03/10/2013

Portraits de candidats: Valérie Cuenca-Berger

Valérie Cuenca-Berger (Union Démocratique du Centre), 41 ans.

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Energie inépuisable, enthousiasme inimitable et bonne humeur irréductible. Voilà, en quelques mots, ce qui caractérise la femme-duracell faisant l'objet de ce portrait. Valérie Cuenca-Berger précise qu'elle est plutôt une grande gueule, bonne vivante et passionnée, un mélange qui donne une femme à la personnalité affirmée (être d'origine suisse-alémanique doit aussi y contribuer un peu quand même). Elle mentionne vouloir aller au bout des choses, même si sa nature d'idéaliste dans l'âme et sa tendance à tirer des plans sur la comète prennent parfois le dessus. Mais au fond d'elle-même, elle n'aspire qu'à vivre intensément le présent.

 

Valérie Cuenca-Berger est (notamment) titulaire d'un CFC d'employée en commerce de détail, d'un brevet fédéral en ressources humaines et d'un MBA. Elle a travaillé dans plusieurs domaines, de la couture  au yoga, en passant par la cosmétique, l'automobile ou la banque. Actuellement, elle ne travaille plus en raison d'une maladie orpheline (histiocytose pulmonaire: seulement deux cas reconnus en Suisse) qui ne lui permet pas d'avoir une vie professionnelle complète. Elle peut cependant encore tenir une activité compatible avec sa santé, c'est pour cette raison qu'elle vise une formation de prof de yoga. Mais pendant longtemps, elle fut une passionnée de sports aquatiques, comme la natation, le monopalme (une discipline dans laquelle elle a gagné des médailles aux championnats suisses de 2005) ou la plongée sous-marine. 

 

C'est l'arrivée du MCG qui décida Valérie Cuenca-Berger à entrer en politique. Le côté rebelle de ce parti, des idées proches des siennes et la présence en son sein de quelques-unes de ses connaissances furent les facteurs qui contribuèrent à son adhésion en 2007, année lors de laquelle elle participa aux élections municipales à Vernier. A cette époque, la politique était ce qu'elle voyait sur infrarouge ou mise au point (des émissions politiques sur la RTS): "je gueulais comme si le présentateur m'entendait." En 2008, elle intégra le Conseil municipal de Vernier en remplacement de Thierry Cerutti, un bon ami qu'elle affectionne encore beaucoup, qui avait été élu au Conseil administratif. Mais l'aventure au MCG connut un tournant en 2009, lorsque Valérie Cuenca-Berger se retira de la liste électorale pour le Grand Conseil. Elle était en profond désaccord avec la méthode utilisée pour déterminer l'ordre des candidats de la liste: "la méthode était partiale, il n'y avait pas de critères. [...] Je me suis retirée de la liste pour être honnête avec moi-même, car on ne peut pas critiquer une chose et y adhérer en même temps."

 

En 2010, elle quitta le MCG pour rejoindre l'UDC, qui la courtisait depuis quelques temps. Le désaccord avec l'ancien "Mouvement Blochérien Genevois" portait en effet sur des questions fondamentales, et ne pouvait selon elle plus durer. Elle resta au sein du Conseil municipal de Vernier, où elle termina son mandat en tant qu'indépendante. En 2011, elle se présenta sur la liste UDC aux élections municipales, où elle arriva dans les "viennent-ensuite." Depuis février 2013, elle est Présidente de l'UDC Vernier, membre du comité central du parti cantonal et de celui de la section des jeunes (dont elle est très proche). Elle se présente maintenant au Grand Conseil sur la liste UDC. Très engagée sur le plan communal, elle se montre moins enthousiaste quant au niveau cantonal: "le communal, c'est de la haute couture, et le cantonal, c'est du prêt-à-porter: sur la commune, on est beaucoup plus proche des gens, mais c'est au canton que l'on vote les projets de loi."

 

Se considérant proche de la ligne carrée du courant zurichois de l'UDC, elle veut - si elle est élue - se montrer exigeante et stricte au niveau de la gestion du canton, qui selon elle manque sérieusement de rigueur. Elle se décrit comme la copie au féminin de Patrick Lussi (député UDC sortant), mais les personnages qui l'inspirent dans son engagement sont tout d'abord Xavier Schwitzguébel, son "binôme politique" avec lequel elle est d'accord sur de nombreux points: "je suis admirative qu'il y croie si jeune, et soit déjà si excellent. Je crois en lui." Elle nomme aussi Yvan Perrin, en lequel elle voit un homme d'une humilité incomparable, et Yves Nidegger, dont elle aime énormément l'humour et le sens de l'ironie.

 

Valérie Cuenca-Berger pense être capable de proposer des changements surtout dans les domaines de la sécurité, de l'emploi et de la formation, mais elle n'est pas fermée aux problématiques qui touchent à d'autres domaines. Elle considère qu'en matière sécuritaire, il n'y a pas assez de rigueur alors que c'est justement ce qui manque au canton. Du côté de l'emploi et de la formation, elle voit un besoin urgent d'assurer une formation certifiante, duale (il n'y a pas que l'université, il faut revaloriser les CFC par exemple), pour les jeunes, en améliorant la communication parents-enfants et en favorisant un taux plus élevé d'apprentis et d'apprenants que les entreprises devraient intégrer en leur sein. Sa mesure prioritaire serait cependant d'obliger les bailleurs propriétaires à lutter contre les cambriolages en installant des barres de sécurité dans tous leurs appartements: "les locataires forment la majorité de la population, et ce n'est pas à eux de le faire."

 

Interrogée sur sa vision de la vie politique, elle répond tout d'abord "oh mon Dieu..." avant de regretter le manque d'intérêt pour la politique en général, principalement à Genève. Il y a selon elle trop de partis, ce qui se ressent dans des discours trop similaires: "il y a trop de votes contestataires [...] on vote actuellement contre les partis parce que nous, les partis gouvernementaux, n'avons pas su convaincre, fédérer et rassurer." Elle déclare également que ses principaux adversaires politiques ne se trouvent pas à l'extérieur, mais au sein même de son parti.

 

Pour Valérie Cuenca-Berger, Genève est tout d'abord une ville internationale et cosmopolite. "C'est la ville française en Suisse par excellence, un petit Paris." Selon elle, nous serions victimes de notre succès: pris de court, nous n'avons été ni proactifs, ni réactifs face aux défis du moment. Les gens seraient donc tentés de résoudre leurs problèmes en partant dans les extrêmes. De ce fait, Valérie Cuenca-Berger craint la dégradation de l'état de la sécurité à Genève: les difficultés à protéger la frontière et un code pénal peu décourageant s'ajoutent à la publicité dont "bénéficie" le canton, concernant la faible sanction des cambriolages, bien plus faible qu'ailleurs.

 

Malgré les quelques jours qui restent avant l'élection, vous pourrez encore suivre Valérie Cuenca-Berger sur Facebook lors de sa campagne, qu'elle mène sous le slogan "vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde", une citation de Gandhi.

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