18/06/2013

Portraits de candidats: Philippe Meyer de Stadelhofen

Philippe Meyer de Stadelhofen (Parti Vert'libéral), 53 ans

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C'est un homme calme et réfléchi, avec lequel il saute aux yeux que toute discussion sera forcément constructive. Philippe Meyer de Stadelhofen se définit comme un adepte de l'équilibre et de la négociation; selon lui, les solutions existent toujours, tout comme les terrains d'entente, à chaque fois que l'on privilégie le dialogue.

 

Faisant preuve d'une saine ouverture d'esprit, excluant tout a priori ou étiquette, ainsi que d'une consensualité l'amenant à ne voir nul besoin de hausser la voix pour trouver un accord, il se considère également comme quelqu'un de pragmatique, car il préfère réfléchir à des solutions que de chercher le responsable des problèmes.

 

Après des études en économie politique à l'Université de Genève, Philippe Meyer de Stadelhofen se lance dans le monde bancaire. Passant notamment par une expérience de stagiaire à New York auprès d'American Express, il est actuellement responsable des crédits à la banque Hyposwiss depuis 2009, profession qui ne l'empêche pas de dédier son temps libre à la musique (il est saxophoniste à l'AMR) et au sport.

 

Sa volonté de s'engager en politique date de 2009, à une époque où il s'intéresse de plus en plus à la cause écologiste. Il rejoint les Verts la même année, mais il se rapproche ensuite du parti Vert'libéral, des valeurs duquel il se considère plus proche, et rejoint en 2010 la toute jeune section genevoise, dont il est actuellement le Vice-Président. C'est un contact avec Isabelle Chevalley (Conseillère Nationale vaudoise), seule représentante romande du parti aux chambres fédérales, qui l'a décidé à franchir le pas de l'adhésion. Un des motifs de celle-ci est que, estimant que "l'écologie doit exister pour elle-même", il regrette qu'elle soit devenue trop "politisée". Il privilégie une approche pragmatique, celle de la défense de projets sans a priori sur ses futurs adhérents.

 

Membre du WWF et défenseur de la sortie du nucléaire, Philippe Meyer de Stadelhofen a toujours voulu participer à la promotion des valeurs écologistes, mais le manque de temps l'en a longtemps empêché. Une des raisons de son engagement au parti Vert'libéral est le constat que l'écologie n'est pas assez défendue à droite de l'échiquier politique: "on est à un tournant, il faut donc prendre des décisions importantes pour la suite". Mais dans un canton qui impose à tout parti de convaincre au moins 7% des électeurs pour siéger au Grand Conseil, il va de soi que cette campagne électorale sera un véritable challenge, ce qu'il n'ignore pas: il est au contraire passionné par l'aventure qu'il est en train de vivre avec ce jeune parti.

 

Quant à sa candidature, il ne la considère pas comme individuelle. "Le Grand Conseil, c'est une équipe de 100 membres dans laquelle il faut éviter une guerre de tranchées". Philippe Meyer de Stadelhofen regrette que les différents partis politiques ne dialoguent plus entre eux, car la conséquence inévitable est l'absence de toute construction collective de solutions. Son ouverture d'esprit l'amène par ailleurs à ne pas reconnaître d'adversaire politique en particulier, même si la collaboration s'annonce plus difficile avec les formations dites "extrêmes".

 

Il s'intéresse en particulier aux questions de mobilité et d'énergie (participant d'ailleurs au groupement "coordination énergétique", qui a pour but de trouver des solutions et des innovations dans ce domaine), mais mentionne également la thématique du logement, qui fait partie intégrante de son activité professionnelle. Sa principale préoccupation concerne le bilan énergétique des bâtiments, qui contribue actuellement à hauteur de 40% des émissions de carbone, bilan qu'il souhaite améliorer en luttant contre l'excès de réglementation en la matière et par la répartition de l'effort entre les propriétaires et les locataires.

 

Interrogé quant à son regard sur la vie politique en général, il constate que "les partis historiques ne sont plus à l'écoute de la population [...] et les nouveaux partis au discours populiste arrivent avec des solutions à l'emporte-pièce, qui ne sont pas bonnes. Il n'y a plus aucun discours entre les différents partis, et rien ne se construit. On a besoin de gens qui apportent des solutions sans excessivement se soucier de résultats électoraux: actuellement, on joue à qui pisse le plus loin." Philippe Meyer de Stadelhofen a grand espoir de voir son parti dépasser les 7% de voix en octobre et accéder au Grand Conseil genevois pour la première fois de son histoire, concédant que les Vert'libéraux ne pourront selon lui pas obtenir plus de 9 sièges.

 

De son point de vue, Genève est tout d'abord multiculturelle, c'est-à-dire un assemblage d'énergies venant des quatre coins du monde. Il met en garde contre le fait de se croire les meilleurs du monde: attention à l'arrogance et au fait de se reposer sur ses lauriers; c'est par ailleurs ce que les confédérés reprochent souvent aux genevois. Selon lui, Genève doit savoir se projeter dans le futur et avoir une vision pour l'avenir, car "les succès du passé ne sont pas une garantie pour l'avenir", et doit oser faire des choix.

 

Pour conclure ce portrait, "faire avancer la cause environnementale au-delà des clivages politiques", voilà la phrase qui résume l'engagement de Philippe Meyer de Stadelhofen. Vous pourrez suivre sa campagne dans les médias (il envoie régulièrement des courriers des lecteurs à la Tribune de Genève) et sur le site du parti Vert'libéral genevois.

15/06/2013

Portraits de candidats: Jean Rossiaud

Jean Rossiaud (les Verts), 53 ans

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Si vous avez une fois l'occasion de rencontrer Jean Rossiaud, vous remarquerez dans ses yeux vifs une fureur de militant que l'on retrouve de moins en moins en politique, trahissant un engagement déterminé dans la réalisation de ses idéaux.

 

Son engagement n'a pas débuté avec la politique, mais par une activité associative touchant à de nombreux domaines: membre du conseil de la Fédération Genevoise de Coopération, de groupes antinucléaires, pacifistes, de défense des réfugiés, de protection des droits de l'homme...

 

Ce juriste, docteur en sociologie politique, a touché à tout, tant au niveau local qu'au niveau international: il fut pendant 17 ans enseignant et chercheur à l'Université de Genève, mais aussi à Paris et au Brésil, avant de devenir aujourd'hui coordinateur du Forum pour une Nouvelle Gouvernance Mondiale.

 

Père de famille, Jean Rossiaud est tout d'abord un homme qui rêve d'un monde meilleur, comme le décrivent ses maîtres à penser (Ivan Illich, André Gorz et Edgar Morin), au son de sa guitare et au fil de ses randonnées. C'est sa participation à ces nombreux mouvements de paix ou contre le nucléaire qui l'amena à rejoindre le parti des Verts genevois en 1991, dont il créa par ailleurs la section carougeoise.

 

Il faut souligner qu'il n'en est pas à ses débuts en politique: député de 2003 à 2009, conseiller politique de Sandrine Salerno (actuelle maire de Genève) et d'Esther Alder (Conseillère Administrative en Ville de Genève) pendant quatre ans, membre du bureau des Verts suisses en tant que délégué au parti écologiste européen, enfin récemment élu à la coordination mondiale des partis verts, il existe peu de secteurs de l'activité politique où il n'a pas laissé sa marque.

 

C'est cette expérience locale et internationale solide qu'il fait valoir dans sa candidature, car il estime avoir la capacité à poser les questions de manière globale, ce qui est essentiel s'agissant notamment du projet d'agglomération franco-valdo-genevoise (le "Grand Genève"), dont les soucis de cohérence n'ont à son avis pas été réglés par la nouvelle Constitution genevoise. De plus, une riche expérience internationale a toute sa pertinence sur les bancs du Grand Conseil, Genève étant une capitale de la gouvernance mondiale.

 

Mais pourquoi avoir quitté la politique en 2009? Jean Rossiaud explique que cette pause était nécessaire, compte tenu de la charge de travail qui l'assomait à l'époque. Profitant maintenant d'une nouvelle situation professionnelle et rempli d'une énergie (renouvelable) retrouvée, il est prêt à se relancer dans l'arène, car pour lui "c'est au Grand Conseil que se fait l'essentiel de la politique en Suisse".

