01/08/2013

Portraits de candidats: Angèle Bilemjian

Angèle Bilemjian (Ensemble à Gauche), 36 ans.

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Manifestations, flashmobs et sit-ins ont lieu plusieurs fois par mois à Genève. Bien qu'ils défendent des causes très différentes les unes des autres, la diversité de ces évènements n'empêche pas certains d'être présents à bon nombre d'entre eux. Parmi ceux qui battent le pavé le plus souvent, c'est une femme qui détient le record de présence dans la rue: cette femme, c'est Angèle Bilemjian, militante souriante, énergique et convaincue.

 

Se considérant comme positive et enthousiaste, elle se définit aussi comme une personne persévérante, ayant réussi à surmonter plusieurs coups durs qui lui ont ouvert les yeux sur les difficultés de la vie, aux niveaux social ou humain. Angèle Bilemjian est surtout une battante, convaincue de ses combats, qu'elle mène toutefois avec une approche positive. Effectuant tous ses déplacements à bicyclette, adepte de randonnée et de natation, le sport rhythme le cours de son temps libre.

 

L'échange culturel et personnel est le moteur de ses actions: "on apprend beaucoup dans la proximité avec l'autre", dit-elle. Après des études à l'Institut de Hautes Études Internationales (avec une spécialisation en droits de l'Homme à la clé), elle s'est lancée dans un engagement associatif et humanitaire impressionnant, qui perdure encore aujourd'hui. Ayant travaillé en Afrique auprès d'organisations non-gouvernementales (ONG) et avec l'Organisation des Nations-Unies, elle est aujourd'hui extrêmement impliquée dans le tissu associatif local, affectionnant tout particulièrement le milieu des migrations, mais participe volontiers à tout ce qui touche à la lutte contre la précarité; elle est également membre du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA).

 

C'est au cours de cet investissement associatif qu'elle découvrit le parti politique SolidaritéS, dont le projet de société lui plut particulièrement. Et le 10 octobre 2012, un évènement allait chambouler son engagement: la lancement du référendum contre les mesures urgentes modifiant la loi sur l'asile (et qui a abouti à un "oui" du peuple suisse en faveur de la loi, le 9 juin dernier). Ce référendum fut sa première campagne politique, et c'est lors de celle-ci qu'elle a pris conscience du fait que le travail politique est prépondérant dans la défense de causes, c'est pourquoi elle adhéra au parti, avant de mener cette campagne sous sa bannière et celle de l'association ELISA.

 

Les coups de coeur qu'elle a eus avec ses camarades et leurs idées l'ont décidée à se joindre à eux dans la campagne électorale en vue des élections au Grand Conseil. Elle ne cache pas son estime pour eux, et deux en particulier: Pierre Vanek (conseiller municipal en Ville de Genève), "juste, honnête, sincère et d'une humanité incroyable", et Jocelyne Haller (ancienne Constituante), dont l'approche dans la lutte contre la précarité et pour la dignité humaine l'a marquée. Angèle Bilemjian ne se porte pas candidate pour elle-même: "je pense que par mon histoire, ce n'est pas moi que je veux défendre, mais plutôt les populations marginalisées, précarisées, fragilisées (c'est-à-dire  travailleurs-euses, migrants...). J'ai l'impression de les représenter: ce n'est pas moi qui compte, mais eux."

 

Vous l'aurez compris: si elle est élue, son credo sera la lutte contre la précarité, notamment par la protection des travailleurs et du service public. C'est pourquoi sa priorité est de combattre les cadeaux fiscaux et la trop faible imposition en faveur des hauts revenus, car elle estime que la lutte contre la pauvreté doit passer par une redistribution plus juste et équitable des richesses, et non par de trop nombreuses et intolérables coupes budgétaires dans le service public. Elle accorde également beaucoup d'intérêt pour tout ce qui touche à la mobilité et à la lutte contre l'énergie nucléaire, deux sujets qui font partie intégrante de sa fibre personnelle; partant du principe que l'exploitation sociale du travail de l'Homme par les employeurs s'apparente à l'exploitation du sol, elle affirme que tant le travail de l'Homme que les ressources naturelles ne sont pas des sources intarissables. "Respecter la nature (à laquelle appartient l'Homme), c'est aussi combattre l'exploitation de l'Homme par l'Homme."

 

Critique envers une vie politique qu'elle voit menée par la droite, elle fustige en particulier les idées populistes. "On essaie de répondre à la précarité et à la crise par des idées de droite qui sont à l'origine de la crise, et en cassant la solidarité entre les populations par (entre autres) des discours populistes." Son ennemi no 1, c'est Pierre Maudet, surtout en raison de sa politique sécuritaire, migratoire et relative à l'asile, des sujets qu'elle tient très à coeur. Plus généralement, elle critique surtout ceux qui arrivent à manipuler et à désinformer la population à travers des slogans simplistes et/ou par carriérisme (à ce titre, elle montre du doigt à la fois PLR, UDC et MCG).

 

Pour elle, Genève a deux visages: d'une part, il s'agit d'un paradis fiscal, un lieu où les dictateurs mettent leurs sous, et où les multinationales peuvent s'implanter avec des taux d'imposition très bas. D'autre part, Genève est un lieu imbu d'un esprit associatif exceptionnel qui amène à se battre pour faire passer des valeurs justes. Selon elle, seule une meilleure répartition des richesses et une plus grande solidarité entre les populations pouront empêcher le chômage et la précarité (deux dangers imminents qui planent sur Genève) de gagner du terrain.

 

En conclusion de ce portrait, voici le slogan qu'Angèle Bilemjian se donne pour cette campagne, pendant laquelle vous pourrez aller à sa rencontre (en l'appelant au 079 686 86 50): "justice et dignité pour toutes et tous."

23/07/2013

Portraits de candidats: Raphaël Coudray

Raphaël Coudray (Mouvement Citoyen Genevois), 39 ans.

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Pour ce portrait d'une personne que, pour la première fois, je ne connaissais pas du tout, j'ai trouvé en face de moi un homme très calme, portant un discret mais sincère sourire. Cet homme, c'est Raphaël Coudray, Onésien de 39 ans qui se considère comme pragmatique, aimant aller au fond des choses, et réalisant ses engagements par conviction.

 

Titulaire d'un CFC d'employé de commerce et d'un brevet fédéral de spécialiste en gestion de personnel, il travaille actuellement à l'hôpital cantonal, dans un poste administratif du service du recrutement (ce qui ne l'empêche pas de rester très multitâches). Passionné de moto, membre du comité du Norton Sport Club (le plus grand club de motards en Suisse), Raphaël Coudray a une expérience de ressources humaines, et de ce fait un regard sur ce qui se passe dans les entreprises, qui l'amène à être critique envers de nombreux politiciens et entrepreneurs oubliant qu'un employé est tout d'abord un être humain.

 

S'intéressant depuis longtemps de loin à la politique, ce n'est qu'à l'époque de la votation sur l'adhésion de la Suisse à l'EEE (espace économique européen) que son intérêt a pris de l'ampleur. Il tenta de trouver sa couleur politique, mais aucun parti ne semblait lui correspondre. Le Mouvement Citoyen Genevois, créé en 2005, attira son attention, mais ce n'est qu'après examen des opinions exprimées ça et là dans le monde politique et une rencontre avec Guillaume Sauty (Député MCG et benjamin du Grand Conseil genevois) qu'il décida de rejoindre ce parti, à l'occasion d'une assemblée générale en 2008.

 

Outre les "gesticulations" d'Eric Stauffer (Président d'honneur du Mouvement Citoyen Genevois), Raphaël Coudray trouvait intéressantes certaines choses dites au sein du parti. En 2011, Eric Oulevey, Président de la section onésienne du parti, l'appelle pour lui proposer une place sur la liste MCG en vue des élections municipales. D'abord réticent, car, en tant qu'auxiliaire employé à l'Etat, il pensait que parti et Etat ne se mélangeaient pas, il accepta enfin, estimant que son intérêt pour la candidature était suffisant pour se lancer dans la course. À l'issue de ce qui fut sa première campagne politique, il arriva premier des "viennent-ensuite" (c'est-à-dire le premier des non-élus de sa liste). Mais l'élection d'Eric Stauffer au Conseil Administratif lui ouvrit les portes du Conseil Municipal d'Onex, et il y siège depuis maintenant un an en tant que chef de groupe. Mais travailler à l'Etat tout en étant élu du Mouvement Citoyen Genevois peut être mal accepté: il raconte que suite à son élection, plusieurs personnes à l'Etat ne lui ont plus adressé la parole.

 

L'expérience onésienne, avec ses défis intéressants (opposition au plan directeur cantonal, enjeux urbanistiques et sécuritaires...), l'amène aujourd'hui à être candidat au Grand Conseil genevois. Il met en avant sa bonne connaissance de l'emploi et du chômage (ayant été lui-même deux fois au chômage et ayant été conseiller auprès de l'Office Régional de Placement), pour dénoncer la politique actuelle, qui consiste selon lui en rien d'autre que de la gesticulation politique, avec des conséquences catastrophiques: "on peut faire mieux au niveau du chômage, et prévenir avant que la personne en fin de droit soit dans une situation très précaire". Il propose notamment de développer des synergies entre l'aide fédérale et l'aide cantonale.

 

Vous l'aurez compris, son domaine de prédiléction est l'emploi (des résidents), et donc le chômage, mais aussi la mobilité ("il faut pouvoir circuler de la manière la plus efficace et la plus harmonieuse [...] et savoir aussi traiter des comportements de cyclistes") et l'urbanisme. Sa priorité est de dynamiser la prise en charge des chômeurs et d'aider les employeurs qui les engagent (par la mise en place d'une formation financée par le chômage). 

 

Interrogé quant à la vie politique actuelle, il répond: "la vie est un long fleuve tranquille; heureusement, le MCG met du piment dans la soupe". Raphaël Coudray a peur des politiciens professionnels, ceux qui se lancent dans la mêlée simplement pour la fonction et les avantages du mandat; il n'aime pas du tout ceux qui s'accrochent beaucoup trop à leur place non plus, et il a autant de sympathie pour "l'inféodation des partis traditionnels aux lobbies qui les soutiennent". De son côté, il se lance à fond en faveur de la population, et non pas pour lui-même: "je suis dans l'utopie d'être affilié à un parti, mais en étant politiquement indépendant". Enfin, son mépris de la corruption est tel qu'il veut pouvoir un jour être fier de refuser cent francs pour un vote.

 

Ceux qu'il considère comme ses adversaires sont tout d'abord les extrêmes, comme "ceux qui veulent détruire la société ou foutre tout le monde dehors". Sachant que le MCG est constamment qualifié d'extrême, il affirme: "je suis très content quand on me traite de facho, car ma fiancée est originaire du Sri Lanka". Pour Raphaël Coudray, dans le pays du consensus, on peut faire de belles choses sans virer dans les extrêmes.

 

Il voit Genève comme une des plus belles villes du monde, qu'il faut préserver tout en la développant. "Genève est peuplée de gens fort sympathiques bien que ronchons et qu'il faudrait parfois un peu plus écouter." Pour lui, c'est aussi la ville à la campagne: il raconte que sa première compagne, originaire de Neuchâtel, ignorait qu'il y avait une campagne genevoise. C'est justement pour éviter que ce lieu qui lui est cher devienne une ville morte avec de plus en plus de chômeurs qu'il souhaite participer à la construction de Genève, en prenant bien garde à promouvoir l'emploi des jeunes et des résidents, une nécessité selon lui pour éviter le pire.

 

Vous pourrez suivre sa campagne, qu'il mènera sous le slogan "remettons les Genevois au centre de nos préoccupations", sur les stands du Mouvement Citoyen Genevois, en vous rendant aux sessions du Conseil Municipal d'Onex, ou encore sur Facebook.

06/07/2013

Portraits de candidats: Xavier Schwitzguébel

Xavier Schwitzguébel (Union Démocratique du Centre), 24 ans

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Voici à présent le plus atypique des candidats interviewés jusqu'ici. Ce jeune homme, un barbu châtain clair évoquant davantage un Viking qu'un Cartignois, est d'abord caractérisé par sa remarquable sérénité: l'on se rend tout de suite compte que la discussion avec lui sera possible et peut-être même agréable, malgré la possible absence de tout terrain d'entente (et je parle en connaissance de cause: smartvote le considère comme le plus éloigné de moi en termes d'idées politiques).

 

Xavier Schwitzguébel se considère comme un officier prussien, attachant une importance particulière aux termes "servir", "honnêteté", "fidélité", "honneur" et "patrie". Il se décrit aussi comme un romantique (au sens naturel). Sa volonté de rejoindre la société de l'Helvetia (au début de ses études de droit à l'Université de Berne en septembre) illustre en partie ce caractère: il s'agit en effet de la dernière société combattante de Suisse. De plus très sportif, ancien garde du corps, et bientôt officier de l'armée suisse, il affirme que "le paraître ne m'importe pas, c'est l'être qui m'importe". 

 

Xavier Schwitzguébel est issu d'une famille qui n'a pas été particulièrement aisée au fil des différentes générations, et qui a toujours eu un lien avec l'armée suisse. Il tient son grand-père maternel, Pierre Dufour, comme étant à l'origine de la moitié de son éducation: il lui transmit son expérience de vie, ses valeurs, son amour du sport et de la nature, ainsi que son intérêt pour la politique, envers laquelle il était très critique, tout en gardant à l'esprit le fait que c'est elle qui faisait tourner le monde. Xavier Schwitzguébel croit toujours aux valeurs chrétiennes que lui avait transmises son grand-père, considérant qu'elles ont plus de sens que le consumérisme.

 

Ce n'est qu'autour de ses 13 ans qu'il commence à s'intéresser à la politique: "je ne voulais pas qu'on décide à ma place". Après avoir fait des recherches, il décide de rejoindre l'UDC dès la fin de son école de recrue (en août 2008), mais il s'exécute finalement le lendemain de la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil Fédéral (qui a eu lieu le 12 décembre 2007). Depuis lors, il participe à sa première élection (en octobre 2008, pour l'Assemblée Constituante, où il est non-élu pour 131 voix), peu avant de créer la section genevoise des Jeunes UDC (dont il est devenu Président). Il se présente une première fois au Grand Conseil (en 2009, où il est non-élu pour 287 voix), milite activement pour l'initiative contre les minarets (2010) et contre l'initiative "pour la protection face à la violence des armes" (en 2011; il s'est par ailleurs distingué en posant nu sur des affiches). En 2011, il est candidat aux élections fédérales, où il arrive deuxième des candidats des listes de "jeunes". Il est ensuite élu Vice-Président des Jeunes UDC Suisse (2012), dont il est candidat à la présidence (en 2014). Enfin, cette année, il quittera la présidence des Jeunes UDC genevois et mènera une campagne active contre l'initiative du GSsA contre le service militaire obligatoire.

 

Au cours de ce parcours politique déjà important, il a été à un moment donné été inspiré par les personnes suivantes: Yvan Perrin (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC neuchâtelois), Oskar Freysinger (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC valaisan), Yves Nidegger (Conseiller National UDC genevois), Christoph Blocher (Conseiller National et ancien Conseiller Fédéral UDC zurichois) et Adolf Ogi (ancien Conseiller Fédéral UDC bernois) en font partie, mais il mentionne également le général Guillaume-Henri Dufour (ancien général de l'armée suisse, vainqueur de la guerre du Sonderbund), Otto von Bismarck (homme politique prussien et allemand de la fin du XIXe siècle) et Winston Churchill (ancien Premier Ministre britannique).

 

Sa candidature au Grand Conseil pour cet automne est le fruit d'un engagement passionné: "je ne suis pas le meilleur, je n'ai pas plus de choses à proposer qu'un autre, mais je travaille avec honnêteté et convictions." Prêt à dépenser temps et énergie sans compter pour une structure commune, il gage de son humilité, ayant appris à se remettre en question et à ne pas être nombriliste. Se sentant très efficace quant à des questions de sécurité, il est aussi à l'aise pour tout ce qui touche au juridique, au judiciaire, à la gestion du territoire, voire aux finances. Il reste cependant conscient que s'il est élu, il est très probable que, en tant que nouveau venu, il hérite de commissions "inutiles". C'est pourquoi il ne pense pas limiter son travail à celles-ci uniquement: ne pas être membre de la commission de sécurité ne l'empêcherait pas de formuler des propositions dans ce domaine. Sa priorité est de faire adopter une réduction de la taille de l'Etat de 10% et une baisse des impôts de 5% (en faveur de la classe moyenne) afin de dévouer les 5% restants au remboursement de la dette.

 

Il pense que la vie politique actuelle est délétère: malgré un système bien réfléchi ayant fait ses preuves, les politiciens sont soit devenus trop nombrilistes, pensant avoir systématiquement raison (dénonçant pêle-mêle PDC, PLR, PS et Verts), soit souhaitent à tout prix faire parler d'eux, en vidant l'Etat de sa substance (accusant surtout le MCG: "leurs propos sont indécents, ils n'ont rien à faire là"). Ceux qui sont là pour se servir sans servir, pour faire parler d'eux sans faire avancer l'Etat, voilà les adversaires politiques de Xavier Schwitzguébel. À ses yeux, tous les partis ont des problèmes. Se revendiquant conservateur et libéral (économiquement), il pense pouvoir facilement trouver des terrains d'entente avec le PLR et le PDC, voire avec le MCG, et il n'est pas totalement fermé aux propositions du PS ou des Verts. 

 

Pour lui, Genève est une région qui a eu une place très importante (réforme, croix-rouge, organisations internationales...), mais, en glorifiant ce passé perdu, on se prend pour le centre du monde sans en avoir les capacités. "Une des grandes démonstrations des paradoxes intellectuels du Genevois est qu'il prétend vouloir défendre l'environnement et les droits de l'homme, mais qui en réalité brûle ses terres et exporte de la misère." Pour Xavier Schwitzguébel, Genève va surtout devoir prendre garde à la surpopulation par une immigration qui empêche les Genevois de vivre sur le canton, en raison de loyers exorbitants, entraînant la destruction des terres et créant de l'insécurité. Il s'inquiète également pour l'avenir de la culture genevoise: la Rome protestante ne compte "plus que" 12% de protestants.

 

Concluant par cette phrase: "pour une Genève suisse, fière de ses traditions, une seule solution: votez Schwitzguébel", il vous invite à suivre sa campagne sur Facebook, Twitter, ou à le contacter sur son téléphone (079 586 16 11) pour discuter autour d'un verre de vin genevois.

01/07/2013

Portraits de candidats: Peter Sob

Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique), 21 ans

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Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue.

 

Son intérêt pour la politique a débuté avec plusieurs évènements précis qui l'ont tous amené à s'intéresser aux rapports que la Suisse entretient avec le monde, ainsi qu'au climat anti-étrangers, surtout induit par l'UDC: il évoque les célèbres initiatives contre les minarets et pour le renvoi des étrangers criminels, mais également la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale. Ces évènements l'ont décidé à s'impliquer activement en politique, ne restant donc qu'à trouver un parti.

 

Peter Sob s'intéressait alors au Parti Radical, mais, la fusion ne l'ayant pas convaincu, il abandonna cette voie. En faisant ses recherches, il ne trouvait aucun parti cantonal qui ne lui corresponde suffisamment. C'est alors qu'il rencontra Laurent Thurnherr (tout comme Peter Sob, actuel Vice-Président du PBD Genève ndlr), qui lui annonça vouloir fonder la section genevoise du Parti Bourgeois-Démocratique. Ne connaissant que la façon dont ce mouvement a été créé (c'est-à-dire suite à l'éviction de l'UDC de la Conseillère Fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf), Peter Sob a tout de suite été convaincu par les idées du futur PBD Genève, et a ainsi intégré une équipe qui s'est petit à petit agrandie, et qui a abouti à la création du parti, le 13 février 2013.

 

Travailleur et animé d'une envie d'atteindre les buts qu'il se fixe, il s'est lancé dans la course pour les élections cantonales en octobre prochain, pensant pouvoir apporter des points de vue différents. Étant allé jusqu'à suivre des cours de droit pour élargir ses connaissances, il se prépare à véritablement accéder au législatif cantonal, malgré les maigres chances de son parti. "On n'attend pas grand-chose, car il y a seulement six mois d'écart entre notre création et les élections. Si on obtient un mauvais résultat, ce sera probablement plus en raison d'une méconnaissance que d'un rejet". Il croit malgré tout au fait que le PBD atteigne les 7% de voix requises (en étant bien conscient des difficultés que cela implique).

 

En effet, le PBD est encore extrêmement méconnu dans la politique genevoise. Une chose est claire: il n'aime pas les étiquettes. Il n'aime pas la politique politicienne non plus, ayant élaboré son programme avec des spécialistes de chaque sujet abordé, et non en fonction de facteurs électoraux et stratégiques. Le parti se situe à droite au niveau économique et sécuritaire, et à gauche sur le plan écologique et social, tout en étant empreint d'un esprit à la fois conservateur et humaniste.

 

S'il est élu, Peter Sob ne souhaite pas se spécialiser dans un domaine spécifique, même s'il avoue s'intéresser en particulier aux questions portant sur la fiscalité, la sécurité et le logement. Ainsi, s'il ne pouvait faire appliquer qu'un seul projet, il réaliserait sans hésitation ce qui est par ailleurs une des priorités de son parti: le blocage des loyers. En d'autres termes, à part les hausses liées à l'augmentation du coût de la vie, l'idée serait de bloquer le prix des loyers, tant que le taux de vacance des logements ne dépasse pas les 3% (actuellement, il est de 0.33%). À ceux qui considèrent cette proposition comme anti-libérale, il répond qu'elle vise justement à relibéraliser un marché hors de contrôle: "quand il y a un déséquilibre, l'Etat doit intervenir".

 

Interrogé quant à son avis sur la vie politique actuelle, il n'a qu'un mot aux lèvres: chaotique. Il fustige les trop nombreux politiciens centrés sur eux-mêmes, les "vieux" qui ne veulent pas bouger de la place qu'ils occupent depuis plus d'une décennie, quand bien même ils n'apportent pas grand-chose... Il est particulièrement critique à l'égard de la fréquence des attaques déloyales, et de la montée du populisme au détriment du réalisme. S'agissant de ses adversaires politiques, il les reconnaît dans toute personne incapable de se remettre en question (indépendamment donc de la couleur politique).

 

Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". Genève est pour lui un des cantons les plus ouverts du pays, malgré le fait -justifié- que les gens n'y sont pas connus pour leur modestie. Mais cela ne l'empêche pas d'aimer sincèrement ce lieu. Il espère que l'on restera vigilants face au populisme (jeu de mots involontaire), ainsi qu'aux pressions nationales et internationales.

 

Si vous souhaitez suivre sa campagne, qui sera menée sous le slogan "pour une politique intelligente et courageuse", il n'y a qu'à consulter son profil facebook ou le site du PBD Genève.

25/06/2013

Portraits de candidats: Baptiste Mesot

Baptiste Mesot (Parti Pirate), 20 ans

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Sans aucun doute le plus chevelu d'entre eux, Baptiste Mesot est le plus jeune des candidats interviewés jusqu'ici et surtout celui qui a le plus d'humour. Étudiant en physique à l'Université de Genève, il entamera dès l'an prochain des études en philosophie. Il pratique les AMHE (Arts Martiaux Historiques Européens), un sport de combat qui vise à reconstruire le bagage martial historique du vieux continent dont on n'a gardé que quelques traces écrites et iconographiques. Baptiste Mesot a également participé au SUN (Students' United Nations), simulation grandeur nature de l'ONU pour les étudiants.

 

En plus de son humour, de sa pilosité et de ses diverses activités, Baptiste Mesot, c'est tout un personnage! Il se décrit tout d'abord comme quelqu'un de très patient, qui a l'habitude de prendre le temps de comprendre une situation avant d'y participer ou de s'exprimer à son sujet. Il se considère également comme rationnel et provocateur; en effet, ce dernier trait de caractère lui vient du constat que trop peu de gens réfléchissent avant de parler. De ce fait, utilisant la provocation tel Socrate avec la maïeutique, il crée la "vraie" discussion en amenant ses interlocuteurs à quitter leurs dogmes, afin qu'ils expriment ce qu'ils pensent véritablement. Pour illustrer cet état d'esprit, il explique que "sur les réseaux sociaux, les gens ont tendance à se regrouper par centres d'intérêt, ce qui a pour conséquence de rendre le débat stérile car tout le monde réfléchit plus ou moins de la même manière". Ainsi, en créant l'avis divergent, on crée le débat

 

Son goût pour la politique lui est venu de son père, qui le traînait déjà tout petit dans la rue pour récolter des signatures. Mais lorsque Baptiste Mesot a voulu s'engager davantage, le choix du parti s'est avéré particulièrement difficile, tant sa vision de la société lui semblait personnelle et atypique. Il découvre le Parti Pirate genevois à l'occasion de son assemblée constituante le 22 janvier 2011, sur invitation d'une connaissance; ce fut en plein printemps arabe, ce qui stimula son intérêt pour les idées défendues par le tout nouveau parti. Ainsi, il se lança: "soyons fous, faisons partie du comité". Il en est membre depuis lors.

 

Mais qu'est-ce donc que ce Parti Pirate? Tout d'abord, c'est un parti au sein duquel règne une confiance mutuelle saine. À Genève, ce qui était assez particulier comparé aux autres sections cantonales, les membres fondateurs ont oeuvré pour la constitution même de leur identité partisane, en se basant sur le message activiste pirate né en Suède en 2006. L'idéologie pirate rejette le dogmatisme; elle s'axe sur les questions liées à la société de l'information, et propose des méthodes de réflexion ainsi que des valeurs. Pour chacune de leurs prises de position, les pirates ont une méthode très structurée: partant du principe qu'il n'existe pas de réponse automatique, ils étudient chaque question tour à tour sous l'angle de la sécurité, du patrimoine commun, de l'environnement et de l'économie, tout en gardant à l'esprit leurs valeurs (liberté, responsabilité, justice, transparence et respect), avant d'entamer une réflexion avec quelques personnes concernées par la problématique considérée, et enfin de prendre une décision (entre pirates) sur l'argumentaire final, qui ne constituera que la position "actuelle" du parti.

 

Pierre Desproges (humoriste) et Philip K. Dick (auteur de science-fiction) sont les modèles de Baptiste Mesot, à savoir ceux qui caractérisent le plus ses réflexions, sans pour autant diriger ses pensées. Desproges d'abord, car, en critiquant tout ce qui lui plaît, il incite à la réflexion. Quant à Dick, ses nombreux et souvent vastes questionnements incitent à la remise en question et à la recherche de réponses aux grandes questions.

 

En ce qui concerne la candidature de Baptiste Mesot, interrogé sur ses atouts, il affirme, confiant: "ce que personne d'autre ne peut apporter, c'est moi". Il considère que toute personne habitant dans l'agglomération franco-valdo-genevoise peut prétendre à une place au Grand Conseil genevois; lui-même souhaite y accéder, car il aime réfléchir à des problématiques données et pense pouvoir amener des points de vue plus rationnels dans les débats, en plus de promouvoir les problématiques liées à la société de l'information, absentes du débat public.

 

Baptiste Mesot ne veut pas se cantonner à quelques thématiques déterminées, estimant que "savoir changer de sujet est bon pour avoir des idées neuves". Il se sent extrêmement polyvalent, estimant que la méthode pirate, tendant vers une démocratie participative très poussée, amène le citoyen ordinaire à avoir des compétences dans une multitude de domaines. Cependant, il tient quand même à exprimer son intérêt pour l'éducation (sujet privilégié de ceux qui souhaitent formuler leur vision pour l'avenir) et pour tout ce qui touche à la "morale publique" (ce qui est, pour lui, un très beau pléonasme). Mais chaque thème a une importance cruciale: "si on veut peindre un tableau, on ne va pas donner une seule couleur à des personnes différentes pour qu'elles le peignent sans regarder ce que font les autres: le résultat sera moche". S'il devait mettre la priorité sur un seul projet, ce serait celui de mettre en place une consultation active du citoyen. Par exemple, lorsque l'Etat initie un projet de construction, les habitants concernés devraient être automatiquement et activement consultés.

 

Interrogé quant à son avis sur la vie politique cantonale, il dit être récemment passé du point de vue de l'électeur à une véritable analyse de la situation. Du coup, il partage le monde politique entre partis traditionnels et les "autres", comme le MCG, qui fait dans l'émotionnel et qui tient une politique de déresponsabilisation du citoyen. Quant à ses adversaires politiques, Baptiste Mesot ne désigne que ceux qui vont lui opposer des arguments non-rationnels; "celui qui se retrouve coincé dans une idéologie alors qu'il y a un problème à résoudre n'a rien à faire en politique: par exemple, une personne qui ne se rend pas compte qu'il faut des consensus pour faire voter rapidement un budget". Il pense que la politique devrait être plus présente dans la vie courante.

 

Il voit Genève comme une ville internationale, qui propose des services d'une excellente qualité: il fait bon y vivre. Le problème est qu'il s'agit "d'une ville en expansion qui n'a pas sa banlieue dans le même pays". Il affirme craindre pour Genève si le monde politique continue à ignorer la réalité de la société de l'information.

 

Malgré la faible notoriété du Parti Pirate, il pense que le quorum de 7% des voix est atteignable. En effet, il assure que les pirates commencent à avoir de la visibilité, car ils apportent des arguments qui parlent à beaucoup de gens pouvant, s'ils en ont connaissance, voter pour eux. C'est par cette phrase caractérisant son engagement que s'achève ce portrait de Baptiste Mesot: "qui veut résoudre les problèmes dans le présent sans regarder l'avenir lui montre ses fesses".

 

Vous pourrez suivre sa campagne sur sa page Facebook et sur le blog qu'il créera prochainement.