05/10/2013

Des surprises électorales?

  27.76%  

A la veille des élections, la participation électorale est faible. Très faible. Trop faible. Pourquoi un si petit nombre de Genevois souhaite-t-il avoir voix au chapitre, à l'occasion du choix de celles et ceux qui vont constituer l'ensemble des autorités cantonales lors des cinq ans à venir?

Le peuple est, en droit suisse, le seul organe étatique qui n'est pas tenu de justifier ses décisions. Cela coule de source, tant le corps électoral a une nature profondément hétérogène, ce qui empêche de dégager la motivation de ses choix. Cependant, plusieurs hypothèses pourraient être envisagées:

 

1. La constante de ceux qui n'en ont rien à foutre.

Il est de ces électeurs qui ne s'intéressent pas du tout à la politique. Tous pourris? Pas le temps? Pas envie? Difficile de savoir quelles sont leurs raisons, mais cette constante de la population représente au moins 10% de l'électorat (cette proportion correspond aux personnes qui ne votent jamais - à teneur de plusieurs analyses sur la participation électorale. On peut y ajouter ceux qui ne votent qu'épisodiquement), mais elle est inférieure à 50% de celui-ci. En termes de sensibilisation à l'utilisation du droit de vote, c'est sur cette catégorie-là qu'il faut agir pour lutter contre l'abstentionnisme (mais je n'accorde aucune pitié aux personnes qui, en dépit d'une information étendue sur l'importance et les implications de leur fonction étatique, refusent quand même de voter et continuent à se plaindre des erreurs venant d'autorités dont ils ont laissé à d'autres le choix de la composition).

 

2. L'abandon du MCG par son électorat.

Autre hypothèse, partagée par certains observateurs: plusieurs électeurs du MCG, qui croyaient jadis en la force d'un véritable mouvement citoyen capable de faire bouger les choses, se sont rendus à l'évidence que plusieurs élus de ce parti, loin de faire mieux que ceux des partis traditionnels, ont contribué à faire empirer la situation. De ce fait, ils pourraient soit s'abstenir de tout vote, soit reporter leur voix en faveur d'un autre parti (nombre de personnes, sur les stands du PS, m'ont confié vouloir voter pour mon parti, regrettant profondément le fait d'avoir voté MCG lors de précédentes élections). Le cas le plus probable resterait l'abstention de certains ex-électeurs MCG, ce qui pourrait donc expliquer la faiblesse du taux de participation actuel.

 

3. Le nombre de listes, et la proximité des messages.

En 2009, dix listes concouraient pour accéder au Grand Conseil (cinq d'entre elles sont maintenant regroupées en deux listes seulement) pour 16 candidats au Conseil d'Etat, ce qui était déjà plus que lors des élections précédentes. Cette année, il y a également dix listes, mais le nombre de candidats a explosé (passant de 387 à 476 pour le Grand Conseil, et de 16 à 30 pour le Conseil d'Etat), et les partis ont été "renouvelés": le Parti Pirate, puis les Vert'libéraux et enfin le PBD ont fait leur apparition sur la scène politique genevoise. Ce foisonnement de possibilités favorise l'indécision des non-avertis: par où commencer pour s'informer? Les programmes sont souvent volumineux et certains partis n'ont pas de bilan à présenter et défendre. Pour ne rien arranger, certains partis focalisent leur communication sur les raisons pour lesquelles ils se démarquent des autres partis: le PBD qui n'a cesse d'affirmer être à droite sur certaines thématiques et à gauche sur d'autres, tout comme les Vert'libéraux (self-service dans les idées ou un cul entre deux chaises?), le MCG qui se dit "ni de droite, ni de gauche"... De plus, l'originalité est une denrée particulièrement rare dans cette campagne. L'électeur qui n'y voit pas clair - et on peut le comprendre - serait bien tenté de ne pas voter, afin de laisser ceux qui comprennent ce charabia électoral prendre les bonnes décisions.

 

4. Pronostics en sièges.

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Quoi qu'il en soit, il faudra dans tous les cas attendre lundi matin pour tenter d'expliquer les résultats, lorsqu'ils tomberont. En attendant, je vous encourage à aller voter: un parti, une liste composée de toutes pièces, vote blanc, peu importe. Si vous ne voulez pas que les élus fassent du mauvais travail, ne laissez pas les autres décider à votre place de leur désignation.

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

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