Portraits de candidats - Page 3

  • Portraits de candidats: Raphaël Coudray

    Raphaël Coudray (Mouvement Citoyen Genevois), 39 ans.

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    Pour ce portrait d'une personne que, pour la première fois, je ne connaissais pas du tout, j'ai trouvé en face de moi un homme très calme, portant un discret mais sincère sourire. Cet homme, c'est Raphaël Coudray, Onésien de 39 ans qui se considère comme pragmatique, aimant aller au fond des choses, et réalisant ses engagements par conviction.

     

    Titulaire d'un CFC d'employé de commerce et d'un brevet fédéral de spécialiste en gestion de personnel, il travaille actuellement à l'hôpital cantonal, dans un poste administratif du service du recrutement (ce qui ne l'empêche pas de rester très multitâches). Passionné de moto, membre du comité du Norton Sport Club (le plus grand club de motards en Suisse), Raphaël Coudray a une expérience de ressources humaines, et de ce fait un regard sur ce qui se passe dans les entreprises, qui l'amène à être critique envers de nombreux politiciens et entrepreneurs oubliant qu'un employé est tout d'abord un être humain.

     

    S'intéressant depuis longtemps de loin à la politique, ce n'est qu'à l'époque de la votation sur l'adhésion de la Suisse à l'EEE (espace économique européen) que son intérêt a pris de l'ampleur. Il tenta de trouver sa couleur politique, mais aucun parti ne semblait lui correspondre. Le Mouvement Citoyen Genevois, créé en 2005, attira son attention, mais ce n'est qu'après examen des opinions exprimées ça et là dans le monde politique et une rencontre avec Guillaume Sauty (Député MCG et benjamin du Grand Conseil genevois) qu'il décida de rejoindre ce parti, à l'occasion d'une assemblée générale en 2008.

     

    Outre les "gesticulations" d'Eric Stauffer (Président d'honneur du Mouvement Citoyen Genevois), Raphaël Coudray trouvait intéressantes certaines choses dites au sein du parti. En 2011, Eric Oulevey, Président de la section onésienne du parti, l'appelle pour lui proposer une place sur la liste MCG en vue des élections municipales. D'abord réticent, car, en tant qu'auxiliaire employé à l'Etat, il pensait que parti et Etat ne se mélangeaient pas, il accepta enfin, estimant que son intérêt pour la candidature était suffisant pour se lancer dans la course. À l'issue de ce qui fut sa première campagne politique, il arriva premier des "viennent-ensuite" (c'est-à-dire le premier des non-élus de sa liste). Mais l'élection d'Eric Stauffer au Conseil Administratif lui ouvrit les portes du Conseil Municipal d'Onex, et il y siège depuis maintenant un an en tant que chef de groupe. Mais travailler à l'Etat tout en étant élu du Mouvement Citoyen Genevois peut être mal accepté: il raconte que suite à son élection, plusieurs personnes à l'Etat ne lui ont plus adressé la parole.

     

    L'expérience onésienne, avec ses défis intéressants (opposition au plan directeur cantonal, enjeux urbanistiques et sécuritaires...), l'amène aujourd'hui à être candidat au Grand Conseil genevois. Il met en avant sa bonne connaissance de l'emploi et du chômage (ayant été lui-même deux fois au chômage et ayant été conseiller auprès de l'Office Régional de Placement), pour dénoncer la politique actuelle, qui consiste selon lui en rien d'autre que de la gesticulation politique, avec des conséquences catastrophiques: "on peut faire mieux au niveau du chômage, et prévenir avant que la personne en fin de droit soit dans une situation très précaire". Il propose notamment de développer des synergies entre l'aide fédérale et l'aide cantonale.

     

    Vous l'aurez compris, son domaine de prédiléction est l'emploi (des résidents), et donc le chômage, mais aussi la mobilité ("il faut pouvoir circuler de la manière la plus efficace et la plus harmonieuse [...] et savoir aussi traiter des comportements de cyclistes") et l'urbanisme. Sa priorité est de dynamiser la prise en charge des chômeurs et d'aider les employeurs qui les engagent (par la mise en place d'une formation financée par le chômage). 

     

    Interrogé quant à la vie politique actuelle, il répond: "la vie est un long fleuve tranquille; heureusement, le MCG met du piment dans la soupe". Raphaël Coudray a peur des politiciens professionnels, ceux qui se lancent dans la mêlée simplement pour la fonction et les avantages du mandat; il n'aime pas du tout ceux qui s'accrochent beaucoup trop à leur place non plus, et il a autant de sympathie pour "l'inféodation des partis traditionnels aux lobbies qui les soutiennent". De son côté, il se lance à fond en faveur de la population, et non pas pour lui-même: "je suis dans l'utopie d'être affilié à un parti, mais en étant politiquement indépendant". Enfin, son mépris de la corruption est tel qu'il veut pouvoir un jour être fier de refuser cent francs pour un vote.

     

    Ceux qu'il considère comme ses adversaires sont tout d'abord les extrêmes, comme "ceux qui veulent détruire la société ou foutre tout le monde dehors". Sachant que le MCG est constamment qualifié d'extrême, il affirme: "je suis très content quand on me traite de facho, car ma fiancée est originaire du Sri Lanka". Pour Raphaël Coudray, dans le pays du consensus, on peut faire de belles choses sans virer dans les extrêmes.

     

    Il voit Genève comme une des plus belles villes du monde, qu'il faut préserver tout en la développant. "Genève est peuplée de gens fort sympathiques bien que ronchons et qu'il faudrait parfois un peu plus écouter." Pour lui, c'est aussi la ville à la campagne: il raconte que sa première compagne, originaire de Neuchâtel, ignorait qu'il y avait une campagne genevoise. C'est justement pour éviter que ce lieu qui lui est cher devienne une ville morte avec de plus en plus de chômeurs qu'il souhaite participer à la construction de Genève, en prenant bien garde à promouvoir l'emploi des jeunes et des résidents, une nécessité selon lui pour éviter le pire.

     

    Vous pourrez suivre sa campagne, qu'il mènera sous le slogan "remettons les Genevois au centre de nos préoccupations", sur les stands du Mouvement Citoyen Genevois, en vous rendant aux sessions du Conseil Municipal d'Onex, ou encore sur Facebook.

  • Portraits de candidats: Peter Sob

    Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique), 21 ans

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    Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue.

     

    Son intérêt pour la politique a débuté avec plusieurs évènements précis qui l'ont tous amené à s'intéresser aux rapports que la Suisse entretient avec le monde, ainsi qu'au climat anti-étrangers, surtout induit par l'UDC: il évoque les célèbres initiatives contre les minarets et pour le renvoi des étrangers criminels, mais également la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale. Ces évènements l'ont décidé à s'impliquer activement en politique, ne restant donc qu'à trouver un parti.

     

    Peter Sob s'intéressait alors au Parti Radical, mais, la fusion ne l'ayant pas convaincu, il abandonna cette voie. En faisant ses recherches, il ne trouvait aucun parti cantonal qui ne lui corresponde suffisamment. C'est alors qu'il rencontra Laurent Thurnherr (tout comme Peter Sob, actuel Vice-Président du PBD Genève ndlr), qui lui annonça vouloir fonder la section genevoise du Parti Bourgeois-Démocratique. Ne connaissant que la façon dont ce mouvement a été créé (c'est-à-dire suite à l'éviction de l'UDC de la Conseillère Fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf), Peter Sob a tout de suite été convaincu par les idées du futur PBD Genève, et a ainsi intégré une équipe qui s'est petit à petit agrandie, et qui a abouti à la création du parti, le 13 février 2013.

     

    Travailleur et animé d'une envie d'atteindre les buts qu'il se fixe, il s'est lancé dans la course pour les élections cantonales en octobre prochain, pensant pouvoir apporter des points de vue différents. Étant allé jusqu'à suivre des cours de droit pour élargir ses connaissances, il se prépare à véritablement accéder au législatif cantonal, malgré les maigres chances de son parti. "On n'attend pas grand-chose, car il y a seulement six mois d'écart entre notre création et les élections. Si on obtient un mauvais résultat, ce sera probablement plus en raison d'une méconnaissance que d'un rejet". Il croit malgré tout au fait que le PBD atteigne les 7% de voix requises (en étant bien conscient des difficultés que cela implique).

     

    En effet, le PBD est encore extrêmement méconnu dans la politique genevoise. Une chose est claire: il n'aime pas les étiquettes. Il n'aime pas la politique politicienne non plus, ayant élaboré son programme avec des spécialistes de chaque sujet abordé, et non en fonction de facteurs électoraux et stratégiques. Le parti se situe à droite au niveau économique et sécuritaire, et à gauche sur le plan écologique et social, tout en étant empreint d'un esprit à la fois conservateur et humaniste.

     

    S'il est élu, Peter Sob ne souhaite pas se spécialiser dans un domaine spécifique, même s'il avoue s'intéresser en particulier aux questions portant sur la fiscalité, la sécurité et le logement. Ainsi, s'il ne pouvait faire appliquer qu'un seul projet, il réaliserait sans hésitation ce qui est par ailleurs une des priorités de son parti: le blocage des loyers. En d'autres termes, à part les hausses liées à l'augmentation du coût de la vie, l'idée serait de bloquer le prix des loyers, tant que le taux de vacance des logements ne dépasse pas les 3% (actuellement, il est de 0.33%). À ceux qui considèrent cette proposition comme anti-libérale, il répond qu'elle vise justement à relibéraliser un marché hors de contrôle: "quand il y a un déséquilibre, l'Etat doit intervenir".

     

    Interrogé quant à son avis sur la vie politique actuelle, il n'a qu'un mot aux lèvres: chaotique. Il fustige les trop nombreux politiciens centrés sur eux-mêmes, les "vieux" qui ne veulent pas bouger de la place qu'ils occupent depuis plus d'une décennie, quand bien même ils n'apportent pas grand-chose... Il est particulièrement critique à l'égard de la fréquence des attaques déloyales, et de la montée du populisme au détriment du réalisme. S'agissant de ses adversaires politiques, il les reconnaît dans toute personne incapable de se remettre en question (indépendamment donc de la couleur politique).

     

    Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". Genève est pour lui un des cantons les plus ouverts du pays, malgré le fait -justifié- que les gens n'y sont pas connus pour leur modestie. Mais cela ne l'empêche pas d'aimer sincèrement ce lieu. Il espère que l'on restera vigilants face au populisme (jeu de mots involontaire), ainsi qu'aux pressions nationales et internationales.

     

    Si vous souhaitez suivre sa campagne, qui sera menée sous le slogan "pour une politique intelligente et courageuse", il n'y a qu'à consulter son profil facebook ou le site du PBD Genève.

  • Portraits de candidats: Baptiste Mesot

    Baptiste Mesot (Parti Pirate), 20 ans

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    Sans aucun doute le plus chevelu d'entre eux, Baptiste Mesot est le plus jeune des candidats interviewés jusqu'ici et surtout celui qui a le plus d'humour. Étudiant en physique à l'Université de Genève, il entamera dès l'an prochain des études en philosophie. Il pratique les AMHE (Arts Martiaux Historiques Européens), un sport de combat qui vise à reconstruire le bagage martial historique du vieux continent dont on n'a gardé que quelques traces écrites et iconographiques. Baptiste Mesot a également participé au SUN (Students' United Nations), simulation grandeur nature de l'ONU pour les étudiants.

     

    En plus de son humour, de sa pilosité et de ses diverses activités, Baptiste Mesot, c'est tout un personnage! Il se décrit tout d'abord comme quelqu'un de très patient, qui a l'habitude de prendre le temps de comprendre une situation avant d'y participer ou de s'exprimer à son sujet. Il se considère également comme rationnel et provocateur; en effet, ce dernier trait de caractère lui vient du constat que trop peu de gens réfléchissent avant de parler. De ce fait, utilisant la provocation tel Socrate avec la maïeutique, il crée la "vraie" discussion en amenant ses interlocuteurs à quitter leurs dogmes, afin qu'ils expriment ce qu'ils pensent véritablement. Pour illustrer cet état d'esprit, il explique que "sur les réseaux sociaux, les gens ont tendance à se regrouper par centres d'intérêt, ce qui a pour conséquence de rendre le débat stérile car tout le monde réfléchit plus ou moins de la même manière". Ainsi, en créant l'avis divergent, on crée le débat

     

    Son goût pour la politique lui est venu de son père, qui le traînait déjà tout petit dans la rue pour récolter des signatures. Mais lorsque Baptiste Mesot a voulu s'engager davantage, le choix du parti s'est avéré particulièrement difficile, tant sa vision de la société lui semblait personnelle et atypique. Il découvre le Parti Pirate genevois à l'occasion de son assemblée constituante le 22 janvier 2011, sur invitation d'une connaissance; ce fut en plein printemps arabe, ce qui stimula son intérêt pour les idées défendues par le tout nouveau parti. Ainsi, il se lança: "soyons fous, faisons partie du comité". Il en est membre depuis lors.

     

    Mais qu'est-ce donc que ce Parti Pirate? Tout d'abord, c'est un parti au sein duquel règne une confiance mutuelle saine. À Genève, ce qui était assez particulier comparé aux autres sections cantonales, les membres fondateurs ont oeuvré pour la constitution même de leur identité partisane, en se basant sur le message activiste pirate né en Suède en 2006. L'idéologie pirate rejette le dogmatisme; elle s'axe sur les questions liées à la société de l'information, et propose des méthodes de réflexion ainsi que des valeurs. Pour chacune de leurs prises de position, les pirates ont une méthode très structurée: partant du principe qu'il n'existe pas de réponse automatique, ils étudient chaque question tour à tour sous l'angle de la sécurité, du patrimoine commun, de l'environnement et de l'économie, tout en gardant à l'esprit leurs valeurs (liberté, responsabilité, justice, transparence et respect), avant d'entamer une réflexion avec quelques personnes concernées par la problématique considérée, et enfin de prendre une décision (entre pirates) sur l'argumentaire final, qui ne constituera que la position "actuelle" du parti.

     

    Pierre Desproges (humoriste) et Philip K. Dick (auteur de science-fiction) sont les modèles de Baptiste Mesot, à savoir ceux qui caractérisent le plus ses réflexions, sans pour autant diriger ses pensées. Desproges d'abord, car, en critiquant tout ce qui lui plaît, il incite à la réflexion. Quant à Dick, ses nombreux et souvent vastes questionnements incitent à la remise en question et à la recherche de réponses aux grandes questions.

     

    En ce qui concerne la candidature de Baptiste Mesot, interrogé sur ses atouts, il affirme, confiant: "ce que personne d'autre ne peut apporter, c'est moi". Il considère que toute personne habitant dans l'agglomération franco-valdo-genevoise peut prétendre à une place au Grand Conseil genevois; lui-même souhaite y accéder, car il aime réfléchir à des problématiques données et pense pouvoir amener des points de vue plus rationnels dans les débats, en plus de promouvoir les problématiques liées à la société de l'information, absentes du débat public.

     

    Baptiste Mesot ne veut pas se cantonner à quelques thématiques déterminées, estimant que "savoir changer de sujet est bon pour avoir des idées neuves". Il se sent extrêmement polyvalent, estimant que la méthode pirate, tendant vers une démocratie participative très poussée, amène le citoyen ordinaire à avoir des compétences dans une multitude de domaines. Cependant, il tient quand même à exprimer son intérêt pour l'éducation (sujet privilégié de ceux qui souhaitent formuler leur vision pour l'avenir) et pour tout ce qui touche à la "morale publique" (ce qui est, pour lui, un très beau pléonasme). Mais chaque thème a une importance cruciale: "si on veut peindre un tableau, on ne va pas donner une seule couleur à des personnes différentes pour qu'elles le peignent sans regarder ce que font les autres: le résultat sera moche". S'il devait mettre la priorité sur un seul projet, ce serait celui de mettre en place une consultation active du citoyen. Par exemple, lorsque l'Etat initie un projet de construction, les habitants concernés devraient être automatiquement et activement consultés.

     

    Interrogé quant à son avis sur la vie politique cantonale, il dit être récemment passé du point de vue de l'électeur à une véritable analyse de la situation. Du coup, il partage le monde politique entre partis traditionnels et les "autres", comme le MCG, qui fait dans l'émotionnel et qui tient une politique de déresponsabilisation du citoyen. Quant à ses adversaires politiques, Baptiste Mesot ne désigne que ceux qui vont lui opposer des arguments non-rationnels; "celui qui se retrouve coincé dans une idéologie alors qu'il y a un problème à résoudre n'a rien à faire en politique: par exemple, une personne qui ne se rend pas compte qu'il faut des consensus pour faire voter rapidement un budget". Il pense que la politique devrait être plus présente dans la vie courante.

     

    Il voit Genève comme une ville internationale, qui propose des services d'une excellente qualité: il fait bon y vivre. Le problème est qu'il s'agit "d'une ville en expansion qui n'a pas sa banlieue dans le même pays". Il affirme craindre pour Genève si le monde politique continue à ignorer la réalité de la société de l'information.

     

    Malgré la faible notoriété du Parti Pirate, il pense que le quorum de 7% des voix est atteignable. En effet, il assure que les pirates commencent à avoir de la visibilité, car ils apportent des arguments qui parlent à beaucoup de gens pouvant, s'ils en ont connaissance, voter pour eux. C'est par cette phrase caractérisant son engagement que s'achève ce portrait de Baptiste Mesot: "qui veut résoudre les problèmes dans le présent sans regarder l'avenir lui montre ses fesses".

     

    Vous pourrez suivre sa campagne sur sa page Facebook et sur le blog qu'il créera prochainement.

  • Portraits de candidats: Philippe Meyer de Stadelhofen

    Philippe Meyer de Stadelhofen (Parti Vert'libéral), 53 ans

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    C'est un homme calme et réfléchi, avec lequel il saute aux yeux que toute discussion sera forcément constructive. Philippe Meyer de Stadelhofen se définit comme un adepte de l'équilibre et de la négociation; selon lui, les solutions existent toujours, tout comme les terrains d'entente, à chaque fois que l'on privilégie le dialogue.

     

    Faisant preuve d'une saine ouverture d'esprit, excluant tout a priori ou étiquette, ainsi que d'une consensualité l'amenant à ne voir nul besoin de hausser la voix pour trouver un accord, il se considère également comme quelqu'un de pragmatique, car il préfère réfléchir à des solutions que de chercher le responsable des problèmes.

     

    Après des études en économie politique à l'Université de Genève, Philippe Meyer de Stadelhofen se lance dans le monde bancaire. Passant notamment par une expérience de stagiaire à New York auprès d'American Express, il est actuellement responsable des crédits à la banque Hyposwiss depuis 2009, profession qui ne l'empêche pas de dédier son temps libre à la musique (il est saxophoniste à l'AMR) et au sport.

     

    Sa volonté de s'engager en politique date de 2009, à une époque où il s'intéresse de plus en plus à la cause écologiste. Il rejoint les Verts la même année, mais il se rapproche ensuite du parti Vert'libéral, des valeurs duquel il se considère plus proche, et rejoint en 2010 la toute jeune section genevoise, dont il est actuellement le Vice-Président. C'est un contact avec Isabelle Chevalley (Conseillère Nationale vaudoise), seule représentante romande du parti aux chambres fédérales, qui l'a décidé à franchir le pas de l'adhésion. Un des motifs de celle-ci est que, estimant que "l'écologie doit exister pour elle-même", il regrette qu'elle soit devenue trop "politisée". Il privilégie une approche pragmatique, celle de la défense de projets sans a priori sur ses futurs adhérents.

     

    Membre du WWF et défenseur de la sortie du nucléaire, Philippe Meyer de Stadelhofen a toujours voulu participer à la promotion des valeurs écologistes, mais le manque de temps l'en a longtemps empêché. Une des raisons de son engagement au parti Vert'libéral est le constat que l'écologie n'est pas assez défendue à droite de l'échiquier politique: "on est à un tournant, il faut donc prendre des décisions importantes pour la suite". Mais dans un canton qui impose à tout parti de convaincre au moins 7% des électeurs pour siéger au Grand Conseil, il va de soi que cette campagne électorale sera un véritable challenge, ce qu'il n'ignore pas: il est au contraire passionné par l'aventure qu'il est en train de vivre avec ce jeune parti.

     

    Quant à sa candidature, il ne la considère pas comme individuelle. "Le Grand Conseil, c'est une équipe de 100 membres dans laquelle il faut éviter une guerre de tranchées". Philippe Meyer de Stadelhofen regrette que les différents partis politiques ne dialoguent plus entre eux, car la conséquence inévitable est l'absence de toute construction collective de solutions. Son ouverture d'esprit l'amène par ailleurs à ne pas reconnaître d'adversaire politique en particulier, même si la collaboration s'annonce plus difficile avec les formations dites "extrêmes".

     

    Il s'intéresse en particulier aux questions de mobilité et d'énergie (participant d'ailleurs au groupement "coordination énergétique", qui a pour but de trouver des solutions et des innovations dans ce domaine), mais mentionne également la thématique du logement, qui fait partie intégrante de son activité professionnelle. Sa principale préoccupation concerne le bilan énergétique des bâtiments, qui contribue actuellement à hauteur de 40% des émissions de carbone, bilan qu'il souhaite améliorer en luttant contre l'excès de réglementation en la matière et par la répartition de l'effort entre les propriétaires et les locataires.

     

    Interrogé quant à son regard sur la vie politique en général, il constate que "les partis historiques ne sont plus à l'écoute de la population [...] et les nouveaux partis au discours populiste arrivent avec des solutions à l'emporte-pièce, qui ne sont pas bonnes. Il n'y a plus aucun discours entre les différents partis, et rien ne se construit. On a besoin de gens qui apportent des solutions sans excessivement se soucier de résultats électoraux: actuellement, on joue à qui pisse le plus loin." Philippe Meyer de Stadelhofen a grand espoir de voir son parti dépasser les 7% de voix en octobre et accéder au Grand Conseil genevois pour la première fois de son histoire, concédant que les Vert'libéraux ne pourront selon lui pas obtenir plus de 9 sièges.

     

    De son point de vue, Genève est tout d'abord multiculturelle, c'est-à-dire un assemblage d'énergies venant des quatre coins du monde. Il met en garde contre le fait de se croire les meilleurs du monde: attention à l'arrogance et au fait de se reposer sur ses lauriers; c'est par ailleurs ce que les confédérés reprochent souvent aux genevois. Selon lui, Genève doit savoir se projeter dans le futur et avoir une vision pour l'avenir, car "les succès du passé ne sont pas une garantie pour l'avenir", et doit oser faire des choix.

     

    Pour conclure ce portrait, "faire avancer la cause environnementale au-delà des clivages politiques", voilà la phrase qui résume l'engagement de Philippe Meyer de Stadelhofen. Vous pourrez suivre sa campagne dans les médias (il envoie régulièrement des courriers des lecteurs à la Tribune de Genève) et sur le site du parti Vert'libéral genevois.

  • Portraits de candidats: Jean Rossiaud

    Jean Rossiaud (les Verts), 53 ans

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    Si vous avez une fois l'occasion de rencontrer Jean Rossiaud, vous remarquerez dans ses yeux vifs une fureur de militant que l'on retrouve de moins en moins en politique, trahissant un engagement déterminé dans la réalisation de ses idéaux.

     

    Son engagement n'a pas débuté avec la politique, mais par une activité associative touchant à de nombreux domaines: membre du conseil de la Fédération Genevoise de Coopération, de groupes antinucléaires, pacifistes, de défense des réfugiés, de protection des droits de l'homme...

     

    Ce juriste, docteur en sociologie politique, a touché à tout, tant au niveau local qu'au niveau international: il fut pendant 17 ans enseignant et chercheur à l'Université de Genève, mais aussi à Paris et au Brésil, avant de devenir aujourd'hui coordinateur du Forum pour une Nouvelle Gouvernance Mondiale.

     

    Père de famille, Jean Rossiaud est tout d'abord un homme qui rêve d'un monde meilleur, comme le décrivent ses maîtres à penser (Ivan Illich, André Gorz et Edgar Morin), au son de sa guitare et au fil de ses randonnées. C'est sa participation à ces nombreux mouvements de paix ou contre le nucléaire qui l'amena à rejoindre le parti des Verts genevois en 1991, dont il créa par ailleurs la section carougeoise.

     

    Il faut souligner qu'il n'en est pas à ses débuts en politique: député de 2003 à 2009, conseiller politique de Sandrine Salerno (actuelle maire de Genève) et d'Esther Alder (Conseillère Administrative en Ville de Genève) pendant quatre ans, membre du bureau des Verts suisses en tant que délégué au parti écologiste européen, enfin récemment élu à la coordination mondiale des partis verts, il existe peu de secteurs de l'activité politique où il n'a pas laissé sa marque.

     

    C'est cette expérience locale et internationale solide qu'il fait valoir dans sa candidature, car il estime avoir la capacité à poser les questions de manière globale, ce qui est essentiel s'agissant notamment du projet d'agglomération franco-valdo-genevoise (le "Grand Genève"), dont les soucis de cohérence n'ont à son avis pas été réglés par la nouvelle Constitution genevoise. De plus, une riche expérience internationale a toute sa pertinence sur les bancs du Grand Conseil, Genève étant une capitale de la gouvernance mondiale.

     

    Mais pourquoi avoir quitté la politique en 2009? Jean Rossiaud explique que cette pause était nécessaire, compte tenu de la charge de travail qui l'assomait à l'époque. Profitant maintenant d'une nouvelle situation professionnelle et rempli d'une énergie (renouvelable) retrouvée, il est prêt à se relancer dans l'arène, car pour lui "c'est au Grand Conseil que se fait l'essentiel de la politique en Suisse".

     

    Quels sont ses domaines de prédiléction? Il assure être polyvalent, donc capable de traiter n'importe quel sujet (ayant présidé la commission de contrôle de gestion lorsqu'il était député), ce qui est rare chez un parlementaire. Cependant, il lui semble prioritaire de diriger la politique cantonale afin qu'elle tienne davantage compte des générations futures, en amenant le "Grand Genève" à devenir durable, c'est-à-dire à consommer uniquement dans les limites de ce que le territoire peut supporter.

     

    De son point de vue, Genève vit actuellement une grave crise politique. "Nous assistons à une dégradation de l'éthique, de la manière de faire de la politique: il faut redonner de la légitimité à la politique d'idées et de projets". Jean Rossiaud estime que l'arrivée du MCG sur la scène politique genevoise a fortement contribué à cette dégradation. Il reconnaît ses principaux adversaires idéologiques chez le MCG et l'UDC d'une part, chez le PLR (notamment l'aile libérale qui prône le démantèlement de l'Etat) d'autre part. Le regard qu'il porte sur Genève est celui d'une ville-monde, capitale de la gouvernance mondiale, ville cosmopolite, ville de liberté, de rencontres, ville-carrefour... Que d'expressions vantant ce lieu de l'interconnexion des dimensions locale et internationale des échanges humains.

     

    Enfin, interrogé sur son pronostic pour les élections d'octobre, auxquelles il sera candidat, Jean Rossiaud s'attend à un renforcement de l'alternative (par exemple avec l'arrivée d'Ensemble à Gauche) doublé d'une progression des idées écologiques, liée à la montée des Vert'Libéraux, avec lesquels il n'exclut aucune alliance, puisqu'ils élargiraient le front de défense des idées vertes.

     

    Jean Rossiaud est, pour conclure ce portrait, un harmonieux mélange entre un infatigable militant n'hésitant pas à descendre dans la rue pour dénoncer des situations qu'il ne peut tolérer, et un intellectuel des idées écologistes, qui l'amène aujourd'hui à les promouvoir au niveau mondial. "Agir local, agir global", tel est le slogan qu'il fait sien pour cette campagne, que vous pourrez suivre en allant à sa rencontre sur les stands des Verts genevois, et en consultant son blog.