 

Quels sont ses domaines de prédiléction? Il assure être polyvalent, donc capable de traiter n'importe quel sujet (ayant présidé la commission de contrôle de gestion lorsqu'il était député), ce qui est rare chez un parlementaire. Cependant, il lui semble prioritaire de diriger la politique cantonale afin qu'elle tienne davantage compte des générations futures, en amenant le "Grand Genève" à devenir durable, c'est-à-dire à consommer uniquement dans les limites de ce que le territoire peut supporter.

 

De son point de vue, Genève vit actuellement une grave crise politique. "Nous assistons à une dégradation de l'éthique, de la manière de faire de la politique: il faut redonner de la légitimité à la politique d'idées et de projets". Jean Rossiaud estime que l'arrivée du MCG sur la scène politique genevoise a fortement contribué à cette dégradation. Il reconnaît ses principaux adversaires idéologiques chez le MCG et l'UDC d'une part, chez le PLR (notamment l'aile libérale qui prône le démantèlement de l'Etat) d'autre part. Le regard qu'il porte sur Genève est celui d'une ville-monde, capitale de la gouvernance mondiale, ville cosmopolite, ville de liberté, de rencontres, ville-carrefour... Que d'expressions vantant ce lieu de l'interconnexion des dimensions locale et internationale des échanges humains.

 

Enfin, interrogé sur son pronostic pour les élections d'octobre, auxquelles il sera candidat, Jean Rossiaud s'attend à un renforcement de l'alternative (par exemple avec l'arrivée d'Ensemble à Gauche) doublé d'une progression des idées écologiques, liée à la montée des Vert'Libéraux, avec lesquels il n'exclut aucune alliance, puisqu'ils élargiraient le front de défense des idées vertes.

 

Jean Rossiaud est, pour conclure ce portrait, un harmonieux mélange entre un infatigable militant n'hésitant pas à descendre dans la rue pour dénoncer des situations qu'il ne peut tolérer, et un intellectuel des idées écologistes, qui l'amène aujourd'hui à les promouvoir au niveau mondial. "Agir local, agir global", tel est le slogan qu'il fait sien pour cette campagne, que vous pourrez suivre en allant à sa rencontre sur les stands des Verts genevois, et en consultant son blog.

10/06/2013

Portraits de candidats: Jean-Charles Lathion

Jean-Charles Lathion (Parti Démocrate-Chrétien), 63 ans

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Jean-Charles Lathion fait de la politique comme il travaille: il n'aspire qu'à atteindre sans détour ni conflit le but qu'il se fixe, un point c'est tout. C'est si rare de se retrouver face à un discours à ce point sérieux, constructif et honnête chez un homme politique, que c'est certainement cette qualité qui le rend unique. Sa devise reflète d'ailleurs ce trait de caractère: "agir avec sérieux sans trop se prendre au sérieux".

 

Valaisan d'origine, vénitien par sa mère, cet homme aux valeurs humanistes, très attaché à ses racines, fait de la politique car il souhaite se rendre utile à une société qui doit évoluer. Il se définit aussi comme créatif, ce qui se vérifie dans son impressionnant parcours professionnel, et à travers tous les projets qu'il a réalisés ou auxquels il a participé.

 

Ayant goûté aux études de droit avant d'obtenir une licence en lettres à l'Université de Genève, puis un certificat d'aptitude de l'enseignement post-obligatoire, Jean-Charles Lathion a participé à la création et à l'installation de la première École de Culture Générale (ECG Henri-Dunant), en a été directeur adjoint pendant sept ans, a officié en tant que responsable de la culture, de l'information et des élèves à la direction générale de l'enseignement secondaire, a ensuite repris en 1989 les rênes du service de la formation professionnelle à la direction générale de l'OFPC (à l'époque: OOFP), pour devenir, après 15 ans à ce poste, directeur chargé du développement et de la promotion de la formation professionnelle.

 

Cette riche expérience dans le milieu de la formation l'a amené à devenir un des pères fondateurs de la cité des métiers (grande exposition trisanuelle se déroulant à Palexpo), à participer à l'ouverture de la cité des métiers permanente, à contribuer à l'adaptation législative découlant de la réforme de la loi sur la formation professionnelle (qui concernait plus de 300 textes administratifs et légaux), à fonder le prix de la meilleure entreprise formatrice... Le projet dont il est le plus fier est la mise en place de la cérémonie de remise des CFC et des prix aux apprentis. En effet, alors qu'en 1989 encore les CFC étaient reçus par la poste, Jean-Charles Lathion a permis aux apprentis de recevoir dignement leurs titres, dans un évènement qui regroupe chaque année plus de 4000 personnes.

 

Il explique avoir beaucoup de plaisir à faire ce qu'il fait, car il a la possibilité de participer à l'amélioration du système et de voir que ses propositions sont écoutées. Il s'est ensuite intéressé à la politique, car, ayant été président de l'Union des Cadres de l'Administration, il a occupé des fonctions similaires à celle des élus qu'il côtoyait fréquemment, ce qui l'a motivé à servir une cause. Le PDC, qu'il rejoignit à 45 ans en 1995, le convainquit parce que les idées défendues en son sein correspondaient à ses valeurs humanistes. Il s'intéressa aux efforts de ce parti pour créer une économie forte, garantir la bonne santé des entreprises, mieux développer les prestations sociales au service de la population, et surtout pour ne pas faire dans l'esbroufe. En effet, Jean-Charles Lathion estime que: "ce qu'il faut dire n'est pas nécessairement porteur médiatiquement, mais fondamentalement utile à la société".

 

En 1999, il est élu au Conseil Municipal de la Ville de Genève, où il a successivement été réélu en 2003, 2007 et enfin 2011, pour sa quatrième législature. C'est cette expérience politique et professionnelle de taille qui l'a amené à avancer sa candidature pour l'élection du Grand Conseil en octobre 2013. Interrogé sur ses priorités pour la prochaine législature, il avance trois sujets: d'une part, l'emploi, composante la plus essentielle de la société active, d'autre part, le développement de l'agglomération ("Grand Genève") qui est actuellement asphyxiée par le manque de collaboration avec nos voisins vaudois et français, car il faut "concrétiser le partenariat par des cofinancements et non par des promesses et des projets à très long terme", et enfin, l'amélioration des relations Ville-Etat, où règnent trop souvent des oppositions d'origine politique et contribuant au blocage des dossiers ("quand les électeurs mettent un bulletin dans l'urne, ils espèrent que le monde politique va se mettre d'accord sans provoquer des conflits; on est beaucoup trop dans la politique-spectacle").

 

C'est justement son mépris envers la politique-spectacle qui l'amène à douter des méthodes du MCG et d'Ensemble à Gauche. Il n'aime pas leur tendance à enfoncer des portes ouvertes et à la gesticulation politique: "ils sont prêts à faire feu de tout bois pour récolter des électeurs sans craindre de tomber dans la démagogie, et je suis désespéré de voir que la population aime ça [...] on a tendance à plus considérer les gros titres que le contenu".

 

Quant à sa vision de Genève, Jean-Charles Lathion parle d'un terminal, une enclave dans la France, mais également une ouverture vers d'autres cultures. Une ville internationale, riche de sa diversité culturelle et du mélange des populations. Une ville généreuse, une ville d'affaires, située sur un site extraordinaire. Mais il se montre quelque peu déçu de voir que Genève ne promeut pas de manière satisfaisante ses nombreuses richesses culturelles. Il met également en garde contre le fait qu'il ne faut pas perdre les organisations internationales et les multinationales situées sur le territoire, et pour ce faire, créer des conditions-cadre pour qu'elles viennent et qu'elles restent.

 

Interrogé sur ses éventuels maîtres à penser, il mentionne Maurice Zermatten (écrivain valaisan), un de ses professeurs, qui a eu beaucoup d'influence sur sa vie. Il lui rend hommage, car c'est grâce à lui qu'il a appris à aimer et à expliquer les oeuvres littéraires, à les analyser, à construire un discours et une présentation à travers elles... Jean-Charles Lathion a appliqué ses méthodes dans la vie de tous les jours, ce qui l'a enrichi intellectuellement et lui a permis de se construire par une approche pragmatique.

 

Pour conclure ce portrait, je ne peux que vous inviter à aller à sa rencontre (au Conseil Municipal de la Ville de Genève) et à suivre sa campagne (sur Facebook) en vue des élections d'octobre prochain.

05/06/2013

Portraits de candidats: Rémy Burri

Rémy Burri (Parti Libéral-Radical), 50 ans.

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Lorsque l'on rencontre Rémy Burri, la première chose que l'on retient est sa bonne humeur  inébranlable, doublée d'un optimisme apparemment sans faille, ou du moins une incapacité à se prendre la tête.

 

Jurassien d'origine, il a vécu toute sa jeunesse à Moutier, vivant de très près le contexte de l'indépendance du Jura en 1979. C'est cet épisode important de l'histoire suisse qui l'amena à s'intéresser à la politique, sans toutefois qu'il songe à rejoindre un parti.

 

Débarquant à Genève en 1985, il mène une vie active dans le monde associatif (il est entre autres Président de l'Union Genevoise des Musiques et des Chorales). En tant qu'homme de Foi, il voit en Dieu une véritable source d'inspiration dans tout ce qu'il fait. Sa formation d'employé de commerce l'a amené à travailler notamment comme expert fédéral en systèmes de transports collectifs; il est actuellement responsable opérationnel chez UNIRESO.

 

Consensuel et pragmatique, Rémy Burri est aussi un patriote, fier de la Suisse et de son parcours. Il a toujours essayé d'apporter sa pierre à l'édifice de la société, avant de se rendre compte que, pour influer véritablement sur les problèmes de la société, il fallait entrer en politique. Ayant régulièrement affaire à des élus qui le laissaient sans voix ("ils ne comprennent rien!"), il sentait qu'il fallait qu'il se lance en politique, afin de corriger le tir. Mais dans quel parti?

 

En 2006, choisit le Parti Radical, qui correspondait le mieux à ses valeurs personnelles. Il fut impressionné par le charisme de ses leaders, Pierre Maudet et François Longchamp qui redonnaient des couleurs aux valeurs radicales, se matérialisant dans une phrase qui le marquera à jamais: "liberté individuelle et justice sociale".

 

En 2007, on le convainc de se porter candidat aux élections municipales, ce qu'il accepte parce qu'on lui assure que personne n'est élu la première fois. Mais les Genevois l'élisent à sa grande surprise. Passant par le rôle de chef de groupe et de membre du Bureau du Conseil Municipal, il est réélu en 2011, mais sous la bannière du PLR. La fusion entre les libéraux et les radicaux (2009), Rémy Burri la vit très naturellement, estimant que la richesse d'un parti réside dans la diversité de ses membres. 

 

Cette année, il veut porter sa contribution de Conseiller Municipal au niveau supérieur, fort d'une bonne maîtrise des outils municipaux et du système, car il estime être trop limité dans le pouvoir d'influencer sur la vie de la société au seul niveau de la Ville. Il accepte, en cas d'élection (même s'il ne cache pas le fait que les places seront chères), la charge supplémentaire de travail, considérant que le Grand Conseil ne doit pas être laissé aux seules personnes qui ont tout le temps nécessaire à y consacrer, mais qui sont déconnectées de la réalité de l'élu-citoyen.

 

Vu son parcours professionnel, les domaines de prédiléction de Rémy Burri sont principalement des sujets "géographiques", la mobilité tout d'abord, les constructions et l'aménagement du territoire ensuite. En priorité, il souhaite permettre aux transports publics de se déplacer à une vitesse digne de ce nom et renforcer l'équité des transports (pour lui, un tram vaut bien 100 voitures, vu le nombre de passagers), s'atteler enfin aux défauts de la loi sur les constructions, qui n'arrive pas à faire aboutir les projets immobiliers, malgré des zones à construire abondantes.

 

Interrogé sur sa vision du monde politique actuel, il aborde tout d'abord la question de ses adversaires politiques; il reconnaît être opposé aux dogmatismes de gauche (principalement matérialisés chez les partis Ensemble à Gauche et le Parti Socialiste, mais aussi chez les Verts, malgré la fibre écologique que Rémy Burri reconnaît avoir), mais également au MCG, considérant que le PLR doit être capable de s'en démarquer clairement. Au moins, l'Alternative (Ensemble à Gauche - PS - Verts) a un vrai programme, contrairement au MCG qui "fait tout au bol".

 

Ceci ne l'empêche pas de considérer que le travail politique actuel a un bilan assez positif, notamment en ce qui concerne le développement des transports, les bons résultats en matière de gestion du chômage et des personnes dans le besoin, le fait que le volet "constructions" soit de moins en moins sujet à l'inertie... Il existe cependant un point négatif: Rémy Burri n'est pas sûr que l'on ait anticipé une baisse durable des recettes fiscales, avec le danger que représente la baisse de la compétitivité et de la maîtrise du savoir-faire en termes de formation des jeunes et des travailleurs.

 

Enfin, il présente sa vision de Genève: "c'est un paradoxe: sur plein d'aspects, c'est une métropole, mais sur d'autres, on dirait un grand village. Genève est en quelque sorte une métropole à dimension humaine". 

 

Pour conclure ce portrait, ne ne peux que vous encourager à suivre la campagne de Rémy Burri, principalement sur Facebook ou en allant à sa rencontre au Conseil Municipal de la Ville de Genève.

03/06/2013

Portraits de candidats: Caroline Marti

Caroline Marti (Parti Socialiste Genevois), 23 ans.

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Si l'on devait tout dire de sa personne en une seule phrase, on ne manquerait d'évoquer ce sourire radieux qui illumine tout un visage, dévoilant une âme d'une bonté à toute épreuve.

 

Des épreuves, ce n'est pas ce qui manquera à Caroline Marti, candidate au Grand Conseil genevois pour le Parti Socialiste, dont elle fera partie des 42 prétendants aux faveurs du peuple genevois en octobre 2013.

 

Cette jeune étudiante en sciences politiques à l'UNIGE  se dit consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes dans le monde de l'emploi. Évitant ainsi de se montrer trop exigeante quant à sa vocation professionnelle, elle vise à l'avenir une activité ayant un lien étroit avec la politique ou le monde associatif.

 

La politique, c'est la force vitale de cette jeune femme qui se décrit comme "enthousiaste, dynamique, optimiste et consciencieuse". Ayant rejoint le PS à l'automne dernier, Caroline Marti est Co-Présidente de la Jeunesse Socialiste. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle s'est retrouvée aussi rapidement sur la liste électorale de son parti: "Adrien Faure [Co-Président de la JS] m'a demandé de me présenter avec lui sur la liste car il pensait qu'il fallait plus de candidatures des jeunes du parti". Pourtant, ce n'est pas par simple souci de représentation générationnelle qu'elle se fait désigner candidate par le congrès du PS: la vocation est bien là. Fondamentalement socialiste dans l'âme, elle est guidée par sa volonté de renforcer la place de l'égalité et de la solidarité dans les relations sociales.

 

Interrogée sur l'état actuel du monde politique genevois et des enjeux cantonaux, elle ne peut s'empêcher d'être critique envers la droite, qu'elle reproche de "sabrer dans les prestations de manière aveugle sans analyse", faisant notamment référence à la saga budgétaire du Grand Conseil genevois, lors de laquelle une majorité de la droite dite dure a défendu une coupe linéaire conséquente dans les prestations de l'Etat. Selon elle, cette politique est très néfaste car elle péjore directement le cadre éducatif des jeunes, un sujet qui lui tient très à coeur.

 

Le thème de la jeunesse est certainement celui qu'elle connaît le mieux. Si elle devait avoir le temps de réaliser un seul projet pendant la législature, elle instituerait une obligation de rémunérer les stages. Selon elle, "les stages non-payés sont la forme la plus criante d'exploitation", ce qui est d'autant plus scandaleux lorsque les entreprises abusent de la force de travail de jeunes déjà diplômés ou du moins très compétents. Dans cette optique, elle se réjouit déjà des débats qui animeront la votation sur l'initiative populaire pour un salaire minimum. 

 

Outre celui de la jeunesse, d'autres thèmes suscitent énormément d'intérêt chez elle. Étant étudiante, elle est quotidiennement confrontée aux questions relatives à la vie étudiante, particulièrement à l'université; en ce qui concerne les enfants, elle milite activement en faveur du référendum contre la révision des normes d'accueil de la petite enfance. La thématique de l'égalité hommes-femmes occupe pour sa part une place importante dans sa vision de la société. De plus, elle considère que sa vocation réside dans un trio de "poids lourds" des thématiques politiques (qui, selon elle, sont fortement liées): mobilité, logement, emploi. Enfin, convaincue de la prépondérance de l'éducation dans les priorités sociales, elle condamne fermement des propositions comme celles d'Oskar Freysinger, postulant que les enfants sans-papiers n'ont pas droit à l'enseignement.

 

L'enthousiasme avec lequel elle défend ses idées est à lui seul un gage d'une législature active et innovante; mais une élection est-elle possible, alors qu'elle occupe la 17ème place dans la liste du Parti Socialiste? "Je pense pouvoir être élue", dit-elle, confiante. Et une fois dans ses fonctions, la charge de travail et l'ambiance lui seront-t-elles supportables? Consciente du fait qu'elle ne peut pas raisonnablement se porter candidate sans avoir du temps à consacrer à son mandat, elle en se fait pas trop de soucis quant à la charge de travail. En ce qui concerne l'ambiance, pas de problèmes: elle se considère "plutôt conciliante et capable d'apaiser les conflits plutôt que de les attiser".

 

Caroline Marti n'est cependant pas individualiste: son but premier est de faire réussir la campagne de son parti, et si cette réussite s'accompagne d'une accession à la députation, tant mieux! En tant que collaboratrice logistique de la campagne du PS, elle est au coeur de la campagne, et se montre assez optimiste quant à son issue, tant elle est convaincue que la variété et la qualité de ses camarades peuvent laisser augurer une progression de son parti dans la population. Et il serait bien avisé de la croire: elle aime se lancer dans les défis, sans pour autant être une tête brûlée.

 

Interrogée sur sa vision de Genève, elle pense que la richesse du canton réside dans la proximité entre les divers services et offres, qui rapproche les Genevois et crée ainsi une dimension humaine saine dans laquelle elle se reconnaît. Cet amour de Genève ne l'empêche pas de nourrir quelques craintes à son sujet: selon elle, le repli identitaire est le plus grand danger qui plane sur le canton. "Je suis contre la protection de quelques personnes au détriment d'autres, car Genève est multiculturelle et doit le rester". Parfois, lorsque, sur les stands, un passant l'accuse de ne pas penser aux Genevois, elle répond que le PS pense à toutes et à tous, y compris les Genevois.

 

Caroline Marti est donc une passionnée de politique, qui dans toute sa bienveillance a un certain nombre de projets mûris à proposer aux Genevois à partir du mois d'octobre. Reconnaît-elle des adversaires qu'elle serait amenée à combattre, malgré son esprit conciliateur? Cela dépend des sujets: sur des questions identitaires, elle est radicalement opposée à l'UDC et au MCG en ce sens qu'elle considère comme exagérément réductrice leur vision de ce que sont les Genevois. Sur des questions économiques, elle reconnaît le PLR comme son adversaire idéologique principal, en raison de sa vision de l'État minimal. Mais si elle admet avoir des adversaires, elle n'a pas d'ennemis.

 

Considérant ne pas avoir de maître à penser, ni d'idole en particulier, elle fait toutefois sienne l'expression de Stéphane Hessel: "indignez-vous, engagez-vous!"

 

Pour conclure ce portrait, il ne me reste qu'à vous encourager à suivre la campagne de Caroline Marti, en allant à sa rencontre sur les stands du Parti Socialiste Genevois (dont le calendrier se trouve sur le site www.ps-ge.ch).