06/10/2013

Portraits de candidats: Philippe Zaugg

Philippe Zaugg (Mouvement Citoyen Genevois), 46 ans.

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Pour ce dernier portrait, vous découvrirez un homme tranquille, au contact facile et agréable dans la discussion. Il se considère comme entier, mais ni volubile ni caractériel. Ce qui est sûr et certain, c'est la prévalence qu'il donne à la vie familiale, qui selon lui passe avant tout. A peine ses études à l'école de culture générale commencées, il dut les cesser pour travailler - dès l'âge de 17 ans - afin de subvenir à ses besoins. Depuis lors, il a eu des emplois très variés: aide-comptable dans une banque, membre du service de sécurité de l'aéroport, vendeur chez Media Markt...

 

Aujourd'hui, il travaille à l'Etat, au sein de l'office des faillites. En-dehors de sa vie professionnelle, il consacre la majeure partie de son temps à sa famille. Amateur de football, passionné de jazz, Philippe Zaugg est aussi engagé dans la vie de sa commune, au sein des associations de Thônex-Sud et de l'Amicale du Curé-Desclouds.

 

Son engagement politique est relativement récent: en 2010, Jean Villette (ancien président du MCG Thônex) recherchait des candidats pour les élections municipales de 2011. Il s'adressa à Philippe Zaugg, lui présentant le programme de son parti (quasi-exclusivement axé sur la sécurité, un domaine que ce dernier considérait comme lacunaire à Thônex) et lui proposant de s'inscrire sur la liste, ce qu'il accepta. Etre sur les stands, au contact des gens, était une expérience qu'il vécut avec beaucoup de plaisir. Le 6 juin 2011, l'annonce des résultats ouvrit la porte du Conseil municipal de Thônex au MCG, qui y obtint trois sièges, bien plus que ce qui était espéré. Philippe Zaugg fut élu, mais cette élection entraîna quelques soucis professionnels pour lui, certains collègues lui reprochant son engagement politique au MCG: "y a-t-il un parti qui correspondrait à l'Etat?", s'interrogeait-il.

 

Il avoue que la politique n'est pas faite pour se faire des amis. Il reconnaît également que sa propre candidature, ainsi que celle de tous les autres, est complètement prétentieuse. Viser l'accession au Grand Conseil n'est pour lui aucunement une preuve de modestie. Mais ceci dit, il s'est porté candidat lorsqu'on le lui a proposé, notamment car il estime que la liste du MCG contenait trop d'avocats, ce qui avait pour effet de porter atteinte au principe même d'un mouvement citoyen: "il faut représenter toutes les classes et les fonctions, et non pas seulement ceux qui ont des titres." Quoi qu'il en soit, Philippe Zaugg n'a jamais prétendu faire des promesses qu'il ne saurait tenir; il fait les choses par conviction, et ses prises de position auront été les mêmes tout au long de la campagne.

 

Il se voit comme polyvalent, même si ses domaines de compétence sont plutôt la sécurité, la formation et le logement. Il souhaite qu'à n'importe quel lieu dans le canton, on puisse sortir à toute heure en sécurité. Il veut que les employeurs forment davantage d'apprentis ou de stagiaires, car il est convaincu que le manque de formation entraîne une exclusion automatique de la société. Il constate qu'être bilingue ne suffit plus pour le monde de l'emploi, et prône donc une école favorisant le trilinguisme. Enfin, il regrette que les constructions ne se fassent pas à long terme (il y a trop d'immeubles comprenant seulement quatre étages, ce qui oblige à déclasser des zones villas). Pourtant, s'il devait mentionner un projet qu'il place au-dessus des autres, il choisirait la lutte contre le culte de l'automobile, à travers un impôt sur l'entrée en Ville de Genève, afin de financer des projets qu'il juge nécessaires, comme l'engagement de policiers supplémentaires, l'extension de la formation et l'aide aux personnes défavorisées.

 

En ce qui concerne la vie politique, il en est quelque peu dégoûté: "les politiciens devraient être beaucoup plus proches des gens, plus terre-à-terre, et tenir leurs engagements." Les problèmes ne se résument jamais à la faute de la droite ou de la gauche; c'est ensemble qu'il faut construire Genève. Philippe Zaugg s'estime peut-être crédule lorsqu'il affirme n'avoir aucun adversaire politique en particulier, mais c'est très sérieusement qu'il pense que la construction de Genève ne peut se faire que dans l'union.

 

S'agissant de Genève, il affirme sans détour: "je n'aime pas du tout Genève." Pour lui, ce lieu est un champ de bataille, dans lequel il y a tant de choses à faire. Philippe Zaugg est assez pessimiste à ce sujet: "Genève est en ruines: les gens ne se côtoient pas! On ne connaît même pas son voisin mais on peut être joint n'importe où!" Voilà pourquoi, vu l'évolution de la situation, il a beaucoup de peine à aimer Genève dans son état actuel. A ses yeux, ce qui risque de faire empirer la conjoncture est la surpopulation; "on ne peut pas construire en largeur, donc combien d'habitants peut-on accueillir avant la catastrophe?" Les mesures prises actuellement (construction d'immeubles à quatre étages, sans les infrastructures) ne sont que de simples cataplasmes, évidemment insuffisants pour régler les problèmes.

 

"Vivre à Genève, aimer sa ville", voilà la phrase qui décrit le mieux son engagement dans cette campagne, dans il reste encore 30 minutes pour Philippe Zaugg, que vous pourrez contacter au 076 369 26 71, ou sur philippe67.za@bluewin.ch

 

Merci à tous les candidat-e-s ayant accepté de se faire interviewer dans le cadre de ce projet de portraits. Je publierai prochainement le bilan de cette expérience, qui avait pour but de briser un cliché complètement faux à mes yeux: élire le Grand Conseil, ce n'est pas voter que pour des partis, c'est surtout désigner les personnes qui sont présentées par ceux-ci. En mettant l'accent sur la personne des candidat-e-s, c'est véritablement pour eux-mêmes et non pour leur affiliation partisane qu'ils auront - je l'espère - pu être jugé-e-s, voir élu-e-s.

05/10/2013

Portraits de candidats: Jocelyne Haller

Jocelyne Haller (Ensemble à gauche), 59 ans.

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Entre sérénité réfléchie et militantisme fougueux, entre réflexion et passion, Jocelyne Haller incarne un habile et harmonieux mélange. Elle se décrit - sans aucune trace de vanité - comme une femme honnête, sachant que cette caractéristique constitue à la fois sa meilleure qualité et son pire défaut. Elle fait également preuve d'un sens d'intégrité et de loyauté à la hauteur de sa dignité: "si vous voulez me fâcher, accusez-moi de mentir ou de tricher." La fin ne justifiant pas le moyens à ses yeux, elle préfère perdre honnêtement que gagner malhonnêtement.

 

Après de brèves études en philosophie et en lettres à l'UNIGE, Jocelyne Haller a effectué et réussi une formation de travailleuse sociale à la HETS (anciennement IES). Elle a consacré sa vie entière au travail social, une cause qui la passionne au plus haut point, en laquelle elle voit un sens réel, et qui a une utilité sociale certaine à ses yeux. Sa vie peut principalement être résumée à un engagement associatif, social et politique considérable, qui depuis longtemps l'occupe quotidiennement, malgré le fait que la marche, la lecture et la cuisine ont malgré tout su rythmer ses moments de libre, que l'on devine rares.

 

C'est pendant son adolescence que tout a commencé: dès l'âge de 13 ans, Jocelyne Haller a débuté son engagement militant, principalement au niveau de la vie de son quartier. Ses débuts professionnels l'ont amenée à s'investir au niveau syndical, afin de défendre les conditions de travail, son contenu, ainsi que les politiques sociales. Pendant cette période, la politique était une chose très lointaine. Mais en 2001, elle fut approchée par SolidaritéS, afin qu'elle en intègre la liste en vue des élections cantonales de l'époque. A ce moment-là, Jocelyne Haller assistait à une mutation d'envergure des politiques publiques (une profonde réorganisation ayant entraîné une baisse de prestations, ainsi qu'une augmentation du nombre de contrôles), et dans ce contexte, ses relations avec la direction s'achevaient souvent sur: "ce n'est pas ici que ça se décide, mais au niveau politique." C'est en voyant que les transformations en cours menaient à une politique "d'usines à gaz", qui ne seraient pas dans l'intérêt de la population, qu'elle décida de se lancer en politique, afin d'agir également de l'extérieur.

 

Elle fut élue députée en 2001 au sein de l'Alliance de Gauche, et occupa cette fonction jusqu'en 2005. A cette époque, les divisions internes à l'intérieur de la coalition des mouvements dits "à la gauche du PS", condamnèrent ceux-ci à leur non-réélection, faute d'avoir pu atteindre le seuil de 7% des voix. Depuis lors, Jocelyne Haller a siégé dès 2008 à l'Assemblée Constituante, l'organe qui a rédigé la nouvelle Constitution genevoise. Candidate au Grand Conseil cette année, elle affirme que toutes les formations réunies sous la dénomination d'Ensemble à Gauche se sont rendues compte du caractère suicidaire de leur désunion, car cela revenait à priver près de 14% d'électeurs d'une représentation au Grand Conseil: "on ne peut plus reprendre un risque pareil; les projets de société doivent primer les intérêts personnels." 

 

Dans le cadre de sa candidature, Jocelyne Haller fait surtout valoir sa bonne connaissance du terrain sur lequel les lois votées au Grand Conseil s'appliquent, dans la vie de tous les jours: "je suis quotidiennement, professionnellement en lien avec ces populations; les lois devraient apporter un certain degré de protection aux gens, mais elles les abandonnent à leur sort et de nombreuses révisions les isolent davantage." Elle est candidate car elle veut "éviter que les élus légifèrent en rond, en vase clos, persuadés que les dispositions qu'ils adoptent sont pertinentes." Jocelyne Haller mentionne en particulier une personne qui l'a inspirée dans son engagement: Bernard Clerc (ancien député de SolidaritéS), car sa compétence, sa loyauté et son intégrité s'ajoutent à sa capacité à rendre compréhensibles les choses compliquées.

 

Si elle est élue, Jocelyne Haller visera la polyvalence. Pour elle, la réparation des injustices sociales, ce qui est le dénominateur commun de toutes les mesures qu'elle proposera, ne se limite pas à des domaines précis et clairement délimités. Cette réparation doit tout aussi bien passer par le chômage que par la santé ou la fiscalité. Il va cependant de soi, au vu de son parcours professionnel, que c'est sur les problématiques sociales en général qu'elle sera attendue. Si elle ne pouvait appliquer qu'un seul projet, il s'agirait de transformer et réhabiliter en emplois les postes qui ont été travestis en stages de réinsertion ou en emplois de solidarités, c'est-à-dire ceux qui avaient justement été crées pour répondre à la demande, mais qui sont devenus des emplois au rabais.

 

En raison des alliances qui s'y nouent et s'y défont, Jocelyne Haller avoue que la vie politique a toujours été compliquée. "Actuellement, la vie politique est décrédibilisée par son côté "farce", c'est-à-dire le manque de tenue dans les débats au parlement, l'outrance des slogans et l'incapacité dans laquelle se trouve la majeure partie des formations politiques de répondre aux demandes de la population, ce qui laisse libre cours à la désignation de boucs-émissaires, dont ne se privent pas certains, et à une espèce de surenchère sécuritaire, auxquelles cèdent d'autres partis, pour rivaliser avec les milieux populistes." Les adversaires de Jocelyne Haller sont avant tout, au-delà des partis qui défendent d'autres valeurs que les siennes, les gens malhonnêtes intellectuellement et politiquement. Mais parmi ces personnes, il y en a qui de surcroît sont nocifs, et elle a beaucoup de peine à les apprécier (ce qu'on peut comprendre).

 

Sa vision de Genève est celle d'une ville dont les apparences ne correspondent pas à la réalité. "Genève est une ville où il fait bon vivre, mais où cela devient de plus en plus difficile, où les problématiques du logement et du chômage sont particulièrement aiguës et où les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adaptées." Selon elle, afin de préserver Genève d'un avenir sombre, il faut avant toute chose refuser les réponses simplistes des populistes. A son avis, "la situation devient de plus en plus difficile, et répondre aux appels à l'exclusion, à la haine, tel que le font d'aucuns ne permettra pas de répondre aux défis majeurs auxquels Genève est confrontée aujourd'hui; il faut récuser ceux qui professent le "faites ce que je dis, pas ce que je fais"."

 

Pour cette ultime journée de campagne, que Jocelyne Haller aura menée sous le slogan "pour la justice sociale, parce que chacun y a droit", vous pourrez vous informer de ses actions au 076 382 01 82 ou à l'adresse jocelyne.haller@bluewin.ch

03/10/2013

Portraits de candidats: Valérie Cuenca-Berger

Valérie Cuenca-Berger (Union Démocratique du Centre), 41 ans.

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Energie inépuisable, enthousiasme inimitable et bonne humeur irréductible. Voilà, en quelques mots, ce qui caractérise la femme-duracell faisant l'objet de ce portrait. Valérie Cuenca-Berger précise qu'elle est plutôt une grande gueule, bonne vivante et passionnée, un mélange qui donne une femme à la personnalité affirmée (être d'origine suisse-alémanique doit aussi y contribuer un peu quand même). Elle mentionne vouloir aller au bout des choses, même si sa nature d'idéaliste dans l'âme et sa tendance à tirer des plans sur la comète prennent parfois le dessus. Mais au fond d'elle-même, elle n'aspire qu'à vivre intensément le présent.

 

Valérie Cuenca-Berger est (notamment) titulaire d'un CFC d'employée en commerce de détail, d'un brevet fédéral en ressources humaines et d'un MBA. Elle a travaillé dans plusieurs domaines, de la couture  au yoga, en passant par la cosmétique, l'automobile ou la banque. Actuellement, elle ne travaille plus en raison d'une maladie orpheline (histiocytose pulmonaire: seulement deux cas reconnus en Suisse) qui ne lui permet pas d'avoir une vie professionnelle complète. Elle peut cependant encore tenir une activité compatible avec sa santé, c'est pour cette raison qu'elle vise une formation de prof de yoga. Mais pendant longtemps, elle fut une passionnée de sports aquatiques, comme la natation, le monopalme (une discipline dans laquelle elle a gagné des médailles aux championnats suisses de 2005) ou la plongée sous-marine. 

 

C'est l'arrivée du MCG qui décida Valérie Cuenca-Berger à entrer en politique. Le côté rebelle de ce parti, des idées proches des siennes et la présence en son sein de quelques-unes de ses connaissances furent les facteurs qui contribuèrent à son adhésion en 2007, année lors de laquelle elle participa aux élections municipales à Vernier. A cette époque, la politique était ce qu'elle voyait sur infrarouge ou mise au point (des émissions politiques sur la RTS): "je gueulais comme si le présentateur m'entendait." En 2008, elle intégra le Conseil municipal de Vernier en remplacement de Thierry Cerutti, un bon ami qu'elle affectionne encore beaucoup, qui avait été élu au Conseil administratif. Mais l'aventure au MCG connut un tournant en 2009, lorsque Valérie Cuenca-Berger se retira de la liste électorale pour le Grand Conseil. Elle était en profond désaccord avec la méthode utilisée pour déterminer l'ordre des candidats de la liste: "la méthode était partiale, il n'y avait pas de critères. [...] Je me suis retirée de la liste pour être honnête avec moi-même, car on ne peut pas critiquer une chose et y adhérer en même temps."

 

En 2010, elle quitta le MCG pour rejoindre l'UDC, qui la courtisait depuis quelques temps. Le désaccord avec l'ancien "Mouvement Blochérien Genevois" portait en effet sur des questions fondamentales, et ne pouvait selon elle plus durer. Elle resta au sein du Conseil municipal de Vernier, où elle termina son mandat en tant qu'indépendante. En 2011, elle se présenta sur la liste UDC aux élections municipales, où elle arriva dans les "viennent-ensuite." Depuis février 2013, elle est Présidente de l'UDC Vernier, membre du comité central du parti cantonal et de celui de la section des jeunes (dont elle est très proche). Elle se présente maintenant au Grand Conseil sur la liste UDC. Très engagée sur le plan communal, elle se montre moins enthousiaste quant au niveau cantonal: "le communal, c'est de la haute couture, et le cantonal, c'est du prêt-à-porter: sur la commune, on est beaucoup plus proche des gens, mais c'est au canton que l'on vote les projets de loi."

 

Se considérant proche de la ligne carrée du courant zurichois de l'UDC, elle veut - si elle est élue - se montrer exigeante et stricte au niveau de la gestion du canton, qui selon elle manque sérieusement de rigueur. Elle se décrit comme la copie au féminin de Patrick Lussi (député UDC sortant), mais les personnages qui l'inspirent dans son engagement sont tout d'abord Xavier Schwitzguébel, son "binôme politique" avec lequel elle est d'accord sur de nombreux points: "je suis admirative qu'il y croie si jeune, et soit déjà si excellent. Je crois en lui." Elle nomme aussi Yvan Perrin, en lequel elle voit un homme d'une humilité incomparable, et Yves Nidegger, dont elle aime énormément l'humour et le sens de l'ironie.

 

Valérie Cuenca-Berger pense être capable de proposer des changements surtout dans les domaines de la sécurité, de l'emploi et de la formation, mais elle n'est pas fermée aux problématiques qui touchent à d'autres domaines. Elle considère qu'en matière sécuritaire, il n'y a pas assez de rigueur alors que c'est justement ce qui manque au canton. Du côté de l'emploi et de la formation, elle voit un besoin urgent d'assurer une formation certifiante, duale (il n'y a pas que l'université, il faut revaloriser les CFC par exemple), pour les jeunes, en améliorant la communication parents-enfants et en favorisant un taux plus élevé d'apprentis et d'apprenants que les entreprises devraient intégrer en leur sein. Sa mesure prioritaire serait cependant d'obliger les bailleurs propriétaires à lutter contre les cambriolages en installant des barres de sécurité dans tous leurs appartements: "les locataires forment la majorité de la population, et ce n'est pas à eux de le faire."

 

Interrogée sur sa vision de la vie politique, elle répond tout d'abord "oh mon Dieu..." avant de regretter le manque d'intérêt pour la politique en général, principalement à Genève. Il y a selon elle trop de partis, ce qui se ressent dans des discours trop similaires: "il y a trop de votes contestataires [...] on vote actuellement contre les partis parce que nous, les partis gouvernementaux, n'avons pas su convaincre, fédérer et rassurer." Elle déclare également que ses principaux adversaires politiques ne se trouvent pas à l'extérieur, mais au sein même de son parti.

 

Pour Valérie Cuenca-Berger, Genève est tout d'abord une ville internationale et cosmopolite. "C'est la ville française en Suisse par excellence, un petit Paris." Selon elle, nous serions victimes de notre succès: pris de court, nous n'avons été ni proactifs, ni réactifs face aux défis du moment. Les gens seraient donc tentés de résoudre leurs problèmes en partant dans les extrêmes. De ce fait, Valérie Cuenca-Berger craint la dégradation de l'état de la sécurité à Genève: les difficultés à protéger la frontière et un code pénal peu décourageant s'ajoutent à la publicité dont "bénéficie" le canton, concernant la faible sanction des cambriolages, bien plus faible qu'ailleurs.

 

Malgré les quelques jours qui restent avant l'élection, vous pourrez encore suivre Valérie Cuenca-Berger sur Facebook lors de sa campagne, qu'elle mène sous le slogan "vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde", une citation de Gandhi.

01/10/2013

Portraits de candidats: Amir Kursun

Amir Kursun (Parti Bourgeois-Démocratique), 18 ans.

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Amir Kursun est tout d'abord reconnaissable par sa petite taille, qu'il compense par son très grand cœur. Cet étudiant en droit à l'Université de Lancaster (Angleterre) avoue toutefois avoir un côté "grande gueule". Il reconnaît aussi ne pas toujours savoir peser ses mots, mais il aime dans tous les cas écouter ce que les autres ont à dire. Il se désigne également par les qualificatifs d'ouverture, d'implication, d'ambition et de sentimentalité. Il se mue parfois en scénariste ou compositeur, afin de vivre pleinement son intérêt pour le cinéma et la musique.

 

C'est à travers l'étude de l'histoire de la Grèce antique et de la France qu'Amir Kursun découvrit son intérêt pour la politique. Les élections françaises de 2007 et la votation fédérale de 2009 contre la construction de minarets furent deux événements qui marquèrent une première étape dans son rapport avec le monde politique. Son père, qui a été une source d'inspiration pour lui, car il a posé toutes les bases de son engagement (respect, égalité et dialogue), lui avait dit: "je ne te donne pas d'opinion, car tu dois te la former toi-même; mais apprends toujours à respecter l'opinion des autres et ils respecteront aussi la tienne." C'est à partir de ce moment-là qu'Amir Kursun décida de partir à la recherche de son identité politique.

 

En 2009, il fut intéressé par feu le parti libéral. En effet, suite à la votation sur les minarets, un mythe se brisa: Amir Kursun croyait en effet que la Suisse était un pays respectueux, libéral, ouvert et laïc ("interdire la construction de minarets m'a choqué: je ne me sentais plus chez moi"). Mais cette votation, si elle contredit effectivement cette croyance, elle lui donna l'impulsion pour partir à la découverte de sa vocation politique; il se décida à entrer en politique, afin de défendre la liberté religieuse de tous.

 

En 2010, il rencontra Alexandre Chevalier, un politicien du PLR qui l'encouragea à rejoindre les jeunes libéraux-radicaux (ce qu'il refusa de faire pendant environ deux ans). Mais en 2012, Alexandre Chevalier quitta le PLR: il rejoignit les Vert'libéraux avant de devenir indépendant. Il revint donc vers Amir Kursun pour lui proposer d'attendre avant de rejoindre un parti, car il voulait lui proposer une alternative. Alexandre Chevalier participait en effet à la création du PBD Genève, et il lui proposa d'en lire le programme: il vit que les valeurs, plutôt libérales, du jeune parti correspondaient aux siennes. En effet, il y remarqua la défense du droit de tous, c'est-à-dire l'égalité entre les différentes formes de famille, de religion et entre les salariés. Convaincu, il rejoignit le comité de création de ce parti, où, depuis sa fondation officielle en février 2013, il fut impressionné par la jeunesse, le dynamisme, la consensualité et l'absence de hiérarchie effective qui y régnaient. Il avait définitivement abandonné la voie du PLR après qu'un de ses candidats lui ait affirmé: "vous savez, pour gagner, il faut mettre tout de côté." Cette phrase le convainquit que les priorités du PLR n'étaient qu'électorales, et non pas idéales.

 

Amir Kursun se présente aux élections du 6 octobre prochain, tout en sachant que cette tâche n'est pas aisée. Pour défendre sa candidature, il revendique sa volonté de rassembler autour des différents enjeux cantonaux, au sein d'un parti qui prône la consensualité: "on ne se fait pas élire pour diviser", dit-il, tout en déplorant le penchant du Grand conseil actuel pour le clash, plutôt que pour la recherche de solutions. Selon Amir Kursun, "des partis qui divisent ne peuvent pas gouverner." En ce qui le concerne personnellement, il estime ne pas avoir de réponse à tout. Il préfère se concentrer, en cas d'élection, sur des sujets où il pense avoir des compétences, c'est-à-dire la sécurité (dans le but d'accroître la présence et la visibilité de la police dans les rues) et l'éducation (afin de miser notamment sur l'éducation civique pour lutter contre l'abstentionnisme). Mais le projet qui le tient le plus à cœur est celui de revaloriser et de promouvoir l'apprentissage comme alternative aux autres études, pour assurer des débouchés professionnels à un maximum de jeunes.

 

Il voit la vie politique actuelle tout d'abord comme controversée. "A Genève, on parle de la politique comme d'une blague [...] c'est un zoo: on se tape dessus entre partis, ce qui entrave le fonctionnement des institutions." Pour Amir Kursun, la médisance politique est un signe de paresse, c'est pour cette raison qu'il souhaite amener son sens du consensus pour amener un peu d'ordre dans ce désordre. Il devra pour cela malgré tout faire face à ses adversaires politiques, qu'il désigne comme "ceux qui ne respectent pas et crachent sur ton opinion, et qui ne sont ni ouverts, ni prêts à dialoguer."

 

Interrogé quant au regard qu'il porte sur Genève, il répond qu'il s'agit tout d'abord son "chez moi." C'est la Genève internationale et son aspect de ville-monde qui l'impressionne le plus: "c'est magnifique car on peut y rencontrer des personnes venues de tous les coins du monde." C'est aussi, pour lui, une belle ville dans laquelle tout le monde peut vivre paisiblement. Enfin, Amir Kursun est fier d'être genevois, car son domicile est un symbole des droits de l'homme au niveau international. Mais cette vision est pour lui mise à mal par une cohésion sociale trop fragile et dont il faut chercher à éviter l'effondrement: "j'ai peur que Genève devienne beaucoup trop dangereuse pour sa population." Il veut absolument éviter d'atteindre un choc social où l'écart entre les riches et les pauvres serait tel, qu'il opposerait les différentes couches de la population: si c'est un jour le cas, Genève ne pourrait plus être considérée comme paisible, sûre et développée. A son avis, il faut donc l'éviter, en protégeant la classe moyenne de l'extinction et en assurant la sécurité et la prospérité de la région.

 

Vous pourrez suivre les actions d'Amir Kursun sur facebook, lors de cette campagne qu'il mènera sous la phrase: "pour un canton du XXIe siècle."

26/09/2013

Portraits de candidats: Grégoire Rinolfi

Grégoire Rinolfi (Parti Pirate), 21 ans.

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Selon la Chancellerie d'Etat genevoise, il s'agit ici de l'unique candidat qui ne représente officiellement rien du tout. Il se désigne comme "le pauvre type pas publié dans la Feuille d'Avis Officielle"; en effet, si vous consultez celle-ci, vous ne verrez que son nom. Pas de passé, pas de CV... le néant, en somme. Mais rassurez vous: Grégoire Rinolfi n'est pas un obscur personnage agissant à l'ombre de la place publique, mais simplement une pauvre victime de la censure étatique. De ce fait, le présent portrait servira notamment à combler cette navrante lacune.

 

Pour commencer, Grégoire Rinolfi se considère comme un passionné. Il aime les sciences et la technique, il est toujours curieux de savoir "comment ça marche" et va toujours au bout des choses. Cet étudiant en troisième année de baccalauréat en génie mécanique à l'EPFL se décrit aussi comme une personne par moments solitaire. Il est membre d'un club de robotique à l'EPFL, au sein duquel il a déjà gagné des prix. Enfin, il passe ses heures perdues à faire de la programmation sur ordinateur, ou à mixer de la musique électronique pour se changer les idées.

 

Et la politique dans tout ça? Ce monde, il l'a découvert à travers des émissions satiriques comme "la soupe est pleine" (avec les mêmes humoristes que ceux qui sont à "l'agence"): c'est le côté humoristique de la politique qu'il a découvert en premier. Son intérêt pour la chose publique ne se manifestait que par sa consultation régulière des informations de l'actualité et ses éventuelles discussions avec des amis. Jusqu'en 2011, il ne fut que simple observateur, mais il rencontra par la suite le parti pirate, qu'il allait rejoindre suite à une discussion avec Alexis Roussel, l'éternelle figure de proue de ce mouvement.

 

Grégoire Rinolfi remarque un désintérêt général pour la politique, ainsi que des personnes qui préfèrent râler dans leur coin. Il pense au contraire qu'il faut bouger ("je me suis lancé sans hésiter"). Sa candidature, il la fait valoir à travers diverses qualités propres: "on s'égare dans les idées, et je veux revenir à un niveau plus pratique, un regard plus factuel [...] alors qu'on favorise plutôt l'expérience, et les personnes qui siègent un peu partout, j'ai une vision jeune, des idées novatrices et je sais remettre en question" (sans pour autant tomber dans l'attitude du "coup de pied dans la fourmilière").

 

Interrogé sur les domaines dans lesquels il vise à agir s'il était élu, il répond: "il faut pouvoir d'intéresser à tout et ne pas hésiter à faire des propositions si on a un minimum de compétences." Grégoire Rinolfi souhaite tout d'abord miser sur la thématique du numérique, un sujet absent des débats politiques et sur lequel il veut faire progresser la réflexion sur la mise en réseau des gens et le rapport qu'ils entretiennent avec ces réseaux. Il s'engage également en faveur d'une démocratie encore plus directe, un engagement qui est né au parti pirate et où la manière de fonctionner diffère de celle des autres partis, notamment par l'effort de faire participer un maximum la base du parti à la prise des décisions. Il cherche ainsi à éviter de faire perdurer une situation dans laquelle les élites des partis se consultent entre elles, par le biais de mécanismes influençables et de "débats d'initiés." Selon Grégoire Rinolfi, le système actuel aboutit au formatage des citoyens, puisque les idées politiques sont réduites à de simples publicités. Il souhaite avant tout rendre les partis plus transparents en établissant la publicité de leur financement: "il est beaucoup plus intéressant de voir qui finance un parti pour analyser ses prises de position."

 

Au niveau de la vie politique, il voit tout d'abord dans cette campagne une longue bataille électoraliste. "Les partis sont sur la défensive: dès que le parti pirate s'est montré, tout le monde lui est tombé dessus." Les partis se détruisent sur certains projets à travers des procès d'intention ou des mouvements dans le vide, qui font que les discussions n'avancent pas; Grégoire Rinolfi évoque l'épisode de la plage des Eaux-Vives, la construction de celle-ci ayant été retardée parce que quelques membres du WWF s'y sont opposés, malgré un accord général sur la question.

 

En résumé, il pense que la description la plus exacte de la vie politique genevoise est celle d'une vie politique animée. Ses adversaires politiques sont tout d'abord le MCG. "Leur démarche est contraire à celle des Pirates: ils disent "le MCG agit pour vous", alors que les nous dirions "les pirates agissent avec vous"." Il évoque également Antonio Hodgers, mais reconnaît qu'en tant que jeune parti, les pirates ont en fin de compte beaucoup d'adversaires. A ce titre, il évoque le refus des Verts de s'apparenter avec les pirates en vue des élections cantonales, mais l'opposition "anti-pirates" à laquelle il fait référence concerne effectivement à peu près tous les partis, malgré le fait que le sien est ouvert à tous sans distinction.

 

Vous pourrez suivre ses actions sur twitter et sur le site du parti pirate ou le contacter par email, lors de cette campagne qu'il mènera sous le slogan: "l'ouverture vers une société inclusive."