22/08/2016

Débat incohérent autour du voile

Alors qu'il n'a jamais manqué de raisons pour lancer de grands débats sur la laïcité, sur les limites à l'expression religieuse, sur l'égalité hommes-femmes, sur l'opposition au radicalisme religieux, sur la place et l'interprétation des symboles, on en parle enfin, mais seulement parce que le racisme politique a décidé de se faire des voix sur le dos des femmes musulmanes.
 
On parle de laïcité seulement en lien avec le voile islamique, pas avec le fait que la Constitution suisse débute par une référence à Dieu, que les armoiries genevoises sont purement chrétiennes (demandez-vous deux secondes d'où viennent l'aigle, la clé et le soleil avec l'acronyme en lettres grecques), que les Conseillers d'Etat du canton prêtent serment la main sur la bible dans la cathédrale, etc: incohérent.
 

voile,islamique,islam,musulman,voilee,burqa,niqab,visage,couvrir,initiative,udc,féminisme,liberté,religion,christianisme,eglise,discrimination,racisme,fn,dieu,allah,incohérence,incohérent,débat,autour,du

On parle des limites à l'expression religieuse, mais pas en lien avec les autres formes de tenues vestimentaires pudiques imposées aux femmes par d'autres religions (http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/20/conseillere-elysee-hollande-voile-pape_n_11635698.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001).
 
On parle d'égalité hommes-femmes uniquement en lien avec le voile islamique - alors qu'il s'agit d'une des rares tenues que les femmes peuvent porter sans trop risquer de se faire traiter de "salopes" (et encore...) - pendant que les inégalités salariales et la répartition des tâches ménagères restent fortement ancrées dans nos sociétés "modernes" (et parlons-en, de la présence des femmes en politique...).
 
D'ailleurs, plusieurs féministes anti-voile nient la pertinence du "voile nippon" dans ce débat (les Japonaises se couvrent entièrement jusqu'au visage pour éviter le contact avec le soleil), au motif que ce ne serait pas un symbole de soumission de la femme comme l'est le voile islamique: pourtant, partout dans le monde les femmes se font dicter leur comportement tant qu'il n'est pas en adéquation avec le modèle de féminité ambiant. Et que ce soit au Japon (avoir la peau la plus blanche possible pour être considérée comme belle), en Arabie Saoudite (cacher tout sous un voile et interdiction de conduire) ou en Suisse (épilation et minceur quasi-obligatoires pour être considérée comme belle), on apprend aux femmes qu'elles ne pourront jamais être acceptées par la société si elles ne ressemblent pas au fantasme masculin dominant.
 
On parle des mesures à prendre pour s'opposer aux vecteurs du radicalisme religieux, mais la France offre des légions d'honneur aux Saoud... Et lorsqu'on prétend lutter contre l'islamisme en s'attaquant au voile, c'est de l'opportunisme pur et dur: la source du problème n'est pas la personne qui porte le voile mais celle qui l'oblige à le porter (analogie: s'attaquer au consommateur pour lutter contre les drogues plutôt que le vendeur ou le producteur est assez contre-productif). Et lorsqu'une femme porte le voile sans que personne ne l'y contraint (donc par choix), alors c'est pas vos putains d'oignons de savoir comment elle s'habille.
 

voile,islamique,islam,musulman,voilee,burqa,niqab,visage,couvrir,initiative,udc,féminisme,liberté,religion,christianisme,eglise,discrimination,racisme,fn,dieu,allah,incohérence,incohérent,débat,autour,du

Et enfin, on parle beaucoup du voile comme symbole de soumission de la femme (comme si c'était la seule interprétation possible), mais en demandant rarement aux femmes voilées ce qu'elles en pensent (car voyez-vous, elles sont un peu plus concernées que n'importe qui d'autre par ce débat). Un peu comme si on interdisait le crucifix sur les pendentifs et les monuments, au motif qu'il ne pourrait s'agir que d'un symbole de promotion de la torture (renseignez-vous sur l'origine du crucifix), sans qu'on demande aux chrétiens leur avis.
 
Il faut être sacrément aveugle pour ne pas voir que si l'on débat enfin de ces sujets, c'est uniquement parce que ces débats sont utiles (sur le plan électoral) à ceux qui les lancent. Et le fait que ces débats soient limités au voile islamique prouve qu'ils n'ont ni été lancés par des féministes, ni par des libertaires, ni par des démocrates, ni par des laïcs. On est de toute évidence dans un pur rapport de forces politique où les milieux racistes réussissent à vous faire croire qu'ils défendent des principes dont ils n'ont rien à cirer, et qu'ils ne défendront plus dès qu'ils ne leur permettront plus de gagner des voix. Si c'est oui à l'initiative anti-voile, la victoire appartiendra uniquement à l'UDC, qui pourra continuer à augmenter l'âge de la retraite, défendre le modèle de la femme au foyer, s'opposer à toute forme d'intégration des LGBT et poursuivre ses attaques sur l'avortement...
 

voile,islamique,islam,musulman,voilee,burqa,niqab,visage,couvrir,initiative,udc,féminisme,liberté,religion,christianisme,eglise,discrimination,racisme,fn,dieu,allah,incohérence,incohérent,débat,autour,du

Je désapprouve du voile islamique, mais je m'insurge de ces réflexes égocentriques des pratiquants d'une vision purement hygiéniste de la société, visant à réglementer par la loi tout ce qui déplaît à leurs yeux. Car si on décide qu'interdire sur le plan légal tout ce qui déplaît - même légèrement - est une pratique admissible, alors j'ai le plaisir de vous présenter mon programme de législature:
  • Interdiction des chignons masculins parce que c'est moche
  • Les feux devront être tous verts à mon passage
  • Les sons produits par Alain Morisod ou Maitre Gims ne peuvent plus être considérés comme de la "musique"
  • Interdiction des selfie sticks
  • Les rigolos qui annoncent un dracolosse en réalité inexistant n’attraperont que des roucoule pendant trois mois ferme
  • Le droit de vote est retiré aux personnes âgées qui vivent avec les conséquences de leurs choix pendant moins de dix ans seulement

06/01/2016

Catégoriser les jeunes? Impossible!

Lettre ouverte adressée par le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) aux médias.

 

Catégoriser la jeunesse : une tâche impossible très prisée dans le débat public

Fin 2015, certains médias avaient une fâcheuse tendance à pratiquer le simplisme lorsqu’ils abordaient un sujet touchant « les jeunes ». Trop souvent, ils ne résistaient pas à l’envie de coller à ces jeunes une étiquette unique. Notre génération doit ainsi subir les conséquences déplorables d’un certain journalisme se contentant de généraliser, alors que – et nous allons tenter de le démontrer – la jeunesse ne se laisse que difficilement catégoriser. Espérons que le monde médiatique prenne pour 2016 la résolution de voir les 50 nuances de gris qui caractérisent les jeunes, et abandonne le portrait noir et blanc qu’il dépeignait généralement jusqu’à présent.

 

« Les jeunes votent UDC » ?

Suite aux dernières élections fédérales, le Matin dimanche du 25 octobre titrait sans nuance dans une manchette : « les jeunes votent UDC ». Cette affirmation présentée comme une révélation remplaçait ainsi la caricature du jeune votant à gauche qui prédominait jusqu’à présent. Ce type de formulation essentialiste est vide de sens et déforme la notion de « jeunesse » : seul le choix politique le plus populaire des jeunes votants est mentionné, au détriment de tous les autres choix (ou non-choix). En réalité, le Matin avait réalisé un sondage sur un échantillon de quelques centaines de jeunes votants : ses résultats plaçaient l’UDC (25%) devant le PS (23%). Si l’on prend les résultats des élections pour l’ensemble de la population, l’UDC a récolté près de 30% des voix ; et à notre connaissance, aucun média n’a titré que « les aînés votent UDC » !

 

La jeunesse est plurielle

De plus, il est étonnant de la part du quotidien de sous-entendre que le comportement des jeunes qui votent est représentatif de toute la jeunesse, alors que seul un jeune sur trois vote. L’ampleur du phénomène abstentionniste en Suisse limite ainsi de facto drastiquement toute tentative de généralisation de la jeunesse. Cependant, les titres sensationnalistes des médias ne connaissent aucun obstacle. Pas même ce rapport (« Ma Suisse et moi ») de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ) datant de juin dernier qui constate que les positionnements politiques des jeunes ne diffèrent que peu de ceux de leurs aînés. Selon ce rapport, « la jeunesse n’est pas uniforme » ; « il serait plus juste de parler de jeunesses […], pas une jeunesse ». Le monde médiatique aurait beaucoup à apprendre des constats de la CFEJ.

 

Les jeunes ne sont pas interchangeables

Le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) a de son côté vécu très directement les effets négatifs du traitement médiatique des jeunes : dans un reportage diffusé le 10 novembre au 19:30, certains membres du PJG avaient été mis en scène pour que leurs propos soigneusement coupés illustrent certains résultats jugés réactionnaires d’une étude sur les jeunes. Pourtant, lors du tournage, ils avaient été invités à exprimer leur voix propre avec ses nuances et sa singularité. En visionnant les séquences vidéo, les personnes concernées ont eu l’impression d’avoir été instrumentalisées, associées à un message auquel elles n’adhèrent pas à titre personnel. Comme si tout jeune était interchangeable.

 

Généralisations offensantes

La diversité qui caractérise la jeunesse est également à relever à la lumière des événements du 19 décembre dernier à Genève. En effet, à l’issue d’une manifestation qui a mal tourné, « les jeunes » furent pointés du doigt pour les tags, les vitres cassées et autres déprédations constatées. « Tous dans le même sac » : c’est le message blessant qu’ont ressenti plusieurs membres du PJG. Notre association s’engage pourtant pour la culture de la nuit avec 34 autres associations de jeunes au sein du « Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée » : ces nombreux jeunes qui ont choisi des voies démocratiques pour faire entendre leurs revendications ont ainsi été assimilés à une petite minorité d’autres jeunes ayant choisi la violence. Que plusieurs personnes, dont des élus du Grand Conseil, aient parlé sans nuance de « jeunes » sur les réseaux sociaux pour désigner les auteurs de la casse est tout simplement indécent.

 

Nous ne nions pas que des jeunes votent UDC, commettent des déprédations, aillent au Grand Théâtre et jouent au Scrabble. Il est cependant essentiel pour les médias de savoir manier la nuance lorsqu’elle est nécessaire. Réduire la jeunesse à une entité uniforme et homogène, c’est prendre le risque d’une part de provoquer des stigmatisations indésirables à l’égard des jeunes différant de la « norme », d’autre part d’accentuer le sentiment d’altérité que les jeunes ressentent à l’encontre d’institutions et de médias qui ne cherchent pas assez souvent à les comprendre. La jeunesse est plurielle, inclassable en tant que telle, à l’image des adultes : inutile d’essayer de la catégoriser, cette tâche est impossible.

 

Sylvain Leutwyler, Président du PJG
Diego Alan Esteban, Vice-Président du PJG

31/03/2015

Un nouvel hymne national?

Il nous est proposé de modifier l'hymne national. Ayant chanté le cantique suisse à de nombreuses reprises, notamment lors d'une inoubliable tournée musicale au Japon, je suis convaincu que la seule chose dont j'aurais de la peine à me détacher, c'est la mélodie. Pour le reste, je veux bien discuter. La proposition de modifier l'hymne national (qui n'a ce statut que depuis 1981, soit il y a 34 ans) se heurte à un mur sourd. Comme s'il était proposé de l'abolir ou de le faire chanter les vertus du Rivella, ce qui serait effectivement une véritable abomination!

 

Discutons-en, on est en démocratie quand même. Les paroles (en français) actuelles comportent à peine deux thèmes: la beauté de la Suisse et la gloire de Dieu. J'aime croire que la Suisse a suffisamment d'éléments pouvant être vantés pour ne pas se borner aux Alpes et à un être mystique en lequel un tiers de la population - dont votre serviteur - ne croit pas. L'objectif général de la SSUP, organisatrice du concours (il s'agit d'une association dont les décisions n'ont dans tous les cas pas force obligatoire pour les paroles de ce que vous choisissez de chanter le premier août, si jamais), est louable: il faut faire en sorte que l'hymne national reflète la nature et les buts de la Confédération helvétique, tels que décrits par le préambule de la Constitution fédérale:

"Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses, conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, arrêtent la Constitution que voici: [...]"

 

Vis-à-vis du préambule de la Constitution, il y a manifestement trop de lacunes dans le texte du cantique suisse, qui dans sa teneur actuelle ne saurait prétendre refléter fidèlement ce qu'est la Suisse. J'ai écouté, du coup, les différents finalistes, et je vous laisse vous faire une idée de mes deux préférés:

- contribution 1: https://www.chymne.ch/fr/contribution

- contribution 3 (couplet 1): https://www.chymne.ch/fr/contribution-c

 

Il faut savoir tout remettre en question: les paroles du cantique suisse, qui fait intimement partie de l'image que renvoie notre pays au monde, sont-elles vraiment meilleures que ce qui nous est proposé par la SSUP? Peut-on déjà considérer un hymne - qui n'en est un que depuis 34 ans - intouchable et sacré en toutes circonstances? Dans tous les cas, je constate que c'est lorsque l'on touche aux symboles que les débats sont les plus intéressants, sauf lorsque les intervenants refusent le débat.

Écrit par Diego Esteban dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |

27/11/2013

Le retour triomphant de la peste brune

Lorsque l'on pense au racisme, l'on se pose souvent la question de savoir à partir de quel seuil l'intolérable peut être atteint. Il est clair pour à peu près tout le monde que l'antisémitisme, exprimé de manière à rappeler le génocide commis contre les juifs par Adolf Hitler et son régime en Allemagne nazie lors de l'entre-deux-guerres et de la seconde guerre mondiale, franchit ce seuil critique. L'holocauste demeure encore et toujours l'exemple par excellence des pires horreurs dont l'être humain puisse être capable. Mais il ne s'agit malheureusement pas d'une évidence pour tout le monde, plus particulièrement pour des personnes qui croient que la liberté d'expression est sans limites, quand bien même elles formulent des appels au génocide ou en font l'apologie, en raison d'un refus de reconnaître à certains groupes d'êtres humains la dignité qui leur est due, selon tous les principes élémentaires des droits fondamentaux démocratiques.

 

Ce refus de reconnaître à des personnes leur appartenance à l'espèce humaine en raison d'une caractéristique qui est indissociable de leur personne (sexe, âge, apparence, langue, religion, origine, orientation sexuelle, santé, opinions politiques...) est justement ce que l'on appelle le racisme. Si j'ai un jour décidé de m'engager en politique, de rejoindre un parti, de participer à des actions, à plusieurs associations, de mener des campagnes, de débattre, de défendre des idées, c'est justement car je voyais que notre environnent politique et social avait perdu de vue les horreurs du XXe siècle, puisqu'il les laissait - par laxisme - revenir à nouveau s'installer dans les esprits comme des éventualités tolérables, voire souhaitables.

 

L'extrême-droite est actuellement la faction du spectre politique d'où vient systématiquement l'incitation à la désinhibition raciste. En effet, on assiste à une certaine libération de la parole raciste, due au manque de réactivité de la société dite humaniste: même à Genève, capitale des droits de l'Homme, on parle encore de "dérapages" face à des propos pourtant intentionnellement et ouvertement haineux. Ce retour dans les bas-fonds de l'Histoire ne suscite pour l'instant qu'une faible opposition, quand bien même nous nous en approchons à grands pas; alors que le racisme est à combattre fermement, au nom des valeurs humanistes et démocratiques qui animent nos contrées, les phobies agressives parviennent aujourd'hui jusqu'au sein des autorités politiques de notre société. Et hier soir, Denis Menoud (Conseiller municipal MCG en ville de Genève) m'a donné la preuve que l'infection dont souffrent nos institutions a atteint son paroxysme, lorsqu'il écrivit sur facebook:

 

 

62347_528187297270994_142145332_n.jpg

"l'essentiel, c'est qu'Israël soit sur la voie de la carbonisation."

(Denis Menoud, Conseiller municipal MCG)

 

C'est en lisant ce genre d'horreurs - qui se passent d'explications - que je me souviens pourquoi je me suis lancé dans la défense de valeurs désormais très sérieusement mises en danger, telles que le respect de l'autre et le rejet du racisme. Il faut dire que Denis Menoud n'en est pas à son coup d'essai: en mai, il avait déjà comparé les homosexuels à des pédophiles, et plus récemment accusé des élu-e-s naturalisé-e-s d'être des "traîtres à la patrie", en les invitant à rendre leur passeport.

 

Pourtant, il serait bien naïf de croire que Denis Menoud est un précurseur en la matière à Genève: il y a Henry Rappaz (Député MCG), qui compara il y a quelque jours Christiane Taubira (ministre française d'origine guyanaise) à un singe (cliquez ici), faisant ainsi écho à la même comparaison réalisée en France par la candidate du Front National Anne-Sophie Leclere, Eric Bertinat (Conseiller municipal UDC), qui appela il y a plusieurs mois à l'interdiction pure et simple de l'islam, Julien Fonjallaz (candidat UDC au Grand Conseil), un révisionniste antisémite de réputation (comme révélé dans cet article), ou encore Jérémy Gardiol (lui aussi candidat UDC), pour lequel "l'homosexualité est une maladie." Je remarque - au passage - que les polémiques provoquées par ces personnes, comme les propos d'hier soir, sont le plus souvent nées sur le réseau social Facebook.

 

Et justement, suite aux déclarations honteuses de Denis Menoud, les réactions sur facebook furent nombreuses. Des propos aussi explicitement antisémites et contraires à tout ce que nous dictent les valeurs des droits de l'homme ne peuvent absolument pas passer inaperçus et impunis. Dans ce cas, pourquoi des réseaux comme Genève Antifa sont-ils aux abonnés absents? A l'heure où les nombreuses déclarations vomitives de l'extrême-droite tendent inexorablement vers une banalisation du racisme, ceux qui se déclarent être en première ligne pour contrer ce retour - en l'état insuffisamment contesté - de la peste brune sont aux abonnés absents! De plus, pourquoi les médias restent-ils muets sur cette affaire? 

 

Il revient donc à chacune et chacun d'entre nous de faire entendre notre voix contre cette normalisation inadmissible. Pour l'instant, ni les médias ni le MCG n'ont donné des signes de protestation: si le MCG - par le biais de son président Roger Golay - ne sanctionne pas aujourd'hui par une expulsion du parti Denis Menoud pour ses propos, c'est un signe évident qu'il les cautionne - du moins partiellement. Et dans ce cas, ce parti aura révélé la totale incohérence de son slogan "ni à gauche, ni à droite."

 

Mais en attendant, il s'agit de répondre fermement aux propos immondes proférés hier soir. Vous pouvez également participer à l'appel aux sanctions contre l'indigne Conseiller municipal Denis Menoud, en exprimant votre indignation aux adresses des responsables politiques figurant ci-dessous, et en leur appelant à prendre des mesures.

 

Le Bureau du Conseil Municipal de la ville de Genève:

  • Pascal Rubeli (président): pascal.rubeli@cm.ville-ge.ch
  • Olivier Baud (vice-président): olivier.baud@cm.ville-ge.ch
  • Carlos Medeiros (vice-président; président du MCG communal): carlos.medeiros@cm.ville-ge.ch
  • Rémy Burri: remy.burri@cm.ville-ge.ch
  • Martine Sumi: martine.sumi@cm.ville-ge.ch
  • Lionel Ricou: lionelricou@hotmail.com
  • Julide Turgut Bandelier: julide.turgut@cm.ville-ge.ch

 

Le Conseil administratif de la ville de Genève:

  • Sandrine Salerno (maire): sandrine.salerno@ville-ge.ch
  • Guillaume Barazzone: guillaume.barazzone@ville-ge.ch
  • Sami Kanaan: sami.kanaan@ville-ge.ch
  • Esther Alder: esther.alder@ville-ge.ch
  • Rémy Pagani: remy.pagani@ville-ge.ch

 

Le Président cantonal du Mouvement Citoyen Genevois:

  • Roger Golay: roger.golay@gc.ge.ch

 

Le MCG a annoncé jeudi soir qu'il avait réclamé la démission de son Conseiller municipal Denis Menoud avant vendredi midi, faute de quoi son expulsion serait prononcée.

Je suis déçu qu'il a fallu attendre des déclarations antisémites pour que des mesures soient enfin prises, mais - malgré le fait qu'il siégera toujours au Conseil municipal de la ville de Genève - il est encourageant de savoir que la vie politique locale sera débarrassée d'un de ses plus sinistres éléments.

Écrit par Diego Esteban dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (28) |  Imprimer |  Facebook |

18/10/2013

Tout ça pour la couleur des fesses à poser sur les sièges...

La législature 2013-2018 débutera le 7 novembre prochain au Grand Conseil genevois. Une fois les fesses bien au chaud sur ces sièges trop petits pour nombre d'entre eux (je ne me souviens plus de la dernière fois où Eric Stauffer a réussi à se glisser dans cet espace exigu qui lui est réservé), les nouveaux élus seront - enfin - amenés à travailler, pour concrétiser (ou pas) au sein des commissions parlementaires, les engagements conclus durant la campagne. Ainsi, les premières disputes entre partis se concentrent en premier lieu sur la répartition des sièges dans les commissions, qui comptent 15 membres chacune. Les fuites dans les négociations actuelles du Bureau du Grand Conseil montrent que la notion de représentativité des partis en fonction de leur poids électoral est interprétée de manière assez libre. Voici un petit récapitulatif:

 

Partis Suffrages Sièges
PLR 22.37% 24
MCG 19.23% 20
PS 14.33% 15
PDC 10.61% 11
UDC 10.33% 11
Verts 9.16% 10
EàG 8.75% 9

 

Sachant que le poids de chaque parti chez les électeurs est déjà exprimé dans le nombre de sièges que chaque parti détient au total, c'est en fonction de ce nombre que la répartition dans les commissions, à travers des critères prenant davantage en compte les rapports de force entre les différentes formations politiques, serait déterminée de la manière la plus adéquate. En ce qui concerne un point purement mathématique, un siège en commission équivaut à 6.7 sièges au plénum (6.7 représente donc la valeur de chaque siège en commission par rapport au plénum de 100 députés). Ainsi, voici ce que donnerait la première répartition, selon le nombre de sièges "entiers" attribués à chaque parti:

 

Partis Sièges (plénum) Sièges (commissions) Reste
PLR 24 3 (20.1) 3.9
MCG 20 2 (13.4) 6.6
PS 15 2 (13.4) 1.6
PDC 11 1 (6.7) 4.3
UDC 11 1 (6.7) 4.3
Verts 10 1 (6.7) 3.3
EàG 9 1 (6.7) 2.3

 

Avec cette première répartition, on remarque que le "reste" du MCG, du PDC et de l'UDC dépasse nettement la moitié de la valeur d'un siège en commission, ce qui ordonne qu'un siège de plus soit attribué à chacune de ces formations. De ce fait, il resterait encore un siège à pourvoir, et c'est ici que les choses se compliquent: si on se base sur les partis pris individuellement, on remarque que le PLR a un reste de 3.9, ce qui devrait suffire à lui octroyer le dernier siège. Pourtant, il y a un critère qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est celui des blocs. En effet, la législature 2013-2018 constituera un rapport de force constant entre l'Entente (PLR + PDC: 35 sièges), l'Alternative (PS + Verts + EàG: 34 sièges) et l'extrême-droite (UDC + MCG: 31 sièges), ces trois fronts représentant chacun grosso-modo un tiers du parlement cantonal.

 

Transposé aux commissions, on pourrait s'attendre à ce que chacune de ces trois alliances ayant un poids égal au plénum aient donc un poids égal en commission. Sachant qu'avant l'octroi du dernier siège, l'Alternative disposait de quatre sièges alors que l'extrême-droite (avec moins de sièges au plénum ainsi qu'un nombre inférieur de suffrages populaires), en aurait cinq, il semble parfaitement logique d'attribuer le 15ème siège en commission à un parti de l'Alternative. Ainsi, voici une répartition qui semble équitable:

  • Entente: 5 sièges (3 PLR, 2 PDC)
  • Alternative: 5 sièges (2 PS, 1 Verts, 1 Ensemble à Gauche, + 1 siège)
  • Extrême-droite: 5 sièges (3 MCG, 2 UDC)

 

Il sera intéressant de voir ce qui sera finalement décidé par les partis eux-mêmes: déjà des voix s'élèvent pour réclamer 4 sièges du côté du PLR ou du MCG, 2 pour le PDC mais pas pour l'UDC, etc. En bref, suite à suivre: espérons seulement que les négociations au sujet de la répartition ne s'enveniment pas à un point tel que la logique de la confrontation s'invite et s'installe au Grand Conseil dès le début de la législature, car c'est toute la population qui aurait à en souffrir...

Écrit par Diego Esteban dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook |