13/10/2013

Mauro Poggia, troglodyte maladroit

Ce dimanche, une semaine après le premier tour des élections au Conseil d'Etat, Mauro Poggia, candidat encore en lice, s'est fendu d'un article sur son blog, dans lequel il nous explique qu'en réalité, le MCG n'est pas un parti antifrontalier. En effet, dans un des derniers tous-ménages du MCG, il était question de "l'épidémie de frontaliers qui n'était pas éradiquée". Mais dans une plaidoirie qui se voulait l'expression de l'évidence la plus incontestable, Mauro Poggia tenta de nous convaincre du fait que l'association des termes "épidémie" et "frontaliers" n'était pas imputable à ses véritables auteurs, mais uniquement au lecteur qui "s'éloigne de la déclaration première". C'est vrai qu'il saute aux yeux que derrière "l'épidémie de frontaliers" se cache un raisonnement sain et réfléchi, que seuls les médisants ne sauraient appréhender à sa juste valeur... Sans m'attarder sur l'auto-déresponsabilisation habituelle dont font preuve les représentants du MCG, je vous cite une phrase tirée de cet article et qui a particulièrement retenu mon attention:

"L’article quant à lui indiquait pourtant clairement que les frontaliers en tant que personnes n’étaient pas visés et que c’était la problématique de l’invasion de travailleurs frontaliers qui était en cause"

Je me demande bien quelle sera sa réaction le jour où je parlerai de l'élection de ses camarades comme d'une "infection MCG qu'il faut supprimer", tout en précisant que je ne vise aucune des personnes élues. Malgré toutes ses acrobaties argumentatives, il échoue dans sa tentative de brouiller les esprits: le MCG est bel et bien un parti antifrontalier, ce que Mauro Poggia ne pourrait raisonnablement nier que si c'est dans une grotte qu'il a vécu ces huit dernières années.

 

Cependant, un unique titre dans un seul tous-ménages ne saurait à lui seul expliquer pourquoi le MCG est un parti antifrontalier. Cette caractéristique du mouvement fondé par Eric Stauffer sous le nom de "Mouvement Blochérien Genevois", en référence à un ancien Conseiller Fédéral UDC qui fut éjecté du gouvernement pour irrespect de la collégialité, découle d'une de ses idées-phare: "réservons les emplois aux Genevois" (selon la dernière formulation en date). Il est vrai qu'avant le MCG, personne ne parlait des frontaliers: les représentants de ce jeune parti ont donc bondi sur l'occasion d'ériger cette catégorie de travailleurs en bouc-émissaire commode des problèmes de l'emploi à Genève. Depuis lors, le frontalier est - à tort - devenu un "problème". En effet, le postulat premier du MCG (les frontaliers prennent les emplois des Genevois) a récemment été contredit par une étude très sérieuse menée par le Professeur Yves Flückiger, qui y nie toute corrélation entre le nombre de frontaliers et le taux du chômage.

 

Malgré cette étude, le MCG a poursuivi sur la voie du préjugé et continue encore de marteler sa volonté de lutter contre la présence de travailleurs frontaliers dans le monde genevois de l'emploi. Le terme de "frontalier", quant à lui, a une acceptation géographique et une acceptation juridique. Lorsqu'on interroge un représentant du MCG sur le sens précis qu'il donne à ce qualificatif, on dirait que celui-ci n'a pas d'autre définition que celle d'une personne travaillant sur Genève mais habitant ailleurs, d'où les accusations (fondées) contre ce parti de discrimination des Genevois habitant en France. En effet, lorsque l'on voit que moins d'un logement sur 200 est vacant sur l'intégralité du territoire genevois, qu'est-ce qui justifie de stigmatiser ses concitoyens en raison de leur lieu de résidence, si celui-ci n'est pas forcément volontaire? De rares membres du parti, dont l'avocate Danièle Magnin, affirment que le statut de "frontalier" est plutôt considéré sous son acceptation juridique, et que le parti s'attaque en réalité aux "euro-frontaliers", mais il est naïf de leur part que de croire que ce point de vue est celui que le MCG présente à la population à travers ses affiches (voir exemples ci-dessous).

 

Le MCG ne s'émeut pas du fait que ses propres slogans, affiches et autres formes de communication insufflent un amalgame aussi malsain que faux, visant à ériger les frontaliers comme un véritable problème de société, ce qu'ils ne sont manifestement pas. Pour les élections au Grand Conseil du 6 octobre dernier, ce parti avait présenté 99 candidats, dont un certain François Duc, Genevois frontalier domicilié à Gaillard: lorsque cette information fut diffusée dans la presse, ce candidat a été victime de harcèlement, principalement de la part de sympathisants MCG. Je tiens cette information d'un membre du bureau du MCG, qui n'a visiblement pas compris qu'à force d'insister sur la fausse croyance qu'un frontalier en plus est un emploi en moins pour les Genevois, elle s'installe dans les esprits et détruit toute forme de bon sens. Face à cette situation, le fait que le MCG la cautionne par le silence permet ainsi de confirmer qu'il s'agit bel et bien d'un parti antifrontalier.

 

Mais ce débat est un faux débat. Faire croire aux Genevois que les frontaliers sont un problème, alors même que cette opinion est déjà fausse, en affirmant qu'agir de ce côté-là améliorera leur situation, tient purement du mensonge. De plus, il est de notoriété internationale que la thématique de l'emploi est extrêmement complexe, et avancer une solution-miracle revient à faire preuve d'une simplicité malhonnête. 

 

Voir aussi l'article du Temps en rapport avec ce même sujet, ou cet article du Courrier, ou ce communiqué de presse du MCG, ou cet article de la Tribune de Genève (les exemples montrant l'incohérence du MCG sont extrêmement nombreux).

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Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |

09/10/2013

Rari nantes in gurgite vasto

En voyant les résultats de dimanche dernier, j'éprouve beaucoup de peine à me sentir satisfait. Loin de là, je ressens de l'amertume, la même qui vient certainement à la bouche de tout militant qui, pendant des mois, s'est battu loyalement pour ses idées dans un esprit politicien au sens positif du terme, c'est-à-dire par la promotion d'un projet de société qui semble noble à ses yeux, plutôt que par la destruction de celui des autres. Pourquoi cette amertume? Il suffit de se rendre compte des méthodes qui ont permis à certains de vaincre et d'observer ce que les résultats de ces élections signifieront pour les 4.5 années à venir afin que la réponse aille de soi.

 

Trois blocs unis, ou pas.

Préparez-vous à vivre une législature dans laquelle les luttes partisanes primeront toute réflexion pragmatique, à tout le moins dans les votes importants et pour autant que les élus ne soient pas tentés de voter autrement qu'en accord avec leur groupe (quelle horreur, des dissidents!). Entente (35 sièges) contre Alternative (34 sièges) contre extrême-droite (31 sièges), voilà le schéma grossièrement résumé du train-train que constituera la vie de tous les jours de notre parlement cantonal. Pour rappel, la répartition actuelle est de 42 sièges pour l'Entente, 32 pour l'Alternative, et 26 pour l'extrême-droite.

 

Le bloc PLR-PDC est le plus soudé des trois. Cependant, des troubles agitent chacune de ses deux composantes: au sein du PLR, il est impossible de savoir si et à quel point les sceptiques de l'avant-fusion auront influé sur le pourcentage de voix du premier parti du canton, qui se situe à mi-chemin entre son score de 2009 et celui de 2011 (pour les élections fédérales). En revanche, le PDC se prépare à vivre des moments houleux, lors desquels le ras-le-bol de certains ne manquera pas de se faire entendre: il s'agit principalement de jeunes, qui critiquent vertement le favoritisme dont ont fait preuve les caciques de leur parti, particulièrement Philippe Morel, avec les dizaines de milliers de francs qu'il a dépensés pour sa publicité personnelle (dont ses célèbres culs de bus). En partie candidats eux-mêmes, ces jeunes battus par l'opulence insolente de quelques-uns ont raison de s'indigner, sachant que les idées sont censées primer l'argent dans une élection...

 

Le bloc PS-Verts-Ensemble à Gauche, lui, est revenu à la hauteur du bloc de la droite bourgeoise avec 34 députés, contre 35 pour cette dernière. Au Grand Conseil en revanche, il sera plus délicat de mettre d'accord les membres de ce front sur tous les sujets, tout d'abord en raison du fait qu'il compte plus de composantes que pour les deux autres blocs, ce qui est rendu encore plus compliqué par le fait qu'Ensemble à Gauche est déjà en soi une coalition de divers mouvements, qui ont mis huit ans à arrêter de se disputer. On peut également distinguer les rose-verts des rouges au niveau stratégique (PS et Verts ayant été représentés au sein des autorités cantonales durant les huit dernières années, contrairement à Ensemble à Gauche), ce qui rajoute encore de la complexité à cette situation. Malgré une union moins aisée à construire que pour l'Entente, l'Alternative constitue malgré tout un front très engagé dans la défense des droits sociaux et des idées écologistes, et n'aura sans doute aucune peine à unir ses éléments sur ces questions dans les épreuves de force que constitueront les débats de la législature 2013-2018.

 

Le bloc de l'extrême-droite n'est de son côté qu'une alliance de circonstance. C'est entre UDC et MCG que l'on a pu observer le plus d'échanges de piques venimeuses durant cette campagne, une des plus remarquables étant l'oeuvre d'Eric Bertinat, député UDC: "le MCG préfère défendre le bougnoule (sic!) qui vit à Genève plutôt que le Suisse qui habite en France." Les divergences entre ces deux partis sont visiblement trop nombreuses pour que l'on y aperçoive les signes d'une véritable alliance. D'ailleurs, il est probable que le MCG (comme il en a l'habitude) décide "comme ça" de voter avec le front de l'Alternative, simplement car c'est "marrant" de transformer une majorité PLR-PDC-UDC-MCG (66 députés) en une majorité EàG-PS-Verts-MCG (54 députés), juste pour montrer que le slogan "ni à droite, ni à gauche" a un semblant de vérité.

 

Bref, c'est déjà la gabegie stratégique, et il y a fort à parier que le jeu des alliances dictera véritablement la direction politique du canton jusqu'au printemps 2018. Voilà la première cause de mon amertume de militant: on se bat des mois durant pour faire valoir une vision de société, qui devient la raison idéale de notre engagement, et on s'aperçoit qu'au final les décisions seront prises selon le jeu de "qui a la plus grosse." C'est sans même mentionner l'élection de personnes n'ayant pas de projet de société du tout, mais des cordes vocales en bon état de marche et/ou un riche vocabulaire scatologique dont raffolent les collaborateurs de la presse de caniveau.

 

Un progrès pour Genève? 

Le changement est la revendication incontournable des partis minoritaires, ainsi que de leurs électeurs. La nouvelle Constitution devait justement amener un vent de réformes sur la République, mais comme le relève le blogueur Olivier Perroux, les rares anciens constituants ayant été élus comptaient pour la majorité dans les opposants à la révision totale de l'an dernier. Ainsi, ces derniers sont représentés dans un Grand Conseil chargé précisément de l'appliquer: il y a là un conflit d'intérêts évident, auquel s'ajoute un sérieux risque de stagnation, quand bien même le peuple genevois avait appuyé la nouvelle Constitution ainsi que toutes les modifications qu'elle implique. Vu le manque d'enthousiasme dont fait preuve l'Entente pour appliquer la jeune loi fondamentale, les partis qui militeront pour sa mise en oeuvre apparaissent peu nombreux. Qui d'autre, à part le PS et les Verts, voudra donc bien se charger d'appliquer la volonté populaire exprimée il y a un an?

 

De plus, le changement réclamé à peu près par tous les partis n'a globalement pas été suivi par les électeurs, puisqu'une nette majorité des sortants a pu conserver ses sièges. Une seule parmi les quatre sortants au Conseil d'Etat n'a pas franchi le premier tour, et seulement 25% des députés sortants ont été sanctionnés par les urnes. Vous trouverez ci-dessous les chiffres de ce très timide remue-ménage:

  PS Verts PDC PLR UDC MCG
Sortants réélus 6 4 7 19 7 11
Non-réélus 4 4 0 6 0 4

 

Dans un système politique tirant dangereusement vers la macho-gérontocratie, seuls trois candidats de moins de 30 ans ont franchi l'étape des élections: Lisa Mazzone (25 ans, les Verts), la nouvelle benjamine Caroline Marti (23 ans, PS) et Romain de Sainte Marie (28 ans, PS). On observe également une certaine diminution du nombre d'éluEs au Grand Conseil, qui passe de 30 à 25-28 (les chiffres varient en fonction de l'issue du second tour des élections gouvernementales). Ces carences en termes de représentativité de la population sont un manque certain et regrettable, avant tout car la majeure partie des députéEs de ces quatre dernières années ont montré qu'elles avaient véritablement la vocation de siéger dans l'organe législatif cantonal, contrairement à quelques-uns des mâles, qui s'étaient manifestement trompés de salle en cherchant l'entrée de la Comédie... En ce qui concerne les jeunes, il est regrettable de voir que dans certains partis, leur route aura été barrée par une flopée de fossiles, qui pour la plupart ne se sont de toute évidence pas rendus compte que la retraite est la moins moche de leurs options, parmi les différentes formes que peut prendre la conclusion de leur engagement politique.

 

Enfin, notons que 5% des votants auront vu leur vote s'écraser contre le mur du quorum. Dans une démocratie véritablement directe, les électeurs Vert'libéraux auraient pu être représentés par deux élus, et les Pirates auraient pu placer un député. Pourquoi priver de siège ceux qui obtiennent suffisamment de suffrages du peuple pour en décrocher? Les raisons justifiant la situation actuelle semblent à première vue difficiles à défendre. Mais plus inquiétante encore est la proportion de Genevois n'ayant pas même participé au vote: 60%. Dans une démocratie qui fonctionne, on peut s'attendre à ce que les votants représentent au moins la majorité du corps électoral. Ici, c'est une minorité qui décide pour toute la population, alors que tous les outils permettant d'embrasser la fonction étatique d'électeur, automatiquement octroyée aux citoyens, sont à leur disposition pour qu'ils expriment leur choix de manière libre et avertie. A ce titre, les efforts que produisent des associations comme le Parlement des Jeunes Genevois, Eclaire mon vote ou T'es toi et vote! pour informer et expliquer de manière objective les enjeux des rendez-vous électoraux sont encourageants, surtout face au laxisme dont les autorités font preuve relativement à la désuétude dans laquelle la démocratie genevoise semble être tombée.

 

Dans cette hypothèse, mon amertume de militant trouve une autre source: vous pouvez comprendre que je sois déçu de m'être battu pour qu'au final, le député moyen soit masculin et âgé de plus de 50 ans, ou encore pour ne m'être adressé dans les faits qu'à deux Genevois sur cinq, comme s'ils étaient les seuls concernés par les questions capitales pour Genève qui se sont notamment posées dans le contexte de ces élections. Il est également attristant de voir un si grand nombre de personnes snober une démocratie pour l'obtention de laquelle nombre de personnes ont péri, comme nous le montre l'histoire de Genève et de la Suisse jusqu'au début du XIXe siècle.

 

Et après le 10 novembre?

Après ce premier tour des élections du Conseil d'Etat, le nombre de candidatures devrait drastiquement diminuer, rendant beaucoup plus lisible chacune d'entre elles. Vraisemblablement, seule l'Entente peut se payer le luxe de maintenir l'ensemble de ses candidats dans la course. Du côté de l'Alternative, il se dessine une liste comprenant trois noms, sans réellement savoir ce qui se trame du côté d'Ensemble à Gauche, mais il est impossible de prédire avec certitude ce que ces partis décideront de faire tant que leurs membres ne se seront pas exprimés (pour le moment, les Verts lancent Antonio Hodgers dans la bataille, dans le but de faire liste commune avec le PS). De leur côté, le MCG et l'UDC sont en passe de valider un ticket à trois noms également. Les candidats indépendant et Vert'libéral ayant retiré leurs candidatures, il reste encore à savoir si les Pirates resteront en course. Dans le cas contraire, il resterait "seulement" 11 ou 12 candidats pour sept sièges au second tour.

 

Dans ce contexte, tentons de nous projeter dans l'avenir et nous pencher sur l'aptitude de chacun-e à siéger dans un exécutif, car c'est au fond de ce côté-là que les candidat-e-s seront jugé-e-s de manière stricte. A l'exception du Conseiller National Luc Barthassat, les candidats de l'Entente ont déjà tous fait partie d'un corps collégial, où ils ont été reconnus comme plus ou moins (mais suffisamment) "aptes" à la fonction, c'est-à-dire capables de travailler avec collégialité, intégrité et initiative. Nombreux sont ceux qui estiment que Luc Barthassat n'aurait également aucun souci à se fondre dans le moule, et qui en pensent de même des trois mieux classés de l'Alternative (c'est-à-dire Anne Emery-Torracinta, Thierry Apotheloz et Antonio Hodgers), même si ceux-ci n'ont pas tous siégé dans un exécutif. En somme, il n'y a pas grand-chose à reprocher à ces personnes, relativement aux trois qualités formelles, officieuses et incontournables du "bon" Conseiller d'Etat, mentionnées plus haut (collégialité, intégrité et initiative).

 

Quant à l'extrême-droite, bien que la candidature du Conseiller National Mauro Poggia - reconnaissons qu'il est le premier musulman à obtenir un score aussi élevé dans une élection à Genève - soit substantiellement identique à celle de son colistier Eric Stauffer, il est généralement reconnu comme ayant la carrure de Conseiller d'Etat, car il est beaucoup plus tempéré - du moins formellement - que son camarade de parti (à titre personnel, je ne pense pas qu'une personne devrait être considérée comme compétente simplement parce qu'une autre du même parti l'est moins). Difficile en revanche pour moi de m'exprimer sur son esprit d'initiative, puisque son activité au sein de l'Assemblée Fédérale est inconnue de la majorité, voire de la totalité des Genevois. Quant à son intégrité, il ne saute pas aux yeux qu'il ait commis des manquements évidents.

 

De son côté, Eric Stauffer a un bilan bien plus mitigé, ce qui peut s'expliquer en principalement deux points: le premier est la rupture de la collégialité au Conseil Administratif d'Onex qu'il a provoquée en juin dernier, et qui témoigne de sa difficulté à fonctionner avec d'autres personnes au sein d'un même organe. Il est possible (pour ne pas dire probable) que l'attitude explosive dont il fait preuve au Grand Conseil soit en effet incompatible avec l'exercice d'un mandat exécutif collégial: il ne fait donc pas preuve d'intégrité non plus lorsqu'il balaie cette question (comme sur infrarouge hier soir) sans autre forme de procès, affirmant que les choses se passent "très bien" à la Mairie d'Onex. Enfin, de l'aveu d'un Conseiller municipal, Eric Stauffer n'aurait fait preuve de persévérance que dans sa volonté d'inviter des artistes de notoriété internationale à se produire chez lui (les Rolling Stones, David Guetta et d'autres, mais on les attend toujours), ce qui interroge quant à son esprit d'initiative. Mais quoi qu'on dise à son sujet, il ne peut que mieux faire par rapport au précédent et premier MCG à accéder à un exécutif communal (Thierry Cerutti à Vernier entre 2007-2011), dont les graves manquements à sa fonction (clés de bras sur un collègue, "salissures" dans le bureau de son successeur, etc.) ont amené la majorité des Verniolans à se sentir soulagés de sa non-réélection il y a deux ans. 

 

Le Parti Pirate n'ayant pas encore décidé de sa stratégie pour le second tour (il le fera ce soir), il ne reste plus que Céline Amaudruz. La Conseillère Nationale (qui n'a jamais siégé dans un exécutif) me fait sérieusement douter de sa capacité à être collégiale, vu les diatribes dont elle a été l'auteure durant cette campagne, en tenant des propos d'une agressivité rare. Malhonnête à l'excès, je me rappelle en particulier d'une réaction venant de sa part en rapport avec l'affaire du meurtre de Marie plus tôt dans l'année, accusant les socialistes d'être à l'origine de ce crime. En termes d'initiative, il ne semble pas impossible que la présidente de l'UDC Genève soit capable de parler d'autres choses que de sécurité, d'étrangers et de traversée de la rade. Ne manque plus qu'elle le prouve.

 

En l'état, le gouvernement serait formé de Pierre Maudet, François Longchamp, Serge Dal Busco, Luc Barthassat, Isabel Rochat, Mauro Poggia et Anne Emery-Torracinta. Je suis convaincu que l'éventuelle arrivée d'Eric Stauffer (classé 8ème) au Conseil d'Etat est à distinguer de celle du MCG (même s'il se trouve qu'il est le président d'honneur, ainsi que le fondateur de ce parti qu'il avait créé sous le nom de "mouvement blochérien genevois"), et si l'arrivée de cette formation politique ne justifie pas forcément une opposition non-idéologique, celle de l'actuel Maire d'Onex, à mon sens, oui. Le fait d'avoir assisté à plusieurs sessions du Grand Conseil depuis un an m'a convaincu de faire le maximum pour éviter qu'il soit élu.

 

La cruauté des élections

Même au Grand Conseil, les qualités personnelles d'un-e élu-e devraient être plus importantes que son parti. Ainsi, je suis assez effaré de voir élues des personnes comme Henry Rappaz (lisez à son sujet cet article de la blogueuse Catherine Armand), Roger Golay (dont j'avais déjà fustigé les mensonges dans un précédent article), Pierre Weiss (l'attitude profondément irrespectueuse et contradictoire de ce personnage énerve même au sein de son propre parti) ou encore Carlos Medeiros (voir la vidéo) et quelques autres, sachant que ce dernier va sans aucun doute causer un tort immense à la crédibilité de nos autorités. A l'opposé, je suis également attristé de l'absence de plusieurs personnes, dont la vocation établie et fiable laissait présager un mandat excellent, comme Guylaine Antille-Dubois, Miguel Limpo, Marko Bandler, Jean Rossiaud, Yvan Zweifel, Delphine Bachmann et d'innombrables autres...

 

La question qui résume au mieux mon amertume de militant est certainement la suivante: comment est-ce possible que Carlos Medeiros soit élu, alors que Marko Bandler ne le soit pas? Ou Henry Rappaz et pas Jean Rossiaud? Il y a là une grande injustice, qui a une origine absurde: la manière de faire campagne. Un candidat qui gueule, attaque, insulte, stigmatise, ment et manipule est donc mieux servi qu'un autre qui a des projets bien ficelés, une vision politique élaborée de manière réfléchie, un œil attentif aux problèmes à régler et qui est toujours ouvert à l'échange d'idées et de propositions? La réponse est incompréhensiblement positive. Si les candidats "mauvais" ayant été élus représentent certes une minorité du Grand Conseil, ils sont indubitablement les plus bruyants, ce qui implique bien évidemment que leur image sera de facto perçue celle des autorités dans leur ensemble. Je vous invite à observer quels sont les premiers résultats sur youtube lorsqu'on y recherche "grand conseil genève": est-ce cette image-là que nos autorités méritent?

 

Ici, plus que de l'amertume, c'est un véritable désarroi. J'ai milité pour un Grand Conseil qui, certes, contiendrait le plus grand nombre de député-e-s de mon parti (ce qui est d'ailleurs un des seuls points positifs de ces élections: si le PS a maintenu sa représentation et il a progressé dans l'électorat, redevenant la troisième force politique du canton), mais j'ai battu le pavé avant tout car je cherchais à convaincre les passants que les meilleurs élus seraient ceux qui veulent absolument que les problèmes du canton soient résolus. De ce fait, la progression de ceux qui inventent des problèmes (typiquement: le mouvement anti-frontaliers) ou font reposer leur campagne sur des procès d'intention faits à des personnes ne le méritant qu'à peine (le blogueur Grégoire Barbey a trouvé le nom très adéquat de "Künzler-bashing", mais on peut aussi mentionner les flyers du MCG mettant en scène un Conseil d'Etat composé de singes) est tout bonnement ahurissante et scandaleuse.

 

Comment le peuple peut-il être convaincu par de pareils Menteurs, Calomniateurs, Gesticulateurs, surtout lorsque des alternatives saines existent? Nous, qui sommes scandalisés par ces dérives de la politique genevoise, nous sentons nager dans un vaste océan d'incompréhension. Pendant un mois, je serai encore dans la rue, à tenter de faire passer mon message, pour empêcher que ces élections déjà tristes ne deviennent un fiasco.

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook |

09/09/2013

Carlos Medeiros ou le politicien de la honte.

Je reviens d'un débat sur la sécurité et l'immigration à Uni Mail, organisé par la radio portugaise de Genève. 

 
Ce débat aurait pu être un bon débat. La tenue de Nathalie Hardyn (PLR), la spontanéité de Miguel Limpo (Verts) et la ferveur de Jocelyne Haller (Ensemble à gauche) étaient autant d'ingrédients qui rendent les débats savoureux. 
 
Mais Carlos Medeiros (MCG) était le vinaigre qui donna à cette mixture un goût rance. S'exprimant en dernier lors du tour d'introduction, il n'a fait que critiquer ses préopinants (s'attaquant aux chômeurs au passage), traiter les Conseillers d'Etat d'autistes, et vomir les slogans infects d'Eric Stauffer. 
 
Par la suite, il employa tous ses moyens à centrer le débat sur les frontaliers et sur lui-même, n'hésitant pas à couper la parole et à insulter les autres intervenants. Il fut à ce point insupportable que même la modératrice (Christiane Pasteur - Le Courrier) dût le lui dire. 
 
Gueuler dans le micro, insulter ses contradicteurs, se contredire à chaque phrase, attaquer car il n'a rien à dire, interrompre l'orateur-trice, tout cela résume le comportement indigeste de cet individu qui, de manière invraisemblable, sera probablement élu au Grand Conseil le 6 octobre!
 
Il n'y a pas que moi qui craint l'accession d'un tel agité sans valeur(s) au législatif: outre le fait que déjà les autres intervenants étaient catastrophés de la performance indigne de ce personnage, le public lui-même l'a très peu apprécié et ne s'est pas gêné pour le lui montrer.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook |

15/02/2013

L'initiative au titre populiste

L'AVIVO (association de défense des retraités) a lancé une initiative populaire nommée "Stop aux hausses des tarifs des Transports Publics Genevois", qui sera soumise au vote du souverain genevois le 3 mars prochain. En tant que jeune intéressé par la politique, cette initiative me touche particulièrement, et je sens qu'il faut réagir, faute de quoi cette initiative, qui repose à l'ombre des autres sujets chauds du moment, à savoir l'initiative Minder, la LAT et les caisses de pension, pourrait bien connaître un sort qu'elle ne mérite pas.

 

Le Contexte


Les Transports Publics Genevois (TPG) sont une des nombreuses entreprises de transports publics actives dans le bassin franco-valdo-genevois. Il y en a environ une dizaine qui sont présentes dans la région du canton de Genève, y compris des françaises, vaudoises et suisses. Elles sont toutes membres ou collaboratrices au sein de la communauté tarifaire UNIRESO.

 

Comme le font toutes les autres communautés tarifaires en Suisse, UNIRESO suit les directives de l'Union des Transports Publics (UTP), qui ne sont pas juridiquement contraignantes. Ainsi,on trouve partout les mêmes règles de base, comme la répartition des tarifs en catégories d'âge:

  • Enfant (jusqu'à 16 ans)
  • Junior (de 16 à 25 ans)
  • Senior (à partir de l'âge de la retraite)
  • Adulte (tous les autres)

 

Cette uniformisation nationale répond aux besoins des utilisateurs, surtout ceux qui habitent des régions rurales et isolées, qui préfèrent avoir accès à plusieurs moyens de transports, plusieurs routes, sur plusieurs zones, et cela munis d'un seul billet. Sans accord entre les entreprises, il ne pourrait y avoir de titres de transports qui permettraient à la fois (par exemple) de prendre:

  1. Un bus pour aller à Nyon avec les TPN
  2. Un train pour aller de Nyon à Genève avec les CFF
  3. Un bus pour aller de Genève-Gare à Moillesulaz avec les TPG
  4. Un bus pour aller de Moillesulaz à Annemasse avec les TAC
(et ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres)
 
 
Les TPG sont moins un entreprise qu'ils ne sont un service offert par le canton de Genève, en raison de leur régulation par plusieurs lois et règlements, dont la LTPG (Loi sur les Transports Publics Genevois). Celle-ci autorise le Conseil d'État genevois à statuer sur les modifications de prix proposées par les TPG.
 
 
Le canton de Genève et les TPG se sont mis d'accord pour développer massivement l'offre des TPG dans les années à venir, ce qui implique nécessairement un équilibre prudent en matière de subventions. Selon la pratique actuelle, l'État rembourse les dépenses que les TPG n'arrivent pas à couvrir avec les gains liés à l'achat de billets et d'abonnements (par exemple), avec le but d'approcher le plus possible une situation "moitié gains-moitié subventions".
 
 
Le canton de Genève attend des TPG, en échange de son soutien financier, qu'ils offrent un service de qualité. Dans cette optique, afin également d'adapter leur réseau à leur développement, les TPG ont procédé à une restructuration complète de leur réseau. Afin de financer l'offre accrue, les tarifs ont augmenté deux fois en 10 ans. Bien évidemment, cela a suscité un mécontentement certain, mais qui ne s'est pas illustré dans les chiffres: la fréquentation a augmenté sans cesse.
 
 
C'est pour contrer la dernière hausse des prix que l'AVIVO a lancé une initiative législative modifiant la LTPG, dans le but de transférer la compétence de statuer sur les modifications de tarifs au Grand Conseil et d'y fixer les prix des billets (comme avant les deux dernières hausses, avec l'ajout d'un billet "junior" et d'un billet "senior") et des abonnements (tous étant frappés d'une diminution de coût non négligeable). Seuls trois partis politiques représentés dans les communes genevoises la soutiennent: le Mouvement Citoyen Genevois, SolidaritéS et le Parti du Travail (mais ils ne lui ont pas donné la priorité dans leurs campagnes respectives pour les votations du 3 mars).


Les Jeunes


Actuellement, comme partout en Suisse, les jeunes bénéficient de réductions jusqu'à leurs 16 ans (les enfants de moins de 6 ans voyagent gratuitement, et les jeunes de 6 à 16 ans voyagent gratuitement s'ils sont accompagnés par un adulte et ont payé une carte famille à 30.- par an), et aussi jusqu'à leurs 25 ans en ce qui concerne les abonnements. Ils bénéficient de très bon prix, en-dessous de la moyenne suisse, et représentent environ 30% du marché des abonnements. 

 

L'initiative modifie la pratique actuelle en définissant une catégorie "junior" de 6 à 18 ans (les moins de 6 ans bénéficiant de la gratuité), ce qui implique que les 18-25 ans passeront subitement du tarif jeunes au tarif adultes. Cette conséquence rend absurde le titre de l'initiative, puisque ces jeunes payeraient jusqu'à 56% plus cher qu'avant, alors que l'initiative cherche à stopper les hausses.

 

La raison d'exister des transports publics, dans une agglomération de grande taille, est de décharger les rues d'automobiles, polluantes et encombrantes, de réduire le nombre de bouchons et de fluidifier le trafic. Il faut ainsi chercher à favoriser l'utilisation des transports publics et de la mobilité douce, en les rendant attractifs. Cette stratégie est capitale en ce qui concerne les jeunes, surtout ceux qui franchissent l'âge de la majorité, car c'est à ce moment-là que s'établissent les habitudes en matière de mobilité. Les discriminer subitement, alors que toute la Suisse en fait autrement, est absurde et nocif pour le bon fonctionnement des TPG et pour la lutte contre la surcharge de trafic routier.

 

À l'inverse, les retraités (que représente l'AVIVO), qui bénéficient déjà des meilleurs prix de Suisse, loin en-dessous de la moyenne nationale, sachant que les plus pauvres d'entre eux (ceux qui détiennent des rentes complémentaires AVS/AI) peuvent avoir un abonnement annuel à 60 CHF, payeraient encore moins cher qu'actuellement, selon l'initiative. Il semble ahurissant de demander à l'électeur de financer les caprices des retraités, déjà très favorisés, par des concessions de la part des jeunes. Ceux-ci sont le plus souvent encore en formation et n'ont pas de source de revenus, alors que les retraités en ont une.


UNIRESO


Grâce à UNIRESO, le voyageur de la région genevoise ne se trouve pas dans un système comme au Royaume-Uni par exemple, où il y a un grand nombre d'entreprises de transports publics pour un même lieu et pour un même trajet, impliquant, faute d'accords entre elles, l'achat de plusieurs billets pour un simple déplacement. 

 

UNIRESO rassemble les TPG, les CFF et les mouettes genevoises, et a conclu des accords avec de nombreuses autres entreprises (SNCF, TPN...). Ce système repose sur une adaptation constante aux besoins de chacun des membres et des utilisateurs, ainsi qu'à l'évolution toujours croissante de la cherté de la vie. Ainsi, les hausses de tarifs sont inévitables, mais elles doivent être effectuées avec modération, ce qui semble être le cas actuellement.

 

Vous l'aurez compris, l'initiative modifie une loi cantonale qui vise les tarifs TPG uniquement. Le Département de l'Intérieur, de la Mobilité et de l'Environnement (DIME) a déjà expliqué que la présence de la notion de tarifs TPG dans la LTPG était un oubli de sa part, puisque cette notion désigne une chose véritablement inexistante. En effet, depuis la création d'UNIRESO, il n'y a que des tarifs UNIRESO. L'initiative exploite cet oubli juridique en créant une différence au sein de la communauté, puisque les TPG la contraindraient à revoir entièrement la fixation des tarifs. 

 

La situation actuelle en matière d'organisation des transports publics satisfait les utilisateurs. Mais sans une véritable coordination des aspects aussi fondamentaux que les tarifs, UNIRESO ne saurait survivre longtemps. Les CFF ont d'ores et déjà annoncé vouloir se retirer de la communauté si l'initiative était acceptée, car celle-ci rend nuls les rabais CFF sur le réseau genevois. 

 

Enfin, la LTPG étant une loi cantonale, elle ne pourrait avoir d'effets sur la région (importante) franco-vaudoise du "territoire" UNIRESO. Au fond, tout indique que l'AVIVO considère les transports publics comme étant les seuls TPG du centre-ville. Un tel manque de connaissance, d'information, et donc de compétence de la part des initiants explique la piètre qualité de leur initiative, qui ne prend en compte qu'un nombre réduit de facteurs, mais suffisant pour remplir (certains juristes pensent le contraire) les conditions légales de validité d'une initiative populaire.


Des arguments pour?


Les défenseurs de l'initiative partent immédiatement du principe que les prix sont trop chers par rapport au service offert. En ce qui me concerne, Genève est un lieu privilégié en matière de transports publics. En effet, par exepmle, rien qu'entre les arrêts "Museum" et "Rieu", on trouve quatre arrêts de bus sur à peine 600m! La fréquence des transports, particulièrement au centre-ville, est tout ce qu'il y a de plus acceptable, sauf si 5 minutes représente une quantité de temps inacceptable en cas de retard (ce qui est bien capricieux, à mon sens). Les véhicules sont relativement luxueux, surtout pour les nouveaux modèles.

 

En ce qui concerne les tarifs, ils sont plus élevés qu'avant, il est vrai. Mais qu'en serait-il si le billet représentait le coût réel du service? Le prix serait clairement dissuasif. L'AVIVO souhaite diminuer les prix des TPG, comme si l'état actuel des choses représentait du vol: Genève propose au contraire des tarifs le plus souvent en-dessous de la moyenne nationale, avec des réductions nombreuses pour les personnes âgées, les jeunes, les familles, les employés de certaines entreprises... Plus cher qu'avant ne veut pas forcément dire trop cher.

 

Les initiants souhaitent lancer un message politique, qui manifesterait leur mécontentement général envers les TPG. Soit, mais pourquoi écrire une aussi mauvaise initiative? Un des billets qui figure dans les tarifs proposés est intitulé "Carte journalière Tout Genève 1h". Je vous laisse contempler le manque de relecture de la part des initiants. 

 

J'ai recueilli, de la part de défenseurs de l'initiative, l'argument selon lequel le Grand Conseil pourra, suite à l'acceptation (éventuelle) de l'initiative, la corriger si elle est acceptée. Jamais je n'avais entendu aussi peu de considération pour le droit d'initiative... Tout d'abord, le texte de l'initiative prend le dessus sur les intentions des initiants, car il est attendu de leur part de clairement les exprimer à l'intérieur de celle-ci. On ne peut pas exiger du peuple qu'il vote sur l'initiative et l'accepte-mais-pas-sur-les-parties-moins-bonnes-parce-qu'on-accepte-que-le-Grand-Conseil-les-modifie. C'est impossible, car les seules réponses sont "oui" ou "non". Il est contraire à l'idée de la démocratie directe suisse que de suggérer que le parlement pourrait modifier une initiative acceptée par le peuple: il n'a pas la compétence de trahir la volonté de celui-ci (qu'il est d'ailleurs chargé de représenter!).

 

Selon ces mêmes défenseurs de l'initiative, le Grand Conseil aurait déjà pu voter les modifications demandées par l'AVIVO, comme s'il existait une solution toute faite. S'il en existait une, on le saurait depuis un moment. Le Grand Conseil n'a pas pensé aux propositions de l'AVIVO auparavant car elles ne permettent pas forcément de résoudre le problème visé. Il n'a pas non plus opposé de contre-projet, ce qui est un message fort de la part du parlement cantonal, plus habilité que l'AVIVO à voter des dispositions législatives, indiquant que l'initiative serait très mal insérée dans l'ordre juridique, tant formellement que matériellement.


Conclusion


Si les initiants affirment vouloir empêcher la hausse des tarifs, cela n'est assurément pas le cas. Christian Grobet, membre du comité d'initiative, a balayé du revers de la main le fait que son initiative sanctionne les jeunes par des tarifs plus élevés, comme si c'était une bagatelle! 

 

Il est clair que les initiants, puisqu'ils n'ont pas recherché leur sujet, exprimaient plutôt un coup de gueule que la volonté de répondre à un besoin fondé à l'aide de mesures appropriées; en effet, il n'y a rien de moins approprié que les propositions de leur initiative. En voulant baisser radicalement les tarifs, mais en refusant les conséquences que leur initiative aurait sur la situation actuelle, ils veulent le beurre et l'argent du beurre!

 

Ainsi, en tant que jeune qui, contrairement à ce que dit le titre même de l'initiative, verra les tarifs brusquement augmenter, je vous invite à refuser cette initiative mal rédigée, mal fondée, mal orientée, et mal défendue.

 

Dans le cas contraire, comme le dit Daniel Zaugg: "Vous êtes vieux et n'aimez pas les jeunes? [...] Alors votez oui sans hésiter le 3 mars à l'initiative de l'AVIVO" (Le blog de Daniel Zaugg)

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |