10/08/2016

Chronique ta mère! (Réponse à Jonas Schneiter)

Mardi 9 août, le chroniqueur Jonas Schneiter signait dans Le Temps un article intitulé « Dans tes Chambres! » Les parlements de jeunes sont inutiles! (lisez-le avant de poursuivre ici).

 

Si son texte était destiné à susciter la perplexité, c'est réussi: de quoi parle-t-il?? Il y décrit une assemblée fictive composée de "jeunes carriéristes" qui, sous l'illusion de révolutionner la société, se contenteraient de disserter futilement dans le seul intérêt d'un jeu de rôle d'imitation de vieux politicards. M. Schneiter ne donne pas un seul exemple de parlement de jeunes (PJ) qui, en Suisse en tout cas, corresponde à la définition qu'il en donne. En fait, il ne cite pas d'exemple du tout.

 

Une exemplification est pourtant nécessaire, car qui s'intéresse réellement aux PJ se rend immédiatement compte de leur hétérogénéité. Certains PJ naissent spontanément à l'initiative d'un groupe de jeunes, d'autres sur impulsion des autorités. Certains revêtent la forme d'une association de droit privé, d'autres celle d'une commission administrative qui conseille directement l'exécutif. Certains sont composés uniquement de jeunes politiciens (très rare en Suisse romande), d'autres pas. Il n'existe pas une seule forme unique de PJ, ce qui n'aurait pas échappé à M. Schneiter s'il avait simplement pris la peine de comparer hâtivement deux PJ au hasard sur Google.

 

Il affirme, également sans illustrer son propos, qu'à de rares exceptions près, les idées débattues au sein des PJ ne dépassent jamais le stade du bavardage. Au fond, cette critique est toute aussi pertinente s'agissant de ses propres chroniques, "bavardages" dont l'utilité reste purement idéale (si l'on suit son raisonnement). Je n'irai pas jusqu'à affirmer que "le journalisme" est inutile, bien qu'il pourrait aisément partager les défauts du "PJ unique" imaginé par M. Schneiter, c'est-à-dire un bavardage qui ne change rien à la société. On sait très bien que tout bavardage n'est pas forcément inutile à la société, bien au contraire; selon la formule de Grégoire Barbey, « ces structures permettent aux jeunes de se familiariser avec le fonctionnement et les principes d'un parlement, c'est-à-dire hisser la discussion et le débat comme prérequis à toute décision ».

 

Mais la seule manière de donner tort à M. Schneiter réside dans l'exemplification qu'il n'a pas souhaité faire. Il faut donc relever que c'est grâce aux Parlements de jeunes de Meyrin et de la Ville de Genève qu'on trouve des Noctambus dans le canton de Genève, un grand pas vers des nuits plus animées et des routes plus sûres. C'est aussi grâce à eux qu'on trouve des distributeurs de préservatifs dans les collèges genevois, une mesure concrète pour lutter contre les MST. C'est grâce au Conseil des jeunes de la ville de Lausanne que la loi vaudoise interdit explicitement la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. C'est grâce au Parlement des jeunes genevois que les réfugiés mineurs non-accompagnés (MNA) du canton ont pu tenir l'hiver dernier, suite à la récolte de plus de six tonnes de vêtements chauds. Ces quelques exemples suffiront assurément à démontrer que les PJ sont bel et bien utiles à la société, et que la représentation que M. Schneiter s'en fait ne correspond pas à la réalité.

 

Soyons fair-play: il ne me semble pas que M. Schneiter soit particulièrement mal-intentionné sur ce coup. Son plaidoyer contre les structures-alibi est pertinent dans l'absolu, mais très maladroit dans les faits. On pouvait raisonnablement attendre de lui qu'en invitant "les jeunes" à ne pas imiter "les vieux", il ne commettrait pas une erreur fréquente chez ces derniers: critiquer les actes de la jeunesse sans avoir cherché à les comprendre.

 

Diego Alan Esteban
Parlement des Jeunes Genevois
Vice-Président

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06/01/2016

Catégoriser les jeunes? Impossible!

Lettre ouverte adressée par le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) aux médias.

 

Catégoriser la jeunesse : une tâche impossible très prisée dans le débat public

Fin 2015, certains médias avaient une fâcheuse tendance à pratiquer le simplisme lorsqu’ils abordaient un sujet touchant « les jeunes ». Trop souvent, ils ne résistaient pas à l’envie de coller à ces jeunes une étiquette unique. Notre génération doit ainsi subir les conséquences déplorables d’un certain journalisme se contentant de généraliser, alors que – et nous allons tenter de le démontrer – la jeunesse ne se laisse que difficilement catégoriser. Espérons que le monde médiatique prenne pour 2016 la résolution de voir les 50 nuances de gris qui caractérisent les jeunes, et abandonne le portrait noir et blanc qu’il dépeignait généralement jusqu’à présent.

 

« Les jeunes votent UDC » ?

Suite aux dernières élections fédérales, le Matin dimanche du 25 octobre titrait sans nuance dans une manchette : « les jeunes votent UDC ». Cette affirmation présentée comme une révélation remplaçait ainsi la caricature du jeune votant à gauche qui prédominait jusqu’à présent. Ce type de formulation essentialiste est vide de sens et déforme la notion de « jeunesse » : seul le choix politique le plus populaire des jeunes votants est mentionné, au détriment de tous les autres choix (ou non-choix). En réalité, le Matin avait réalisé un sondage sur un échantillon de quelques centaines de jeunes votants : ses résultats plaçaient l’UDC (25%) devant le PS (23%). Si l’on prend les résultats des élections pour l’ensemble de la population, l’UDC a récolté près de 30% des voix ; et à notre connaissance, aucun média n’a titré que « les aînés votent UDC » !

 

La jeunesse est plurielle

De plus, il est étonnant de la part du quotidien de sous-entendre que le comportement des jeunes qui votent est représentatif de toute la jeunesse, alors que seul un jeune sur trois vote. L’ampleur du phénomène abstentionniste en Suisse limite ainsi de facto drastiquement toute tentative de généralisation de la jeunesse. Cependant, les titres sensationnalistes des médias ne connaissent aucun obstacle. Pas même ce rapport (« Ma Suisse et moi ») de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ) datant de juin dernier qui constate que les positionnements politiques des jeunes ne diffèrent que peu de ceux de leurs aînés. Selon ce rapport, « la jeunesse n’est pas uniforme » ; « il serait plus juste de parler de jeunesses […], pas une jeunesse ». Le monde médiatique aurait beaucoup à apprendre des constats de la CFEJ.

 

Les jeunes ne sont pas interchangeables

Le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) a de son côté vécu très directement les effets négatifs du traitement médiatique des jeunes : dans un reportage diffusé le 10 novembre au 19:30, certains membres du PJG avaient été mis en scène pour que leurs propos soigneusement coupés illustrent certains résultats jugés réactionnaires d’une étude sur les jeunes. Pourtant, lors du tournage, ils avaient été invités à exprimer leur voix propre avec ses nuances et sa singularité. En visionnant les séquences vidéo, les personnes concernées ont eu l’impression d’avoir été instrumentalisées, associées à un message auquel elles n’adhèrent pas à titre personnel. Comme si tout jeune était interchangeable.

 

Généralisations offensantes

La diversité qui caractérise la jeunesse est également à relever à la lumière des événements du 19 décembre dernier à Genève. En effet, à l’issue d’une manifestation qui a mal tourné, « les jeunes » furent pointés du doigt pour les tags, les vitres cassées et autres déprédations constatées. « Tous dans le même sac » : c’est le message blessant qu’ont ressenti plusieurs membres du PJG. Notre association s’engage pourtant pour la culture de la nuit avec 34 autres associations de jeunes au sein du « Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée » : ces nombreux jeunes qui ont choisi des voies démocratiques pour faire entendre leurs revendications ont ainsi été assimilés à une petite minorité d’autres jeunes ayant choisi la violence. Que plusieurs personnes, dont des élus du Grand Conseil, aient parlé sans nuance de « jeunes » sur les réseaux sociaux pour désigner les auteurs de la casse est tout simplement indécent.

 

Nous ne nions pas que des jeunes votent UDC, commettent des déprédations, aillent au Grand Théâtre et jouent au Scrabble. Il est cependant essentiel pour les médias de savoir manier la nuance lorsqu’elle est nécessaire. Réduire la jeunesse à une entité uniforme et homogène, c’est prendre le risque d’une part de provoquer des stigmatisations indésirables à l’égard des jeunes différant de la « norme », d’autre part d’accentuer le sentiment d’altérité que les jeunes ressentent à l’encontre d’institutions et de médias qui ne cherchent pas assez souvent à les comprendre. La jeunesse est plurielle, inclassable en tant que telle, à l’image des adultes : inutile d’essayer de la catégoriser, cette tâche est impossible.

 

Sylvain Leutwyler, Président du PJG
Diego Alan Esteban, Vice-Président du PJG

11/05/2014

NON à une initiative qui exclut les jeunes!

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Le 18 mai prochain, le peuple genevois se prononcera à nouveau au sujet de l'initiative cantonale intitluée "stop aux hausses des tarifs des transports publics genevois", rédigée par la branche politique du DAL (Défense des Aînés et du Logement), l'AVIVO. Comme il y a un an, je saisis mon clavier pour rappeler que cette initiative, quoi qu'on dise de l'idée de base qu'elle renferme, exclut purement et simplement une partie entière de la population (les jeunes de 18 à 25 ans), ce qui est inadmissible non seulement de mon point de vue, mais également de celui du Parlement des Jeunes Genevois, qui a décidé pour la première fois de prendre position politiquement afin de prôner un NON ferme à cette initiative aux effets anti-jeunes.

 

Des absurdités dans le texte

 

Pour rappel, l'initiative de l'AVIVO cherche à inscrire les tarifs des TPG (plus bas qu'actuellement) dans la loi, afin que tout changement puisse à l'avenir passer par un référendum populaire. A la vue de la très mauvaise qualité juridique (en certains points, cette initiative est susceptible d'être contraire à la loi fédérale sur les transports) et logique (vous trouvez la mention d'une "carte journalière tout Genève 60 minutes") du texte, il est évident que cette initiative a été écrite sur un coin de table en fin de soirée dans un bistrot, ses auteurs ayant mis tous leurs efforts dans le titre (car au fond, qui refuserait une initiative intitulée "stop aux hausses des tarifs"?), plus que dans le texte.

 

Comme mentionné plus haut, la première conséquence inadmissible est l'exclusion des jeunes de 18 à 25 ans du projet des initiants, qui souhaitaient une baisse pour tous mais qui risquent de provoquer une hausse pour celles et ceux qui représentent 30% des utilisateurs-trices des TPG. Rappelons que les étudiants, apprentis et autres stagiaires ne sont pas un groupe social dont les éventuels revenus permettraient de supporter les coûts qui leurs seraient imposés à travers des initiatives sérieusement bancales. D'un autre côté, les seniors, que cherchent à défendre l'AVIVO par cette initiative, ne sont pas non plus les membres les plus favorisés de la population. Mais pour ces deux catégories, il y a déjà des solutions: réductions pour les jeunes ayant jusqu'à 25 ans, réductions pour les retraités (à Genève, il s'agit des tarifs "seniors" les plus bas de Suisse), voire un abonnement à seulement 60.- pour les AVS/AI. Dès lors, prétendre qu'une réduction supplémentaire de 20-25% en moyenne pour les seniors et une augmentation soudaine et inexplicable des tarifs contre les jeunes soit une solution, est tout simplement absurde.

 

Une alternative aux moyens proposés

 

Cependant, pas tout dans cette initiative n'est à jeter à la poubelle. Je partage la frustration d'une bonne partie de la population à l'idée du fait que les TPG puissent décider d'augmenter les tarifs, à huis clos, alors que leurs administrateurs ne payent pas eux-mêmes leur propre abonnement (faites attention, cet argument est également utilisé par des élus d'Ensemble à Gauche et du MCG, qui sont pour l'initiative alors qu'ils profitent eux-mêmes d'un abo gratuit; hypocrisie quand tu nous tiens...).

 

Une solution plus efficace et qui irait dans le sens de l'AVIVO serait de rendre public le processus des décisions sur les hausses des tarifs, et permettre au Grand Conseil d'approuver ou rejeter le rapport des TPG non plus globalement, mais par sujet, afin que la population sache (enfin) ce qui se passe, et que le parlement cantonal ait (enfin) le pouvoir de contester véritablement cette décision sur les tarifs, que seuls les administrateurs des TPG et le Conseil d'Etat peuvent faire actuellement.

 

Des effets néfastes pour tout le monde

 

Mais ce que l'initiative demande, c'est que le peuple se prononce uniquement sur un prix. Je n'ai pas trouvé d'exemple semblable dans l'histoire de la politique suisse; si voter sur des projets coûteux (par exemple le crédit d'achat de 22 avions de chasse de type Gripen E pour plus de 3 milliards de francs) est habituel pour le peuple, ces projets sont souvent acceptés, car c'est le projet qui est au premier plan et non pas son prix. L'initiative de l'AVIVO est dans ce sens assez machiavélique: si on vous proposait seulement d'augmenter le prix d'un bien essentiel, diriez-vous vraiment oui? Et si on vous proposait seulement de le réduire, le refuseriez-vous? Je suis convaincu que ce ne serait le cas pour personne.

 

De plus, elle a un défaut grave (qui cette fois-ci n'est pas de la faute de l'AVIVO mais des autorités genevoises): elle modifie les "tarifs TPG". En réalité, les tarifs TPG ont disparu en 2001, lorsque les TPG, les CFF et les mouettes genevoises ont créé la communauté tarifaire "UNIRESO" (dans le but d'éviter aux Genevois-es de payer plusieurs billets pour un seul trajet), raison pour laquelle on parle actuellement de "tarifs UNIRESO". Or, en 13 ans, personne n'a pensé à changer la formulation de la loi, qui parle toujours de "tarifs TPG". Conséquence? Si seuls les tarifs des TPG sont soumis à une loi spéciale, alors que les tarifs de toutes les autres compagnies de transports publics de la région restent tels quels, UNIRESO n'a plus de raison d'être, et chacun reviendra à l'époque des tarifs spécifiques aux trajets qu'ils couvrent (et je ne sais pas si l'on peut espérer garder les mouettes genevoises en vie dans ce contexte). Les autorités l'ont d'ailleurs déjà annoncé: si elle est acceptée, cette initiative fera tomber UNIRESO, ainsi que tous les avantages que ce système fait profiter aux Genevois-es.

 

Des arguments maladroits

 

L'AVIVO se veut rassurante sur la facture financière de son initiative, en affirmant que la baisse des tarifs, et par extension la baisse de revenus pour les TPG, ne nécessitera pas de couper dans les prestations (suppression de lignes de bus, diminution du personnel, etc). C'est faux, car à Genève, il faut le dire, on a de la chance d'avoir des tarifs aussi bas: le ticket "tout genève - 60 minutes" coûterait peut-être 8.50 CHF si les TPG n'avaient que cette unique source de financement, mais heureusement l'Etat de Genève octroie une monumentale subvention de 220 millions de francs qui permet aux TPG de survivre tout en évitant de faire payer un poids financier trop lourd aux utilisateurs-trices. Ce que je réponds à l'AVIVO c'est qu'ils ne doivent pas s'attendre à obtenir le beurre et l'argent du beurre dans la situation d'aujourd'hui, car celle-ci est la moins dommageable pour le plus grand nombre.

 

L'AVIVO affirme ensuite que les erreurs de son initiative (ils ont au moins le courage d'admettre leurs erreurs) peuvent être facilement modifiées par le Grand Conseil après (l'éventuelle) acceptation de l'initiative. Je ne partage pas du tout ce point de vue: d'une part, quand on lance une initiative, on perd le contrôle sur le contenu du texte dès le début de la récolte de l'initiative (en effet, le texte doit rester tel quel, sauf s'il est en partie ou entièrement contraire aux conditions de validité d'une initiative populaire), et si on la rédige n'importe comment, on doit en assumer les conséquences. Et justement, d'autre part, si le peuple accepte l'initiative, il l'accepte en entier, pas seulement les parties qui arrangent l'AVIVO: celle-ci ne peut donc pas "autoriser" le Grand Conseil à modifier un texte qui vient d'être accepté en entier par la population, ce serait totalement anti-démocratique.

 

NON à l'initiative

 

Pour les raisons énoncées ci-dessus, je vous invite à voter NON à l'initiative. Si celle-ci est finalement refusée, l'AVIVO peut envisager de mettre en oeuvre son idée par d'autres moyens, notamment ceux que j'ai mentionnés plus haut. En effet, ce n'était pas le cas l'an dernier lorsque l'initiative a été votée pour la première fois, mais l'AVIVO a maintenant des représentants au Grand Conseil, et peut donc officiellement participer aux travaux parlementaires, qui lui permettront peut-être de se rendre compte des erreurs de ses propositions avant qu'il ne soit trop tard.

 

Donc votez NON à l'initiative de l'AVIVO, comme vous le proposent non seulement plusieurs partis, mais surtout le Parlement des Jeunes Genevois (PJG), le Groupe de Liaison des Associations de Jeunesse (GLAJ) et les jeunesses de partis (sauf la Jeunesse Socialiste, qui a complètement retourné sa veste par rapport à sa prise de position de l'an dernier, abandonnant les conséquences anti-jeunesse, c'est-à-dire le texte de l'initiative, pour soutenir l'idée plus ou moins démocratique de l'AVIVO, c'est-à-dire le titre de l'initiative, qui n'a aucune valeur légale).

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12/02/2014

Droit de vote à 16 ans?

Mardi 11 février 2014, Romain de Sainte Marie (28 ans, Député, Président du PS Genevois) et Caroline Marti (24 ans, Benjamine du Grand Conseil, ancienne co-Présidente de la Jeunesse Socialiste Genevoise) ont présenté à la Tribune de Genève leur proposition d'octroyer les droits politiques (sauf l'éligibilité) à tous les jeunes âgés de 16 ans aux niveaux cantonal et communal (note: le droit de vote communal inclut les résidents étrangers, conformément à la votation populaire du 24 avril 2005).

 

Samedi 2 novembre 2013, la question avait fait l'objet du grand débat de la dernière Conférence des Parlements de Jeunes à Lausanne, en présence notamment de Fathi Derder, Conseiller National (Vaud, PLR), Mathias Reynard, benjamin des Chambres Fédérales (Valais, PS), et Jérémy Seydoux, plus jeune candidat au Grand Conseil genevois (Vert'libéraux). J'y avais posé la question suivante: pourquoi faudrait-il s'arrêter à 16 ans seulement? Pourquoi pas un droit de vote dès la naissance? En effet, qu'est-ce qui justifie le fait d'ôter la possibilité de voter à une personne en raison de son âge, sachant que l'irresponsabilité en matière de droit de vote ne fait évidemment pas l'objet d'un monopole des mineur-e-s? Cette question, intentionnellement provocatrice, pose cependant le point de départ de la problématique.

 

Le question de l'âge est en effet une pierre angulaire de l'octroi des droits politiques. De ce point de vue, s'il semble évident que ceux-ci doivent être garantis dès la majorité civile au moins, il n'y a pas a priori de seuil minimum fixe et immuable qui soit forcément plus juste qu'un autre. Dans le canton de Glaris par exemple, le droit de vote à 16 ans est en vigueur et ne fonctionne pas moins bien que le droit de vote à 18 ans dans le reste du pays. En revanche, il est clair qu'un droit de vote pour des enfants de moins de 12 ans en tout cas (c'est-à-dire avant le début de l'enseignement secondaire et par conséquent des premiers cours d'éducation citoyenne) serait un autogoal pour la démocratie: en effet, un enfant reste très influençable dans son plus jeune âge, et ses parents auraient ainsi un "droit de regard" de fait sur ses décisions politiques qui ne permettrait pas "l'expression libre de la volonté des électeurs" (article 25 du Pacte de l'ONU relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Suisse). 

 

Il existe donc une tranche d'âge assez floue (située grosso-modo entre 12 et 18 ans) au cours de laquelle il est généralement admis qu'une personne aura acquis la maturité lui permettant de prendre en main son passage à l'âge adulte. A mon avis, synchroniser l'âge minimum du droit de vote à celui de la majorité civile n'est pas une évidence qui s'impose en tous cas. Une des critiques souvent opposées au droit de vote à 16 ans, comme l'a notamment affirmé Brice Arduini (Conseiller municipal MCG, Vernier, et ancien Président de la Jeunesse MCG) sur Léman Bleu, est celle de la capacité des jeunes de cet âge à prendre des décisions d'ordre politique; force est de constater qu'être adulte n'implique pas le fait d'être mature politiquement: ça et là, je vois des personnes déclarer voter sans prendre au sérieux leur droit, c'est-à-dire sans lire les textes sur lesquels elles sont appelées à s'exprimer, ou ne se contentant que de la lecture de l'intitulé. Les divers comportements qui conduisent à la prise d'une décision irrationnelle ne sont pas liés à l'âge: de ce point de vue, je ne vois pas des jeunes de 16 ans se conduire de manière plus incapable que leurs aînés.

 

Un autre contre-argument, parmi ceux qui n'avaient pas déjà été opposés à l'octroi du droit de vote aux femmes (en 1960 à Genève puis en 1971 au niveau national, voire en 1990 pour Appenzell Rhodes-Intérieures), est celui de la responsabilité. Une des premières réactions à la proposition de Romain de Sainte Marie et de Caroline Marti fut celle d'Aristos Marcou, responsable de la communication chez les Jeunes Libéraux-Radicaux Genevois, et qui reprit justement cet argument: "si la majorité est fixée à 18 ans, l'accession au droit de vote doit se faire au même âge." Il va de soi que l'éligibilité impose une responsabilité énorme, mais il en va différemment s'agissant des autres droits politiques (droit de vote, de lancer et de signer des initiatives et référendums), qui impliquent un engagement moindre et des connaissances bien moins étendues. D'ailleurs, dans la proposition de Romain de Sainte Marie et de Caroline Marti, le droit d'être élu n'est pas octroyé aux jeunes de 16 à 18 ans. En réalité, ce choix répond avant tout à des contraintes de niveau fédéral (comme la responsabilité pénale, qui est fixée à 18 ans), dont la modification ne se justifierait pas par la simple volonté d'un seul canton de faire élire ses jeunes. De plus, en ce qui concerne l'élection du Conseil d'Etat genevois, il faut avoir 27 ans pour être candidat.

 

Sachant donc que l'éligibilité ne fait pas partie du projet, je suis donc en faveur d'une extension des droits politiques cantonaux et communaux à partir de l'âge de 16 ans. Mais il faut garder à l'esprit que le droit de vote à l'âge de 16 ans en tant que tel n'est pas un but en soi: cette extension revêt un caractère épiphénoménal par rapport à la question principale qui sous-tend l'idée de Romain de Sainte Marie et de Caroline Marti. En effet, les droits politiques sont au coeur de ce qui fonde la démocratie, et celle-ci ne peut fonctionner durablement que si le corps électoral participe véritablement au processus. En Suisse, la participation électorale gravite habituellement autour des 50%, ce qui implique que les décisions faiblement majoritaires ne recueillent en réalité le soutien d'un-e seul-e citoyen-ne sur quatre. Sachant de plus que la participation électorale des jeunes s'élève à 30% en moyenne, on peut craindre une diminution progressive de l'utilisation du droit de vote en Suisse. Ainsi, il est important d'initier véritablement la jeunesse au fonctionnement de la démocratie, au rôle du citoyen et aux choix que celui-ci est amené à faire dans sa fonction de membre du corps électoral.

 

Il y a donc un sérieux besoin de renforcer l'éducation citoyenne, et surtout à Genève. L'idéal serait de permettre aux jeunes de suivre des cours d'initiation à la citoyenneté et à la politique à 16 ans, au moment où ils sont déjà amenés à prendre des décisions sur leur avenir professionnel ou universitaire. De ce fait, un droit de vote à 16 ans instauré simultanément permettrait à ces jeunes de mettre directement en pratique leurs connaissances nouvellement acquises du système et d'apprendre in concreto à former leur propre opinion. La motion proposée par Romain de Sainte Marie et Caroline Marti permettra d'apporter cette lacune qui existe actuellement en matière de droits politiques au niveau des autorités, car jusqu'ici, ce furent surtout les associations d'élèves (votations blanches dans les écoles) et des associations de jeunesse comme le PJG (débats participatifs, vulgarisation des informations politiques, etc.) qui se sont le plus investis dans le développement de l'éducation citoyenne, sans réellement avoir été écoutées.

 

La motion de Romain de Sainte Marie et Caroline Marti, qui représentent à eux seuls deux tiers des Députés de moins de 30 ans au Grand Conseil genevois, a encore un long chemin à parcourir. J'espère ardemment qu'elle conduira à un changement institutionnel incluant davantage la jeunesse dans cette société politique qui l'oublie trop souvent.

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15/02/2013

L'initiative au titre populiste

L'AVIVO (association de défense des retraités) a lancé une initiative populaire nommée "Stop aux hausses des tarifs des Transports Publics Genevois", qui sera soumise au vote du souverain genevois le 3 mars prochain. En tant que jeune intéressé par la politique, cette initiative me touche particulièrement, et je sens qu'il faut réagir, faute de quoi cette initiative, qui repose à l'ombre des autres sujets chauds du moment, à savoir l'initiative Minder, la LAT et les caisses de pension, pourrait bien connaître un sort qu'elle ne mérite pas.

 

Le Contexte


Les Transports Publics Genevois (TPG) sont une des nombreuses entreprises de transports publics actives dans le bassin franco-valdo-genevois. Il y en a environ une dizaine qui sont présentes dans la région du canton de Genève, y compris des françaises, vaudoises et suisses. Elles sont toutes membres ou collaboratrices au sein de la communauté tarifaire UNIRESO.

 

Comme le font toutes les autres communautés tarifaires en Suisse, UNIRESO suit les directives de l'Union des Transports Publics (UTP), qui ne sont pas juridiquement contraignantes. Ainsi,on trouve partout les mêmes règles de base, comme la répartition des tarifs en catégories d'âge:

  • Enfant (jusqu'à 16 ans)
  • Junior (de 16 à 25 ans)
  • Senior (à partir de l'âge de la retraite)
  • Adulte (tous les autres)

 

Cette uniformisation nationale répond aux besoins des utilisateurs, surtout ceux qui habitent des régions rurales et isolées, qui préfèrent avoir accès à plusieurs moyens de transports, plusieurs routes, sur plusieurs zones, et cela munis d'un seul billet. Sans accord entre les entreprises, il ne pourrait y avoir de titres de transports qui permettraient à la fois (par exemple) de prendre:

  1. Un bus pour aller à Nyon avec les TPN
  2. Un train pour aller de Nyon à Genève avec les CFF
  3. Un bus pour aller de Genève-Gare à Moillesulaz avec les TPG
  4. Un bus pour aller de Moillesulaz à Annemasse avec les TAC
(et ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres)
 
 
Les TPG sont moins un entreprise qu'ils ne sont un service offert par le canton de Genève, en raison de leur régulation par plusieurs lois et règlements, dont la LTPG (Loi sur les Transports Publics Genevois). Celle-ci autorise le Conseil d'État genevois à statuer sur les modifications de prix proposées par les TPG.
 
 
Le canton de Genève et les TPG se sont mis d'accord pour développer massivement l'offre des TPG dans les années à venir, ce qui implique nécessairement un équilibre prudent en matière de subventions. Selon la pratique actuelle, l'État rembourse les dépenses que les TPG n'arrivent pas à couvrir avec les gains liés à l'achat de billets et d'abonnements (par exemple), avec le but d'approcher le plus possible une situation "moitié gains-moitié subventions".
 
 
Le canton de Genève attend des TPG, en échange de son soutien financier, qu'ils offrent un service de qualité. Dans cette optique, afin également d'adapter leur réseau à leur développement, les TPG ont procédé à une restructuration complète de leur réseau. Afin de financer l'offre accrue, les tarifs ont augmenté deux fois en 10 ans. Bien évidemment, cela a suscité un mécontentement certain, mais qui ne s'est pas illustré dans les chiffres: la fréquentation a augmenté sans cesse.
 
 
C'est pour contrer la dernière hausse des prix que l'AVIVO a lancé une initiative législative modifiant la LTPG, dans le but de transférer la compétence de statuer sur les modifications de tarifs au Grand Conseil et d'y fixer les prix des billets (comme avant les deux dernières hausses, avec l'ajout d'un billet "junior" et d'un billet "senior") et des abonnements (tous étant frappés d'une diminution de coût non négligeable). Seuls trois partis politiques représentés dans les communes genevoises la soutiennent: le Mouvement Citoyen Genevois, SolidaritéS et le Parti du Travail (mais ils ne lui ont pas donné la priorité dans leurs campagnes respectives pour les votations du 3 mars).


Les Jeunes


Actuellement, comme partout en Suisse, les jeunes bénéficient de réductions jusqu'à leurs 16 ans (les enfants de moins de 6 ans voyagent gratuitement, et les jeunes de 6 à 16 ans voyagent gratuitement s'ils sont accompagnés par un adulte et ont payé une carte famille à 30.- par an), et aussi jusqu'à leurs 25 ans en ce qui concerne les abonnements. Ils bénéficient de très bon prix, en-dessous de la moyenne suisse, et représentent environ 30% du marché des abonnements. 

 

L'initiative modifie la pratique actuelle en définissant une catégorie "junior" de 6 à 18 ans (les moins de 6 ans bénéficiant de la gratuité), ce qui implique que les 18-25 ans passeront subitement du tarif jeunes au tarif adultes. Cette conséquence rend absurde le titre de l'initiative, puisque ces jeunes payeraient jusqu'à 56% plus cher qu'avant, alors que l'initiative cherche à stopper les hausses.

 

La raison d'exister des transports publics, dans une agglomération de grande taille, est de décharger les rues d'automobiles, polluantes et encombrantes, de réduire le nombre de bouchons et de fluidifier le trafic. Il faut ainsi chercher à favoriser l'utilisation des transports publics et de la mobilité douce, en les rendant attractifs. Cette stratégie est capitale en ce qui concerne les jeunes, surtout ceux qui franchissent l'âge de la majorité, car c'est à ce moment-là que s'établissent les habitudes en matière de mobilité. Les discriminer subitement, alors que toute la Suisse en fait autrement, est absurde et nocif pour le bon fonctionnement des TPG et pour la lutte contre la surcharge de trafic routier.

 

À l'inverse, les retraités (que représente l'AVIVO), qui bénéficient déjà des meilleurs prix de Suisse, loin en-dessous de la moyenne nationale, sachant que les plus pauvres d'entre eux (ceux qui détiennent des rentes complémentaires AVS/AI) peuvent avoir un abonnement annuel à 60 CHF, payeraient encore moins cher qu'actuellement, selon l'initiative. Il semble ahurissant de demander à l'électeur de financer les caprices des retraités, déjà très favorisés, par des concessions de la part des jeunes. Ceux-ci sont le plus souvent encore en formation et n'ont pas de source de revenus, alors que les retraités en ont une.


UNIRESO


Grâce à UNIRESO, le voyageur de la région genevoise ne se trouve pas dans un système comme au Royaume-Uni par exemple, où il y a un grand nombre d'entreprises de transports publics pour un même lieu et pour un même trajet, impliquant, faute d'accords entre elles, l'achat de plusieurs billets pour un simple déplacement. 

 

UNIRESO rassemble les TPG, les CFF et les mouettes genevoises, et a conclu des accords avec de nombreuses autres entreprises (SNCF, TPN...). Ce système repose sur une adaptation constante aux besoins de chacun des membres et des utilisateurs, ainsi qu'à l'évolution toujours croissante de la cherté de la vie. Ainsi, les hausses de tarifs sont inévitables, mais elles doivent être effectuées avec modération, ce qui semble être le cas actuellement.

 

Vous l'aurez compris, l'initiative modifie une loi cantonale qui vise les tarifs TPG uniquement. Le Département de l'Intérieur, de la Mobilité et de l'Environnement (DIME) a déjà expliqué que la présence de la notion de tarifs TPG dans la LTPG était un oubli de sa part, puisque cette notion désigne une chose véritablement inexistante. En effet, depuis la création d'UNIRESO, il n'y a que des tarifs UNIRESO. L'initiative exploite cet oubli juridique en créant une différence au sein de la communauté, puisque les TPG la contraindraient à revoir entièrement la fixation des tarifs. 

 

La situation actuelle en matière d'organisation des transports publics satisfait les utilisateurs. Mais sans une véritable coordination des aspects aussi fondamentaux que les tarifs, UNIRESO ne saurait survivre longtemps. Les CFF ont d'ores et déjà annoncé vouloir se retirer de la communauté si l'initiative était acceptée, car celle-ci rend nuls les rabais CFF sur le réseau genevois. 

 

Enfin, la LTPG étant une loi cantonale, elle ne pourrait avoir d'effets sur la région (importante) franco-vaudoise du "territoire" UNIRESO. Au fond, tout indique que l'AVIVO considère les transports publics comme étant les seuls TPG du centre-ville. Un tel manque de connaissance, d'information, et donc de compétence de la part des initiants explique la piètre qualité de leur initiative, qui ne prend en compte qu'un nombre réduit de facteurs, mais suffisant pour remplir (certains juristes pensent le contraire) les conditions légales de validité d'une initiative populaire.


Des arguments pour?


Les défenseurs de l'initiative partent immédiatement du principe que les prix sont trop chers par rapport au service offert. En ce qui me concerne, Genève est un lieu privilégié en matière de transports publics. En effet, par exepmle, rien qu'entre les arrêts "Museum" et "Rieu", on trouve quatre arrêts de bus sur à peine 600m! La fréquence des transports, particulièrement au centre-ville, est tout ce qu'il y a de plus acceptable, sauf si 5 minutes représente une quantité de temps inacceptable en cas de retard (ce qui est bien capricieux, à mon sens). Les véhicules sont relativement luxueux, surtout pour les nouveaux modèles.

 

En ce qui concerne les tarifs, ils sont plus élevés qu'avant, il est vrai. Mais qu'en serait-il si le billet représentait le coût réel du service? Le prix serait clairement dissuasif. L'AVIVO souhaite diminuer les prix des TPG, comme si l'état actuel des choses représentait du vol: Genève propose au contraire des tarifs le plus souvent en-dessous de la moyenne nationale, avec des réductions nombreuses pour les personnes âgées, les jeunes, les familles, les employés de certaines entreprises... Plus cher qu'avant ne veut pas forcément dire trop cher.

 

Les initiants souhaitent lancer un message politique, qui manifesterait leur mécontentement général envers les TPG. Soit, mais pourquoi écrire une aussi mauvaise initiative? Un des billets qui figure dans les tarifs proposés est intitulé "Carte journalière Tout Genève 1h". Je vous laisse contempler le manque de relecture de la part des initiants. 

 

J'ai recueilli, de la part de défenseurs de l'initiative, l'argument selon lequel le Grand Conseil pourra, suite à l'acceptation (éventuelle) de l'initiative, la corriger si elle est acceptée. Jamais je n'avais entendu aussi peu de considération pour le droit d'initiative... Tout d'abord, le texte de l'initiative prend le dessus sur les intentions des initiants, car il est attendu de leur part de clairement les exprimer à l'intérieur de celle-ci. On ne peut pas exiger du peuple qu'il vote sur l'initiative et l'accepte-mais-pas-sur-les-parties-moins-bonnes-parce-qu'on-accepte-que-le-Grand-Conseil-les-modifie. C'est impossible, car les seules réponses sont "oui" ou "non". Il est contraire à l'idée de la démocratie directe suisse que de suggérer que le parlement pourrait modifier une initiative acceptée par le peuple: il n'a pas la compétence de trahir la volonté de celui-ci (qu'il est d'ailleurs chargé de représenter!).

 

Selon ces mêmes défenseurs de l'initiative, le Grand Conseil aurait déjà pu voter les modifications demandées par l'AVIVO, comme s'il existait une solution toute faite. S'il en existait une, on le saurait depuis un moment. Le Grand Conseil n'a pas pensé aux propositions de l'AVIVO auparavant car elles ne permettent pas forcément de résoudre le problème visé. Il n'a pas non plus opposé de contre-projet, ce qui est un message fort de la part du parlement cantonal, plus habilité que l'AVIVO à voter des dispositions législatives, indiquant que l'initiative serait très mal insérée dans l'ordre juridique, tant formellement que matériellement.


Conclusion


Si les initiants affirment vouloir empêcher la hausse des tarifs, cela n'est assurément pas le cas. Christian Grobet, membre du comité d'initiative, a balayé du revers de la main le fait que son initiative sanctionne les jeunes par des tarifs plus élevés, comme si c'était une bagatelle! 

 

Il est clair que les initiants, puisqu'ils n'ont pas recherché leur sujet, exprimaient plutôt un coup de gueule que la volonté de répondre à un besoin fondé à l'aide de mesures appropriées; en effet, il n'y a rien de moins approprié que les propositions de leur initiative. En voulant baisser radicalement les tarifs, mais en refusant les conséquences que leur initiative aurait sur la situation actuelle, ils veulent le beurre et l'argent du beurre!

 

Ainsi, en tant que jeune qui, contrairement à ce que dit le titre même de l'initiative, verra les tarifs brusquement augmenter, je vous invite à refuser cette initiative mal rédigée, mal fondée, mal orientée, et mal défendue.

 

Dans le cas contraire, comme le dit Daniel Zaugg: "Vous êtes vieux et n'aimez pas les jeunes? [...] Alors votez oui sans hésiter le 3 mars à l'initiative de l'AVIVO" (Le blog de Daniel Zaugg)

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |