer la section genevoise des Jeunes UDC (dont il est devenu Président). Il se présente une première fois au Grand Conseil (en 2009, où il est non-élu pour 287 voix), milite activement pour l'initiative contre les minarets (2010) et contre l'initiative "pour la protection face à la violence des armes" (en 2011; il s'est par ailleurs distingué en posant nu sur des affiches). En 2011, il est candidat aux élections fédérales, où il arrive deuxième des candidats des listes de "jeunes". Il est ensuite élu Vice-Président des Jeunes UDC Suisse (2012), dont il est candidat à la présidence (en 2014). Enfin, cette année, il quittera la présidence des Jeunes UDC genevois et mènera une campagne active contre l'initiative du GSsA contre le service militaire obligatoire.

 

Au cours de ce parcours politique déjà important, il a été à un moment donné été inspiré par les personnes suivantes: Yvan Perrin (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC neuchâtelois), Oskar Freysinger (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC valaisan), Yves Nidegger (Conseiller National UDC genevois), Christoph Blocher (Conseiller National et ancien Conseiller Fédéral UDC zurichois) et Adolf Ogi (ancien Conseiller Fédéral UDC bernois) en font partie, mais il mentionne également le général Guillaume-Henri Dufour (ancien général de l'armée suisse, vainqueur de la guerre du Sonderbund), Otto von Bismarck (homme politique prussien et allemand de la fin du XIXe siècle) et Winston Churchill (ancien Premier Ministre britannique).

 

Sa candidature au Grand Conseil pour cet automne est le fruit d'un engagement passionné: "je ne suis pas le meilleur, je n'ai pas plus de choses à proposer qu'un autre, mais je travaille avec honnêteté et convictions." Prêt à dépenser temps et énergie sans compter pour une structure commune, il gage de son humilité, ayant appris à se remettre en question et à ne pas être nombriliste. Se sentant très efficace quant à des questions de sécurité, il est aussi à l'aise pour tout ce qui touche au juridique, au judiciaire, à la gestion du territoire, voire aux finances. Il reste cependant conscient que s'il est élu, il est très probable que, en tant que nouveau venu, il hérite de commissions "inutiles". C'est pourquoi il ne pense pas limiter son travail à celles-ci uniquement: ne pas être membre de la commission de sécurité ne l'empêcherait pas de formuler des propositions dans ce domaine. Sa priorité est de faire adopter une réduction de la taille de l'Etat de 10% et une baisse des impôts de 5% (en faveur de la classe moyenne) afin de dévouer les 5% restants au remboursement de la dette.

 

Il pense que la vie politique actuelle est délétère: malgré un système bien réfléchi ayant fait ses preuves, les politiciens sont soit devenus trop nombrilistes, pensant avoir systématiquement raison (dénonçant pêle-mêle PDC, PLR, PS et Verts), soit souhaitent à tout prix faire parler d'eux, en vidant l'Etat de sa substance (accusant surtout le MCG: "leurs propos sont indécents, ils n'ont rien à faire là"). Ceux qui sont là pour se servir sans servir, pour faire parler d'eux sans faire avancer l'Etat, voilà les adversaires politiques de Xavier Schwitzguébel. À ses yeux, tous les partis ont des problèmes. Se revendiquant conservateur et libéral (économiquement), il pense pouvoir facilement trouver des terrains d'entente avec le PLR et le PDC, voire avec le MCG, et il n'est pas totalement fermé aux propositions du PS ou des Verts. 

 

Pour lui, Genève est une région qui a eu une place très importante (réforme, croix-rouge, organisations internationales...), mais, en glorifiant ce passé perdu, on se prend pour le centre du monde sans en avoir les capacités. "Une des grandes démonstrations des paradoxes intellectuels du Genevois est qu'il prétend vouloir défendre l'environnement et les droits de l'homme, mais qui en réalité brûle ses terres et exporte de la misère." Pour Xavier Schwitzguébel, Genève va surtout devoir prendre garde à la surpopulation par une immigration qui empêche les Genevois de vivre sur le canton, en raison de loyers exorbitants, entraînant la destruction des terres et créant de l'insécurité. Il s'inquiète également pour l'avenir de la culture genevoise: la Rome protestante ne compte "plus que" 12% de protestants.

 

Concluant par cette phrase: "pour une Genève suisse, fière de ses traditions, une seule solution: votez Schwitzguébel", il vous invite à suivre sa campagne sur Facebook, Twitter, ou à le contacter sur son téléphone (079 586 16 11) pour discuter autour d'un verre de vin genevois.

01/07/2013

Portraits de candidats: Peter Sob

Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique), 21 ans

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Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue.

 

Son intérêt pour la politique a débuté avec plusieurs évènements précis qui l'ont tous amené à s'intéresser aux rapports que la Suisse entretient avec le monde, ainsi qu'au climat anti-étrangers, surtout induit par l'UDC: il évoque les célèbres initiatives contre les minarets et pour le renvoi des étrangers criminels, mais également la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale. Ces évènements l'ont décidé à s'impliquer activement en politique, ne restant donc qu'à trouver un parti.

 

Peter Sob s'intéressait alors au Parti Radical, mais, la fusion ne l'ayant pas convaincu, il abandonna cette voie. En faisant ses recherches, il ne trouvait aucun parti cantonal qui ne lui corresponde suffisamment. C'est alors qu'il rencontra Laurent Thurnherr (tout comme Peter Sob, actuel Vice-Président du PBD Genève ndlr), qui lui annonça vouloir fonder la section genevoise du Parti Bourgeois-Démocratique. Ne connaissant que la façon dont ce mouvement a été créé (c'est-à-dire suite à l'éviction de l'UDC de la Conseillère Fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf), Peter Sob a tout de suite été convaincu par les idées du futur PBD Genève, et a ainsi intégré une équipe qui s'est petit à petit agrandie, et qui a abouti à la création du parti, le 13 février 2013.

 

Travailleur et animé d'une envie d'atteindre les buts qu'il se fixe, il s'est lancé dans la course pour les élections cantonales en octobre prochain, pensant pouvoir apporter des points de vue différents. Étant allé jusqu'à suivre des cours de droit pour élargir ses connaissances, il se prépare à véritablement accéder au législatif cantonal, malgré les maigres chances de son parti. "On n'attend pas grand-chose, car il y a seulement six mois d'écart entre notre création et les élections. Si on obtient un mauvais résultat, ce sera probablement plus en raison d'une méconnaissance que d'un rejet". Il croit malgré tout au fait que le PBD atteigne les 7% de voix requises (en étant bien conscient des difficultés que cela implique).

 

En effet, le PBD est encore extrêmement méconnu dans la politique genevoise. Une chose est claire: il n'aime pas les étiquettes. Il n'aime pas la politique politicienne non plus, ayant élaboré son programme avec des spécialistes de chaque sujet abordé, et non en fonction de facteurs électoraux et stratégiques. Le parti se situe à droite au niveau économique et sécuritaire, et à gauche sur le plan écologique et social, tout en étant empreint d'un esprit à la fois conservateur et humaniste.

 

S'il est élu, Peter Sob ne souhaite pas se spécialiser dans un domaine spécifique, même s'il avoue s'intéresser en particulier aux questions portant sur la fiscalité, la sécurité et le logement. Ainsi, s'il ne pouvait faire appliquer qu'un seul projet, il réaliserait sans hésitation ce qui est par ailleurs une des priorités de son parti: le blocage des loyers. En d'autres termes, à part les hausses liées à l'augmentation du coût de la vie, l'idée serait de bloquer le prix des loyers, tant que le taux de vacance des logements ne dépasse pas les 3% (actuellement, il est de 0.33%). À ceux qui considèrent cette proposition comme anti-libérale, il répond qu'elle vise justement à relibéraliser un marché hors de contrôle: "quand il y a un déséquilibre, l'Etat doit intervenir".

 

Interrogé quant à son avis sur la vie politique actuelle, il n'a qu'un mot aux lèvres: chaotique. Il fustige les trop nombreux politiciens centrés sur eux-mêmes, les "vieux" qui ne veulent pas bouger de la place qu'ils occupent depuis plus d'une décennie, quand bien même ils n'apportent pas grand-chose... Il est particulièrement critique à l'égard de la fréquence des attaques déloyales, et de la montée du populisme au détriment du réalisme. S'agissant de ses adversaires politiques, il les reconnaît dans toute personne incapable de se remettre en question (indépendamment donc de la couleur politique).

 

Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". Genève est pour lui un des cantons les plus ouverts du pays, malgré le fait -justifié- que les gens n'y sont pas connus pour leur modestie. Mais cela ne l'empêche pas d'aimer sincèrement ce lieu. Il espère que l'on restera vigilants face au populisme (jeu de mots involontaire), ainsi qu'aux pressions nationales et internationales.

 

Si vous souhaitez suivre sa campagne, qui sera menée sous le slogan "pour une politique intelligente et courageuse", il n'y a qu'à consulter son profil facebook ou le site du PBD Genève.