28/07/2014

Une rigidité anachronique et déplacée

Le Verbier Festival Music Camp, fondé l'an dernier, est un rendez-vous que se donnent chaque année des dizaines de jeunes musicien-ne-s (15-17 ans) venant des quatre coins du monde pour jouer de la musique classique au coeur des Alpes, en même temps que se déroule le Verbier Festival & Academy, un festival prestigieux de musique classique fondé en 1994 notamment par Martin Engström, Avi Shoshani et Miguel Esteban. Le but est de permettre aux participant-e-s d'être complètement plongé-e-s dans le monde de la musique classique à tous les points de vue.

 

Derrière ce descriptif idyllique se cache une réalité un peu plus consternante. En effet, les participant-e-s étant toutes et tous des adolescent-e-s, il y a une activité qu'il est impossible de leur interdire en cette période estivale: faire la fête. Un certain nombre de jeunes se sont déjà fait expulser du camp pour avoir bu de l'alcool (il est connu que l'âge légal de consommation d'alcool est unanimement et scrupuleusement observé par tous les jeunes, qu'ils soient d'hier, d'aujourd'hui ou de demain), malgré leur participation autrement irréprochable à la vie du camp. Une rigidité aussi anachronique que déplacée témoigne d'une absence particulière de pédagogie dans la gestion de ce camp: comment peut-on être aussi répressif à l'égard de jeunes qui vivent leur adolescence comme nous l'avons probablement toutes et tous également fait?

 

L'exemple le plus incompréhensible réside dans le cas de trois participants, aperçus hors du centre d'accueil du camp pendant la nuit en train de fêter l'anniversaire de l'un des leurs, qui se sont vus interdire de loisirs à l'extérieur de ce centre. Cela veut dire qu'assister aux concerts de musique classique joués au Verbier Festival & Academy, alors que cette possibilité est mise en avant comme un des éléments fondant l'identité du Music Camp, leur est impossible. Par cette décision, les organisateurs du Music Camp se rendent-ils compte qu'au-delà de la sanction, ils ont porté atteinte à l'esprit même qu'ils sont censés encourager, à savoir la passion pour la musique? Quelques travaux d'utilité comme la vaisselle ou le ménage n'auraient-ils pas suffi, remplissant mieux la définition logique d'une punition proportionnée dans le cas présent?

 

Un devoir d'introspection sera nécessaire aux organisateurs du Music Camp, afin qu'ils se demandent si leur gestion a vraiment correspondu à l'esprit du projet qu'ils ont vendu à tous les jeunes y ayant participé. À quoi bon encourager l'intérêt pour la musique classique, si vivre cet intérêt est subordonné à l'observation d'un comportement monacal par définition inexigible de la part d'adolescents? Cette vision de la pratique de la musique, mais aussi cette vision irréaliste de la tenue d'un camp pour jeunes, n'ont plus aucun sens et donc pas de raison d'être.

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27/11/2013

Le retour triomphant de la peste brune

Lorsque l'on pense au racisme, l'on se pose souvent la question de savoir à partir de quel seuil l'intolérable peut être atteint. Il est clair pour à peu près tout le monde que l'antisémitisme, exprimé de manière à rappeler le génocide commis contre les juifs par Adolf Hitler et son régime en Allemagne nazie lors de l'entre-deux-guerres et de la seconde guerre mondiale, franchit ce seuil critique. L'holocauste demeure encore et toujours l'exemple par excellence des pires horreurs dont l'être humain puisse être capable. Mais il ne s'agit malheureusement pas d'une évidence pour tout le monde, plus particulièrement pour des personnes qui croient que la liberté d'expression est sans limites, quand bien même elles formulent des appels au génocide ou en font l'apologie, en raison d'un refus de reconnaître à certains groupes d'êtres humains la dignité qui leur est due, selon tous les principes élémentaires des droits fondamentaux démocratiques.

