26/09/2013

Portraits de candidats: Grégoire Rinolfi

Grégoire Rinolfi (Parti Pirate), 21 ans.

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Selon la Chancellerie d'Etat genevoise, il s'agit ici de l'unique candidat qui ne représente officiellement rien du tout. Il se désigne comme "le pauvre type pas publié dans la Feuille d'Avis Officielle"; en effet, si vous consultez celle-ci, vous ne verrez que son nom. Pas de passé, pas de CV... le néant, en somme. Mais rassurez vous: Grégoire Rinolfi n'est pas un obscur personnage agissant à l'ombre de la place publique, mais simplement une pauvre victime de la censure étatique. De ce fait, le présent portrait servira notamment à combler cette navrante lacune.

 

Pour commencer, Grégoire Rinolfi se considère comme un passionné. Il aime les sciences et la technique, il est toujours curieux de savoir "comment ça marche" et va toujours au bout des choses. Cet étudiant en troisième année de baccalauréat en génie mécanique à l'EPFL se décrit aussi comme une personne par moments solitaire. Il est membre d'un club de robotique à l'EPFL, au sein duquel il a déjà gagné des prix. Enfin, il passe ses heures perdues à faire de la programmation sur ordinateur, ou à mixer de la musique électronique pour se changer les idées.

 

Et la politique dans tout ça? Ce monde, il l'a découvert à travers des émissions satiriques comme "la soupe est pleine" (avec les mêmes humoristes que ceux qui sont à "l'agence"): c'est le côté humoristique de la politique qu'il a découvert en premier. Son intérêt pour la chose publique ne se manifestait que par sa consultation régulière des informations de l'actualité et ses éventuelles discussions avec des amis. Jusqu'en 2011, il ne fut que simple observateur, mais il rencontra par la suite le parti pirate, qu'il allait rejoindre suite à une discussion avec Alexis Roussel, l'éternelle figure de proue de ce mouvement.

 

Grégoire Rinolfi remarque un désintérêt général pour la politique, ainsi que des personnes qui préfèrent râler dans leur coin. Il pense au contraire qu'il faut bouger ("je me suis lancé sans hésiter"). Sa candidature, il la fait valoir à travers diverses qualités propres: "on s'égare dans les idées, et je veux revenir à un niveau plus pratique, un regard plus factuel [...] alors qu'on favorise plutôt l'expérience, et les personnes qui siègent un peu partout, j'ai une vision jeune, des idées novatrices et je sais remettre en question" (sans pour autant tomber dans l'attitude du "coup de pied dans la fourmilière").

 

Interrogé sur les domaines dans lesquels il vise à agir s'il était élu, il répond: "il faut pouvoir d'intéresser à tout et ne pas hésiter à faire des propositions si on a un minimum de compétences." Grégoire Rinolfi souhaite tout d'abord miser sur la thématique du numérique, un sujet absent des débats politiques et sur lequel il veut faire progresser la réflexion sur la mise en réseau des gens et le rapport qu'ils entretiennent avec ces réseaux. Il s'engage également en faveur d'une démocratie encore plus directe, un engagement qui est né au parti pirate et où la manière de fonctionner diffère de celle des autres partis, notamment par l'effort de faire participer un maximum la base du parti à la prise des décisions. Il cherche ainsi à éviter de faire perdurer une situation dans laquelle les élites des partis se consultent entre elles, par le biais de mécanismes influençables et de "débats d'initiés." Selon Grégoire Rinolfi, le système actuel aboutit au formatage des citoyens, puisque les idées politiques sont réduites à de simples publicités. Il souhaite avant tout rendre les partis plus transparents en établissant la publicité de leur financement: "il est beaucoup plus intéressant de voir qui finance un parti pour analyser ses prises de position."

 

Au niveau de la vie politique, il voit tout d'abord dans cette campagne une longue bataille électoraliste. "Les partis sont sur la défensive: dès que le parti pirate s'est montré, tout le monde lui est tombé dessus." Les partis se détruisent sur certains projets à travers des procès d'intention ou des mouvements dans le vide, qui font que les discussions n'avancent pas; Grégoire Rinolfi évoque l'épisode de la plage des Eaux-Vives, la construction de celle-ci ayant été retardée parce que quelques membres du WWF s'y sont opposés, malgré un accord général sur la question.

