15/08/2013

Putrides provocations

J'avais déjà dénoncé mardi la désinformation électoraliste de Roger Golay, président du Mouvement citoyen genevois (MCG), au sujet d'une bien-plus-que-hypothétique alliance entre PS, Verts, PDC et PLR en vue du second tour de l'élection du Conseil d'Etat, qui aura lieu le 10 novembre prochain.

 

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Hier, ce fut au tour de François Baertschi, secrétaire du parti, de tenter sa chance au jeu de la polémique, en assimilant le PS genevois au "parti national-socialiste", (mieux connu sous le nom de parti nazi). M. Baertschi a ainsi confirmé la théorie de Godwin, manquant si cruellement d'arguments que seule une référence hors-sujet aux pires heures de l'humanité pouvait quelque peu remplir ses propos d'une vacuité consternante.

 

Il convient de les replacer dans leur contexte: les propos de M. Baertschi, reproduits ci-dessus, font référence à une fausse information lancée mardi par le président du MCG, Roger Golay, selon laquelle les quatre partis gouvernementaux auraient prévu de s'allier contre son propre parti au second tour de l'élection du Conseil d'Etat, au cas où le MCG remportait un franc succès au niveau du Grand Conseil. La prétendue alliance en question n'existe évidemment pas: je tiens pour certain le refus du PS et des Verts de s'associer au PLR et au PDC, et ce refus est très probablement réciproque. Mais cette utopie de M. Golay arriverait à point nommé pour sa formation en bout de souffle.

 

Attention à la suite: lorsque je parle du MCG en tant que parti, je désigne les actions orchestrées par son noyau dur, composé de ses fondateurs (Eric Stauffer, Roger Golay et François Baertschi, cercle décisionnel très fermé, mais auquel on pourrait éventuellement ajouter Thierry Cerutti, Carlos Meideiros et Mauro Poggia), qui sont selon moi seuls responsables des méthodes discutables de leur parti. Je n'associe pas leur comportement honteux à ses autres membres, sympathisants ou élus (tels que Guillaume Sauty, Marie-Thérèse Engleberts, Raphaël Coudray, Danièle Magnin et d'autres) qui font preuve d'une dignité certaine et reconnaissable dans leur activité politique, et qui n'ont ainsi pas à souffrir de ce que font leurs camarades.

 

Mais malgré le fait que le Mouvement citoyen genevois soit contrôlé par une poignée d'hommes seulement, il a toujours revendiqué être le véritable représentant du peuple genevois, et ce depuis sa création, malgré une naissance sous le nom de "Mouvement blochérien genevois" (faisant référence au turbulent ancien Conseiller fédéral UDC zurichois, qui avait refusé que ce parti porte son nom). Depuis lors, il a systématiquement attaqué les autres partis, "imposteurs" et "tous pourris". Avec le temps, le MCG s'est illustré par plusieurs évènements navrants (injures, calomnies, verres d'eau et bagarres, qui ont fait le bonheur de la presse de caniveau), et a réussi à accéder à de multiples fonctions importantes (juges, conseillers municipaux, conseillers administratifs, députés, administrateurs de régies publiques, et un conseiller national). Difficile dans ces conditions de continuer à affirmer ne pas faire partie de l'establishement et de qualifier les autres partis de "tous pourris", quand ils ne comptent plus les casseroles qu'ils traînent.

 

Avec l'invention, par Roger Golay, d'un supposé complot politique contre le "véritable représentant" du peuple genevois, le MCG aurait pu s'assurer un sursis aux yeux du peuple, le temps d'une campagne électorale. L'affaire de l'alliance est déjà un gros mensonge, mais M. Baertschi pousse le bouchon bien plus loin, en assimilant le PS genevois à l'ancien parti nazi allemand, sachant pertinemment que rien ne justifie une telle comparaison. À ce titre, et contrairement à ce qu'il dit, le secrétaire du MCG est bel et bien celui qui prend les Genevois pour des imbéciles, avec la collaboration de son président, et non pas des partis qui ne font pas ce qu'ils sont accusés de faire.

 

À l'heure où les politiciens genevois sont en train de perdre la confiance du peuple (je rappelle que la participation électorale des jeunes est en chute libre), il est capital de savoir condamner fermement les attitudes indignes d'élus politiques. La recrédibilisation de la vie politique genevoise, c'est-à-dire la reconnexion des politiciens avec les réalités de la population, est une tâche conséquente et sérieuse, et elle n'est pas à confier à des personnes pour lesquelles le mensonge est non seulement quelque chose de banal quand il est leur oeuvre (mais scandaleux quand d'autres en profèrent), mais aussi rien d'autre qu'un outil électoral.

 

Personne n'attend de MM. Golay et Baertschi un démenti de leurs propos mensongers, ni de ce dernier des excuses pour un amalgame insultant, vu leur obstination à manipuler l'opinion par leurs putrides provocations. Il faut ainsi se rendre à l'évidence: ces deux-là n'ont rien à faire en politique. (je rappelle que tous deux sont candidats de leur parti au Grand Conseil)

Écrit par Diego Esteban dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

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