19/09/2013

La politique n'a pas d'odeur

Les événements politiques à Thônex sont si rares, que lorsqu'il y en a un, je ne peux résister à la tentation de m'y rendre. Et ce soir, la section locale du PLR organisait la présentation de ses cinq candidats de la commune (Isabel Rochat, Ivan Slatkine, Jacques Béné, Murat Julian Alder et Pascal Uehlinger).

 
La première chose qui m'a frappé fut l'étonnement des gens de voir un jeune portant fièrement l'écharpe du PS se jeter ainsi dans la gueule du loup. Mais ma présence était au fond assez logique: quand je dis que je m'intéresse à la politique, je parle de la politique au sens universel, non-partisan du terme. Même s'il s'agit d'aller écouter parler les représentants du parti traditionnellement opposé au mien. Il ne s'agit pas de "connaître son ennemi" mais plutôt de partir à la rencontre d'autres regards sur le monde, par simple intérêt d'échange et de partage. 
 
Mais je vais être clair: ce n'est pas pour rien que je ne suis pas au PLR; je ne soutiens en aucun cas la majorité des projets de société prônés par ses membres. Cependant, une personne n'est pas uniquement définie par ses idées politiques (si c'était le cas, la guerre civile serait une banalité). Nous sommes tous des êtres humains, nous avons donc presque tout en commun. Pourquoi faillir entrer en guerre pour le 1% de désaccord restant?
 
D'ailleurs, la majorité des personnes dans la salle était composée d'êtres humains normalement constitués, c'est-à-dire d'une bonté extrême ou simplement d'une sympathie agréable. D'autres, coincés dans un rapport de forces partisan malsain et forcément déconnecté de la réalité, n'avaient pas ces qualités. La bassesse de leurs piques était à elle seule garante de leur mauvaise foi. Leur agressivité témoignait de leur incapacité à voir autre chose chez moi que mon écharpe (mais comme le dit le proverbe, "si ton seul outil est un marteau, tu verras des clous partout"). 
 
J'apprécie de nombreuses personnes au PLR, mais cette formulation est fausse. J'aime des personnes, certes, mais je ne vois pas en quoi leur parti changerait quoi que ce soit à l'estime que je ressens envers elles. Je m'entends par ailleurs relativement bien avec des personnes de tous les partis, parce que nous, êtres politiques, ne sommes pas tous coincés entre nos frontières partisanes, et arrivons à avoir assez de richesse humaine pour voir la réalité d'une personne, autrement qu'à travers le groupe social auquel elle appartient. 
 
Si vous pensez que les conflits idéologiques bornés qui animent une campagne politique sont logiques, détrompez-vous. Cette hargne malsaine est présente, seulement car elle accompagne des personnes hypnotisées par le désir du pouvoir. Personne ne peut raisonnablement s'acharner contre une autre en raison d'un critère aussi superficiel que le parti politique. 
 
Rappelez-vous-en lorsqu'il s'agira de choisir ceux qui occuperont les sièges du Grand conseil. Choisissez des vrais politiciens, c'est-à-dire des personnes aux valeurs humaines sûres, et pour lesquelles la politique n'est pas qu'un jeu, et vous aurez choisi les meilleurs. 

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook |

Commentaires

C'est intéressant ton texte Diego. Mais des deux côtés de l'échiquier politique, la mauvaise foi est de mise. C'est dommage que tu te sois déjà aliéné à un parti, cela dit. Je te l'aurais dit que tu sois PLR ou extrême-gauche, soyons clairs. En effet, tu perds un peu de liberté et surtout une certaine crédibilité si tu tentes d'éclairer les gens sur leurs choix politiques... (Ce qui n'est pas un reproche)

Bonne continuation!

Écrit par : Grégoire Barbey | 19/09/2013

Tu devrais parfois voir les choses sous un autre angle que celui de la seule liberté. En ce qui me concerne, pour travailler à l'amélioration du contexte sociétal, il me semble évident qu'un jour ou l'autre, il faille effectuer des choix politiques. Le premier d'entre eux pour moi fut de choisir un parti au sein duquel les projets progressistes pourraient être promus. Le travail de groupe est le travail le plus efficace, lorsqu'il est effectué avec des personnes dignes de confiance. Après sondage des différents partis, mon choix s'est porté sur le PS. Tu n'y vois qu'une aliénation de la liberté personnelle, permets-moi de me demander si tu perçois les faits de manière concrète et réaliste.

Tu fais peut-être aussi l'erreur de croire que les frontières partisanes sont imperméables. La mauvaise foi existe partout: elle n'a pas d'odeur non plus, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'existe que dans la sphère politique. Enfin, je me moque résolument de ma crédibilité, tant que j'estime que je peux servir à améliorer la compréhension du monde qui nous entoure, en particulier le monde politique. Ma crédibilité disparaîtra uniquement lorsque je n'arriverai plus à me convaincre moi-même.

Écrit par : Diego Esteban | 20/09/2013

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