17/09/2013

Speed-dating électoral

Hier soir, la campagne politique en vue des élections genevoises d'octobre et novembre a vécu un nouvel épisode particulièrement original. Après les affiches du PS (ou des Verts), la traversée de la rade de Céline Amaudruz, les loupes des Vert'libéraux (ou des Pirates), le tram d'Ensemble à Gauche ou encore la caravane du PDC (ou du MCG), le speed-dating électoral a fait son apparition dans la ville au bout du lac.

 

A l'origine de ce projet novateur se trouve une discussion entre plusieurs candidates, au sujet de ces fameuses trois minutes pendant lesquelles un entrepreneur doit convaincre ses potentiels investisseurs de l'attractivité de sa start-up. Et soudain, l'illumination: et si ces trois minutes ne visaient pas à convaincre un investisseur, mais un électeur? Le speed-dating, quant à lui, est un terme anglais signifiant littéralement "rencontres rapides", et qui désigne l'organisation de plusieurs face-à-face, brefs et minutés, entre des personnes différentes à chaque tour.

 

Ainsi naquit le speed-dating électoral. Il faut avouer que, tant dans le speed-dating que dans le show d'un entrepreneur face à des investisseurs ou dans une campagne politique, la séduction de l'autre est l'objectif central. De plus, le but d'obtenir quelque chose d'une autre personne diffère peu selon qu'il s'agisse de son amour, son argent ou son vote. Et hier soir, dans la brasserie des Halles de l'Ile, une petite trentaine de candidates issues de tous les partis (à l'exception du PBD, de l'UDC et des Pirates) ont tenté de s'attirer les faveurs de leurs interlocuteurs(trices).

 

Une chose m'a tout d'abord frappé: l'universalité de la démarche. Le fait que ce soient des candidates de plusieurs partis qui aient décidé d'organiser un tel événement ensemble est un bel effort de diplomatie. Ainsi, le comité d'organisation, dont font partie Sue Putallaz (Vert'libéraux), Delphine Perella Gabus (MCG), Céline Roy (PLR), Frédérique Perler (Verts) et Magali Orsini (Ensemble à Gauche), a concocté un rendez-vous électoral qui fut loin d'être raté. 

 

Je me suis amusé, durant la soirée, à demander à chaque candidate de me proposer un seul projet pour l'ensemble de la législature. Pour certaines, rien de plus facile. Pour d'autres, un temps de réflexion fut nécessaire. J'ai par ailleurs remarqué que leurs réponses respectives portaient souvent sur l'emploi des jeunes ou la formation en général, allez savoir pourquoi (ironie). Mais quelles que soient les réponses, l'opportunité de créer un véritable contact, bien que bref, fut une véritable et efficace façon d'assurer le lien entre la candidate et ses potentiels électeurs.

 

Globalement, l'idée est -il faut le dire- excellente. En effet, la présence de plusieurs partis permet de goûter un peu à chaque tendance. La durée (trois minutes) de chaque entretien quant à elle fait de celui-ci un exercice de style pour les candidates, car trois minutes ne suffisent pas pour exposer un programme, et elles permettent également à leurs interlocuteurs de ne pas avoir le temps de s'ennuyer ou de s'énerver. Je relève toutefois quelques aspects méritant un travail plus approfondi, comme la publicité de l'événement (les candidates étaient plus nombreuses que les participants "externes") ou encore l'organisation des entretiens (dans un véritable speed-dating, habituellement organisé entre un nombre égal d'hommes et de femmes, chacun s'entretient avec chacune, ce qui n'était pas forcément le cas hier soir).

 

Mais je repars de cet événement avec un bon souvenir. Sur les 476 candidats au total qui concourent à l'élection au Grand conseil, il n'y a que 30.5% de femmes, mais ce speed-dating électoral m'a montré que la consistance des idées et/ou l'honnêteté de l'engagement sont souvent présentes. J'espère que le principe du speed-dating électoral s'imposera rapidement dans le contexte des campagnes électorales genevoises, car je ne vois pas d'autre moyen de créer un contact direct entre les candidats et les électeurs qui soit plus agréable et enrichissant. Chapeau, Mesdames!

Écrit par Diego Esteban dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |

Commentaires

Effectivement c'était très enrichissant, et impressionnant de voir la capacité de s'entendre avec l'autre... pendant trois minutes! Je rigole.

Bon, sérieusement, les femmes actuelles ont une manière bien à elles d'aborder les problèmes et utilisent souvent l'empathie. Ce qui permet de créer des "ponts" entre les idéologie et intérêts divergents.

Et j'ai adoré être bousculée par les questions...

Écrit par : Jack_line | 17/09/2013

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