26/08/2013

Portraits de candidats: Laurent Naville

Laurent Naville (Parti Libéral-Radical), 21 ans.

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Il est un des plus jeunes candidats à se présenter à l'élection du Grand Conseil en octobre. Mais avant d'être un politicien, Laurent Naville est avant tout une personne à l'abord facile, qui, suite à l'éternelle question "Naville comme les kiosques?", montre qu'il est quelqu'un de tranquille, réfléchi, et  plutôt bienveillant.

 

Il se définit lui-même comme une personne humaniste, raisonnable, aimant débattre, pragmatique et visionnaire. Membre de la société de Zofingue, il est également cofondateur de la société de l'Olympia. Il fait actuellement des études de droit à l'Université de Fribourg (il veut être un théoricien du droit plutôt qu'un praticien). Amateur de voyages, il s'adonne au tennis, joue au piano, et se mue parfois en photographe.

 

Son engagement débute déjà par son appartenance à une famille au passé particulièrement politisé: son oncle, Jacques-Simon Eggly, fut justement un ancien Conseiller national libéral, et c'est à travers lui que Laurent Naville a découvert le monde politique suisse. Il a commencé à s'y intéresser lorsque son oncle lui fît visiter le palais fédéral et assister à une session parlementaire. Cet intérêt s'est par la suite matérialisé dans la lecture quotidienne de journaux, comme le Temps, la Tribune de Genève ou encore le Courrier (dont il reconnaît l'excellent travail journalistique), afin de suivre l'actualité politique et d'en apprendre toujours plus chaque jour.

 

Laurent Naville se sentait dès le départ en phase avec les idées libérales. Pendant son adolescence, il ne songeait pas encore à se lancer dans la politique "active", notamment par l'adhésion à une jeunesse de parti, du moins avant le début de ses études universitaires. Mais il fut pris de court par un très bon ami, Gaël Constantin, qui l'amena à assister à une séance des jeunes libéraux-radicaux genevois: ce fut le coup de foudre. Il avait rencontré sa deuxième famille, la famille politique: "il y avait des débats extraordinaires [...] je me sentais utile; je commençais à avoir une vie citoyenne, malgré le fait que je votais déjà". En octobre 2012, il est élu Vice-président des jeunes libéraux-radicaux genevois.

 

Laurent Naville a la particularité, en comparaison avec la plupart des autres candidats de son parti, d'avoir rejoint celui-ci après la fusion entre les libéraux et les radicaux. "Je suis un vrai produit PLR, même si je suis plus libéral que radical", dit-il. C'est justement l'atout qu'il fait valoir dans cette campagne: au sein d'une multitude de personnalités différentes, issues de plusieurs courants, sa candidature n'a que le PLR comme couleur politique. Il relève un fait qui l'interpelle: "le PLR est le premier parti du canton, mais il n'a aucun élu de moins de 30 ans". Cependant, il ne se considère pas comme "l'élu" destiné à combler cette lacune générationnelle. Avant tout, il souhaite vivre l'expérience d'une campagne, s'exprimer, partir à la rencontre des gens, échanger, débattre avec eux, tout en se battant pour promouvoir les idées et les valeurs de son parti. Il estime s'être beaucoup inspiré de son oncle (souvent décrié, mais issu du même courant libéral que celui dans lequel se range aujourd'hui Laurent Naville) dans la définition de ses idéaux, qui selon lui se perdent petit à petit: pas de lobbies, défense de l'intérêt public, du bien commun...

 

Ses domaines de compétence sont tout d'abord la formation ("la base de toute société: une mauvaise formation implique un pays qui ne tient pas la route; en Suisse, on a la chance d'avoir un système scolaire dont on peut vraiment se féliciter, et je m'engage à la préserver et l'améliorer"), mais aussi la mobilité, le logement, et la sécurité. Son ambition est de contribuer à la réalisation d'une traversée du lac: "mes préoccupations ne sont pas actuelles, mais futures; je veux préparer aujourd'hui les grands projets de demain." 

 

Laurent Naville regrette l'état actuel de la vie politique: "quel que soit le parti, on a tendance à favoriser l'intérêt personnel". Il a l'impression que les valeurs manquent aux hommes politiques, mais sent que cela est en train de changer. Cependant, il admet que la politique genevoise a été décrédibilisée et pervertie aux yeux de la population, et il impute cette situation au populisme ambiant, s'exprimant par exemple par la propagation de la haine de l'autre, ou du sentiment du "on veut tout, tout de suite". "Le bon sens a laissé sa place à l'émotivité (qui n'a pas sa place en politique), même dans des sujets importants". À ce titre, il ne peut que lancer un appel au pragmatisme et au bon sens. C'est pour cela qu'il considère que les extrêmes, quelles qu'elles soient, sont ses principaux adversaires politiques: "elles sont les ennemies de notre démocratie; le populisme n'est pas un projet de société."

 

Quant à Genève, il s'agit d'un canton "grand râleur", mais malgré tout terriblement attachant. Quand quelqu'un râle, c'est qu'il y a un problème. "On ne peut pas en vouloir aux râleurs: ce sont eux qui dénoncent les problèmes. Toutefois, on ne doit pas à chaque fois régler les problèmes comme ils le voudraient." Par exemple, la thématique de l'insécurité apporte son lot de propositions mues par l'émotivité, comme l'éviction des étrangers; en effet, ils ne sont pas la source du problème, et ce n'est pas de cette manière que celui-ci sera résolu. Pour Laurent Naville, Genève doit justement prendre garde à ne pas céder au populisme et à l'émotion, sous peine de causer davantage de problèmes que ceux que l'on tente d'éliminer.

 

Sur facebook, twitter, et sur les stands de son parti, vous pourrez suivre la campagne de Laurent Naville, une campagne qu'il mènera avec le désir de provoquer la victoire du bon sens sur l'émotion et la déraison, guidé par une vision à long terme et par la recherche de l'intérêt commun.

15/08/2013

Putrides provocations

J'avais déjà dénoncé mardi la désinformation électoraliste de Roger Golay, président du Mouvement citoyen genevois (MCG), au sujet d'une bien-plus-que-hypothétique alliance entre PS, Verts, PDC et PLR en vue du second tour de l'élection du Conseil d'Etat, qui aura lieu le 10 novembre prochain.

 

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Hier, ce fut au tour de François Baertschi, secrétaire du parti, de tenter sa chance au jeu de la polémique, en assimilant le PS genevois au "parti national-socialiste", (mieux connu sous le nom de parti nazi). M. Baertschi a ainsi confirmé la théorie de Godwin, manquant si cruellement d'arguments que seule une référence hors-sujet aux pires heures de l'humanité pouvait quelque peu remplir ses propos d'une vacuité consternante.

 

Il convient de les replacer dans leur contexte: les propos de M. Baertschi, reproduits ci-dessus, font référence à une fausse information lancée mardi par le président du MCG, Roger Golay, selon laquelle les quatre partis gouvernementaux auraient prévu de s'allier contre son propre parti au second tour de l'élection du Conseil d'Etat, au cas où le MCG remportait un franc succès au niveau du Grand Conseil. La prétendue alliance en question n'existe évidemment pas: je tiens pour certain le refus du PS et des Verts de s'associer au PLR et au PDC, et ce refus est très probablement réciproque. Mais cette utopie de M. Golay arriverait à point nommé pour sa formation en bout de souffle.

 

Attention à la suite: lorsque je parle du MCG en tant que parti, je désigne les actions orchestrées par son noyau dur, composé de ses fondateurs (Eric Stauffer, Roger Golay et François Baertschi, cercle décisionnel très fermé, mais auquel on pourrait éventuellement ajouter Thierry Cerutti, Carlos Meideiros et Mauro Poggia), qui sont selon moi seuls responsables des méthodes discutables de leur parti. Je n'associe pas leur comportement honteux à ses autres membres, sympathisants ou élus (tels que Guillaume Sauty, Marie-Thérèse Engleberts, Raphaël Coudray, Danièle Magnin et d'autres) qui font preuve d'une dignité certaine et reconnaissable dans leur activité politique, et qui n'ont ainsi pas à souffrir de ce que font leurs camarades.

 

Mais malgré le fait que le Mouvement citoyen genevois soit contrôlé par une poignée d'hommes seulement, il a toujours revendiqué être le véritable représentant du peuple genevois, et ce depuis sa création, malgré une naissance sous le nom de "Mouvement blochérien genevois" (faisant référence au turbulent ancien Conseiller fédéral UDC zurichois, qui avait refusé que ce parti porte son nom). Depuis lors, il a systématiquement attaqué les autres partis, "imposteurs" et "tous pourris". Avec le temps, le MCG s'est illustré par plusieurs évènements navrants (injures, calomnies, verres d'eau et bagarres, qui ont fait le bonheur de la presse de caniveau), et a réussi à accéder à de multiples fonctions importantes (juges, conseillers municipaux, conseillers administratifs, députés, administrateurs de régies publiques, et un conseiller national). Difficile dans ces conditions de continuer à affirmer ne pas faire partie de l'establishement et de qualifier les autres partis de "tous pourris", quand ils ne comptent plus les casseroles qu'ils traînent.

 

Avec l'invention, par Roger Golay, d'un supposé complot politique contre le "véritable représentant" du peuple genevois, le MCG aurait pu s'assurer un sursis aux yeux du peuple, le temps d'une campagne électorale. L'affaire de l'alliance est déjà un gros mensonge, mais M. Baertschi pousse le bouchon bien plus loin, en assimilant le PS genevois à l'ancien parti nazi allemand, sachant pertinemment que rien ne justifie une telle comparaison. À ce titre, et contrairement à ce qu'il dit, le secrétaire du MCG est bel et bien celui qui prend les Genevois pour des imbéciles, avec la collaboration de son président, et non pas des partis qui ne font pas ce qu'ils sont accusés de faire.

 

À l'heure où les politiciens genevois sont en train de perdre la confiance du peuple (je rappelle que la participation électorale des jeunes est en chute libre), il est capital de savoir condamner fermement les attitudes indignes d'élus politiques. La recrédibilisation de la vie politique genevoise, c'est-à-dire la reconnexion des politiciens avec les réalités de la population, est une tâche conséquente et sérieuse, et elle n'est pas à confier à des personnes pour lesquelles le mensonge est non seulement quelque chose de banal quand il est leur oeuvre (mais scandaleux quand d'autres en profèrent), mais aussi rien d'autre qu'un outil électoral.

 

Personne n'attend de MM. Golay et Baertschi un démenti de leurs propos mensongers, ni de ce dernier des excuses pour un amalgame insultant, vu leur obstination à manipuler l'opinion par leurs putrides provocations. Il faut ainsi se rendre à l'évidence: ces deux-là n'ont rien à faire en politique. (je rappelle que tous deux sont candidats de leur parti au Grand Conseil)

Écrit par Diego Esteban dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

12/08/2013

Une alliance Entente-Alternative?

C'est l'hypothèse soulevée ce matin par Roger Golay, président du MCG, sur son profil facebook. Selon lui, PS, Verts, PLR et PDC envisageraient de faire liste commune en vue du second tour des élections pour le Conseil d'Etat, afin de barrer la route au MCG.

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Roger Golay tiendrait là son scoop estival, grâce à la même personne qui depuis des années donne au MCG toutes les informations dont il a besoin. Cette "source fiable", que personne ne connaît, pas même Roger Golay, est apparemment douée d'une omniscience épatante: elle saurait donc que le PS soutient la prétendue alliance avec l'entente, alors même que son président, son comité directeur et à peu près tous ses membres l'ignorent, cas échéant s'y opposent.

 

Toute plaisanterie mise à part, je vous invite à contempler cette manifestation par excellence de la technique de la rumeur, une méthode fréquemment utilisée par l'extrême-droite: en effet, pour le parti socialiste, il n'a jamais été question de faire liste commune avec l'entente, même contre le MCG. Cette idée est si absurde qu'elle n'est même pas venue à l'esprit d'un seul des membres du comité directeur. Roger Golay, rejoint ce matin par François Baertschi (secrétaire général du MCG) dans ses tentatives désespérées de défendre son mensonge, n'a cessé de se réfugier derrière l'autorité anonyme de sa "source fiable".

 

Pourtant, il essayait d'avoir des arguments, en affirmant notamment que cette alliance n'est pas étonnante, puisqu'elle a déjà été conclue à d'autres occasions, comme à Vernier ou en vue des élections à la Cour des Comptes. Mais il oublie de mentionner qu'à Vernier, PS, Verts et PLR ne se sont pas alliés contre le MCG, mais uniquement contre son candidat, Thierry Cerutti. Et en ce qui concerne la Cour des Comptes, je remarquerai seulement que l'élection d'Olivier Jornot au poste de procureur général a été rendue possible par une alliance entente-MCG.

 

Pour retourner aux déclarations de Roger Golay, sachez que le PS n'accepterait jamais une alliance avec l'entente. Même si le fait d'avoir un front plus large pour lutter contre le MCG peut nous plaire, les socialistes ont des valeurs, et ils ne sont pas près de les sacrifier juste pour qu'un autre parti perde une élection, n'en plaise au parti blochérien (ancien nom du MCG). Il va donc de soi que le PS n'a pas une seule seconde trahi ses électeurs, et que la seule panique que l'on y trouve, c'est celle que l'on ressent face à la bêtise du MCG.

 

S'il faut retenir quelque chose de cette histoire, c'est que le MCG ne peut pas gagner loyalement une élection. Le piètre bilan de sa législature, dont on retiendra surtout bagarres et verres d'eau, ne lui permet pas d'attirer les faveurs de l'opinion autrement qu'en la convainquant que les autres sont pires que lui. Mais lorsqu'on est déjà "très pourri", il est très difficile de qualifier les autres de "tous pourris", d'où toute l'énergie qu'ils mettent à hurler, décrédibiliser, calomnier leirs concurrents.

 

En gros, si vous votez MCG, vérifiez bien si les raisons de votre choix reposent sur des arguments véridiques, et non pas de fallacieux mensonges, comme ceux que nous propose Roger Golay, son président.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (15) |  Imprimer |  Facebook |

05/08/2013

Portraits de candidats: Marko Bandler

Marko Bandler (Parti Socialiste), 38 ans.

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On ne les imagine pas comme cela, les politiciens: costauds au coeur d'or. Pourtant, voilà une descri- ption relativement exacte de Marko Bandler, un Verniolan dont la franchise du rire est à l'image de sa person- nalité. "Comique, mais pas rigolo", précise-t-il, tout en affirmant être plutôt bon camarade (au sens non- politique du terme).

 

Ses autres traits de caractère? Il se décrit pêle- mêle comme enthousiaste, humaniste,  dynamique, volontaire, profondément convaincu et acharné. Ce licencié et titulaire d'un master en sciences politiques, ainsi que d'un diplôme en management, analyse et politiques publiques, est aussi et surtout un fervent militant. Il fut d'ailleurs secrétaire permanent de la CUAE pendant deux ans (Conférence universitaire des associations d'élèves), lorsque les actions militantes étaient au coeur des actions de ce qui est la plus grande organisation étudiante de l'Université de Genève.

 

Suite à ses études, il travailla au sein de la CEPP (Commission d'évaluation des politiques publiques) en tant qu'évaluateur, puis à l'Université de Genève comme assistant de cours au département de sciences politiques pendant cinq ans (dont une année passée aux USA), et enfin au poste de chef du service de la cohésion sociale de la commune de Vernier, où il travaille depuis 2007. S'il affirme volontiers occuper son temps libre par les échecs (le jeu, bien entendu), des promenades, un peu de course à pied ou même du ski, aucune de ses passions (pas même la politique, à mon avis) ne saurait égaler celle qui anime son amour pour Vernier, sa commune de domicile.

 

Il le dit lui-même: "Vernier, c'est la grande passion de ma vie. J'adore cette ville: elle me rappelle d'où je viens, on voit que l'égalité des chances et l'égalité des opportunités, ce n'est pas la même chose [...] Il y a des vrais gens à Vernier." Pourtant, Marko Bandler n'a pas vécu toute sa vie dans sa commune de coeur. C'est un enfant de Versoix (il en fut le premier Président du Parlement des Jeunes), élevé au sein d'une famille 100% étrangère. "J'étais étranger dès ma naissance alors que j'ai toujours vécu ici, à une époque où on te le faisait bien ressentir." Si son père a lui-même été Conseiller municipal à Versoix, son intérêt pour la politique remonte à plus loin, à l'histoire de sa famille, dispersée par la seconde guerre mondiale dans toute l'Europe. De ce fait, Marko Bandler a rapidement compris ce qui l'identifiait: "ma première sensibilité politique est le fait que je suis un étranger". La seconde lui vient de son caractère de prolétaire italien très attaché à ses racines: son rejet et son dégoût du fascisme. Mais tout ça, c'était avant Jean Ziegler.

 

La rencontre avec cet ancien Conseiller national lui a "changé la vie." Au moment de choisir ses études universitaires, Marko Bandler hésitait entre des études en droit ou en sciences politiques; c'est parce que Jean Ziegler enseignait au sein de la faculté de sciences politiques qu'il a choisi cette branche. Il dévora tous ses livres, ils se lièrent d'amitié, et une envie de se battre pour un monde plus juste surgit en lui, à l'époque de l'émergence de l'altermondialisme: bref, cet homme fut un choc pour lui. Il se lança par la suite dans des engagements beaucoup plus politiques: sa jeunesse militante fut rhythmée par des manifestations devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce), au WEF (World economic forum) à Davos... Il alla même jusqu'à assister au procès de José Bové à Millau!

 

Il rejoignit le Parti Socialiste en 1993, avant de le quitter en 1998: "trop social-démocrate par rapport à mes aspirations militantes." De 1998 à 2007, il était membre de SolidaritéS, mouvement avec lequel il trouvait plus de correspondances, notamment car il s'agissait davantage d'un parti de rue que de discussion: "je suis un homme de terrain. J'ai besoin du terrain. J'aime les bistrots populaires, donc je me sens bien à Vernier, au Lignon." Cependant, il claque la porte en 2007, fâché avec le côté trop stalinien de SolidaritéS, augmenté par un fonctionnement peu démocratique, dans les mains de quelques têtes pensantes, et par le manque de débat (en revanche, il admire encore aujourd'hui le manque de carriérisme de ses membres).

 

Il trouvait également dommage que le journal de SolidaritéS ne contienne pas grand-chose sur Genève. "Si je voulais m'occuper un peu de Genève, il fallait que j'aille au Parti Socialiste"; c'est pourquoi il retourna en 2007 dans son ancien parti, ce qui fît le bonheur de ses anciens camarades de feu les Jeunesses Alternatives (Carole-Anne Kast, Stéphanie Lammar, Anne-Laure Huber et Cyril Mizrahi), qui regroupaient les Jeunesses Socialistes et celles de SolidaritéS. Maintenant responsable communication et presse au sein du Comité Directeur du parti depuis 2008, il veut franchir le pas d'une élection au Grand Conseil.

 

Il souhaite se battre pour la cohésion sociale "qui en a pris un coup depuis quelques années à Genève", à l'aide de sa grande expérience de terrain. Il veut casser l'équilibre entre la population et les nantis: "je vois tous les jours des gens expulsés de leur logement, des gamins qui n'ont pas de veste pour l'hiver, des jeunes en rupture, des seniors de plus en plus isolés, sans liens sociaux, et d'un autre côté on dépense 70 millions pour une tranchée à Vésenaz car les voitures font du bruit à côté des villas: ça ne va pas du tout." Confronté quotidiennement à la dure réalité de la vie de toute une partie de la population, il s'indigne de voir "des gens qui n'ont pas 20 balles pour faire bouffer leurs enfants." C'est pour cela qu'il se présente comme candidat au législatif cantonal, pour regagner la confiance des Genevois.

 

S'estimant surtout compétent dans les domaines du social, de l'emploi, et de tout ce qui touche à la jeunesse et aux seniors, sa priorité (un peu provocatrice, il le reconnaît, mais il y tient à titre personnel) est d'étatiser l'hospice général. Pour lui, celui-ci "n'est pas là pour être une fondation de droit public, car ce statut leur fait faire des imbécilités", comme l'utilisation de leur parc immobilier à des fins purement lucratives. Il sait qu'un tel cheval de bataille lui attirerait les foudres de nombreuses personnes, mais c'est sans importance pour lui, car ce projet lui tient à coeur.

 

Il estime ne pas ressentir de l'aversion pour des personnes en particulier, mais il reconnaît chez le MCG et l'UDC ses principaux adversaires politiques (mais ce n'est pas simple, car un parti n'est pas forcément le même au niveau cantonal qu'au niveau communal), car "lorsqu'ils en ont une, leur idéologie va contre mes valeurs." Leur tendance à faire usage de "l'exclusion et [de] la stratégie du bouc-émissaire" l'insupporte, mais ce n'est rien à côté de la dérive langagière qui accompagne ces méthodes: "on normalise des discours d'exclusion avec des propos alarmants, et comme on est dans la surenchère, chaque barrière franchie légitime la précédente." Il prend l'exemple de Hannah Arendt, au sujet d'Adolf Eichmann, un des moteurs de l'holocauste: cet homme a tant intégré le discours de l'Allemagne nazie qu'il en a perdu tout sens critique. Pour Marko Bandler, il en va de même lorsqu'un certain représentant du MCG affirme que les homosexuels sont des pédophiles, quand les roms sont stigmatisés ou quand on parle de la "racaille d'Annemasse." De plus, le MCG serait uniquement un créateur de problèmes: alors que tous les sondages montrent que les préoccupations des Genevois sont l'emploi, le logement et la santé, ce parti s'obstine à faire croire que le problème, c'est la sécurité et les roms.

 

Pour lui, Genève est la plus petite des grandes villes, et tout le monde la connaît Elle a une histoire internationale, malgré le fait qu'elle soit dans un pays qui refuse d'en avoir une. C'est une ville qui s'est construite grâce à la diversité. Marko Bandler l'estime comme plus cosmopolite que New York, et vraiment multiculturelle: il y voit peu de repli communautaire, sauf peut-être en ce qui concerne certains immigrés de la première génération. Mais il craint que Genève devienne bientôt une société à deux vitesses, compte tenu du fait que de moins en moins de personnes s'en sortent bien, et que de plus en plus de gens ont des difficultés.

 

Pour conclure ce portrait, n'hésitez pas à suivre sa campagne électorale, dont le slogan est "Marko Bandler, des valeurs sûres", soit sur Facebook, soit sur le blog qu'il tient sur ce site.

01/08/2013

Portraits de candidats: Angèle Bilemjian

Angèle Bilemjian (Ensemble à Gauche), 36 ans.

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Manifestations, flashmobs et sit-ins ont lieu plusieurs fois par mois à Genève. Bien qu'ils défendent des causes très différentes les unes des autres, la diversité de ces évènements n'empêche pas certains d'être présents à bon nombre d'entre eux. Parmi ceux qui battent le pavé le plus souvent, c'est une femme qui détient le record de présence dans la rue: cette femme, c'est Angèle Bilemjian, militante souriante, énergique et convaincue.

 

Se considérant comme positive et enthousiaste, elle se définit aussi comme une personne persévérante, ayant réussi à surmonter plusieurs coups durs qui lui ont ouvert les yeux sur les difficultés de la vie, aux niveaux social ou humain. Angèle Bilemjian est surtout une battante, convaincue de ses combats, qu'elle mène toutefois avec une approche positive. Effectuant tous ses déplacements à bicyclette, adepte de randonnée et de natation, le sport rhythme le cours de son temps libre.

 

L'échange culturel et personnel est le moteur de ses actions: "on apprend beaucoup dans la proximité avec l'autre", dit-elle. Après des études à l'Institut de Hautes Études Internationales (avec une spécialisation en droits de l'Homme à la clé), elle s'est lancée dans un engagement associatif et humanitaire impressionnant, qui perdure encore aujourd'hui. Ayant travaillé en Afrique auprès d'organisations non-gouvernementales (ONG) et avec l'Organisation des Nations-Unies, elle est aujourd'hui extrêmement impliquée dans le tissu associatif local, affectionnant tout particulièrement le milieu des migrations, mais participe volontiers à tout ce qui touche à la lutte contre la précarité; elle est également membre du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA).

 

C'est au cours de cet investissement associatif qu'elle découvrit le parti politique SolidaritéS, dont le projet de société lui plut particulièrement. Et le 10 octobre 2012, un évènement allait chambouler son engagement: la lancement du référendum contre les mesures urgentes modifiant la loi sur l'asile (et qui a abouti à un "oui" du peuple suisse en faveur de la loi, le 9 juin dernier). Ce référendum fut sa première campagne politique, et c'est lors de celle-ci qu'elle a pris conscience du fait que le travail politique est prépondérant dans la défense de causes, c'est pourquoi elle adhéra au parti, avant de mener cette campagne sous sa bannière et celle de l'association ELISA.

 

Les coups de coeur qu'elle a eus avec ses camarades et leurs idées l'ont décidée à se joindre à eux dans la campagne électorale en vue des élections au Grand Conseil. Elle ne cache pas son estime pour eux, et deux en particulier: Pierre Vanek (conseiller municipal en Ville de Genève), "juste, honnête, sincère et d'une humanité incroyable", et Jocelyne Haller (ancienne Constituante), dont l'approche dans la lutte contre la précarité et pour la dignité humaine l'a marquée. Angèle Bilemjian ne se porte pas candidate pour elle-même: "je pense que par mon histoire, ce n'est pas moi que je veux défendre, mais plutôt les populations marginalisées, précarisées, fragilisées (c'est-à-dire  travailleurs-euses, migrants...). J'ai l'impression de les représenter: ce n'est pas moi qui compte, mais eux."

 

Vous l'aurez compris: si elle est élue, son credo sera la lutte contre la précarité, notamment par la protection des travailleurs et du service public. C'est pourquoi sa priorité est de combattre les cadeaux fiscaux et la trop faible imposition en faveur des hauts revenus, car elle estime que la lutte contre la pauvreté doit passer par une redistribution plus juste et équitable des richesses, et non par de trop nombreuses et intolérables coupes budgétaires dans le service public. Elle accorde également beaucoup d'intérêt pour tout ce qui touche à la mobilité et à la lutte contre l'énergie nucléaire, deux sujets qui font partie intégrante de sa fibre personnelle; partant du principe que l'exploitation sociale du travail de l'Homme par les employeurs s'apparente à l'exploitation du sol, elle affirme que tant le travail de l'Homme que les ressources naturelles ne sont pas des sources intarissables. "Respecter la nature (à laquelle appartient l'Homme), c'est aussi combattre l'exploitation de l'Homme par l'Homme."

 

Critique envers une vie politique qu'elle voit menée par la droite, elle fustige en particulier les idées populistes. "On essaie de répondre à la précarité et à la crise par des idées de droite qui sont à l'origine de la crise, et en cassant la solidarité entre les populations par (entre autres) des discours populistes." Son ennemi no 1, c'est Pierre Maudet, surtout en raison de sa politique sécuritaire, migratoire et relative à l'asile, des sujets qu'elle tient très à coeur. Plus généralement, elle critique surtout ceux qui arrivent à manipuler et à désinformer la population à travers des slogans simplistes et/ou par carriérisme (à ce titre, elle montre du doigt à la fois PLR, UDC et MCG).

 

Pour elle, Genève a deux visages: d'une part, il s'agit d'un paradis fiscal, un lieu où les dictateurs mettent leurs sous, et où les multinationales peuvent s'implanter avec des taux d'imposition très bas. D'autre part, Genève est un lieu imbu d'un esprit associatif exceptionnel qui amène à se battre pour faire passer des valeurs justes. Selon elle, seule une meilleure répartition des richesses et une plus grande solidarité entre les populations pouront empêcher le chômage et la précarité (deux dangers imminents qui planent sur Genève) de gagner du terrain.

 

En conclusion de ce portrait, voici le slogan qu'Angèle Bilemjian se donne pour cette campagne, pendant laquelle vous pourrez aller à sa rencontre (en l'appelant au 079 686 86 50): "justice et dignité pour toutes et tous."