 

En résumé, il pense que la description la plus exacte de la vie politique genevoise est celle d'une vie politique animée. Ses adversaires politiques sont tout d'abord le MCG. "Leur démarche est contraire à celle des Pirates: ils disent "le MCG agit pour vous", alors que les nous dirions "les pirates agissent avec vous"." Il évoque également Antonio Hodgers, mais reconnaît qu'en tant que jeune parti, les pirates ont en fin de compte beaucoup d'adversaires. A ce titre, il évoque le refus des Verts de s'apparenter avec les pirates en vue des élections cantonales, mais l'opposition "anti-pirates" à laquelle il fait référence concerne effectivement à peu près tous les partis, malgré le fait que le sien est ouvert à tous sans distinction.

 

Vous pourrez suivre ses actions sur twitter et sur le site du parti pirate ou le contacter par email, lors de cette campagne qu'il mènera sous le slogan: "l'ouverture vers une société inclusive."

24/09/2013

Grand oral genevois: le bilan.

Suite aux réactions qui ont suivi la publication du texte original de cet article, je me suis rendu compte de plusieurs choses:

  1. Il n'avait pas quitté le stade du brouillon.
  2. Le but substantiel de la réflexion n'avait pas été clairement défini.
  3. Sa forme a fait que l'attention s'est focalisée sur les notes elles-même, un point que je considérais en soi comme anecdotique.

 

J'avoue que je ne sais toujours pas exactement ce que je cherchais à dire. C'était, grosso-merdo, une simple mise par écrit des impressions que j'avais eues du débat de lundi dernier. Mais je me suis rendu compte que je n'aspire pas véritablement à rédiger ce genre d'articles. Je cherche le plus souvent à apporter des éclaircissements, à apporter une réflexion constructive sur divers sujets qui m'interrogent. Et ici je n'ai pas agi de la sorte.

 

De plus, il n'était pas clair que je souhaitais réellement, pour la plupart des candidats s'étant exprimés, leur donner des critiques d'encouragement. Par exemple en ce qui concerne Delphine Perella-Gabus: je pense honnêtement que ses propositions sont concrètes et lucides, et je souhaite qu'elle réussisse à faire pleinement valoir ses opinions intéressantes. Mais ma critique de sa manière de les exprimer était déplacée, même en affirmant que je ne réagissais pas au fond, car c'est celui-ci qui doit primer la forme dans un débat politique.

 

Même chose pour Anne Emery-Torracinta, qui est pour moi la meilleure des vingt-neuf candidates et candidats, car sa vision et son attitude sont une belle et rare combinaison qui, et j'en suis convaincu, manque cruellement au gouvernement de ce canton. Malgré ces convictions, j'avais perdu de vue que sa défaite de l'an passé, certains journalistes avaient contribué à la rendre possible en détournant les regards de ses propos pour les concentrer sur son physique. J'ai donc accordé trop d'importance à l'apparence, comme l'ont fait les journalistes indélicats en cause, et je le regrette.

 

De ce fait, que mes critiques aient été élogieuses ou incendiaires, je tiens à m'excuser auprès de toutes les candidates et tous les candidats dont j'ai critiqué les performances sur ce blog. Et tout particulièrement à Anne Emery-Torracinta, Thierry Apotheloz, Alexis Roussel, Michèle Künzler, Antonio Hodgers, Laurent Seydoux, Sandrine Salerno, Roger Deneys, Delphine Perella-Gabus, Luc Barthassat et Serge Dal Busco, des personnes que j'ai eu la chance de rencontrer et en lesquelles je reconnais les qualités qui font les bon(ne)s Conseillers-ères d'Etat. Mais même aux autres, que je connais moins ou pas du tout, j'aurais pu et dû réserver un texte plus digne des articles constructifs et réfléchis que j'essaie de produire à chaque publication.

 

Certains vont ricaner de cette volte-face, mais je ne m'érige pas en référence du monde politique genevois. Si je me trompe, ou si je m'y prends mal, je le reconnais et je répare les dégâts tant bien que mal: c'est pour moi la meilleure manière de prouver mon honnêteté et ma bonne foi.

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

19/09/2013

La politique n'a pas d'odeur

Les événements politiques à Thônex sont si rares, que lorsqu'il y en a un, je ne peux résister à la tentation de m'y rendre. Et ce soir, la section locale du PLR organisait la présentation de ses cinq candidats de la commune (Isabel Rochat, Ivan Slatkine, Jacques Béné, Murat Julian Alder et Pascal Uehlinger).

 
La première chose qui m'a frappé fut l'étonnement des gens de voir un jeune portant fièrement l'écharpe du PS se jeter ainsi dans la gueule du loup. Mais ma présence était au fond assez logique: quand je dis que je m'intéresse à la politique, je parle de la politique au sens universel, non-partisan du terme. Même s'il s'agit d'aller écouter parler les représentants du parti traditionnellement opposé au mien. Il ne s'agit pas de "connaître son ennemi" mais plutôt de partir à la rencontre d'autres regards sur le monde, par simple intérêt d'échange et de partage. 
 
Mais je vais être clair: ce n'est pas pour rien que je ne suis pas au PLR; je ne soutiens en aucun cas la majorité des projets de société prônés par ses membres. Cependant, une personne n'est pas uniquement définie par ses idées politiques (si c'était le cas, la guerre civile serait une banalité). Nous sommes tous des êtres humains, nous avons donc presque tout en commun. Pourquoi faillir entrer en guerre pour le 1% de désaccord restant?
 
D'ailleurs, la majorité des personnes dans la salle était composée d'êtres humains normalement constitués, c'est-à-dire d'une bonté extrême ou simplement d'une sympathie agréable. D'autres, coincés dans un rapport de forces partisan malsain et forcément déconnecté de la réalité, n'avaient pas ces qualités. La bassesse de leurs piques était à elle seule garante de leur mauvaise foi. Leur agressivité témoignait de leur incapacité à voir autre chose chez moi que mon écharpe (mais comme le dit le proverbe, "si ton seul outil est un marteau, tu verras des clous partout"). 
 
J'apprécie de nombreuses personnes au PLR, mais cette formulation est fausse. J'aime des personnes, certes, mais je ne vois pas en quoi leur parti changerait quoi que ce soit à l'estime que je ressens envers elles. Je m'entends par ailleurs relativement bien avec des personnes de tous les partis, parce que nous, êtres politiques, ne sommes pas tous coincés entre nos frontières partisanes, et arrivons à avoir assez de richesse humaine pour voir la réalité d'une personne, autrement qu'à travers le groupe social auquel elle appartient. 
 
Si vous pensez que les conflits idéologiques bornés qui animent une campagne politique sont logiques, détrompez-vous. Cette hargne malsaine est présente, seulement car elle accompagne des personnes hypnotisées par le désir du pouvoir. Personne ne peut raisonnablement s'acharner contre une autre en raison d'un critère aussi superficiel que le parti politique. 
 
Rappelez-vous-en lorsqu'il s'agira de choisir ceux qui occuperont les sièges du Grand conseil. Choisissez des vrais politiciens, c'est-à-dire des personnes aux valeurs humaines sûres, et pour lesquelles la politique n'est pas qu'un jeu, et vous aurez choisi les meilleurs. 

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook |

18/09/2013

Portraits de candidats: Jérémy Seydoux

Jérémy Seydoux (Parti Vert'libéral), 18 ans.

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Le point de départ obligé pour toute description de Jérémy Seydoux est sa taille: il est grand. Très grand. Par ailleurs, il est empli d'une énergie (renouvelable?) en apparence inépuisable. Enfin, il est jeune: à 18 ans et à l'heure d'aborder sa dernière année au collège De Stael, il est le benjamin de ces élections au Grand conseil. Il se décrit comme engagé, hyperactif, ambitieux et philanthrope. Il aime entreprendre, être un peu "leader" dans ce qu'il fait.

 

Jérémy Seydoux est réputé dans son collège pour son engagement en faveur de Staël TV, la chaîne télévisée des étudiants, qu'il a fondée il y a deux ans: "c'est la troisième saison consécutive, ma dernière; après cela je démissionnerai [...] il y a beaucoup d'émotion." Outre cette activité journalistique, il est également trompettiste et secrétaire de la Musique Municipale de Plan-les-Ouates, membre du Parlement des Jeunes Genevois, de l'association des élèves du collège de De Staël, participant au Students' United Nations, ex-participant à la session des jeunes et bénévole auprès du Plan-les-Watts festival, un projet de jeunes pour les jeunes, dont la sixième édition l'an passé avait accueilli plus de 7000 personnes. A ses heures perdues (pour autant qu'il lui en reste), il pratique la plongée sous-marine.

 

En ce qui concerne la politique, celle-ci a toujours fait partie de la famille Seydoux. Son père, Laurent Seydoux, fut successivement Conseiller municipal (y compris Président de celui-ci) et Conseiller administratif (pendant huit ans, passant par deux mandats de Maire) de la commune de Plan-les-Ouates. Il est également un des membres fondateurs des Vert'libéraux genevois. Cette ouverture sur la vie politique n'a pas manqué de séduire Jérémy Seydoux. "Maintenant que je suis dedans, ça me plait, me passionne." Le jeune homme a déjà plusieurs passages sur le plateau de "Genève à chaud" (émission politique de la chaîne locale Léman bleu), ce qui, en termes de visibilité politique, lui donne une certaine crédibilité, quelques mois seulement après avoir soufflé ses dix-huit bougies.

 

Selon lui, le parti Vert'libéral est un parti en accord avec sa génération, prônant plus d'intérêt envers l'environnement, une meilleure qualité de vie et le replacement de l'humain au centre des préoccupations. Jérémy Seydoux n'ayant jamais été "à gauche", il trouve dans ce parti quelque chose qui lui plaît: "un parti écologiste de droite, je trouve ça plutôt sexy." Il y reconnaît véritablement son ADN même: la poursuite d'objectifs de réduction des émissions de carbone, l'assainissement des bâtiments, le développement de la mobilité douce, mais également la construction et le maintien d'une économie forte. L'avantage est que son parti n'a pas (encore?) de comptes à rendre et ne traine pas de casseroles, ce qui permet à Jérémy Seydoux de se projeter en avant et de participer directement et librement à l'émergence des Vert'libéraux, ce qu'il considère comme une expérience riche. En résumé, il affirme que ce parti, à l'opposé des Verts qui opposeraient l'écologie à l'économie, considèrent ces deux thèmes comme complémentaires: "l'écologie est la solution à une économie prospère, mais sans elle, l'écologisme ne peut être mis en oeuvre."

 

Jérémy Seydoux est candidat aux élections du 6 octobre prochain. "A l'électeur de choisir qui est digne; je propose ma maigre expérience, mon engagement et mes projets", dit-il en ajoutant que sa candidature est en quelque sorte l'aboutissement de son engagement. "Si on ne s'engage pas, on laisse la place aux autres; pour une grande gueule comme moi, qui aime proposer de nombreuses choses, à quoi bon laisser parler les autres?", plaisante-t-il. S'agissant d'une éventuelle source d'inpiration dans son engagement, il désigne immédiatement Jacques Chirac (ancien Président français). 

 

Quant à ses domaines de compétence, il évoque principalement ceux qu'il connaît et qu'il côtoie: l'éducation et la formation (en ce qui concerne l'enseignement de l'histoire suisse, Jérémy Seydoux demande plus de cohérence entre les différents collèges, de trop nombreux élèves n'ayant pas l'occasion d'étudier cette matière puisque son intégration au programme scolaire dépend du bon vouloir de l'enseignant), tout ce qui touche à la jeunesse, et les questions relatives au tissu associatif et humain ("dont j'ai envie de me faire le porte-voix: je veux faire progresser les projets de jeunes"). Il fustige les syndicats de professeurs, les accusant de ne pas représenter la fonction publique mais au contraire leur seule personne et de nuire à l'image de l'enseignement par leurs actions nocives. "Calimeros, pas contents et revendicateurs, ils dérangent les enseignants qui aiment leur travail et qui n'entrent pas dans ces "petits" combats syndicaux qui divisent un collège, récupèrent des partis contre les enseignants et mettent une mauvaise ambiance." Sa priorité pour la législature serait de fournir aux établissements scolaires des moyens supplémentaires pour organiser des séjours linguistiques plus nombreux.

 

Pour lui, la vie politique souffre d'un sérieux manque d'intérêt: "on ne peut que s'en vouloir, en tant que politiciens; certains ont fait des conneries qui nuisent à son image [...] mais elle est indispensable: ne pas la comprendre, c'est se tromper." Jérémy Seydoux ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il désigne ses adversaires politiques: critique envers les adeptes de la guerre permanente au niveau philosophique, il pointe du doigt les "vieux cons" (il s'agit de personnes imbues d'elles-même, sans ouverture d'esprit, agressives dans leur argumentation, persuadées que leur vérité est LA vérité; en résumé, il s'agit en fait d'auteurs d'une sorte d'intolérance).

 

Il voit Genève tout d'abord comme le siège de l'ONU, mais aussi comme une des capitales économiques de la Suisse. Genève, c'est aussi le jet d'eau, la cité de Calvin, le berceau de la Réforme... Jérémy Seydoux est persuadé que personne n'a jamais entendu parler de Genève. Mais il s'inquiète de certaines choses qui pourraient menacer cette vision: "il y a un manque de rêve, de vision, de grandeur que les politiciens devraient apporter, car c'est ce qui fait la prospérité; il y a donc un manque de prise de risques. Attention, car rien n'est immortel, même une grande ville, comme par exemple Detroit: ça peut arriver partout."

 

Si suivre les actions de Jérémy Seydoux vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur son profil facebook, sur les stands des Vert'libéraux, observer ses interventions dans les médias, ou encore le contacter pour aller boire des verres (079 947 41 56) lors de cette campagne qu'il mènera sous le slogan: "la jeunesse est pleine de ressources, faites-moi confiance."

17/09/2013

Speed-dating électoral

Hier soir, la campagne politique en vue des élections genevoises d'octobre et novembre a vécu un nouvel épisode particulièrement original. Après les affiches du PS (ou des Verts), la traversée de la rade de Céline Amaudruz, les loupes des Vert'libéraux (ou des Pirates), le tram d'Ensemble à Gauche ou encore la caravane du PDC (ou du MCG), le speed-dating électoral a fait son apparition dans la ville au bout du lac.

 

A l'origine de ce projet novateur se trouve une discussion entre plusieurs candidates, au sujet de ces fameuses trois minutes pendant lesquelles un entrepreneur doit convaincre ses potentiels investisseurs de l'attractivité de sa start-up. Et soudain, l'illumination: et si ces trois minutes ne visaient pas à convaincre un investisseur, mais un électeur? Le speed-dating, quant à lui, est un terme anglais signifiant littéralement "rencontres rapides", et qui désigne l'organisation de plusieurs face-à-face, brefs et minutés, entre des personnes différentes à chaque tour.

 

Ainsi naquit le speed-dating électoral. Il faut avouer que, tant dans le speed-dating que dans le show d'un entrepreneur face à des investisseurs ou dans une campagne politique, la séduction de l'autre est l'objectif central. De plus, le but d'obtenir quelque chose d'une autre personne diffère peu selon qu'il s'agisse de son amour, son argent ou son vote. Et hier soir, dans la brasserie des Halles de l'Ile, une petite trentaine de candidates issues de tous les partis (à l'exception du PBD, de l'UDC et des Pirates) ont tenté de s'attirer les faveurs de leurs interlocuteurs(trices).

 

Une chose m'a tout d'abord frappé: l'universalité de la démarche. Le fait que ce soient des candidates de plusieurs partis qui aient décidé d'organiser un tel événement ensemble est un bel effort de diplomatie. Ainsi, le comité d'organisation, dont font partie Sue Putallaz (Vert'libéraux), Delphine Perella Gabus (MCG), Céline Roy (PLR), Frédérique Perler (Verts) et Magali Orsini (Ensemble à Gauche), a concocté un rendez-vous électoral qui fut loin d'être raté. 

 

Je me suis amusé, durant la soirée, à demander à chaque candidate de me proposer un seul projet pour l'ensemble de la législature. Pour certaines, rien de plus facile. Pour d'autres, un temps de réflexion fut nécessaire. J'ai par ailleurs remarqué que leurs réponses respectives portaient souvent sur l'emploi des jeunes ou la formation en général, allez savoir pourquoi (ironie). Mais quelles que soient les réponses, l'opportunité de créer un véritable contact, bien que bref, fut une véritable et efficace façon d'assurer le lien entre la candidate et ses potentiels électeurs.

 

Globalement, l'idée est -il faut le dire- excellente. En effet, la présence de plusieurs partis permet de goûter un peu à chaque tendance. La durée (trois minutes) de chaque entretien quant à elle fait de celui-ci un exercice de style pour les candidates, car trois minutes ne suffisent pas pour exposer un programme, et elles permettent également à leurs interlocuteurs de ne pas avoir le temps de s'ennuyer ou de s'énerver. Je relève toutefois quelques aspects méritant un travail plus approfondi, comme la publicité de l'événement (les candidates étaient plus nombreuses que les participants "externes") ou encore l'organisation des entretiens (dans un véritable speed-dating, habituellement organisé entre un nombre égal d'hommes et de femmes, chacun s'entretient avec chacune, ce qui n'était pas forcément le cas hier soir).

 

Mais je repars de cet événement avec un bon souvenir. Sur les 476 candidats au total qui concourent à l'élection au Grand conseil, il n'y a que 30.5% de femmes, mais ce speed-dating électoral m'a montré que la consistance des idées et/ou l'honnêteté de l'engagement sont souvent présentes. J'espère que le principe du speed-dating électoral s'imposera rapidement dans le contexte des campagnes électorales genevoises, car je ne vois pas d'autre moyen de créer un contact direct entre les candidats et les électeurs qui soit plus agréable et enrichissant. Chapeau, Mesdames!

Écrit par Diego Esteban dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |