07/12/2015

Le sourire comme défense

[Article publié dans "Côté plus", le journal du Parlement des Jeunes Genevois]

Certes, on en a déjà beaucoup parlé. La tristesse a succédé à la colère, l’agressivité au deuil, et vice-versa. On se demande si un seul de ses aspects a été omis, tant les médias sont devenus monomaniaques du sujet. Mais si les attentats de ces dernières semaines nous ont appris quelque chose, notamment ceux qui ont été commis à Paris, c’est que l’humain est doué d’une compassion et d’une solidarité qui dépassent les frontières.

 

De même lorsque Charlie Hebdo fut victime d’une attaque en janvier, c’est le monde entier qui a choisi soit de se taire, recueilli dans un respect solennel, soit de s’exprimer, à l’aide de divers moyens d’expression notamment artistiques, pour dire que ce n’est pas de ce monde-là dont l’humanité veut. En d’autres termes, lorsque des terroristes prennent de l’importance, lorsqu’on voit que leur message de haine et de mort convainc de plus en plus de gens, c’est le monde entier qui se soulève pour rappeler que le respect de la vie et des mœurs a plus d’importance que n’importe quel dieu ou prophète.

 

Paradoxalement, c’est lorsque les valeurs de liberté et de démocratie sont le plus sauvagement atteintes que leur défense devient la plus forte. Rien qu’à Genève, un concert spontané par-ci, une veille aux bougies par-là, des dessinateurs et poètes qui composent à leur façon des hymnes à la mémoire des victimes, pour soutenir les proches, en l’honneur de la paix, des milliers d’étudiant-e-s, réuni-e-s à Uni Mail, mais encore les élu-e-s du Conseil municipal de Thônex qui observent une minute de silence, etc.

 

Gloire soit surtout rendue à celles et ceux qui nous donnent le sourire lorsque le monde nous fait peur. Je pense notamment à la page facebook genevoise « Poplitic », qui écrivit que « selon les experts, l'Etat Islamique vise les endroits où on s'amuse, où on fait la fête, où on profite de la vie. La Suisse alémanique a décidé de baisser son niveau d'alerte à faible voire inexistant ». Un bref instant de rire qui m’a soigné l’esprit.

 

Merci à toutes ces personnes qui aident à apaiser la douleur. Merci à elles pour avoir su nous réconforter, pour nous avoir redonné le sourire, lorsque l’actualité était sinistre. Merci à elles, pour nous avoir montré que la violence ne suscite pas toujours la violence. Les explosifs avaient pour but de diviser, mais les plumes, les pinceaux, les crayons ont uni au-delà de toute espérance. Merci à toi, Humanité, mon espoir en l’avenir est sain et sauf entre tes mains.

Écrit par Diego Esteban dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

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