 

Ce refus de reconnaître à des personnes leur appartenance à l'espèce humaine en raison d'une caractéristique qui est indissociable de leur personne (sexe, âge, apparence, langue, religion, origine, orientation sexuelle, santé, opinions politiques...) est justement ce que l'on appelle le racisme. Si j'ai un jour décidé de m'engager en politique, de rejoindre un parti, de participer à des actions, à plusieurs associations, de mener des campagnes, de débattre, de défendre des idées, c'est justement car je voyais que notre environnent politique et social avait perdu de vue les horreurs du XXe siècle, puisqu'il les laissait - par laxisme - revenir à nouveau s'installer dans les esprits comme des éventualités tolérables, voire souhaitables.

 

L'extrême-droite est actuellement la faction du spectre politique d'où vient systématiquement l'incitation à la désinhibition raciste. En effet, on assiste à une certaine libération de la parole raciste, due au manque de réactivité de la société dite humaniste: même à Genève, capitale des droits de l'Homme, on parle encore de "dérapages" face à des propos pourtant intentionnellement et ouvertement haineux. Ce retour dans les bas-fonds de l'Histoire ne suscite pour l'instant qu'une faible opposition, quand bien même nous nous en approchons à grands pas; alors que le racisme est à combattre fermement, au nom des valeurs humanistes et démocratiques qui animent nos contrées, les phobies agressives parviennent aujourd'hui jusqu'au sein des autorités politiques de notre société. Et hier soir, Denis Menoud (Conseiller municipal MCG en ville de Genève) m'a donné la preuve que l'infection dont souffrent nos institutions a atteint son paroxysme, lorsqu'il écrivit sur facebook:

 

 

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"l'essentiel, c'est qu'Israël soit sur la voie de la carbonisation."

(Denis Menoud, Conseiller municipal MCG)

 

C'est en lisant ce genre d'horreurs - qui se passent d'explications - que je me souviens pourquoi je me suis lancé dans la défense de valeurs désormais très sérieusement mises en danger, telles que le respect de l'autre et le rejet du racisme. Il faut dire que Denis Menoud n'en est pas à son coup d'essai: en mai, il avait déjà comparé les homosexuels à des pédophiles, et plus récemment accusé des élu-e-s naturalisé-e-s d'être des "traîtres à la patrie", en les invitant à rendre leur passeport.

 

Pourtant, il serait bien naïf de croire que Denis Menoud est un précurseur en la matière à Genève: il y a Henry Rappaz (Député MCG), qui compara il y a quelque jours Christiane Taubira (ministre française d'origine guyanaise) à un singe (cliquez ici), faisant ainsi écho à la même comparaison réalisée en France par la candidate du Front National Anne-Sophie Leclere, Eric Bertinat (Conseiller municipal UDC), qui appela il y a plusieurs mois à l'interdiction pure et simple de l'islam, Julien Fonjallaz (candidat UDC au Grand Conseil), un révisionniste antisémite de réputation (comme révélé dans cet article), ou encore Jérémy Gardiol (lui aussi candidat UDC), pour lequel "l'homosexualité est une maladie." Je remarque - au passage - que les polémiques provoquées par ces personnes, comme les propos d'hier soir, sont le plus souvent nées sur le réseau social Facebook.

 

Et justement, suite aux déclarations honteuses de Denis Menoud, les réactions sur facebook furent nombreuses. Des propos aussi explicitement antisémites et contraires à tout ce que nous dictent les valeurs des droits de l'homme ne peuvent absolument pas passer inaperçus et impunis. Dans ce cas, pourquoi des réseaux comme Genève Antifa sont-ils aux abonnés absents? A l'heure où les nombreuses déclarations vomitives de l'extrême-droite tendent inexorablement vers une banalisation du racisme, ceux qui se déclarent être en première ligne pour contrer ce retour - en l'état insuffisamment contesté - de la peste brune sont aux abonnés absents! De plus, pourquoi les médias restent-ils muets sur cette affaire? 

 

Il revient donc à chacune et chacun d'entre nous de faire entendre notre voix contre cette normalisation inadmissible. Pour l'instant, ni les médias ni le MCG n'ont donné des signes de protestation: si le MCG - par le biais de son président Roger Golay - ne sanctionne pas aujourd'hui par une expulsion du parti Denis Menoud pour ses propos, c'est un signe évident qu'il les cautionne - du moins partiellement. Et dans ce cas, ce parti aura révélé la totale incohérence de son slogan "ni à gauche, ni à droite."

 

Mais en attendant, il s'agit de répondre fermement aux propos immondes proférés hier soir. Vous pouvez également participer à l'appel aux sanctions contre l'indigne Conseiller municipal Denis Menoud, en exprimant votre indignation aux adresses des responsables politiques figurant ci-dessous, et en leur appelant à prendre des mesures.

 

Le Bureau du Conseil Municipal de la ville de Genève:

  • Pascal Rubeli (président): pascal.rubeli@cm.ville-ge.ch
  • Olivier Baud (vice-président): olivier.baud@cm.ville-ge.ch
  • Carlos Medeiros (vice-président; président du MCG communal): carlos.medeiros@cm.ville-ge.ch
  • Rémy Burri: remy.burri@cm.ville-ge.ch
  • Martine Sumi: martine.sumi@cm.ville-ge.ch
  • Lionel Ricou: lionelricou@hotmail.com
  • Julide Turgut Bandelier: julide.turgut@cm.ville-ge.ch

 

Le Conseil administratif de la ville de Genève:

  • Sandrine Salerno (maire): sandrine.salerno@ville-ge.ch
  • Guillaume Barazzone: guillaume.barazzone@ville-ge.ch
  • Sami Kanaan: sami.kanaan@ville-ge.ch
  • Esther Alder: esther.alder@ville-ge.ch
  • Rémy Pagani: remy.pagani@ville-ge.ch

 

Le Président cantonal du Mouvement Citoyen Genevois:

  • Roger Golay: roger.golay@gc.ge.ch

 

Le MCG a annoncé jeudi soir qu'il avait réclamé la démission de son Conseiller municipal Denis Menoud avant vendredi midi, faute de quoi son expulsion serait prononcée.

Je suis déçu qu'il a fallu attendre des déclarations antisémites pour que des mesures soient enfin prises, mais - malgré le fait qu'il siégera toujours au Conseil municipal de la ville de Genève - il est encourageant de savoir que la vie politique locale sera débarrassée d'un de ses plus sinistres éléments.

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19/09/2013

La politique n'a pas d'odeur

Les événements politiques à Thônex sont si rares, que lorsqu'il y en a un, je ne peux résister à la tentation de m'y rendre. Et ce soir, la section locale du PLR organisait la présentation de ses cinq candidats de la commune (Isabel Rochat, Ivan Slatkine, Jacques Béné, Murat Julian Alder et Pascal Uehlinger).

 
La première chose qui m'a frappé fut l'étonnement des gens de voir un jeune portant fièrement l'écharpe du PS se jeter ainsi dans la gueule du loup. Mais ma présence était au fond assez logique: quand je dis que je m'intéresse à la politique, je parle de la politique au sens universel, non-partisan du terme. Même s'il s'agit d'aller écouter parler les représentants du parti traditionnellement opposé au mien. Il ne s'agit pas de "connaître son ennemi" mais plutôt de partir à la rencontre d'autres regards sur le monde, par simple intérêt d'échange et de partage. 
 
Mais je vais être clair: ce n'est pas pour rien que je ne suis pas au PLR; je ne soutiens en aucun cas la majorité des projets de société prônés par ses membres. Cependant, une personne n'est pas uniquement définie par ses idées politiques (si c'était le cas, la guerre civile serait une banalité). Nous sommes tous des êtres humains, nous avons donc presque tout en commun. Pourquoi faillir entrer en guerre pour le 1% de désaccord restant?
 
D'ailleurs, la majorité des personnes dans la salle était composée d'êtres humains normalement constitués, c'est-à-dire d'une bonté extrême ou simplement d'une sympathie agréable. D'autres, coincés dans un rapport de forces partisan malsain et forcément déconnecté de la réalité, n'avaient pas ces qualités. La bassesse de leurs piques était à elle seule garante de leur mauvaise foi. Leur agressivité témoignait de leur incapacité à voir autre chose chez moi que mon écharpe (mais comme le dit le proverbe, "si ton seul outil est un marteau, tu verras des clous partout"). 
 
J'apprécie de nombreuses personnes au PLR, mais cette formulation est fausse. J'aime des personnes, certes, mais je ne vois pas en quoi leur parti changerait quoi que ce soit à l'estime que je ressens envers elles. Je m'entends par ailleurs relativement bien avec des personnes de tous les partis, parce que nous, êtres politiques, ne sommes pas tous coincés entre nos frontières partisanes, et arrivons à avoir assez de richesse humaine pour voir la réalité d'une personne, autrement qu'à travers le groupe social auquel elle appartient. 
 
Si vous pensez que les conflits idéologiques bornés qui animent une campagne politique sont logiques, détrompez-vous. Cette hargne malsaine est présente, seulement car elle accompagne des personnes hypnotisées par le désir du pouvoir. Personne ne peut raisonnablement s'acharner contre une autre en raison d'un critère aussi superficiel que le parti politique. 
 
Rappelez-vous-en lorsqu'il s'agira de choisir ceux qui occuperont les sièges du Grand conseil. Choisissez des vrais politiciens, c'est-à-dire des personnes aux valeurs humaines sûres, et pour lesquelles la politique n'est pas qu'un jeu, et vous aurez choisi les meilleurs. 

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09/09/2013

Carlos Medeiros ou le politicien de la honte.

Je reviens d'un débat sur la sécurité et l'immigration à Uni Mail, organisé par la radio portugaise de Genève. 

 
Ce débat aurait pu être un bon débat. La tenue de Nathalie Hardyn (PLR), la spontanéité de Miguel Limpo (Verts) et la ferveur de Jocelyne Haller (Ensemble à gauche) étaient autant d'ingrédients qui rendent les débats savoureux. 
 
Mais Carlos Medeiros (MCG) était le vinaigre qui donna à cette mixture un goût rance. S'exprimant en dernier lors du tour d'introduction, il n'a fait que critiquer ses préopinants (s'attaquant aux chômeurs au passage), traiter les Conseillers d'Etat d'autistes, et vomir les slogans infects d'Eric Stauffer. 
 
Par la suite, il employa tous ses moyens à centrer le débat sur les frontaliers et sur lui-même, n'hésitant pas à couper la parole et à insulter les autres intervenants. Il fut à ce point insupportable que même la modératrice (Christiane Pasteur - Le Courrier) dût le lui dire. 
 
Gueuler dans le micro, insulter ses contradicteurs, se contredire à chaque phrase, attaquer car il n'a rien à dire, interrompre l'orateur-trice, tout cela résume le comportement indigeste de cet individu qui, de manière invraisemblable, sera probablement élu au Grand Conseil le 6 octobre!
 
Il n'y a pas que moi qui craint l'accession d'un tel agité sans valeur(s) au législatif: outre le fait que déjà les autres intervenants étaient catastrophés de la performance indigne de ce personnage, le public lui-même l'a très peu apprécié et ne s'est pas gêné pour le lui montrer.

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15/08/2013

Putrides provocations

J'avais déjà dénoncé mardi la désinformation électoraliste de Roger Golay, président du Mouvement citoyen genevois (MCG), au sujet d'une bien-plus-que-hypothétique alliance entre PS, Verts, PDC et PLR en vue du second tour de l'élection du Conseil d'Etat, qui aura lieu le 10 novembre prochain.

 

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Hier, ce fut au tour de François Baertschi, secrétaire du parti, de tenter sa chance au jeu de la polémique, en assimilant le PS genevois au "parti national-socialiste", (mieux connu sous le nom de parti nazi). M. Baertschi a ainsi confirmé la théorie de Godwin, manquant si cruellement d'arguments que seule une référence hors-sujet aux pires heures de l'humanité pouvait quelque peu remplir ses propos d'une vacuité consternante.

 

Il convient de les replacer dans leur contexte: les propos de M. Baertschi, reproduits ci-dessus, font référence à une fausse information lancée mardi par le président du MCG, Roger Golay, selon laquelle les quatre partis gouvernementaux auraient prévu de s'allier contre son propre parti au second tour de l'élection du Conseil d'Etat, au cas où le MCG remportait un franc succès au niveau du Grand Conseil. La prétendue alliance en question n'existe évidemment pas: je tiens pour certain le refus du PS et des Verts de s'associer au PLR et au PDC, et ce refus est très probablement réciproque. Mais cette utopie de M. Golay arriverait à point nommé pour sa formation en bout de souffle.

 

Attention à la suite: lorsque je parle du MCG en tant que parti, je désigne les actions orchestrées par son noyau dur, composé de ses fondateurs (Eric Stauffer, Roger Golay et François Baertschi, cercle décisionnel très fermé, mais auquel on pourrait éventuellement ajouter Thierry Cerutti, Carlos Meideiros et Mauro Poggia), qui sont selon moi seuls responsables des méthodes discutables de leur parti. Je n'associe pas leur comportement honteux à ses autres membres, sympathisants ou élus (tels que Guillaume Sauty, Marie-Thérèse Engleberts, Raphaël Coudray, Danièle Magnin et d'autres) qui font preuve d'une dignité certaine et reconnaissable dans leur activité politique, et qui n'ont ainsi pas à souffrir de ce que font leurs camarades.

 

Mais malgré le fait que le Mouvement citoyen genevois soit contrôlé par une poignée d'hommes seulement, il a toujours revendiqué être le véritable représentant du peuple genevois, et ce depuis sa création, malgré une naissance sous le nom de "Mouvement blochérien genevois" (faisant référence au turbulent ancien Conseiller fédéral UDC zurichois, qui avait refusé que ce parti porte son nom). Depuis lors, il a systématiquement attaqué les autres partis, "imposteurs" et "tous pourris". Avec le temps, le MCG s'est illustré par plusieurs évènements navrants (injures, calomnies, verres d'eau et bagarres, qui ont fait le bonheur de la presse de caniveau), et a réussi à accéder à de multiples fonctions importantes (juges, conseillers municipaux, conseillers administratifs, députés, administrateurs de régies publiques, et un conseiller national). Difficile dans ces conditions de continuer à affirmer ne pas faire partie de l'establishement et de qualifier les autres partis de "tous pourris", quand ils ne comptent plus les casseroles qu'ils traînent.

 

Avec l'invention, par Roger Golay, d'un supposé complot politique contre le "véritable représentant" du peuple genevois, le MCG aurait pu s'assurer un sursis aux yeux du peuple, le temps d'une campagne électorale. L'affaire de l'alliance est déjà un gros mensonge, mais M. Baertschi pousse le bouchon bien plus loin, en assimilant le PS genevois à l'ancien parti nazi allemand, sachant pertinemment que rien ne justifie une telle comparaison. À ce titre, et contrairement à ce qu'il dit, le secrétaire du MCG est bel et bien celui qui prend les Genevois pour des imbéciles, avec la collaboration de son président, et non pas des partis qui ne font pas ce qu'ils sont accusés de faire.

 

À l'heure où les politiciens genevois sont en train de perdre la confiance du peuple (je rappelle que la participation électorale des jeunes est en chute libre), il est capital de savoir condamner fermement les attitudes indignes d'élus politiques. La recrédibilisation de la vie politique genevoise, c'est-à-dire la reconnexion des politiciens avec les réalités de la population, est une tâche conséquente et sérieuse, et elle n'est pas à confier à des personnes pour lesquelles le mensonge est non seulement quelque chose de banal quand il est leur oeuvre (mais scandaleux quand d'autres en profèrent), mais aussi rien d'autre qu'un outil électoral.

 

Personne n'attend de MM. Golay et Baertschi un démenti de leurs propos mensongers, ni de ce dernier des excuses pour un amalgame insultant, vu leur obstination à manipuler l'opinion par leurs putrides provocations. Il faut ainsi se rendre à l'évidence: ces deux-là n'ont rien à faire en politique. (je rappelle que tous deux sont candidats de leur parti au Grand Conseil)

Écrit par Diego Esteban dans Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |