22/08/2016

Débat incohérent autour du voile

Alors qu'il n'a jamais manqué de raisons pour lancer de grands débats sur la laïcité, sur les limites à l'expression religieuse, sur l'égalité hommes-femmes, sur l'opposition au radicalisme religieux, sur la place et l'interprétation des symboles, on en parle enfin, mais seulement parce que le racisme politique a décidé de se faire des voix sur le dos des femmes musulmanes.
 
On parle de laïcité seulement en lien avec le voile islamique, pas avec le fait que la Constitution suisse débute par une référence à Dieu, que les armoiries genevoises sont purement chrétiennes (demandez-vous deux secondes d'où viennent l'aigle, la clé et le soleil avec l'acronyme en lettres grecques), que les Conseillers d'Etat du canton prêtent serment la main sur la bible dans la cathédrale, etc: incohérent.
 

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On parle des limites à l'expression religieuse, mais pas en lien avec les autres formes de tenues vestimentaires pudiques imposées aux femmes par d'autres religions (http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/20/conseillere-elysee-hollande-voile-pape_n_11635698.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001).
 
On parle d'égalité hommes-femmes uniquement en lien avec le voile islamique - alors qu'il s'agit d'une des rares tenues que les femmes peuvent porter sans trop risquer de se faire traiter de "salopes" (et encore...) - pendant que les inégalités salariales et la répartition des tâches ménagères restent fortement ancrées dans nos sociétés "modernes" (et parlons-en, de la présence des femmes en politique...).
 
D'ailleurs, plusieurs féministes anti-voile nient la pertinence du "voile nippon" dans ce débat (les Japonaises se couvrent entièrement jusqu'au visage pour éviter le contact avec le soleil), au motif que ce ne serait pas un symbole de soumission de la femme comme l'est le voile islamique: pourtant, partout dans le monde les femmes se font dicter leur comportement tant qu'il n'est pas en adéquation avec le modèle de féminité ambiant. Et que ce soit au Japon (avoir la peau la plus blanche possible pour être considérée comme belle), en Arabie Saoudite (cacher tout sous un voile et interdiction de conduire) ou en Suisse (épilation et minceur quasi-obligatoires pour être considérée comme belle), on apprend aux femmes qu'elles ne pourront jamais être acceptées par la société si elles ne ressemblent pas au fantasme masculin dominant.
 
On parle des mesures à prendre pour s'opposer aux vecteurs du radicalisme religieux, mais la France offre des légions d'honneur aux Saoud... Et lorsqu'on prétend lutter contre l'islamisme en s'attaquant au voile, c'est de l'opportunisme pur et dur: la source du problème n'est pas la personne qui porte le voile mais celle qui l'oblige à le porter (analogie: s'attaquer au consommateur pour lutter contre les drogues plutôt que le vendeur ou le producteur est assez contre-productif). Et lorsqu'une femme porte le voile sans que personne ne l'y contraint (donc par choix), alors c'est pas vos putains d'oignons de savoir comment elle s'habille.
 

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Et enfin, on parle beaucoup du voile comme symbole de soumission de la femme (comme si c'était la seule interprétation possible), mais en demandant rarement aux femmes voilées ce qu'elles en pensent (car voyez-vous, elles sont un peu plus concernées que n'importe qui d'autre par ce débat). Un peu comme si on interdisait le crucifix sur les pendentifs et les monuments, au motif qu'il ne pourrait s'agir que d'un symbole de promotion de la torture (renseignez-vous sur l'origine du crucifix), sans qu'on demande aux chrétiens leur avis.
 
Il faut être sacrément aveugle pour ne pas voir que si l'on débat enfin de ces sujets, c'est uniquement parce que ces débats sont utiles (sur le plan électoral) à ceux qui les lancent. Et le fait que ces débats soient limités au voile islamique prouve qu'ils n'ont ni été lancés par des féministes, ni par des libertaires, ni par des démocrates, ni par des laïcs. On est de toute évidence dans un pur rapport de forces politique où les milieux racistes réussissent à vous faire croire qu'ils défendent des principes dont ils n'ont rien à cirer, et qu'ils ne défendront plus dès qu'ils ne leur permettront plus de gagner des voix. Si c'est oui à l'initiative anti-voile, la victoire appartiendra uniquement à l'UDC, qui pourra continuer à augmenter l'âge de la retraite, défendre le modèle de la femme au foyer, s'opposer à toute forme d'intégration des LGBT et poursuivre ses attaques sur l'avortement...
 

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Je désapprouve du voile islamique, mais je m'insurge de ces réflexes égocentriques des pratiquants d'une vision purement hygiéniste de la société, visant à réglementer par la loi tout ce qui déplaît à leurs yeux. Car si on décide qu'interdire sur le plan légal tout ce qui déplaît - même légèrement - est une pratique admissible, alors j'ai le plaisir de vous présenter mon programme de législature:
  • Interdiction des chignons masculins parce que c'est moche
  • Les feux devront être tous verts à mon passage
  • Les sons produits par Alain Morisod ou Maitre Gims ne peuvent plus être considérés comme de la "musique"
  • Interdiction des selfie sticks
  • Les rigolos qui annoncent un dracolosse en réalité inexistant n’attraperont que des roucoule pendant trois mois ferme
  • Le droit de vote est retiré aux personnes âgées qui vivent avec les conséquences de leurs choix pendant moins de dix ans seulement

02/12/2014

Scandale: accueillir sa famille chez soi interdit aux pauvres!

Une connaissance a écrit le message suivant pour faire connaître le calvaire que vit une future mère souhaitant simplement organiser l'arrivée du bébé avec l'aide de sa famille. Ce récit hallucinant inquiète en raison des barrières juridiques inadmissibles opposées aux personnes qui ont des revenus modestes. 

 

La retranscription de ce message dans ce blog a été réalisée avec son accord.

 

Un scandale,

comme quoi à Genève les pauvres n'ont vraiment pas les mêmes droits que les autres :

une amie à moi, enceinte, qui veut faire venir un membre de sa famille du pays pour l'aider quand le bébé va arriver, ne peut pas faire d'invitation à un membre de sa famille, car en tant qu'aide soignante elle ne gagne pas
60 000 CHF par année.

Personne dans son entourage ne peut l'aider pour sa demande car ses amies sont soit domiciliées en dehors du canton de Genève, donc ne peuvent pas se porter garantes, soit elles gagnent elles aussi moins que
60 000 CHF par année.

Ce qui fait quand même 5000.- par mois! Ce n'est pas donné à tout le monde de gagner 5000.- par mois. Surtout pas aux femmes migrantes.

Je suis vraiment dépitée pour elle. Dépitée de me rendre compte que parce qu'une personne est pauvre elle ne peut pas simplement pas recevoir un membre de sa famille chez elle.

De plus, il y'a une volonté claire de la maintenir dans la pauvreté alors qu'elle travaille 32 heures par semaine dans un EMS en tant qu'aide soignante. Comme beaucoup de femmes migrantes qui travaillent pour 3 clous dans l'économie domestique et dans les EMS. Pour prendre soin des personnes âgées avec des horaires coupés, irréguliers, les week ends, et jours fériés... Pour gagner un salaire minable avec une classe de salaire 6!!

C'est scandaleux de ne pas lui permettre d'inviter une soeur ou un frère ou une mère, une cousine, alors qu'elle ne bénéficie d'aucune aide sociale, qu'elle n'a jamais commis aucun délit, qu'elle a un logement et un contrat de travail à durée indéterminée. Elle n'a aucun membre de sa famille à Genève pour l'aider à accueillir son bébé qui va arriver. Franchement en tant que Suisse et genevoise, j'ai honte.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook |

20/11/2014

Ecopop: lire entre les lignes

L'écologie politique est, on le sait, un mouvement visant à améliorer la protection et la préservation de l'environnement. Mais ses adeptes sont loin de s'accorder sur les moyens permettant d'atteindre ce but: les écologistes que l'on retrouve le plus couramment préfèrent agir sur les technologies, afin de favoriser les moins polluantes. C'est le cas des militants antinucléaires, dont la cause fonda l'écologie politique. Un autre facteur sur lequel les écologistes ont souvent tendance à agir est l'économie. Par des mesures d'incitation, on peut en effet faciliter le développement des énergies renouvelables.

 

Si le projet-phare de l'écologie politique, qui consiste à abandonner la voie de l'énergie nucléaire, notoirement dangereuse pour notre planète, a réussi à convaincre dans des pays comme la Suisse, l'Italie, l'Autriche, la Suède, l'Allemagne, le Japon et l'Espagne, l'environnement continue à souffrir des activités humaines. En effet, la sortie du nucléaire reste avant tout une mesure préventive, la cause principale des dangers environnementaux résidant essentiellement dans l'excès des émissions de dioxyde de carbone produites par notre consommation d'énergies fossiles. Et à ce niveau-là, peu d'Etats sont prêts à défier l'industrie du pétrole par exemple.

 

Il existe également un courant - minoritaire - de l'écologie politique, qui s'inquiète des effets de la surpopulation sur notre planète, et souhaite donc agir sur le facteur démographique. La tâche de ces personnes est délicate, car elle ne met pas simplement en balance l'activité humaine et la santé de l'environnement, mais la survie de la planète et le nombre de membres de la population humaine. Il ne s'agit plus d'adapter simplement son mode de vie, mais, par le biais de politiques de natalité, réduire le nombre de hominum sapientum présents sur terre. Cette tâche est délicate, car vouloir modifier les habitudes reproductrices de ses semblables et, à long terme, la taille de la population mondiale, peut très facilement violer une quantité importante de principes fondamentaux consacrés dans la plupart des sociétés démocratiques.

 

A première vue, l'association "écologie et population" (ecopop), à l'origine de l'initiative "halte à la surpopulation - oui à la préservation durable des ressources naturelles" soumise au vote du peuple suisse et des cantons le 30 novembre prochain, ferait partie de ce dernier courant de l'écologie politique. Mais si on se penche sur le texte même de l'initiative, au-delà de son simple titre (qui, on ne le répète jamais assez, n'a aucune valeur juridique), il y a des éléments qui permettent de croire que ce projet est profondément mal fondé.

 

Le texte de l'initiative vise à instaurer un nouvel art. 73a (population) dans la Constitution fédérale, comprenant 4 alinéas et assorti de deux dispositions transitoires (qui servent à organiser la mise en oeuvre de la nouvelle disposition).


Le premier problème qui ressort de cette initiative est l'inadéquation flagrante entre le moyen proposé et le résultat recherché. En effet, l'association ecopop part du principe que si on fige par simple proclamation dans la Constitution les mouvements migratoires, la population suisse restera à "un niveau qui soit compatible avec la préservation des ressources naturelles". D'une part, je doute qu'une initiative disposant que "la pluie est interdite sur tout le territoire suisse" serait d'une quelconque utilité: on ne change pas une chose (le phénomène migratoire) qui existe quoi que l'on fasse, par simple effet déclaratoire. D'autre part, la surpopulation est un problème mondial; si, par impossible, on arrivait effectivement à bloquer nos frontières, l'environnement en Suisse ne s'en porterait pas mieux. C'est l'écosystème planétaire qui souffre des activités humaines: il ne connaît pas de frontières. Ainsi, agir sur celles-ci pour protéger nos montagnes, notre Alpe de neige comme disait Emile Jacques-Dalcroze, est illusoire et absurde.

 

Ecopop se trompe donc dans l'adéquation de son initiative avec le problème qu'elle cherche à résoudre. Son initiative part d'un esprit écologique, mais dans les mesures qu'elle propose, elle n'est absolument pas écologique. Pire, elle est même porteuse d'un message de nature plutôt colonialiste: "sur l'ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10% au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire". Cette formulation paternaliste rejette la faute de la surpopulation sur le monde entier... sauf la Suisse. En somme, s'il y a une personne qui doit arrêter de faire des enfants, c'est vous, pas moi. Pourquoi la Suisse devrait-elle financer la planification familiale ailleurs et pas ici?


En résumé, l'initiative ecopop n'est pas écologique, mais elle est paternaliste. Elle ne protège pas l'environnement, en revanche elle s'attaque à l'immigration. Cette initiative exempt la Suisse de toute responsabilité dans la surpopulation (c'est bien connu, les Suisses ne font pas d'enfants), et suppose à tort que le phénomène migratoire peut être contrôlé; à tel point qu'elle imite l'UDC sur ce point en demandant, si l'initiative devait être acceptée, une rupture avec tous les traités internationaux faisant obstacle au texte. Mais comme dit précédemment, le phénomène migratoire existera toujours, quoi qu'on fasse, indépendamment des lois, des traités, des frontières, voire des murs quand ils existent (entre les USA et le Mexique par exemple).


Pour conclure, un dernier point mérite d'être soulevé. Je pense que n'importe qui peut légitimement s'inquiéter de la surpopulation mondiale. Nous n'avons qu'une seule planète, et celle-ci n'arrive que difficilement à supporter notre présence, gourmande en ressources naturelles. Mais la faute humaine dans la mise en danger de l'environnement appelle une réponse globale, un pays comme la Suisse ne suffira jamais à sauver la nature tout seul. Le 30 novembre, l'initiative ecopop sera acceptée ou rejetée. Au-delà de ses nombreux défauts, mentionnés plus haut, elle postule que l'immigration est une cause de pollution. Je crois qu'à ce stade, je peux sans hésitation voir dans cette initiative, qui assimile des êtres humains à de la pollution, une forme de racisme écoeurante, qui suffit à dire que cette initiative n'est pas écologique, car l'écologie a une vocation universaliste, elle n'est pas exclusive.

 

Pour toutes ces raisons, au nom de l'écologie, au nom de l'anticolonialisme, au nom de l'antiracisme, au nom, enfin, de la raison, je vous invite à voter NON à l'initiative ecopop.

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Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook |

27/11/2013

Le retour triomphant de la peste brune

Lorsque l'on pense au racisme, l'on se pose souvent la question de savoir à partir de quel seuil l'intolérable peut être atteint. Il est clair pour à peu près tout le monde que l'antisémitisme, exprimé de manière à rappeler le génocide commis contre les juifs par Adolf Hitler et son régime en Allemagne nazie lors de l'entre-deux-guerres et de la seconde guerre mondiale, franchit ce seuil critique. L'holocauste demeure encore et toujours l'exemple par excellence des pires horreurs dont l'être humain puisse être capable. Mais il ne s'agit malheureusement pas d'une évidence pour tout le monde, plus particulièrement pour des personnes qui croient que la liberté d'expression est sans limites, quand bien même elles formulent des appels au génocide ou en font l'apologie, en raison d'un refus de reconnaître à certains groupes d'êtres humains la dignité qui leur est due, selon tous les principes élémentaires des droits fondamentaux démocratiques.

 

Ce refus de reconnaître à des personnes leur appartenance à l'espèce humaine en raison d'une caractéristique qui est indissociable de leur personne (sexe, âge, apparence, langue, religion, origine, orientation sexuelle, santé, opinions politiques...) est justement ce que l'on appelle le racisme. Si j'ai un jour décidé de m'engager en politique, de rejoindre un parti, de participer à des actions, à plusieurs associations, de mener des campagnes, de débattre, de défendre des idées, c'est justement car je voyais que notre environnent politique et social avait perdu de vue les horreurs du XXe siècle, puisqu'il les laissait - par laxisme - revenir à nouveau s'installer dans les esprits comme des éventualités tolérables, voire souhaitables.

 

L'extrême-droite est actuellement la faction du spectre politique d'où vient systématiquement l'incitation à la désinhibition raciste. En effet, on assiste à une certaine libération de la parole raciste, due au manque de réactivité de la société dite humaniste: même à Genève, capitale des droits de l'Homme, on parle encore de "dérapages" face à des propos pourtant intentionnellement et ouvertement haineux. Ce retour dans les bas-fonds de l'Histoire ne suscite pour l'instant qu'une faible opposition, quand bien même nous nous en approchons à grands pas; alors que le racisme est à combattre fermement, au nom des valeurs humanistes et démocratiques qui animent nos contrées, les phobies agressives parviennent aujourd'hui jusqu'au sein des autorités politiques de notre société. Et hier soir, Denis Menoud (Conseiller municipal MCG en ville de Genève) m'a donné la preuve que l'infection dont souffrent nos institutions a atteint son paroxysme, lorsqu'il écrivit sur facebook:

 

 

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"l'essentiel, c'est qu'Israël soit sur la voie de la carbonisation."

(Denis Menoud, Conseiller municipal MCG)

 

C'est en lisant ce genre d'horreurs - qui se passent d'explications - que je me souviens pourquoi je me suis lancé dans la défense de valeurs désormais très sérieusement mises en danger, telles que le respect de l'autre et le rejet du racisme. Il faut dire que Denis Menoud n'en est pas à son coup d'essai: en mai, il avait déjà comparé les homosexuels à des pédophiles, et plus récemment accusé des élu-e-s naturalisé-e-s d'être des "traîtres à la patrie", en les invitant à rendre leur passeport.

 

Pourtant, il serait bien naïf de croire que Denis Menoud est un précurseur en la matière à Genève: il y a Henry Rappaz (Député MCG), qui compara il y a quelque jours Christiane Taubira (ministre française d'origine guyanaise) à un singe (cliquez ici), faisant ainsi écho à la même comparaison réalisée en France par la candidate du Front National Anne-Sophie Leclere, Eric Bertinat (Conseiller municipal UDC), qui appela il y a plusieurs mois à l'interdiction pure et simple de l'islam, Julien Fonjallaz (candidat UDC au Grand Conseil), un révisionniste antisémite de réputation (comme révélé dans cet article), ou encore Jérémy Gardiol (lui aussi candidat UDC), pour lequel "l'homosexualité est une maladie." Je remarque - au passage - que les polémiques provoquées par ces personnes, comme les propos d'hier soir, sont le plus souvent nées sur le réseau social Facebook.

 

Et justement, suite aux déclarations honteuses de Denis Menoud, les réactions sur facebook furent nombreuses. Des propos aussi explicitement antisémites et contraires à tout ce que nous dictent les valeurs des droits de l'homme ne peuvent absolument pas passer inaperçus et impunis. Dans ce cas, pourquoi des réseaux comme Genève Antifa sont-ils aux abonnés absents? A l'heure où les nombreuses déclarations vomitives de l'extrême-droite tendent inexorablement vers une banalisation du racisme, ceux qui se déclarent être en première ligne pour contrer ce retour - en l'état insuffisamment contesté - de la peste brune sont aux abonnés absents! De plus, pourquoi les médias restent-ils muets sur cette affaire? 

 

Il revient donc à chacune et chacun d'entre nous de faire entendre notre voix contre cette normalisation inadmissible. Pour l'instant, ni les médias ni le MCG n'ont donné des signes de protestation: si le MCG - par le biais de son président Roger Golay - ne sanctionne pas aujourd'hui par une expulsion du parti Denis Menoud pour ses propos, c'est un signe évident qu'il les cautionne - du moins partiellement. Et dans ce cas, ce parti aura révélé la totale incohérence de son slogan "ni à gauche, ni à droite."

 

Mais en attendant, il s'agit de répondre fermement aux propos immondes proférés hier soir. Vous pouvez également participer à l'appel aux sanctions contre l'indigne Conseiller municipal Denis Menoud, en exprimant votre indignation aux adresses des responsables politiques figurant ci-dessous, et en leur appelant à prendre des mesures.

 

Le Bureau du Conseil Municipal de la ville de Genève:

  • Pascal Rubeli (président): pascal.rubeli@cm.ville-ge.ch
  • Olivier Baud (vice-président): olivier.baud@cm.ville-ge.ch
  • Carlos Medeiros (vice-président; président du MCG communal): carlos.medeiros@cm.ville-ge.ch
  • Rémy Burri: remy.burri@cm.ville-ge.ch
  • Martine Sumi: martine.sumi@cm.ville-ge.ch
  • Lionel Ricou: lionelricou@hotmail.com
  • Julide Turgut Bandelier: julide.turgut@cm.ville-ge.ch

 

Le Conseil administratif de la ville de Genève:

  • Sandrine Salerno (maire): sandrine.salerno@ville-ge.ch
  • Guillaume Barazzone: guillaume.barazzone@ville-ge.ch
  • Sami Kanaan: sami.kanaan@ville-ge.ch
  • Esther Alder: esther.alder@ville-ge.ch
  • Rémy Pagani: remy.pagani@ville-ge.ch

 

Le Président cantonal du Mouvement Citoyen Genevois:

  • Roger Golay: roger.golay@gc.ge.ch

 

Le MCG a annoncé jeudi soir qu'il avait réclamé la démission de son Conseiller municipal Denis Menoud avant vendredi midi, faute de quoi son expulsion serait prononcée.

Je suis déçu qu'il a fallu attendre des déclarations antisémites pour que des mesures soient enfin prises, mais - malgré le fait qu'il siégera toujours au Conseil municipal de la ville de Genève - il est encourageant de savoir que la vie politique locale sera débarrassée d'un de ses plus sinistres éléments.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (28) |  Imprimer |  Facebook |