18/09/2013

Portraits de candidats: Jérémy Seydoux

Jérémy Seydoux (Parti Vert'libéral), 18 ans.

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Le point de départ obligé pour toute description de Jérémy Seydoux est sa taille: il est grand. Très grand. Par ailleurs, il est empli d'une énergie (renouvelable?) en apparence inépuisable. Enfin, il est jeune: à 18 ans et à l'heure d'aborder sa dernière année au collège De Stael, il est le benjamin de ces élections au Grand conseil. Il se décrit comme engagé, hyperactif, ambitieux et philanthrope. Il aime entreprendre, être un peu "leader" dans ce qu'il fait.

 

Jérémy Seydoux est réputé dans son collège pour son engagement en faveur de Staël TV, la chaîne télévisée des étudiants, qu'il a fondée il y a deux ans: "c'est la troisième saison consécutive, ma dernière; après cela je démissionnerai [...] il y a beaucoup d'émotion." Outre cette activité journalistique, il est également trompettiste et secrétaire de la Musique Municipale de Plan-les-Ouates, membre du Parlement des Jeunes Genevois, de l'association des élèves du collège de De Staël, participant au Students' United Nations, ex-participant à la session des jeunes et bénévole auprès du Plan-les-Watts festival, un projet de jeunes pour les jeunes, dont la sixième édition l'an passé avait accueilli plus de 7000 personnes. A ses heures perdues (pour autant qu'il lui en reste), il pratique la plongée sous-marine.

 

En ce qui concerne la politique, celle-ci a toujours fait partie de la famille Seydoux. Son père, Laurent Seydoux, fut successivement Conseiller municipal (y compris Président de celui-ci) et Conseiller administratif (pendant huit ans, passant par deux mandats de Maire) de la commune de Plan-les-Ouates. Il est également un des membres fondateurs des Vert'libéraux genevois. Cette ouverture sur la vie politique n'a pas manqué de séduire Jérémy Seydoux. "Maintenant que je suis dedans, ça me plait, me passionne." Le jeune homme a déjà plusieurs passages sur le plateau de "Genève à chaud" (émission politique de la chaîne locale Léman bleu), ce qui, en termes de visibilité politique, lui donne une certaine crédibilité, quelques mois seulement après avoir soufflé ses dix-huit bougies.

 

Selon lui, le parti Vert'libéral est un parti en accord avec sa génération, prônant plus d'intérêt envers l'environnement, une meilleure qualité de vie et le replacement de l'humain au centre des préoccupations. Jérémy Seydoux n'ayant jamais été "à gauche", il trouve dans ce parti quelque chose qui lui plaît: "un parti écologiste de droite, je trouve ça plutôt sexy." Il y reconnaît véritablement son ADN même: la poursuite d'objectifs de réduction des émissions de carbone, l'assainissement des bâtiments, le développement de la mobilité douce, mais également la construction et le maintien d'une économie forte. L'avantage est que son parti n'a pas (encore?) de comptes à rendre et ne traine pas de casseroles, ce qui permet à Jérémy Seydoux de se projeter en avant et de participer directement et librement à l'émergence des Vert'libéraux, ce qu'il considère comme une expérience riche. En résumé, il affirme que ce parti, à l'opposé des Verts qui opposeraient l'écologie à l'économie, considèrent ces deux thèmes comme complémentaires: "l'écologie est la solution à une économie prospère, mais sans elle, l'écologisme ne peut être mis en oeuvre."

 

Jérémy Seydoux est candidat aux élections du 6 octobre prochain. "A l'électeur de choisir qui est digne; je propose ma maigre expérience, mon engagement et mes projets", dit-il en ajoutant que sa candidature est en quelque sorte l'aboutissement de son engagement. "Si on ne s'engage pas, on laisse la place aux autres; pour une grande gueule comme moi, qui aime proposer de nombreuses choses, à quoi bon laisser parler les autres?", plaisante-t-il. S'agissant d'une éventuelle source d'inpiration dans son engagement, il désigne immédiatement Jacques Chirac (ancien Président français). 

 

Quant à ses domaines de compétence, il évoque principalement ceux qu'il connaît et qu'il côtoie: l'éducation et la formation (en ce qui concerne l'enseignement de l'histoire suisse, Jérémy Seydoux demande plus de cohérence entre les différents collèges, de trop nombreux élèves n'ayant pas l'occasion d'étudier cette matière puisque son intégration au programme scolaire dépend du bon vouloir de l'enseignant), tout ce qui touche à la jeunesse, et les questions relatives au tissu associatif et humain ("dont j'ai envie de me faire le porte-voix: je veux faire progresser les projets de jeunes"). Il fustige les syndicats de professeurs, les accusant de ne pas représenter la fonction publique mais au contraire leur seule personne et de nuire à l'image de l'enseignement par leurs actions nocives. "Calimeros, pas contents et revendicateurs, ils dérangent les enseignants qui aiment leur travail et qui n'entrent pas dans ces "petits" combats syndicaux qui divisent un collège, récupèrent des partis contre les enseignants et mettent une mauvaise ambiance." Sa priorité pour la législature serait de fournir aux établissements scolaires des moyens supplémentaires pour organiser des séjours linguistiques plus nombreux.

 

Pour lui, la vie politique souffre d'un sérieux manque d'intérêt: "on ne peut que s'en vouloir, en tant que politiciens; certains ont fait des conneries qui nuisent à son image [...] mais elle est indispensable: ne pas la comprendre, c'est se tromper." Jérémy Seydoux ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il désigne ses adversaires politiques: critique envers les adeptes de la guerre permanente au niveau philosophique, il pointe du doigt les "vieux cons" (il s'agit de personnes imbues d'elles-même, sans ouverture d'esprit, agressives dans leur argumentation, persuadées que leur vérité est LA vérité; en résumé, il s'agit en fait d'auteurs d'une sorte d'intolérance).

 

Il voit Genève tout d'abord comme le siège de l'ONU, mais aussi comme une des capitales économiques de la Suisse. Genève, c'est aussi le jet d'eau, la cité de Calvin, le berceau de la Réforme... Jérémy Seydoux est persuadé que personne n'a jamais entendu parler de Genève. Mais il s'inquiète de certaines choses qui pourraient menacer cette vision: "il y a un manque de rêve, de vision, de grandeur que les politiciens devraient apporter, car c'est ce qui fait la prospérité; il y a donc un manque de prise de risques. Attention, car rien n'est immortel, même une grande ville, comme par exemple Detroit: ça peut arriver partout."

 

Si suivre les actions de Jérémy Seydoux vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur son profil facebook, sur les stands des Vert'libéraux, observer ses interventions dans les médias, ou encore le contacter pour aller boire des verres (079 947 41 56) lors de cette campagne qu'il mènera sous le slogan: "la jeunesse est pleine de ressources, faites-moi confiance."

15/09/2013

Portraits de candidats: Lisa Mazzone

Lisa Mazzone (Les Verts), 25 ans.

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S'il y a une chose que l'on remarque immédiatement chez Lisa Mazzone, c'est son visage, qui semble façonné par une sérénité et une bonne humeur inaliénables. Cette jeune femme se dit dynamique, elle aime prendre part aux débats de société et collaborer avec les gens. Elle n'aime pas: les bouchons et la vidéosurveillance. De nature curieuse, elle s'intéresse à un grand nombre de choses, auxquelles elle ne peut souvent pas s'empêcher de participer.

 

Titulaire d'un bachelor en lettres à l'UNIGE (diplôme qu'elle vient d'obtenir), Lisa Mazzone est actuellement coordinatrice de Pro Velo, une association (aussi nommée - péjorativement - le lobby des cyclistes) visant à promouvoir l'utilisation de la bicyclette comme moyen de transport ordinaire.

 

Elle est issue d'une famille au mode de vie particulièrement écologique: utilisation minimum d'électricité, tri des déchets, compost, pas de déplacements en avion, panneaux solaires, poêle à pellets... Les Mazzone semblent tout connaître des comportements les plus respectueux de la nature; Lisa Mazzone fut de ce fait baignée dans le monde de l'écologie depuis son plus jeune âge. Son père, très engagé contre l'énergie nucléaire, était Conseiller municipal à Versoix pendant plusieurs années. Elle fonda, de son côté, le Parlement des Jeunes de Versoix, lui permettant de découvrir le monde de la politique apartisane et citoyenne, à travers de multiples projets qui lui ont appris que même un zeste de volonté permet de faire avancer les choses. En 2008, elle rejoignit le Parti Ecologiste genevois (les Verts), au nom duquel elle fut élue en 2011 au Conseil municipal du Grand-Saconnex (une fonction de laquelle elle a démissionné en raison d'un déménagement). 

 

Lorsqu'il s'agit de défendre sa candidature, elle reste humble: "je suis quelqu'un avec des convictions fortes, dirigées sur les questions écologiques et sociales; si elles parlent aux gens, je suis à même de les défendre." Elle fait valoir son expérience au Conseil municipal du Grand-Saconnex, à majorité de droite, qui lui a appris comment faire progresser ses idées de manière consensuelle. De plus, elle estime que sa jeunesse et le dynamisme qui l'accompagne sont autant d'atouts qu'elle possède dans le cas où elle serait élue et ainsi amenée à réaliser le travail parlementaire du Grand conseil.

 

Elle estime que c'est le devoir d'un politicien de savoir formuler des propositions sur tous les aspects de la société: "un projet de société se construit sur l'ensemble des thématiques." Ainsi, elle affirme s'intéresser à tous les sujets. Cependant, elle se considère évidemment plus proche, en raison de son parcours de vie, de certaines thématiques comme la mobilité, l'aménagement, l'énergie, la souveraineté alimentaire ou encore l'égalité entre hommes et femmes. Elle est également sensible à la nécessaire globalité des réflexions politiques, notamment celle que proposent les Verts de l'agglo. Mais si elle ne pouvait faire adopter qu'un seul projet, elle mettrait la priorité sur l'instauration d'un congé parental, pour permettre aux hommes d'être davantage présents dans la sphère privée (car là où on a favorisé l'accès des femmes à la sphère publique, le transfert partiel des hommes dans la vie familiale et privée a été omis). Ce congé parental (qui existe aussi dans d'autres pays), plus long que le dérisoire congé maternité, favoriserait l'égalité des sexes, assure Lisa Mazzone.

 

Interrogée quant à son regard sur la vie politique actuelle, elle a l'impression que le climat s'est détérioré depuis plusieurs années, comme l'avait notamment montré la saga des blocages partisans contre le projet de vélos en libre-service (alors que le fond du projet faisait l'objet d'un accord général!). A la question de savoir qui sont ses adversaires politiques, Lisa Mazzone répond: "les personnes avec lesquelles on ne peut pas discuter, qui monopolisent la majorité [...] qui défendent la voiture et les véhicules motorisés de manière dogmatique [...] qui refusent des faits réels (les atteintes à l'environnement, à la qualité de vie, à la planète... Comment peut-on réellement défendre l'hégémonie de la voiture dans ce cas?)." En résumé, elle a tendance à être en désaccord principalement avec des personnes qui tendent vers le chacun pour soi, qui ont une vision individualiste ou qui remettent en question les droits de l'homme (au niveau de l'égalité entre hommes et femmes par exemple, elle critique ceux qui s'en prennent au remboursement de l'avortement pour des raisons financières ou autres).

 

Pour Lisa Mazzone, Genève est tout d'abord un endroit où il fait bon vivre. Cependant, il y circule beaucoup trop de voitures. Elle estime que l'on pourrait vraiment y améliorer la qualité de vie, tout comme dans la région transfrontalière (pourquoi s'arrêter aux frontières suisses?). Selon elle, il faut relever un défi: "trouver un équilibre permettant d'avoir un environnement sain, qui permette de limiter les déplacements et qui permette de vivre de manière sereine." Ainsi, sa principale crainte pour Genève est de voir s'accentuer les effets du réchauffement climatique, par le biais notamment de la pollution atmosphérique que provoquent les voitures et les nombreux vols low-cost.

 

Si vous souhaitez suivre la campagne de Lisa Mazzone, qu'elle mènera sous le slogan "l'humain et son environnement", vous pouvez partir à sa rencontre sur les stands des Verts, observer ses opinions de temps en temps dans les médias (relativement aux questions qui concernent les cyclistes), ou encore la contacter sur par courrier électronique (lisa.mazzone@gmail.com).

09/09/2013

Portraits de candidats: Delphine Bachmann

Delphine Bachmann (Parti Démocrate-Chrétien), 24 ans.

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Delphine Bachmann est l'aînée d'une fratrie de sept musiciens, au sein d'une famille réputée dans le monde de la musique à Genève. Pourtant, cette jeune femme énergique et au regard déterminé est directement héritière du passé notoirement politique de sa famille. 

 

Delphine Bachmann se considère comme ayant un sale caractère. Elle se décrit également comme franche, entière, honnête, tenant à bien réaliser ses engagements de manière aboutie, sans les faire à moitié. Aimant la vie, joyeuse, ouverte, toujours là pour discuter, rigoler et partager, elle fait preuve d'un penchant particulier pour le contact et la relation avec les autres. Enfin, elle évoque l'aspect que l'on pourrait qualifier de combatif de sa personnalité: en effet, elle se montre très exigeante avec elle-même, ne se laisse pas facilement abattre (utile, puisqu'elle ambitionne de "changer le monde") et aime avoir raison.

 

Après avoir obtenu un certificat de maturité au collège Claparède, puis réussi un bachelor à l'école d'infirmière en 2011, elle suit actuellement une formation continue en évaluation clinique. Depuis un an, elle travaille comme infirmière aux HUG (au sein de l'unité d'onco-hématologie) et comme assistante à la HES. Malgré l'emploi du temps (que l'on devine chargé) d'une personne dédiée au domaine de la santé, Delphine Bachmann s'adonne régulièrement à la natation, mais aussi à la randonnée, au volley, aux sorties entre amis et famille, réalise tous ses déplacements à vélo, et - la musique étant un passage obligé chez les Bachmann - joue également de la flûte traversière.

 

Mais, comme dit précédemment, elle incarne davantage le passé politique de sa famille que la notoriété actuelle de celle-ci dans le domaine de la musique. En effet, son grand-père Guy Fontanet est un ancien Conseiller d'Etat, dont les valeurs ont beaucoup inspiré sa petite-fille. Ainsi, Delphine Bachmann s'est toujours intéressée à ce qui se passe dans le canton, ne manquant aucune votation et suivant assidûment l'actualité politique. Et ce qui devait arriver arriva: "un jour, je me suis dit que je m'engagerais [en politique], sans savoir quand", dit-elle. Et en 2011, à l'occasion des élections municipales, le PDC cherchant des candidats pour se lancer dans la course au Conseil municipal de Chêne-Bougeries, Delphine Bachmann accepta d'être de la partie. A l'occasion de ce qui fut sa première campagne politique (durant laquelle elle rejoignit les jeunes démocrates-chrétiens), elle arriva première de sa liste, à laquelle il aura seulement manqué...neuf voix! (alors que son parti avait longtemps été absent des autorités de la commune) Elle devint par la suite déléguée de sa commune, intégra l'équipe de Béatrice Hirsch (la présidente du PDC genevois depuis 2012, qu'elle apprécie beaucoup et dont elle aime la vision politique) et fut élue au comité directeur de son parti.

 

Et maintenant, elle se présente comme candidate au Grand conseil genevois: "je viens avec qui je suis: j'ai une excellente capacité d'adaptation et de consensus, et ma jeunesse amène une vision fraîche, peut-être naïve ou innocente, mais pleine de dynamisme." Si elle est élue, elle œuvrera tout d'abord dans le domaine de la santé: "je maîtrise bien le système de santé en tant que premier contact avec les patients [...] et j'ai une bonne connaissance du réseau de soins à Genève." L'hôpital cantonal étant notoirement bondé, elle propose, afin de réduire les coûts et à titre de mesure prioritaire, la mise en place d'une hospitalisation à domicile complète, pour une prise en charge globale des patients, dans un cadre confortable et connu. Elle pense également avoir des compétences au niveau de la culture, de la sécurité et de la formation ("il faut revaloriser des voies comme l'apprentissage [...] et améliorer l'orientation en fonction du marché du travail").

 

S'agissant de la vie politique genevoise, elle y voit deux versants distincts. Il s'agit tout d'abord de désillusions et de stigmatisations: "pour tout petit changement, il faut un travail titanesque", dit-elle en faisant référence aux divers blocages, désaccords et crises d'ego qui déçoivent régulièrement le peuple par rapport aux politiciens en général, rappelant aussi que la politique du "c'est la faute de l'autre" est une méthode totalement contre-productive. Mais il s'agit également d'espoirs, parce que les choses avancent, ce qui permet de continuer à croire qu'il est possible d'améliorer le quotidien des Genevois. Delphine Bachmann est "intimement persuadée que l'on a les moyens de mieux faire, et de contribuer à ce que Genève soit un canton où il fait bien vivre." Quant à ses adversaires politiques, elle montre du doigt "ceux qui font dans la forme et pas dans le fond: ceux qui gueulent et ne font rien [...] qui font des raccourcis et des phrases qui n'ont ni queue ni tête [...] c'est ceux-là que je veux battre."

 

Pour elle, Genève, c'est tout d'abord son "chez moi" (du moins en ce qui concerne la rive gauche). Il s'agit d'un lieu qui dégage une image positive; une ville internationale ouverte aux autres, très multiculturelle et où elle trouve qu'il fait bon vivre. Cependant, elle pense qu'il faut que l'on soit capables de faire preuve d'anticipation: "nous sommes trop lents et en retard quant aux logements", et nous en manquons cruellement. "La vie coûte toujours plus cher. Il faut trouver des solutions, sinon il ne fera plus bon y vivre pour nos enfants."

 

Pour conclure ce portrait, voici la phrase de Sénèque qui selon elle définit le mieux l'engagement qu'elle veut faire valoir durant toute la campagne (que vous pourrez suivre sur son profil facebook ou sur la page des jeunes démocrates-chrétiens): "ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles."

26/08/2013

Portraits de candidats: Laurent Naville

Laurent Naville (Parti Libéral-Radical), 21 ans.

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Il est un des plus jeunes candidats à se présenter à l'élection du Grand Conseil en octobre. Mais avant d'être un politicien, Laurent Naville est avant tout une personne à l'abord facile, qui, suite à l'éternelle question "Naville comme les kiosques?", montre qu'il est quelqu'un de tranquille, réfléchi, et  plutôt bienveillant.

 

Il se définit lui-même comme une personne humaniste, raisonnable, aimant débattre, pragmatique et visionnaire. Membre de la société de Zofingue, il est également cofondateur de la société de l'Olympia. Il fait actuellement des études de droit à l'Université de Fribourg (il veut être un théoricien du droit plutôt qu'un praticien). Amateur de voyages, il s'adonne au tennis, joue au piano, et se mue parfois en photographe.

 

Son engagement débute déjà par son appartenance à une famille au passé particulièrement politisé: son oncle, Jacques-Simon Eggly, fut justement un ancien Conseiller national libéral, et c'est à travers lui que Laurent Naville a découvert le monde politique suisse. Il a commencé à s'y intéresser lorsque son oncle lui fît visiter le palais fédéral et assister à une session parlementaire. Cet intérêt s'est par la suite matérialisé dans la lecture quotidienne de journaux, comme le Temps, la Tribune de Genève ou encore le Courrier (dont il reconnaît l'excellent travail journalistique), afin de suivre l'actualité politique et d'en apprendre toujours plus chaque jour.

 

Laurent Naville se sentait dès le départ en phase avec les idées libérales. Pendant son adolescence, il ne songeait pas encore à se lancer dans la politique "active", notamment par l'adhésion à une jeunesse de parti, du moins avant le début de ses études universitaires. Mais il fut pris de court par un très bon ami, Gaël Constantin, qui l'amena à assister à une séance des jeunes libéraux-radicaux genevois: ce fut le coup de foudre. Il avait rencontré sa deuxième famille, la famille politique: "il y avait des débats extraordinaires [...] je me sentais utile; je commençais à avoir une vie citoyenne, malgré le fait que je votais déjà". En octobre 2012, il est élu Vice-président des jeunes libéraux-radicaux genevois.

 

Laurent Naville a la particularité, en comparaison avec la plupart des autres candidats de son parti, d'avoir rejoint celui-ci après la fusion entre les libéraux et les radicaux. "Je suis un vrai produit PLR, même si je suis plus libéral que radical", dit-il. C'est justement l'atout qu'il fait valoir dans cette campagne: au sein d'une multitude de personnalités différentes, issues de plusieurs courants, sa candidature n'a que le PLR comme couleur politique. Il relève un fait qui l'interpelle: "le PLR est le premier parti du canton, mais il n'a aucun élu de moins de 30 ans". Cependant, il ne se considère pas comme "l'élu" destiné à combler cette lacune générationnelle. Avant tout, il souhaite vivre l'expérience d'une campagne, s'exprimer, partir à la rencontre des gens, échanger, débattre avec eux, tout en se battant pour promouvoir les idées et les valeurs de son parti. Il estime s'être beaucoup inspiré de son oncle (souvent décrié, mais issu du même courant libéral que celui dans lequel se range aujourd'hui Laurent Naville) dans la définition de ses idéaux, qui selon lui se perdent petit à petit: pas de lobbies, défense de l'intérêt public, du bien commun...

 

Ses domaines de compétence sont tout d'abord la formation ("la base de toute société: une mauvaise formation implique un pays qui ne tient pas la route; en Suisse, on a la chance d'avoir un système scolaire dont on peut vraiment se féliciter, et je m'engage à la préserver et l'améliorer"), mais aussi la mobilité, le logement, et la sécurité. Son ambition est de contribuer à la réalisation d'une traversée du lac: "mes préoccupations ne sont pas actuelles, mais futures; je veux préparer aujourd'hui les grands projets de demain." 

 

Laurent Naville regrette l'état actuel de la vie politique: "quel que soit le parti, on a tendance à favoriser l'intérêt personnel". Il a l'impression que les valeurs manquent aux hommes politiques, mais sent que cela est en train de changer. Cependant, il admet que la politique genevoise a été décrédibilisée et pervertie aux yeux de la population, et il impute cette situation au populisme ambiant, s'exprimant par exemple par la propagation de la haine de l'autre, ou du sentiment du "on veut tout, tout de suite". "Le bon sens a laissé sa place à l'émotivité (qui n'a pas sa place en politique), même dans des sujets importants". À ce titre, il ne peut que lancer un appel au pragmatisme et au bon sens. C'est pour cela qu'il considère que les extrêmes, quelles qu'elles soient, sont ses principaux adversaires politiques: "elles sont les ennemies de notre démocratie; le populisme n'est pas un projet de société."

 

Quant à Genève, il s'agit d'un canton "grand râleur", mais malgré tout terriblement attachant. Quand quelqu'un râle, c'est qu'il y a un problème. "On ne peut pas en vouloir aux râleurs: ce sont eux qui dénoncent les problèmes. Toutefois, on ne doit pas à chaque fois régler les problèmes comme ils le voudraient." Par exemple, la thématique de l'insécurité apporte son lot de propositions mues par l'émotivité, comme l'éviction des étrangers; en effet, ils ne sont pas la source du problème, et ce n'est pas de cette manière que celui-ci sera résolu. Pour Laurent Naville, Genève doit justement prendre garde à ne pas céder au populisme et à l'émotion, sous peine de causer davantage de problèmes que ceux que l'on tente d'éliminer.

 

Sur facebook, twitter, et sur les stands de son parti, vous pourrez suivre la campagne de Laurent Naville, une campagne qu'il mènera avec le désir de provoquer la victoire du bon sens sur l'émotion et la déraison, guidé par une vision à long terme et par la recherche de l'intérêt commun.

05/08/2013

Portraits de candidats: Marko Bandler

Marko Bandler (Parti Socialiste), 38 ans.

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On ne les imagine pas comme cela, les politiciens: costauds au coeur d'or. Pourtant, voilà une descri- ption relativement exacte de Marko Bandler, un Verniolan dont la franchise du rire est à l'image de sa person- nalité. "Comique, mais pas rigolo", précise-t-il, tout en affirmant être plutôt bon camarade (au sens non- politique du terme).

 

Ses autres traits de caractère? Il se décrit pêle- mêle comme enthousiaste, humaniste,  dynamique, volontaire, profondément convaincu et acharné. Ce licencié et titulaire d'un master en sciences politiques, ainsi que d'un diplôme en management, analyse et politiques publiques, est aussi et surtout un fervent militant. Il fut d'ailleurs secrétaire permanent de la CUAE pendant deux ans (Conférence universitaire des associations d'élèves), lorsque les actions militantes étaient au coeur des actions de ce qui est la plus grande organisation étudiante de l'Université de Genève.

 

Suite à ses études, il travailla au sein de la CEPP (Commission d'évaluation des politiques publiques) en tant qu'évaluateur, puis à l'Université de Genève comme assistant de cours au département de sciences politiques pendant cinq ans (dont une année passée aux USA), et enfin au poste de chef du service de la cohésion sociale de la commune de Vernier, où il travaille depuis 2007. S'il affirme volontiers occuper son temps libre par les échecs (le jeu, bien entendu), des promenades, un peu de course à pied ou même du ski, aucune de ses passions (pas même la politique, à mon avis) ne saurait égaler celle qui anime son amour pour Vernier, sa commune de domicile.

 

Il le dit lui-même: "Vernier, c'est la grande passion de ma vie. J'adore cette ville: elle me rappelle d'où je viens, on voit que l'égalité des chances et l'égalité des opportunités, ce n'est pas la même chose [...] Il y a des vrais gens à Vernier." Pourtant, Marko Bandler n'a pas vécu toute sa vie dans sa commune de coeur. C'est un enfant de Versoix (il en fut le premier Président du Parlement des Jeunes), élevé au sein d'une famille 100% étrangère. "J'étais étranger dès ma naissance alors que j'ai toujours vécu ici, à une époque où on te le faisait bien ressentir." Si son père a lui-même été Conseiller municipal à Versoix, son intérêt pour la politique remonte à plus loin, à l'histoire de sa famille, dispersée par la seconde guerre mondiale dans toute l'Europe. De ce fait, Marko Bandler a rapidement compris ce qui l'identifiait: "ma première sensibilité politique est le fait que je suis un étranger". La seconde lui vient de son caractère de prolétaire italien très attaché à ses racines: son rejet et son dégoût du fascisme. Mais tout ça, c'était avant Jean Ziegler.

 

La rencontre avec cet ancien Conseiller national lui a "changé la vie." Au moment de choisir ses études universitaires, Marko Bandler hésitait entre des études en droit ou en sciences politiques; c'est parce que Jean Ziegler enseignait au sein de la faculté de sciences politiques qu'il a choisi cette branche. Il dévora tous ses livres, ils se lièrent d'amitié, et une envie de se battre pour un monde plus juste surgit en lui, à l'époque de l'émergence de l'altermondialisme: bref, cet homme fut un choc pour lui. Il se lança par la suite dans des engagements beaucoup plus politiques: sa jeunesse militante fut rhythmée par des manifestations devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce), au WEF (World economic forum) à Davos... Il alla même jusqu'à assister au procès de José Bové à Millau!

 

Il rejoignit le Parti Socialiste en 1993, avant de le quitter en 1998: "trop social-démocrate par rapport à mes aspirations militantes." De 1998 à 2007, il était membre de SolidaritéS, mouvement avec lequel il trouvait plus de correspondances, notamment car il s'agissait davantage d'un parti de rue que de discussion: "je suis un homme de terrain. J'ai besoin du terrain. J'aime les bistrots populaires, donc je me sens bien à Vernier, au Lignon." Cependant, il claque la porte en 2007, fâché avec le côté trop stalinien de SolidaritéS, augmenté par un fonctionnement peu démocratique, dans les mains de quelques têtes pensantes, et par le manque de débat (en revanche, il admire encore aujourd'hui le manque de carriérisme de ses membres).

 

Il trouvait également dommage que le journal de SolidaritéS ne contienne pas grand-chose sur Genève. "Si je voulais m'occuper un peu de Genève, il fallait que j'aille au Parti Socialiste"; c'est pourquoi il retourna en 2007 dans son ancien parti, ce qui fît le bonheur de ses anciens camarades de feu les Jeunesses Alternatives (Carole-Anne Kast, Stéphanie Lammar, Anne-Laure Huber et Cyril Mizrahi), qui regroupaient les Jeunesses Socialistes et celles de SolidaritéS. Maintenant responsable communication et presse au sein du Comité Directeur du parti depuis 2008, il veut franchir le pas d'une élection au Grand Conseil.

 

Il souhaite se battre pour la cohésion sociale "qui en a pris un coup depuis quelques années à Genève", à l'aide de sa grande expérience de terrain. Il veut casser l'équilibre entre la population et les nantis: "je vois tous les jours des gens expulsés de leur logement, des gamins qui n'ont pas de veste pour l'hiver, des jeunes en rupture, des seniors de plus en plus isolés, sans liens sociaux, et d'un autre côté on dépense 70 millions pour une tranchée à Vésenaz car les voitures font du bruit à côté des villas: ça ne va pas du tout." Confronté quotidiennement à la dure réalité de la vie de toute une partie de la population, il s'indigne de voir "des gens qui n'ont pas 20 balles pour faire bouffer leurs enfants." C'est pour cela qu'il se présente comme candidat au législatif cantonal, pour regagner la confiance des Genevois.

 

S'estimant surtout compétent dans les domaines du social, de l'emploi, et de tout ce qui touche à la jeunesse et aux seniors, sa priorité (un peu provocatrice, il le reconnaît, mais il y tient à titre personnel) est d'étatiser l'hospice général. Pour lui, celui-ci "n'est pas là pour être une fondation de droit public, car ce statut leur fait faire des imbécilités", comme l'utilisation de leur parc immobilier à des fins purement lucratives. Il sait qu'un tel cheval de bataille lui attirerait les foudres de nombreuses personnes, mais c'est sans importance pour lui, car ce projet lui tient à coeur.

 

Il estime ne pas ressentir de l'aversion pour des personnes en particulier, mais il reconnaît chez le MCG et l'UDC ses principaux adversaires politiques (mais ce n'est pas simple, car un parti n'est pas forcément le même au niveau cantonal qu'au niveau communal), car "lorsqu'ils en ont une, leur idéologie va contre mes valeurs." Leur tendance à faire usage de "l'exclusion et [de] la stratégie du bouc-émissaire" l'insupporte, mais ce n'est rien à côté de la dérive langagière qui accompagne ces méthodes: "on normalise des discours d'exclusion avec des propos alarmants, et comme on est dans la surenchère, chaque barrière franchie légitime la précédente." Il prend l'exemple de Hannah Arendt, au sujet d'Adolf Eichmann, un des moteurs de l'holocauste: cet homme a tant intégré le discours de l'Allemagne nazie qu'il en a perdu tout sens critique. Pour Marko Bandler, il en va de même lorsqu'un certain représentant du MCG affirme que les homosexuels sont des pédophiles, quand les roms sont stigmatisés ou quand on parle de la "racaille d'Annemasse." De plus, le MCG serait uniquement un créateur de problèmes: alors que tous les sondages montrent que les préoccupations des Genevois sont l'emploi, le logement et la santé, ce parti s'obstine à faire croire que le problème, c'est la sécurité et les roms.

 

Pour lui, Genève est la plus petite des grandes villes, et tout le monde la connaît Elle a une histoire internationale, malgré le fait qu'elle soit dans un pays qui refuse d'en avoir une. C'est une ville qui s'est construite grâce à la diversité. Marko Bandler l'estime comme plus cosmopolite que New York, et vraiment multiculturelle: il y voit peu de repli communautaire, sauf peut-être en ce qui concerne certains immigrés de la première génération. Mais il craint que Genève devienne bientôt une société à deux vitesses, compte tenu du fait que de moins en moins de personnes s'en sortent bien, et que de plus en plus de gens ont des difficultés.

 

Pour conclure ce portrait, n'hésitez pas à suivre sa campagne électorale, dont le slogan est "Marko Bandler, des valeurs sûres", soit sur Facebook, soit sur le blog qu'il tient sur ce site.