06/10/2013

Portraits de candidats: Philippe Zaugg

Philippe Zaugg (Mouvement Citoyen Genevois), 46 ans.

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Pour ce dernier portrait, vous découvrirez un homme tranquille, au contact facile et agréable dans la discussion. Il se considère comme entier, mais ni volubile ni caractériel. Ce qui est sûr et certain, c'est la prévalence qu'il donne à la vie familiale, qui selon lui passe avant tout. A peine ses études à l'école de culture générale commencées, il dut les cesser pour travailler - dès l'âge de 17 ans - afin de subvenir à ses besoins. Depuis lors, il a eu des emplois très variés: aide-comptable dans une banque, membre du service de sécurité de l'aéroport, vendeur chez Media Markt...

 

Aujourd'hui, il travaille à l'Etat, au sein de l'office des faillites. En-dehors de sa vie professionnelle, il consacre la majeure partie de son temps à sa famille. Amateur de football, passionné de jazz, Philippe Zaugg est aussi engagé dans la vie de sa commune, au sein des associations de Thônex-Sud et de l'Amicale du Curé-Desclouds.

 

Son engagement politique est relativement récent: en 2010, Jean Villette (ancien président du MCG Thônex) recherchait des candidats pour les élections municipales de 2011. Il s'adressa à Philippe Zaugg, lui présentant le programme de son parti (quasi-exclusivement axé sur la sécurité, un domaine que ce dernier considérait comme lacunaire à Thônex) et lui proposant de s'inscrire sur la liste, ce qu'il accepta. Etre sur les stands, au contact des gens, était une expérience qu'il vécut avec beaucoup de plaisir. Le 6 juin 2011, l'annonce des résultats ouvrit la porte du Conseil municipal de Thônex au MCG, qui y obtint trois sièges, bien plus que ce qui était espéré. Philippe Zaugg fut élu, mais cette élection entraîna quelques soucis professionnels pour lui, certains collègues lui reprochant son engagement politique au MCG: "y a-t-il un parti qui correspondrait à l'Etat?", s'interrogeait-il.

 

Il avoue que la politique n'est pas faite pour se faire des amis. Il reconnaît également que sa propre candidature, ainsi que celle de tous les autres, est complètement prétentieuse. Viser l'accession au Grand Conseil n'est pour lui aucunement une preuve de modestie. Mais ceci dit, il s'est porté candidat lorsqu'on le lui a proposé, notamment car il estime que la liste du MCG contenait trop d'avocats, ce qui avait pour effet de porter atteinte au principe même d'un mouvement citoyen: "il faut représenter toutes les classes et les fonctions, et non pas seulement ceux qui ont des titres." Quoi qu'il en soit, Philippe Zaugg n'a jamais prétendu faire des promesses qu'il ne saurait tenir; il fait les choses par conviction, et ses prises de position auront été les mêmes tout au long de la campagne.

 

Il se voit comme polyvalent, même si ses domaines de compétence sont plutôt la sécurité, la formation et le logement. Il souhaite qu'à n'importe quel lieu dans le canton, on puisse sortir à toute heure en sécurité. Il veut que les employeurs forment davantage d'apprentis ou de stagiaires, car il est convaincu que le manque de formation entraîne une exclusion automatique de la société. Il constate qu'être bilingue ne suffit plus pour le monde de l'emploi, et prône donc une école favorisant le trilinguisme. Enfin, il regrette que les constructions ne se fassent pas à long terme (il y a trop d'immeubles comprenant seulement quatre étages, ce qui oblige à déclasser des zones villas). Pourtant, s'il devait mentionner un projet qu'il place au-dessus des autres, il choisirait la lutte contre le culte de l'automobile, à travers un impôt sur l'entrée en Ville de Genève, afin de financer des projets qu'il juge nécessaires, comme l'engagement de policiers supplémentaires, l'extension de la formation et l'aide aux personnes défavorisées.

 

En ce qui concerne la vie politique, il en est quelque peu dégoûté: "les politiciens devraient être beaucoup plus proches des gens, plus terre-à-terre, et tenir leurs engagements." Les problèmes ne se résument jamais à la faute de la droite ou de la gauche; c'est ensemble qu'il faut construire Genève. Philippe Zaugg s'estime peut-être crédule lorsqu'il affirme n'avoir aucun adversaire politique en particulier, mais c'est très sérieusement qu'il pense que la construction de Genève ne peut se faire que dans l'union.

 

S'agissant de Genève, il affirme sans détour: "je n'aime pas du tout Genève." Pour lui, ce lieu est un champ de bataille, dans lequel il y a tant de choses à faire. Philippe Zaugg est assez pessimiste à ce sujet: "Genève est en ruines: les gens ne se côtoient pas! On ne connaît même pas son voisin mais on peut être joint n'importe où!" Voilà pourquoi, vu l'évolution de la situation, il a beaucoup de peine à aimer Genève dans son état actuel. A ses yeux, ce qui risque de faire empirer la conjoncture est la surpopulation; "on ne peut pas construire en largeur, donc combien d'habitants peut-on accueillir avant la catastrophe?" Les mesures prises actuellement (construction d'immeubles à quatre étages, sans les infrastructures) ne sont que de simples cataplasmes, évidemment insuffisants pour régler les problèmes.

 

"Vivre à Genève, aimer sa ville", voilà la phrase qui décrit le mieux son engagement dans cette campagne, dans il reste encore 30 minutes pour Philippe Zaugg, que vous pourrez contacter au 076 369 26 71, ou sur philippe67.za@bluewin.ch

 

Merci à tous les candidat-e-s ayant accepté de se faire interviewer dans le cadre de ce projet de portraits. Je publierai prochainement le bilan de cette expérience, qui avait pour but de briser un cliché complètement faux à mes yeux: élire le Grand Conseil, ce n'est pas voter que pour des partis, c'est surtout désigner les personnes qui sont présentées par ceux-ci. En mettant l'accent sur la personne des candidat-e-s, c'est véritablement pour eux-mêmes et non pour leur affiliation partisane qu'ils auront - je l'espère - pu être jugé-e-s, voir élu-e-s.

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Bravo en espérant que d'autres régions de Suisse Romande suivent!

Écrit par : lovsmeralda | 07/10/2013

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